Sans crier gare, Netflix a récemment modifié en profondeur son lecteur vidéo sur Apple TV. Alors qu’il reprenait jusque-là l’interface native de tvOS, il s’en éloigne complètement maintenant et ce n’est pas forcément pour le meilleur.

Le service a ajouté deux boutons en haut de l’écran : Quitter (alors que le bouton retour de la Siri Remote remplit déjà ce rôle) et Reprendre depuis le début, dont le libellé est d’ailleurs tronqué. Sous la barre de progression figurent désormais différentes combinaisons audio et sous-titres (par exemple « français », « anglais VO avec sous-titres »…), ce qui a l'avantage de faciliter l’accès aux réglages les plus courants.
À l’inverse, certaines actions deviennent moins directes. Auparavant, un clic à gauche ou à droite sur le clickpad permettait d’avancer ou de reculer immédiatement de 10 secondes. Désormais, ce geste met la lecture en pause et affiche des vignettes. Il faut un clic supplémentaire pour se déplacer dans la vidéo.

Le nouveau lecteur semble aussi avoir cassé l’intégration avec l’iPhone. Jusqu’ici, la lecture d’un contenu sur l’Apple TV faisait apparaître un widget sur l’écran verrouillé avec le nom du programme, la position de lecture et les commandes. Cet affichage a disparu. Le blogueur John Gruber a également noté que les raccourcis d’accessibilité, comme le triple clic sur le bouton Menu pour activer les sous-titres, ne sont plus pris en charge.
Ces changements irritent une partie des utilisateurs, d’autant que Netflix ne propose aucune option pour revenir en arrière. La situation rappelle celle du nouveau lecteur vidéo de Canal+, qui a lui aussi bousculé les habitudes en ajoutant des étapes supplémentaires pour certaines actions.
App Canal+ sur Apple TV : le nouveau lecteur vidéo, compatible Picture in picture, en cours de déploiement
Le problème de fond, c’est la multiplication des lecteurs propriétaires. Celui de Netflix ne fonctionne pas comme celui de Canal+, ni comme celui de l’app Apple TV. Résultat, il faut s’adapter à chaque service, ce qui devient vite fastidieux, surtout lorsque les interfaces évoluent sans prévenir et sans possibilité de personnalisation. Dans ce capharnaüm, il faut tout de même souligner que quelques-uns, notamment Arte, ne réinventent pas la roue et collent au lecteur natif.

John Gruber estime qu'Apple aurait dû imposer son lecteur maison dès l’ouverture de tvOS aux apps tierces, il y a une dizaine d’années. Le contrôle de la lecture y aurait gagné en cohérence, c’est vrai. Néanmoins, le player natif n’était pas exempt de défauts non plus à ses débuts : on se souvient de ses panneaux envahissants qui descendaient du haut de l’écran. En réalité, il est nécessaire qu’Apple laisse une certaine liberté aux développeurs pour gérer des usages spécifiques qu’elle n’a pas prévu, comme le zapping de chaînes en direct. Dans le meilleur des cas, les lecteurs tiers peuvent même introduire des innovations ensuite reprises par Apple.
À défaut d’imposer son propre player, Apple pourrait au moins exiger le respect de certaines bases : compatibilité avec les raccourcis d’accessibilité, prise en compte des fonctions des télécommandes… On regrette par exemple que le geste circulaire de la Siri Remote en aluminium, qui permet de faire défiler la timeline comme on le ferait avec la molette d’un iPod, soit royalement ignoré par Canal+ et vienne de disparaître de Netflix.











