Si vous êtes un aficionado de la marque Sony, ou si vous souhaitez acquérir un de leurs téléviseurs tant que la marque est toujours gérée par la maison mère, il ne va plus falloir tarder : les modèles sortant cette année sont semble-t-il les derniers de la marque avant de basculer chez TCL, comme le rapporte Bloomberg.

Les téléviseurs Sony, c’est une longue histoire semée d’innovations, et d’un quasi monopole sur le haut de gamme pendant une dizaine d’années. C’est en 1960 que la marque sort son premier téléviseur, sous la forme d’un écran (trans)portable de 8 pouces (20,3 cm) de diagonale. Avec ses batteries au plomb intégrées à l’arrière et son électronique à base de transistors, c’est l’une des télés les plus compactes de l’époque.
Cependant, c’est en 1968 que Sony lance ce qui sera sa marque de fabrique jusqu’à la disparition des tubes cathodiques : la gamme Trinitron. Avec son tube cathodique à grille unique, plutôt que des points éparpillés sur la surface de l’écran, le système permet une image plus lumineuse, avec une géométrie mieux respectée et un meilleur rendu des couleurs. Si les concurrents finiront par rattraper la marque, elle restera jusqu’à la fin des années 90 synonyme de haut de gamme et de qualité dans le domaine de l’écran CRT, avec des évolutions comme le FD Trinitron qui a permis d’avoir une surface d’écran totalement plate sur un tube cathodique, souvent en 16/9e déjà à l’époque.

Le LCD, avec ses écrans totalement plats, compacts et bien plus légers a rapidement achevé le tube, et avec lui l’hégémonie de Sony : en 2006, la marque annonce la fin de commercialisation du dernier écran cathodique Trinitron, pour se concentrer uniquement sur la gamme LCD Bravia. Si au départ Sony s’en sort presque aussi bien qu’avec les tubes, créant même au passage l’une des premières TV OLED, l’arrivée des concurrents coréens rend les choses plus difficiles : les marges s’amenuisent, et si le tube cathodique demandait une expertise bien spécifique quasi unique à Sony pour les plus beaux et gros écrans CRT, la technologie LCD est bien plus facile à opérer et la production de masse de Samsung ou LG entame l’enthousiasme de Sony sur le marché.
Comme de nombreux concurrents, Sony finit par abandonner le logiciel interne maison pour passer sur Android TV à partir de 2015, anonymisant un peu plus sa gamme par rapport aux autres, mais permettant de se concentrer sur ce qui leur semble le plus important : la qualité d’image grâce aux puces propriétaires.
L’arrivée des concurrents chinois, après les coréens, est le coup de grâce : si les marges étaient maigres mais encore tenables dans les années 2010, les années 2020 voient la TV comme un consommable à prix très serré, et l’investissement ne se justifie plus. Sony annonce alors un partenariat avec TCL, qui prendra en charge la fabrication dans son ensemble d’ici 2027.

Nous y sommes donc : cette année sortent les derniers téléviseurs réellement créés et fabriqués par Sony (en partie, les dalles proviennent bien souvent d’autres fabricants). Les nouveaux Bravia 9 II et Bravia 7 II annoncés ce mois-ci, allant d’un « simple » 50 pouces à un gigantesque 115 pouces devraient être les derniers d’une histoire bien chargée, avant la prise en main de la gamme par TCL. Equipés d’une dalle Mini LED, la marque annonce qu’ils devraient atteindre une luminosité équivalente à celle des moniteurs de référence utilisés par le monde du cinéma, grâce entre autres à un rétro-éclairage RGB, plutôt qu’un blanc uni habituel. Côté logiciel, il faudra bien entendu compter sur Google TV (anciennement Android TV), qui intègre maintenant Gemini pour les fonctions de recherche de contenu.
Sony espère s’associer à TCL pour démocratiser ses téléviseurs Bravia
Ces nouvelles gammes, représentant ce que Sony sait faire de mieux, devraient être disponibles à partir de juin-juillet 2026 pour les tailles « standard », et septembre pour le 115 pouces. Les tarifs définitifs n’ont pas encore été annoncés, mais ils devraient tourner autour des 3 500 € pour une version 75 pouces.













