Apple TV



Apple travaillerait bien sur un nouveau boîtier TV

Comcast et Time Warner, deux des plus grands câblo-opérateurs et FAI américains, ont en projet de fusionner leurs activités. Cela ne va pas se dérouler sans heurts : beaucoup de consommateurs y sont hostiles, tandis que des craintes sérieuses concernant le respect de la concurrence appellent à une régulation pointilleuse. Les deux entreprises ont donc soumis au FCC (Federal Communications Commission, l'équivalent de l'Arcep et du CSA) un dossier sur ce projet.

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On retrouve dans ces documents des références à Apple. Le constructeur de Cupertino avait semble t-il ouvert des négociations avec Comcast afin d'offrir du contenu aux utilisateurs d'Apple TV mais aussi de leur assurer une bonne bande passante (lire : TV : Apple voudrait signer un contrat avec Comcast). Le dossier, qui se fait fort de démontrer qu'il existe une certaine forme de concurrence sur le marché de la distribution des contenus, explique que Microsoft, Google et Apple proposent tous des manières alternatives de consulter de la vidéo.

Apple a ainsi son Apple TV et « explore le développement d'un set-top box », ce qui semble être la première indication fiable que des discussions ont bien eu lieu entre Cupertino et l'un ou l'autre (ou les deux) acteurs, et surtout qu'Apple planche bien sur un nouveau boîtier TV. Les abondantes rumeurs autour de ce futur terminal annoncent une présentation au printemps, avec une boutique d'apps et/ou de jeux - à moins que ce projet de méga-fusion ait repoussé le lancement de ce nouvel Apple TV.

[Via : Business Insider]



Android TV : le successeur de Google TV met le contenu en avant

Google ne craint pas de se planter. Le cimetière de Mountain View est plein de ces technologies développées et lancées par le moteur de recherche qui n'ont pas connu le succès : on se rappelle de Wave, Reader, Buzz, iGoogle… Google TV a déjà creusé sa tombe, depuis un bon moment déjà. Mais malgré cet échec, Google ne lâche pas le morceau, se faire une place dans le salon étant devenu stratégique pour tous les constructeurs, comme on l'a d'ailleurs vu cette semaine pour Amazon et son Fire TV (lire : Fire TV : le boîtier TV d'Amazon plait à moitié).

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Ça n'est d'ailleurs peut-être pas un hasard : au moment où Amazon lance son boîtier TV, le site The Verge lâche les premières infos sur Android TV, censé remplacer et bonifier un Google TV mort vivant - la rumeur n'est pas nouvelle, en octobre dernier une indiscrétion évoquait cette nouvelle initiative (lire : Les Android TV vont remplacer les Google TV). Ce nouvel assaut pour conquérir les salons passe d'abord et avant tout par la mise en avant des contenus, quand Google TV voulait transformer le téléviseur en smartphone géant. Et quand on est devant la télé, la principale occupation est… de la regarder.

C'est pourquoi les principaux fournisseurs de vidéos (on peut penser évidemment aux habituels YouTube, Hulu et Netflix) planchent actuellement sur la plateforme. Google décrit l'expérience comme étant « cinématique, amusante, fluide et rapide ». Derrière les grands mots, se cache une interface qui ressemble en fait beaucoup à ce que l'on connait sur l'Apple TV ou le Fire TV.

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De fait, Android TV se veut moins ambitieux que Google TV, mais aussi plus facile à comprendre; d'ailleurs, Google demande aux développeurs de concevoir des interfaces les plus simples possible : la navigation sur Android TV passe par une série de cartes représentant les différents contenus proposés, films, séries TV, applications et jeux. À l'inverse de Google TV, Android TV ne fait pas appel à une pataude télécommande/clavier, mais à une télécommande qui rappelle celle de l'Apple TV : simplicité, toujours.

Héritage de son grand frère sur smartphone, Android TV supporte également les notifications ainsi que la reconnaissance vocale. En revanche, tout ce qui est téléphonie, appareil photo, support des écrans tactiles, NFC et autres n'a pas sa place dans Android TV. « Android TV est Android, optimisé pour l'expérience de consommation de contenus dans le salon, sur un écran de télévision », assène Google.

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S'il restera possible de lancer le contenu application par application, la grande affaire d'Android TV est de recommander du contenu, peu importe sa provenance, à l'utilisateur - ce qui suppose un travail main dans la main avec les fournisseurs. Et même la recherche, qui est pourtant au coeur du modèle de Google, est secondaire puisque celui d'Android TV repose sur les recommandations (un moteur de recherche sera évidemment disponible). Dans l'idéal, Google souhaite qu'il soit possible d'accéder à un contenu en trois clics maximum.

En matière de stratégie, Google donne l'impression de ne pas vouloir choisir. Le moteur de recherche a ainsi lancé avec Chromecast une clé HDMI très abordable qui ne demande aux développeurs qu'une simple adaptation pour que leurs services soient lisibles sur un téléviseur. Android TV réclame en revanche un vrai travail d'optimisation; il faudra donc prendre en charge les deux plateformes qui vont évoluer en parallèle, mais sans jamais se croiser à moyen terme. Il faudra également voir comment Google compte s'arranger avec les constructeurs de Google TV qui, à l'instar de Logitech, y ont laissé pas mal de plumes (lire : Google TV : Logitech fait son mea-culpa).



Fire TV : le boîtier TV d'Amazon plait à moitié

Avec le Fire TV, Amazon se lance à l'assaut de l'Apple TV, de Roku et de Google (et sa clé HDMI Chromecast). Le constructeur ne manque pas d'atouts, à commencer par un gros catalogue de contenus; mais au delà du discours marketing calibré de la présentation d'Amazon, que vaut vraiment ce nouveau concurrent sur le marché des set top box (lire : Fire TV : Amazon lance son concurrent à l'Apple TV) ? Les premiers tests de la presse internet américaine dessinent une expérience contrastée.

L'atout majeur du Fire TV, relevé par ces premières prises en main, est sans aucun doute la vélocité du boîtier. Le processeur quad-core (un Krait 300 de Qualcomm cadencé à 1,7 Ghz) accomplit des miracles pour le lancement des apps ou d'une vidéo, tandis que le démarrage de l'appareil est instantané. Amazon s'est arrangé pour que les films démarrent de suite, y compris sur Netflix et consorts, tout dépendant évidemment de la qualité de la connexion à internet. Malgré son âge, l'Apple TV est néanmoins capable de prouesses très proches (pas de différences notables entre les deux boîtiers, d'après Dave Smith de ReadWrite).

La fonction X-Ray fait semble t-il des merveilles si l'on possède un Kindle Fire HDX. Ce service affiche en effet des informations (tirées de la base de données IMDB, propriété d'Amazon) sur le film joué par le Fire TV, sur la tablette. Malgré la richesse d'IMDB, X-Ray n'est pas disponible pour tous les films et séries TV. Il faudra de plus se contenter pour le moment du support de cette seule tablette.

La fonction Voice Search ne fonctionne qu'avec les contenus d'Amazon - Clic pour agrandir

Une des principales critiques peut aussi s'appliquer à l'Apple TV. Le Fire TV ne permet pas de rechercher parmi tout le contenu disponible dans les différentes applications et services vidéo auxquels l'utilisateur est abonné - il faut rechercher boutique par boutique. Voice Search, qui se déclenche en appuyant sur un bouton de la télécommande, se montre certes performant d'après les différents tests, mais elle n'affichera que les résultats en provenance du catalogue d'Amazon, ce qui peut provoquer quelques incompréhensions : Dave Smith ne comprend pas pourquoi le Fire TV ne lui propose que d'acheter le film The Avengers alors qu'il est disponible gratuitement sur Netflix… C'est un problème qui ne se pose pas avec Roku, dont le boîtier propose lui la recherche universelle.

Les contenus de Netflix ou d'Hulu Plus, des services pré-installés dans le boîtier, ne sont pas pris en compte par la fonction de reconnaissance vocale, ce qui n'est pas le cas de la recherche sur l'Apple TV via un iPhone ou un iPad (lire : Le Fire TV reconnait la voix ? L'Apple TV aussi !). Cette fonction ne fait aucune discrimination entre l'iTunes Store et les autres apps : la recherche vocale d'iOS fonctionne dans YouTube, Netflix, et autres. Amazon aura évidemment tout loisir de rajouter Voice Search dans les services tiers.

L'interface du Fire TV - Clic pour agrandir

Le jardin fermé d'Amazon s'applique également à la recopie vidéo, qui n'est disponible qu'avec le Kindle Fire HDX, ce qui limite franchement les possibilités. Mais le constructeur a promis un support à venir pour les terminaux Android et iOS. Il en va de même pour les diaporamas photo : si l'on stocke ses clichés sur le Cloud Drive d'Amazon, alors le Fire TV pourra accéder à cette bibliothèque sans rien demander. Sinon, point de salut (le Flux de photos d'Apple n'est pas pris en charge, ce qui est le cas de toutes les autres box à l'exception de l'Apple TV, bien évidemment).

Les jeux (dont la rumeur annonce l'arrivée sur l'Apple TV de prochaine génération) sont un autre des atouts mis en avant par Amazon. Dans les faits, il s'agit d'adaptation de titres Android existant, comme Asphalt 8, Riptide GP 2 ou Minecraft. Le catalogue n'est pas ébouriffant, et on est évidemment loin de la qualité des consoles de salon classiques (qui coûtent beaucoup plus cher, tout comme leurs jeux). À l'instar de l'Apple TV, le Fire TV embarque 8 Go de stockage, ce qui sera sans doute un peu juste le jour où les « gros » jeux de type Real Racing débarqueront.

Amazon mise clairement sur cette fonction : l'entreprise s'est offert les services des designers de Portal et Far Cry 2, Kim Swift et Clint Hocking, sans oublier le rachat de Double Helix (Killer Instinct) pour alimenter son catalogue. Les acheteurs de Fire TV recevront d'ailleurs un jeu exclusif, Sev Zero, un clone de Halo. Amazon vend à part une manette à 40$ dont la qualité oscille entre bonne et moyenne (il est aussi possible de jouer avec la télécommande fournie mais l'expérience n'est pas très concluante).

Sev Zero, le jeu exclusif offert par Amazon.

Au final, le Fire TV est proche du concept de l'Apple TV : il s'agit d'un boîtier qui permet d'accéder facilement et en priorité aux contenus proposés par Amazon (l'iTunes Store pour l'Apple TV). Si l'utilisateur est un accro des services Amazon (Instant Video, abonnement Prime, Cloud Drive…) alors le Fire TV se définira comme une extension naturelle dans le salon. Ce qui ne sera pas sans poser de problème le jour où le constructeur voudra se lancer ailleurs qu'aux États-Unis, où le catalogue de films et séries TV est très pauvre.

Mais comme le rappelle Dave Limp, vice-président en charge de l'activité Kindle, si le Fire TV n'est pas adapté aux besoins de certains utilisateurs, ils pourront toujours se tourner vers la concurrence : après tout, les consoles de jeu et boîtiers TV sont aussi vendus sur Amazon…

Sources :

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Le Fire TV reconnait la voix ? L'Apple TV aussi !

Amazon a annoncé hier son boîtier Fire TV (lire : Fire TV : Amazon lance son concurrent à l'Apple TV), et parmi les mérites de l'appareil, le constructeur a vanté les capacités de la reconnaissance vocale, intégrée à même la télécommande. Amazon est si fier de cette fonction qu'elle est l'objet de la première publicité pour l'appareil.

Amazon a entendu les critiques de ses consommateurs postées sur les pages descriptives de l'Apple TV, qui reprochent souvent la difficulté de taper un ou plusieurs mots avec l'aide de la télécommande d'Apple. On pourra rétorquer qu'il est possible de jumeler un clavier Bluetooth, mais ça n'est pas là une solution très élégante.

Pourtant, Apple n'est pas avare en possibilités d'interaction avec son boîtier TV. L'app Remote [4.2 - Français - Gratuit - iPhone/iPad - iOS 7 - Apple] permet en effet de piloter non seulement la bibliothèque iTunes de son Mac à distance, mais également un Apple TV. Et quand vient le moment d'utiliser le moteur de recherche dans l'iTunes Store, le téléspectateur a le choix entre le clavier virtuel d'iOS ou la reconnaissance vocale du système ! Il suffit de tapoter sur le bouton Microphone, d'énoncer sa recherche, et tapoter sur OK. Certes, cette solution implique de posséder un terminal mobile, ce qui est tout de suite plus onéreux qu'un Fire TV seul (à 99$). Mais il est d'ores et déjà possible de commander vocalement à l'Apple TV.

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[Via : Kirkville]



Fire TV : Amazon lance son concurrent à l'Apple TV

Amazon a levé le voile sur son premier boitier TV, venant ainsi rejoindre Sony, Microsoft, Apple, Roku ou encore Google et son Chromecast pour ne citer que ces grands concurrents. Le Fire TV ressemble à certains égards à ces devanciers, mais il sait aussi proposer quelques originalités : la recherche vocale et les jeux.

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Amazon était dans une position privilégiée pour observer ce marché puisqu'il vend les différents produits en lice et peut ainsi savoir parfaitement ce qui marche bien ou moins bien auprès des clients. Sans parler des critiques laissées par ces derniers sur sa boutique. Des propos dont il n'a pas manqué de se servir pour appuyer son argumentaire durant la conférence faite à la presse américaine.


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Netflix refuse de quitter le Luxembourg

Netflix entend bien ouvrir son service de streaming de films et séries en France, mais il n’est pas question de quitter son siège luxembourgeois. L’entreprise américaine a déjà ouvert des offres en Europe, notamment en Grande-Bretagne et en Irlande, et son siège juridique était déjà installé au Luxembourg. Cela ne devrait pas changer pour le lancement en France, qui semble se confirmer pour l’automne.

On sait que le gouvernement a rencontré des représentants de Netflix le mois dernier pour discuter des problèmes juridiques et tout particulièrement de l’emplacement géographique du siège social de l’entreprise. Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, a souhaité que le service s’installe entièrement en France et respecte ainsi la législation et la fiscalité françaises.

Assez logiquement, Netflix ne l’entendrait pas de cette oreille. Même si c’est un point important, ce n’est pas tant la fiscalité qui poserait problème, que la législation. Très stricte, celle-ci impose un calendrier de sortie qui n’est pas du tout compatible avec le modèle économique du service. Un film ne peut être proposé dans le cadre d’un abonnement illimité que trois ans après sa sortie en salles. Aux États-Unis, on peut regarder les longs-métrages très peu de temps après leurs apparitions dans les salles, et les séries quasiment en même temps que leur diffusion à la télévision.

Le gouvernement ne peut pas vraiment obliger Netflix à quitter le Luxembourg, comme le rappelle le journal Les Echos. De ce fait, l’installation du service se fera depuis le Luxembourg, ce qui devrait permettre à l’entreprise de proposer une offre plus riche que les services qui existent d’ores et déjà.

Netflix est installé au Luxembourg, à deux pas… du siège de l’iTunes Store.

À terme, Netflix sera sans doute disponible via les box des fournisseurs d’accès à internet, mais ce ne sera peut-être pas le cas au lancement. Les Echos toujours indiquent que l’entreprise veut garder un contrôle total sur son service, de l’interface à l’abonnement, en passant par la transmission des flux vidéo. C’est d’ailleurs ce dernier point qui aurait conduit les deux acteurs à discuter : les FAI veulent que Netflix paye pour la bande passante qui sera utilisée par ses abonnés.

Aux États-Unis, Netflix représente déjà à hauteur de 30 % du trafic en soirée et le service a signé un accord financier avec le câblo-opérateur Comcast. On imagine qu’il en sera de même en France, même si le journal indique qu’aucun accord n’a été signé à ce jour. En revanche, l’entreprise aurait déjà trouvé les data-centers nécessaires pour stocker et envoyer les films et séries.



Roku aboie sur l'Apple TV

Alors qu'Amazon va présenter la semaine prochaine son premier produit pour la TV et qu'Apple pourrait mettre à jour l'Apple TV cette année, le patron de Roku, spécialisé dans les boîtiers TV, a pris grand soin de dénigrer ses concurrents afin de se rassurer.

« L'Apple TV est essentiellement un accessoire pour l'iPad. Ils perdent de l'argent, ce qui est inhabituel pour Apple. Si vous perdez de l'argent, pourquoi vouloir en vendre plus ? », a-t-il déclaré lors de la conférence Re/code.

Un aboiement de roquet à l'emporte-pièce puisqu'Anthony Wood reconnait lui-même que ce sont des spéculations. Tim Cook a annoncé au début de l'année que l'Apple TV avait réalisé quasiment 1 milliard de dollars en chiffre d’affaires en 2013, un résultat qui lui retire l'étiquette de hobby collée par Steve Jobs (lire : Tim Cook : « Difficile d’appeler l’Apple TV un hobby »).

Un gros chiffre d'affaires n'est bien sûr pas synonyme de bénéfices. Pour l'analyste Horace Dediu, qui estime que l'Apple TV est le produit Apple qui connait la plus forte croissance, la rentabilité n'est pas la première mission de ce boîtier. Il s'inscrit plutôt dans une logique d'écosystème. Sa marge est faible comparée à un iPhone ou un iPad, mais il place l'utilisateur dans un ensemble qui favorise l'achat de produits qui rapportent justement beaucoup plus.

Quant à perdre de l'argent avec l'Apple TV, Cupertino devrait dépenser pour cela plus d'un milliard de dollars dedans. Quand on voit qu'il n'a pas été mis à jour depuis mars 2012 et que le changement de design remonte à 2010, on peut penser que les dépenses sont loin d'être aussi élevées.

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L’Apple TV est-il trop volumineux ?

Au fil des années, l’Apple TV n’a cessé de maigrir. Au début, ses dimensions étaient celles d’un Mac mini grosso modo. Lors de sa première véritable mise à jour, Apple l’a transformé en minuscule petit boitier. Et si Apple allait encore plus loin avec son successeur ?

Google notamment avec son Chromecast a montré que le format clé USB pouvait se prêter assez bien à ce type d’appareils. Le magazine allemand Curved a donc cherché à imaginer à quoi pourrait ressembler un Apple TV Air.

À gauche, le petit boitier qui ressemble donc à une clé USB. À droite, la télécommande qui elle aussi a connu le même sort. Pas sûr que ce soit une bonne idée d’ailleurs. On a rapidement tendance à perdre de vue ces « petits » objets.

Alors bien entendu, le gros avantage de ce concept, c’est que cela fait beaucoup de câbles en moins !

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TV : Apple voudrait signer un contrat avec Comcast

Après avoir essayé de remplacer totalement les acteurs traditionnels pour offrir à ses utilisateurs une nouvelle expérience en matière de télévision, et après avoir échoué à mener à bien cette stratégie, Apple travaille désormais avec les chaînes et surtout avec les câblo-opérateurs. Très puissants aux États-Unis où ils fournissent la majorité des foyers en télévision et en internet, ces équivalents de Numericable n’ont aucun intérêt à ce qu’Apple réussisse seule à fournir du contenu à ses utilisateurs, mais ils semblent au moins ouverts aux négociations.

Selon le Wall Street Journal, Apple discuterait avec Comcast, le premier câblo-opérateur américain. L’idée serait, pour le constructeur de l’Apple TV, de s’associer avec cet acteur majeur à la fois pour offrir du contenu aux utilisateurs du boîtier, mais aussi pour s’assurer une bonne connexion en permanence. Le constructeur proposerait du contenu depuis ses serveurs, plutôt qu’uniquement en direct, et il s’agirait d’éviter les congestions de réseau qui touchent apparemment déjà bon nombre de foyers aux États-Unis.

Comcast étant à la fois un fournisseur d’accès à internet et un canal de diffusion pour les chaînes de télévision, c’est un acteur incontestablement important pour qui veut diffuser son contenu dans les salons américains. Apple voudrait s’assurer que l’on pourra regarder la télévision sans interruption et sans qualité détériorée, même le soir quand les réseaux sont saturés. L’idée étant d’offrir la même qualité que la télévision traditionnelle, mais avec du streaming depuis des serveurs.

Si les intentions sont claires, les deux entreprises seraient loin de signer un accord selon le journal. En cause, des raisons techniques déjà — Comcast est connu outre-Atlantique pour la mauvaise qualité de son service —, mais les négociations bloqueraient essentiellement sur le partage des données personnelles.

Apple voudrait naturellement que tout se fasse via l’iTunes Store et un Apple ID, mais le constructeur souhaiterait aussi un partage des revenus publicitaires avec Comcast. Naturellement, Comcast ne l’entendrait pas de cette manière et le câblo-opérateur espère garder un contrôle complet sur les abonnés et les abonnements.

Au-delà, reste la question épineuse de la neutralité du net. Certes, Apple ne demanderait pas un traitement prioritaire, mais son idée de proposer la télévision à ses utilisateurs via un canal séparé pourrait poser problème alors que les autorités américaines se penchent officiellement sur la question (lire aussi : Accord Netflix-Comcast : la neutralité du Net mise à mal).



Netflix en France : entre la carotte et le bâton

Le marché français fait saliver Netflix, qui s'emploie depuis plusieurs mois à contourner les chausses-trappes placées ici et là par des lobbies qui ont une oreille très attentive du côté du ministère de la Culture. Le 24 mars, la ministre Aurélie Filippetti recevra les dirigeants du groupe, rapporte Les Echos - début décembre, David Hyman (dirigeant du conseil) et Christopher Libertilli (patron des affaires publiques) avaient déjà été reçus à l'Élysée (lire : Netflix pourrait lancer sa VOD en France dans moins d'un an).

Les autorités veulent savoir quelles sont les intentions de Netflix, en particulier au niveau fiscal et réglementaire. Il serait mal vu de voir le groupe américain s'installer au Luxembourg ou en Irlande afin de bénéficier d'une imposition allégée. Vendredi dernier, Aurélie Filippetti a souhaité entendre tous les acteurs du secteur, complète BFM : chaînes de TV, producteurs, services de VOD concurrents, et même les fournisseurs d'accès. Le but : s'entendre pour faire en sorte que l'arrivée de Netflix en France soit profitable à tous (ce qui pourrait au passage être interprété comme une entente illicite, comme le craignent des protagonistes).

La ministre aurait tenté de pousser les producteurs à ne pas céder les droits de leurs contenus à Netflix; peine perdue : en cette période de vache maigre, faire la fine bouche devant la manne de l'Américain n'est sans doute pas un très bon calcul. En revanche, Aurélie Filippetti n'interdit pas aux FAI de distribuer Netflix sur leurs box, y compris si le service s'installe au Luxembourg. À Radio Classique, Stéphane Richard le PDG d'Orange a confirmé que « Netflix est allé au contact des opérateurs », mais qu'actuellement, « tout ça est encore très imprécis ».

Autre arme à disposition des pouvoirs publics : les services de VOD acceptant de s'immatriculer en France bénéficieraient d'une législation plus douce en matière de chronologie des médias. Les entreprises installées en France pourraient ainsi diffuser un film de cinéma deux ans après sa sortie en salles, contre trois ans actuellement. Un argument qui pourrait ne pas convaincre Netflix, dont le succès est surtout dû aux séries TV qui n'ont pas à respecter cette fameuse séquence. Le ministère de la Culture tourne également autour d'une poignée de mesures financières qui risquent de ne pas passer la rampe à Bruxelles, comme la subvention de services de VOD français ou la taxation des services étrangers vendant du contenu VOD en France.

Des rencontres, cette fois aux États-Unis, entre des représentants du gouvernement et Netflix, sont également prévues, tandis que la société de Reed Hastings s'est mise en quête d'un directeur général et d'une agence de communication en France. En plus de l'Hexagone, Netflix espère se lancer en Allemagne cette année.

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