Un prototype d’écran E Ink pliable promet de rapprocher les liseuses des livres

Mathieu Fouquet |

Vous adorez votre Kindle mais rêvez de le fermer comme un bon vieux livre avant de le poser sur la table de nuit ? Bonne nouvelle, la E Ink Corporation — la société derrière les écrans que l’on retrouve dans les produits d’Amazon et de Kobo, notamment — continue à travailler sur une variante pliable de ses écrans à encre numérique. Les premiers balbutiements avaient eu lieu en 2017, lorsque la compagnie avait présenté un écran E Ink pliable. Depuis quelques mois, des prototypes issus d’un laboratoire japonais incluent en prime une couche Wacom qui permet de prendre des notes à même l’écran, à l'aide d’un stylet.

Dans la vidéo ci-dessus, la chaîne YouTube Goodereader présente brièvement le dernier prototype en date. On peut y voir une liseuse qui se déplie (très lentement), n’inclut aucun rétroéclairage (mais une magnifique barre lumineuse des années 90 en haut de l’écran, pour un éclairage uniforme) et accepte effectivement la prise de notes manuscrite.

Alors que les smartphones pliables doivent encore démontrer leur utilité, ce prototype est intrigant : il promet de donner un rôle plus actif au lecteur, y compris celui qui n’oserait jamais écrire une seule ligne dans son sacrosaint livre papier. Reste à savoir si Amazon et ses concurrents s’intéresseront à leur tour à cette technologie.

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Airport, un App Store pour les apps distribuées sur TestFlight

Nicolas Furno |

Airport est le nom d’une nouvelle app qui liste les apps disponibles en bêta sur TestFlight. Cet équivalent de l’App Store pour TestFlight n’a absolument aucune chance d’être accepté par Apple sur sa boutique, mais il est lui-même disponible sur TestFlight (🙃) et vous pouvez la tester vous-même si vous le souhaitez.

La page d’accueil d’AirPort à gauche, les catégories à droite.

TestFlight est la plateforme de bêta tests d’apps iOS mise à disposition des développeurs par Apple. Avant de soumettre une app à l’App Store, ils peuvent la mettre en ligne sur cette plateforme et permettre à d’autres personnes de la tester. À l’origine, c’était un service pensé pour vérifier auprès de quelques dizaines ou centaines de personnes si une app fonctionne correctement avant de la mettre en ligne sur la boutique.

Mais puisqu’Apple accepte aussi que des apps restent sur TestFlight sans vraie limite de durée, et avec des milliers d’utilisateurs au quotidien, c’est devenu quasiment un deuxième App Store pour iOS. Pour donner un exemple, le terminal iSH ne peut pas être soumis à la boutique officielle, mais il continue d’être développé et il utilisé au quotidien par de nombreuses personnes sur TestFlight, et cela fait un an et demi que cela dure.

Le créateur d’Airport propose aux développeurs qui distribuent une app via TestFlight de l’ajouter à son app, qui sert ainsi de catalogue. L’interface n’est pas sans rappeler l’App Store d’il y a quelques années, avec une page d’accueil qui met en avant des apps, des catégories, classements et même une fonction de recherche. Airport ne se charge pas du téléchargement, c’est toujours TestFlight qui a ce rôle, mais le catalogue distingue les apps disponibles de celles en attente ou à venir.

Certaines apps sont sur liste d’attente (gauche), quelques unes ne sont pas encore disponibles (droite) et d’autres peuvent être téléchargées immédiatement dans TestFlight (centre).

L’idée est intéressante pour les développeurs qui souhaitent faire connaître leur app pendant la phase de bêta, surtout pour ceux qui débutent et n’ont pas d’audience établie pour partager le lien TestFlight. Mais Apple ne verra pas l’initiative d’un bon œil, cela ressemble fort à un App Store dans l’App Store, et les règles de validation sont nettement plus légères pour les apps TestFlight.

Même si Airport disparaissait, son créateur a prévu un plan B qu’Apple ne pourra pas bloquer : son app deviendra un site web, tout simplement. En attendant, vous pouvez demander à accéder à l’app sur son site officiel et si c’est la première fois que vous utilisez TestFlight, vous devrez préalablement installer l’app d’Apple.

iOS 14 est nécessaire pour installer Airport.

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iOS 14, macOS Big Sur : depuis Safari, les abonnés Apple News+ sont redirigés vers Apple News

Mickaël Bazoge |

Chacun connait la qualité déplorable fiabilité légendaire des moteurs de recherche de l'App Store ou de l'iTunes Store. Mieux vaut en passer par Google la plupart du temps ! Sur iOS et iPadOS, Safari va même plus loin : en saisissant le nom d'une application ou d'un film/série dans Safari, par exemple : « iGeneration App Store » ou « Titanic iTunes », le lien donné par le navigateur vous emmène directement sur l'App Store ou l'iTunes Store. Pratique… et casse-pied à la fois, parfois on aimerait simplement tomber sur l'aperçu web du contenu désiré1.

iOS 14 et macOS Big Sur ajoutent une nouveauté pour les abonnés à Apple News+. Les liens des articles des publications partenaires (Fortune, Vogue, etc.) qui apparaissent dans les résultats de recherche de Safari emportent l'utilisateur directement dans l'app Apple News. Ça ne marche pas tout le temps (j'ai fait chou blanc dans mes essais), il faut bien sûr avoir Apple News et être abonné au service de presse sur abonnement.

Les utilisateurs d'Apple News qui ne sont pas abonnés au kiosque ne sont pas concernés par cette redirection. Et contrairement au comportement de Safari avec l'App Store et iTunes, celui d'Apple News+ peut être désactivé dans les réglages iOS News > Ouvrir les liens web dans News ou dans les préférences du logiciel dans macOS (l'option est cochée par défaut dans les deux cas).

En l'absence de chiffres officiels, difficile d'affirmer le succès ou l'échec d'Apple News+, mais les bruits de couloir provenant des éditeurs de presse semblent indiquer que le kiosque d'Apple est loin de remplir ses objectifs en termes de revenus (lire : Apple News+ : la prudence des éditeurs de presse). Par contre, la popularité de la version gratuite (Apple News tout court) est bien là avec 125 millions d'utilisateurs actifs mensuels.

La redirection appliquée par Safari vers Apple News+ est une bonne idée sur le papier, elle permet aux lecteurs payants du service de profiter des articles des publications auxquelles ils sont abonnés. Du côté des éditeurs en revanche, ça risque de faire la grimace : ils préfèreraient sans nul doute que ces redirections soient dirigés vers leurs portails en ligne payants, mais il n'existe aucun moyen d'identifier un abonné Apple News+ sur le web.


  1. Sans compter l'indisponibilité de certains contenus régionaux dans les boutiques sur lesquelles on est connecté. Dans ce cas, l'App Store ou iTunes n'affichent qu'une bête erreur 😑. Pour s'en sortir, il faut toucher la petite flèche à côté du chemin de l'URL, puis l'option En cache… Une solution guère satisfaisante, le cache de Google pouvant oublier des éléments comme des images (et puis ce n'est pas fait pour ça).  ↩︎

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App Store : pour la Russie, Apple abuse de sa position dominante

Mickaël Bazoge |

Voici une nouvelle dose de problèmes pour l'App Store. Le FAS, l'autorité russe de la concurrence, estime qu'Apple abuse de sa position dominante dans le secteur des applications mobiles sur iOS. Dans une décision à venir, le FAS va exiger du constructeur de mettre en place des solutions à ces abus. Un porte-parole du constructeur a annoncé la volonté de l'entreprise de faire appel de ce jugement, rapporte Reuters.

L'Autorité a été aiguillée par une plainte de Kaspersky Lab relative à son application Safe Kids de contrôle parental, dont la nouvelle version a été refusée peu après la mise en place de la fonction Temps d'écran dans iOS 12. Cette histoire poursuit Apple, il y a été fait allusion pendant l'audition de Tim Cook devant le congrès américain. Ces applications utilisaient le système de profil MDM pour surveiller les iPhone des gamins. Apple a fait la chasse à ces apps pour des raisons de sécurité qui peuvent s'entendre, mais le timing interroge les autorités de régulation.

Le FAS pointe du doigt l'obligation pour l'utilisateur (et le développeur) de passer par l'App Store pour télécharger des applications, ainsi que le droit que se réserve le constructeur de bloquer la distribution de n'importe quelle app. Des reproches qui sont aussi ceux formulés par la Commission européenne : Bruxelles a précisément lancé une enquête formelle sur le sujet au mois de juin.

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L'autorité des transports de New York veut un Face ID plus efficace avec les masques

Mickaël Bazoge |

L'autorité qui gère les transports en commun à New York (MTA) aimerait beaucoup qu'Apple s'arrange pour faciliter et accélérer le déverrouillage de l'iPhone. De nombreux utilisateurs des réseaux de métro et bus de la région se servent de leurs smartphones pour utiliser les transports en commun, mais avant de franchir le guichet, il faut encore s'identifier. C'est là que le bât blesse, ou plutôt le masque : dans la très grande majorité des cas, Face ID ne reconnait pas les visages masqués (lire : Porter un masque va vous faire détester Face ID).

Il arrive que ces voyageurs baissent leur masque de protection pour que Face ID fasse son boulot, ce qui est contre-productif dans un contexte de lutte contre l'épidémie de coronavirus. C'est pourquoi la MTA fait pression sur Apple, dans un courrier à l'intention de Tim Cook et intercepté par AP. iOS 13.5 apporte un début de réponse : cette mise à jour, disponible depuis le 20 mai, accélère l'affichage du panneau de saisie du code de déverrouillage quand Face ID repère un masque sur le visage de l'utilisateur. On peut aussi plus rapidement afficher ce panneau en balayant l'écran verrouillé vers le haut.

C'est malgré tout insuffisant pour Patrick Foye, le président de l'autorité : « Nous comprenons qu'Apple travaille sur le problème, et nous savons qu'Apple a plusieurs technologies à sa disposition. Nous exhortons Apple à aller plus vite dans le déploiement de nouvelles technologies qui protégeront davantage les clients à l'heure du COVID-19 ».

Une des solutions est le mode Express d'Apple Pay, qui est d'ailleurs testé sur le réseau de la MTA. Cette fonction zappe le processus d'authentification biométrique pour aller droit au but, c'est à dire le paiement du transport. Il suffit d'approcher l'iPhone ou l'Apple Watch et bim (lire : Les transports en commun de Londres passent au Mode Express d'Apple Pay).

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WhatsApp pourrait bientôt supporter plusieurs appareils simultanément

Mickaël Bazoge |

En avril 2019, on apprenait que WhatsApp avait finalement développé une version pour iPad (lire : WhatsApp va enfin s'adapter à l'iPad). Mais voilà, 16 mois plus tard, toujours rien ! La messagerie instantanée de Facebook doit au préalable résoudre un casse-tête : un compte WhatsApp ne peut fonctionner en même temps sur plusieurs appareils. La version Mac doit être connectée à la version pour iPhone pour recevoir et envoyer des messages.

Ce vaste chantier a été ouvert par WhatsApp, qui teste actuellement la possibilité de synchroniser les messages sur quatre appareils en même temps selon WABetaInfo. Cela passe par la copie de l'historique des conversations sur tous les terminaux ; pour ce faire, l'application demande de se connecter en Wi-Fi aux autres appareils.

Exemple de transfert de l'historique sur l'app macOS.

Une fois la copie réalisée, il sera possible d'utiliser son compte sur un autre appareil, sans avoir besoin de se connecter en permanence sur l'appareil de référence. Les nouveaux messages seront synchronisés à tous les autres terminaux connectés au même compte. Les clés de chiffrement devront être mises à jour lorsqu'on retire ou ajoute un nouvel appareil (c'est l'affaire d'un tapotement dans les conversations).

Lorsque cette fonction sera disponible, il sera finalement possible d'utiliser WhatsApp sur iPhone et WhatsApp sur iPad simultanément avec le même compte. Et, croisons les doigts, WhatsApp sur Mac aussi. En revanche, le fonctionnement multiplateformes (iOS et Android en même temps) n'a pas été confirmé, mais cela devrait fonctionner.

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Processeurs : Samsung aurait aussi du mal à affiner ses gravures

Nicolas Furno |

L’une des principales raisons qui ont poussé Apple à abandonner Intel en faveur de ses propres puces se compte en nanomètres. Le fondeur a eu beaucoup de mal à affiner la gravure de ses processeurs, ce qui est l’une des explications pour justifier le ralentissement des progrès en termes de performance ces dernières années. Et c’est aussi l’une des justifications derrière le retour réussi d’AMD, qui bénéficie de l’expertise de TSMC pour les gravures les plus fines.

Le SoC Samsung du Galaxy Note 3 (image Honou (CC BY 2.0))

TSMC s’impose toujours davantage sur ce marché et le fondeur taïwanais aurait battu Samsung sur un autre marché. Qualcomm devait à la base travailler avec le constructeur coréen pour produire le Snapdragon 875G, un futur SoC gravé à 5 nm. Sauf que la branche dédiée aux semi-conducteurs de Samsung ne parviendrait pas à atteindre la productivité nécessaire pour ce contrat. Le taux de déchets serait encore trop important, si bien que Qualcomm aurait finalement donné le contrat à TSMC.

Un autre signe que la gravure à 5 nm n’est pas au point chez Samsung est à chercher du côté des Note 20 qui viennent d’être présentés. On les attendait avec un processeur maison Exynos reposant sur cette finesse de gravure, ils sont finalement arrivés avec un modèle d’ancienne génération, toujours gravé à 7 nm.

D’après les rumeurs, la gravure à 5 nm proposée par TSMC sera prête pour les Apple A14 qui seront utilisés dans les iPhone de 2020 et aussi pour leurs variantes destinées aux premiers Mac Apple Silicon. La firme de Cupertino avait été aussi parmi les tous premiers sur le 7 nm, introduit avec l’Apple A12 des iPhone XS. Et pendant ce temps, TSMC a commencé ses recherches pour graver à 2 nm

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