Jusqu’à présent, chaque velléité de grandes manœuvres pour consolider les télécoms en France alimentait généreusement les médias. Cette fois, l'ambiance est tout autre. Les tractations entre les différents acteurs se déroulent dans une discrétion de cathédrale et toucheraient à leur fin. « On vient d’entrer dans les arrêts de jeu », confie le dirigeant d’un des quatre opérateurs nationaux à l'Informé.
Le match de la dernière chance
Pour filer la métaphore footballistique, l’issue de la rencontre demeure incertaine. Si tous les scénarios restent sur la table, certains perdent de leur superbe : l'idée que SFR puisse continuer son cavalier seul semble désormais relever de la science-fiction. Reste à savoir qui empochera la mise. Si l’arrivée d’un acteur étranger ravirait les défenseurs d’une concurrence à quatre, elle n’est clairement pas dans les plans de Patrick Drahi. Un nouvel entrant n'offrirait qu'un chèque modeste, faute de pouvoir jouer sur les leviers habituels d'une fusion : hausse des prix et rationalisation des effectifs.
En octobre dernier, JP Morgan valorisait l’opérateur au carré rouge à 20,5 milliards d’euros en cas de dépeçage entre ses trois concurrents, contre seulement 16,1 milliards dans une configuration isolée. Le problème ? Fidèle à sa réputation, Patrick Drahi se montre gourmand : il en exigerait 23,6 milliards d'euros pour rentrer dans ses frais et s'affranchir du veto de ses créanciers.
La perspective d’une prolongation
Alors que le magnat des télécoms joue son va-tout, son inflexibilité crispe les négociations. Mais il n'est pas le seul sous pression. Orange et Bouygues, dont les cours de bourse sont portés par l'espoir d'une consolidation, n'ont pas le droit à l'erreur. Un échec des pourparlers doucherait immédiatement les attentes des investisseurs.
Orange, Bouygues et Free font une offre à 17 milliards d’euros pour se partager SFR
Le scénario privilégié reste donc celui d'un partage des restes. Selon les informations de l'Informé, le trio Orange-Bouygues-Free peaufine une offre revue à la hausse. Mais ne nous y trompons pas : même avec un accord en poche, le chemin sera long. Le dossier devra sans doute passer sous les fourches caudines de Bruxelles plutôt que celles de l’Autorité de la concurrence française. Dans ce dossier, les arrêts de jeu pourraient bien durer toute une nuit. Ici, comme sur le carré vert, les arrêts de jeu pourraient bien se transformer en de très longues prolongations.











