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eBook : Apple reste seule face au Département de la Justice

Florian Innocente | | 10:00 |  11

Apple reste seule à affronter le Département de la justice américain (DoJ) qui l'accuse d'entente avec des éditeurs sur le prix des livres électroniques. Un procès est prévu en juin. Macmillan, qui restait solidaire d'Apple, a finalement signé un accord à l'amiable pour s'extraire de cette enquête ouverte en avril 2012.

L'éditeur a justifié cette décision par le risque d'encourir une amende élevée, quand bien même une issue favorable était envisageable. Cet éditeur avait été précédé dans sa démarche en septembre dernier par Hachette, HarperCollins et Simon & Schuster et un règlement est en cours avec Penguin.

En Europe, une enquête similaire s'est conclue à la mi-décembre par l'abandon du contrat d'agence qui liait Apple et ses partenaires (lire eBooks : Bruxelles défait l'accord entre Apple et les éditeurs de livres).

L'année dernière aussi, 49 états américains avaient attaqué ces éditeurs pour les mêmes raisons, avec pour effet la signature d'un accord et le paiement de 69 millions de dollars sous la forme de remboursements de quelques centimes ou dollars aux clients des plateformes de ventes en ligne pour des achats d'ebook de ces éditeurs effectués entre avril 2010 et mai 2012.

Sauf à ce qu'Apple jette finalement l'éponge, un procès pour antitrust se tiendra aux États-Unis en juin prochain, où elle se défendra seule. Jusque-là, Apple a toujours contesté très vigoureusement les conclusions du DoJ (lire ebooks : Apple, Penguin et Macmillan retoquent l'enquête du Département de la Justice).

En mai 2012 elle les avait qualifiées « d'absurdes », de « fondamentalement erronées », estimant que les enquêteurs avaient ignoré certains éléments allant à l'encontre de leurs certitudes et de les accuser de se ranger aux côtés d'un monopole plutôt que de défendre la concurrence.

« Le gouvernement part d'un principe erroné selon lequel le "marché" des eBooks se caractérisait avant l'arrivée d'Apple par une "concurrence robuste sur les prix". C'est ignorer un fait simple et incontestable : avant 2010, il n'y avait pas de véritable concurrence, il n'y avait qu'Amazon.

À cette époque, lorsqu'Apple est entrée sur le marché, Amazon vendait environ 9 livres électroniques sur 10 et son influence sur les prix et la sélection des produits était quasi absolue. L'arrivée d'Apple a entraîné une considérable croissance dans le choix et la variété de l'offre en livres numériques, dans les ventes et elle a amélioré la qualité de lecture des ebooks.

C'est la preuve d'un marché dynamique et concurrentiel. Ces faits gênants sont ignorés dans la plainte. Au lieu de cela, le gouvernement met l'accent sur l'augmentation des prix pour une poignée de titres. La plainte ne dit aucunement que tous les livres numériques, ou même la plupart, ont augmenté après l'entrée d'Apple sur le marché. »

Amazon était à nouveau cité dans un autre passage « Sans l'entrée d'Apple, la distribution d'ebook serait essentiellement sous le contrôle d'un seul distributeur (Amazon), qui posséderait alors un pouvoir quasi illimité sur ce domaine. Apple a offert à tous les éditeurs, grands ou petits, les mêmes possibilités de l'utiliser comme agent pour vendre des livres électroniques directement aux consommateurs, par le biais de l'iBookstore et selon des conditions non discriminatoires. »

Le DoJ juge pour sa part qu'Apple et les éditeurs avaient convenu d'un modèle d'agence qui avait eu pour effet d'augmenter les prix des eBook, les faisant passer du prix généralement appliqué de 9,99$ à une fourchette de 12,99$ à 14,99$.

Avant Apple et son iBookstore, c'est Amazon qui décidait de son prix de vente sur son site. Il cassait les prix, quitte à perdre de l'argent sur le contenu, afin de populariser son Kindle. Au grand dam des éditeurs qui y voyaient une insupportable concurrence face aux tarifs des versions papier notamment et pour leurs libraires.

Apple, avec son modèle d'agence, redonnait la main aux éditeurs dans le choix de leurs tarifs sur sa plateforme. À la condition que l'iBookstore bénéficie automatiquement de remises décidées sur d'autres plateformes de vente en ligne.

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11 Commentaires

avatar tigre2010 09/02/2013 - 12:44via iGeneration pour iPad

Voyez ça comme cela... mais avec le système Amazon , à terme les livres seront très peu cher, bourrés de fautes et sans intérêts.
Les auteurs ne gagnant pas déjà grand chose...donc le système d'agence est équitable et juste.

avatar denisbook 09/02/2013 - 12:50

en ce qui me concerne, je pense que les prix devraient être dictés par les auteurs et éditeurs.

Apple permettait un contrôle (moins la charge de fonctionnement) par l'industrie.

C'est à mon sens le bon modèle.

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et dans le cadre d'un débat plus général sur la destruction de l'Artiste qui est orchestré en ce moment, il m'apparait qu'on ne changera pas les éditeurs et qu'avec les recettes actuelles on ne changera pas la répartition des bénéfices.

Il faut donc augmenter sensiblement les prix pour payer mieux les artistes.

Je pense irréaliste d'amener les livres en dessous de 9,90 euros. pas tenable. 14 ou 19 est + crédibles.

Idem en bande dessinées.

Le cinéma ne pourra pas aller bien bas, quand on sait que tout le but de l'industrie est déjà d'essayer d'augmenter le prix en salle.

Apple ne plume pas les acheteurs, vu qu'Apple se comporte comme une agence. Apple par contre a eu l'effet en e-book de donner plus de marge aux éditeurs pour monter les prix ou essayer d'empêcher amazon de les faire chuter.

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Accessoirement, la presse aussi doit monter en prix. La pub à outrance et la mort des abonnements papier entrainent automatiquement soit la fermeture de la plupart des sites internet de news soit leur concentration (pareil). Sauf à créer des murs payants et réussir à susciter l'intérêt du public.

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Dans tout ce qui est culturel et presse, l'augmentation des prix me parait inéluctable. Et je ne comprends toujours pas ce qui a pris au gouvernement US.

avatar Abudah237 10/02/2013 - 02:29via iGeneration pour iPad

@Beaubarre

Ben ouais, plus d'éditeurs, qu'ils passent tous directement par Amazon pour vendre leurs livres... Terrifiant...

avatar titistardust 09/02/2013 - 21:00via iGeneration pour iPhone

@Francis Kuntz :
'mpossible de faire un copier / coller dans la majorité des livres vendus, livre numérique plus chers que le physique, c'est juste intolérable à l'air du numérique.'

Cela 1/ dépend des ouvrages et 2/ des éditeurs.
De plus la législation française y est peut être pour quelque chose aussi.

avatar Momblues 10/02/2013 - 08:38via iGeneration pour iPhone

On pour payer un prix sensiblement proche du prix d'un livre qui vient de sortir. Mais je trouve inacceptable le de payer 15€ un livre d'or la version poche est sorti @ 6€.
Rémunérer les auteurs et intermédiaires oui, se faire plumer, non.

avatar Momblues 10/02/2013 - 08:42via iGeneration pour iPhone

OK pour payer un prix sensiblement proche du prix d'un livre qui vient de sortir.
Mais je trouve inacceptable de payer 15€ un livre dont la version poche vient de sortir 6€.
Rémunérer les auteurs et intermédiaires oui, se faire plumer, non.

(Je corrige les fautes d'auto-correction de l'iPhone)

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