L'iPhone de Jamal Khashoggi utilisé pour l'espionner ?

Christophe Laporte |

Il y a deux mois, l’affaire Jamal Khashoggi défrayait la chronique. Ce journaliste saoudien était sauvagement assassiné à l’intérieur du consulat d'Arabie saoudite en Turquie. Une affaire sordide dans lequel l’iPhone de Jamal Khashoggi semble avoir joué un rôle crucial.

A un moment donné, certains ont cru que l'Apple Watch de Jamal Khashoggi permettrait de faire remonter des informations dans le cadre de cette affaire

Proche du journaliste, Omar Abdulaziz, un autre dissident saoudien, a récemment attaqué en justice en Israël la société NSO Group, qui aurait mis à disposition des autorités saoudiennes toute sa technologie pour espionner Jamal Khashoggi.

NSO Group est une entreprise discrète dont le métier consiste à développer et vendre des solutions permettant d’accéder à distance et en toute discrétion aux données des smartphones.

À plusieurs reprises, elle a fait les gros titres de l’actualité high-tech pour "Pegasus", son malware qui jailbreak un iPhone puis installe des logiciels-espions sur l’appareil. Il suffit de pousser la victime à toucher un simple lien pour que Pegasus en récupère toutes les données (lire : Le malware Pegasus qui siphonne les données de l'iPhone en vente pour 50 millions de dollars).

Si l’iPhone de Jamal Khashoggi avait bel et bien été siphonné, alors les autorités saoudiennes n’ont sans doute eu aucun mal à être informées en temps réel de ses communications sur les applications de messagerie instantanée ou de ses déplacements.

Comme le signale le New York Times, ce n’est pas la première fois que le NSO Group fait l’objet d’une attaque en justice. Celui-ci est soupçonné d’avoir aidé les gouvernements du Mexique et des Émirats arabes unis à espionner des activistes et des journalistes à travers leurs smartphones. Les personnes en question n’étaient ni des criminels ni des agitateurs susceptibles de mener des actions violentes.

Habituellement peu bavard, le NSO Group a publié un court communiqué dans lequel il affirme mettre à disposition ses outils aux autorités gouvernementales, uniquement dans le but de lutter contre le crime et le terrorisme. La société assure qu'elle ne tolère aucune mauvaise utilisation de ses produits, et qu’en cas de doute, elle n’hésitera pas à enquêter et prendre les actions appropriées, comme suspendre ou rompre un contrat.

En Israel, la réglementation sur la vente de ce type d’outils est très encadrée, le spyware étant considéré comme une arme à part entière. Par conséquent, le NSO Group doit obtenir l’accord du ministère de la Défense avant de proposer ses outils à des gouvernements étrangers. Selon la presse israélienne, l’Arabie Saoudite aurait déboursé l’année dernière 55 millions de dollars pour utiliser les outils du NSO Group.

Dans les mois qui ont précédé l’assassinat de Jamal Khashoggi, les autorités saoudiennes ont également essayé d’attirer le plaignant Omar Abdulaziz, lequel est localisé au Canada.

Omar Abdulaziz

Il a été approché à plusieurs reprises par des émissaires saoudiens pour l’inciter à rentrer au pays, lui présentant deux scénarios assez différents. Le premier, assez radieux, s’il venait à revenir en Arabie-Saoudite, le deuxième, beaucoup plus sombre où Omar Abdulaziz finirait en prison après avoir été arrêté à un aéroport.

Tout comme Jamal Khashoggi, Omar Abdulaziz a décliné cette proposition et les autorités saoudiennes sont passées à la vitesse supérieure. Ce dernier aurait reçu un message l'invitant à suivre l'acheminement d'une livraison, laquelle permettait en fait au logiciel espion du NSO Group de s’installer discrètement. C’est un groupe de recherche l’université de Toronto qui a averti Omar Abdulaziz, que son téléphone a pu être hacké à ce moment-là.

Les autorités saoudiennes ont donc apparemment été informées des échanges réguliers entre les deux activistes par le truchement du téléphone d'Omar Abdulaziz. Mais pour ce dernier, il ne fait guère de doute que le téléphone de Jamal Khashoggi était également infecté.

CNN a publié des extraits de leurs conversations.

Suite à cette affaire et à d’autres, Amnesty International a essayé à plusieurs reprises, mais sans succès pour le moment, de faire retirer la licence d’exportation de systèmes de défense de NSO Group.

Dans un communiqué du 28 novembre, l'organisation révèle que le logiciel du NSO Group a été utilisé sur au moins un de ses membres pour tenter de l’espionner. Le ministère israélien de la défense a rejeté cette demande. Désormais, Amnesty International réfléchit elle-aussi à porter cette affaire devant les tribunaux !

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Témoignage : « Pourquoi j'ai remplacé mon portable par un iPad Pro »

Florian Innocente |

« L'iPad Pro peut-il remplacer un ordinateur ? » Benoit Vion-Dury, qui travaille dans le conseil auprès de collectivités, s'est posé cette question alors qu'il cherchait une solution mobile qui s'adapte à sa manière de travailler.

Alors que ce débat est relancé par la sortie d'une nouvelle génération d'iPad, ce lecteur nous a proposé de partager son expérience. Il en tire un bilan foncièrement positif tout en abordant les quelques problèmes ou complications qui peuvent se mettre sur la route des candidats au changement de monture.

Un "super" iPad plutôt qu'un iPad "Pro"

« En général, tout le monde s’accorde à dire que l’appareil est génial, mais qu’il y a trop de limitations logicielles, ce qui l’empêche de remplacer un ordinateur. Surtout, tout le monde discute autour du suffixe « Pro », attendant de celui-ci qu’il fasse de l’iPad un outil professionnel. Mais pourquoi accorder autant d’importance à 3 lettres ?

L’iPad Pro est un super iPad pour lequel le marketing a préféré « Pro » à « Super » après probablement des mois de brainstorming, c’est tout ! Demande-t-on au MacBook Air de nous faire respirer ?

Et par ailleurs, qu’est-ce qu’un pro ? Du vigile à l’avocat, du patron de PME au paysan, de la femme de ménage au banquier, de la secrétaire à l’étudiant, de l’artisan au graphiste, il y a 1 000 métiers et tous n’ont pas besoin du même outil.

Surtout, penser que l’ordinateur répond à tous ces besoins de manière optimale est totalement faux, certains ont juste besoin d’un smartphone, d’autres de supercalculateurs. Ils sont malgré tout, chacun, des professionnels, non ?

Cessons donc ce débat à propos d'un terme marketing plus ou moins judicieux, qui n’est là que pour évoquer des choses, pas pour enfermer un produit dans une utilisation.

Tentons plutôt de ne pas nous laisser impressionner ou orienter par ces avis, essayons de sortir de notre zone de confort, tentons simplement de remplacer un ordinateur par un iPad… Pro ou pas. Et voyons ce que ça donne. J’ai essayé, j’ai réussi, voici mon récit. »

« Je passe la majeure partie de mon temps face à un écran et un clavier »

« J’ai un parcours scientifique, après avoir écrit une thèse d’électrochimie je suis allé travailler en collectivité puis en association avec des postes de chef de projet.

Après quelques années, j’ai décidé de monter ma boite de conseil aux collectivités et je propose de la gestion de projet, j’organise des événements, je donne aussi des cours à l’université et j’ai quelques projets de logiciels, pas en tant que développeur je précise.

Je suis donc un professionnel, catégorie cadre, ingénieur plus exactement, aux besoins divers et représentatifs des personnes de mon métier. En tout cas je passe la majeure partie de mon temps assis à un bureau, au téléphone, en réunion… face à un écran et un clavier.

Mon travail consiste à écrire des rapports, à faire des présentations et surtout à gérer beaucoup de tableurs, sur différentes applications. J’ai personnellement besoin de griffonner tout ce que j'ai en tête. Je finis toujours par en revenir au dessin, au schéma, à une explication en graphes. Ce que j’ai toujours fait sur des papiers les plus grands possible.

Par ailleurs, mon travail ne me définit que pour moins d’1/3 de ma vie, et par conséquent je suis aussi une personne privée, qui utilise des outils informatiques pour me divertir pendant mon temps libre, me renseigner, échanger… mais aussi gérer ma vie administrative. »

« J'ai envie de n'avoir qu'un seul objet qui fasse tout »

« J’ai par ailleurs un besoin qui n’est pas forcément partagé par tous : j’ai envie de n’avoir qu’un objet qui fasse tout ce qui est ci-dessus, qui soit très mobile, qui couvre tous mes besoins. Un compromis en quelque sorte.

Je le précise car jamais il ne m’est venu l'idée d’acheter ou de posséder un ordinateur fixe. J’en comprends bien le besoin, le rôle, ou la puissance et la taille. Seulement, ce n’est absolument pas adapté à ma vie, à ma façon de travailler. Je préfère avoir mon outil de travail sur moi tout le temps, pouvoir corriger un rapport à une terrasse, dans un canapé, sur une plage…

Par conséquent j'ai vraiment besoin d’optimiser le poids et l’encombrement. Par ailleurs, j’ai rêvé il y a longtemps d’un ordinateur modulable et ultraléger qui viendrait se brancher à différents « périphériques » en fonction du besoin. Par exemple un grand écran, un port Ethernet, un disque dur et une carte graphique au bureau. Puis une enceinte et un vidéoprojecteur à la maison. Quelque chose qui soit fait du minimum vital : un clavier et un cœur d’ordinateur.

Certains diront « facile ». Oui, aujourd’hui ça devient concret avec l’USB-C et le Thunderbolt, mais ce rêve je l’avais il y a plus de 10 ans, et c’était moins « facile » à ce moment là.

J’avais donc, en 2004, un iBook 12" blanc, acheté 1 200 €, qui a fini par avoir son écran cassé. J’ai alors démonté l’écran et me suis retrouvé avec un gros clavier comprenant l’ordinateur que je branchais à un vieux moniteur cathodique (pas cher !), et un disque dur en FireWire de 250 Go (monstrueux).

Je l'ai changé vers 2009, au début de ma vie professionnelle, par un MacBook Pro 15" Core 2 Duo (1 850 € en tarif étudiant) qui me servira jusqu’en 2017. Je l’upgrade en y mettant un disque interne hybride comportant quelques gigas de SSD dans le but d’accélérer la machine. Une quête d’instantanéité qui m’est chère car je ne supporte pas de regarder mes appareils mouliner.

Depuis 2013 j’ai un travail stable, avec ordinateur fourni, un PC Samsung 15" plutôt épais et lourd (plus de 3 kg) que je n’aime pas trop trimbaler. Il devient très sédentaire, et en déplacements j’utilise mon Mac plus léger et plus fin, mais qui au fil des ans a perdu de sa vivacité. »

Un saut dans l’inconnu

« Fin 2016 je commence à avoir envie de changer, de moderniser tout ça, mon MacBook Pro tourne plutôt bien pour son âge, mais c’est un peu mou, et matériellement je commence à avoir une batterie un peu moins bonne (quoique plus impressionnante que le Samsung plus jeune de 3 ou 4 ans).

Je passe de plus en plus de temps sur mon iPhone et fait de plus en plus de choses avec, car la rapidité est saisissante. Je suis l’actualité Apple avec attention mais n’envisage pas le moins du monde de switcher.

Grand fan du MacBook Air dès sa sortie, je vois arriver le MacBook 12" Retina que j’envisage alors de prendre. Problème : une puissance décevante et un prix un peu trop élevé à mon goût, juste pour « ça ». Les rumeurs parlent d’un renouvellement de la gamme MacBook Pro qui se fait attendre, j’attends.

À la sortie, les nouveaux MacBook Pro Touch Bar correspondent à mes besoins. Sauf que pour avoir un ordinateur du niveau de mon ancien portable il faut que je dépense plus de 2 500 € en 15", que je n’ai pas. Même les 13" sont chers, de l'ordre de 2 000 € pour ce que je veux.

C’est un peu le choc. Je n’ai pas cet argent, j’ai besoin de changer et je veux rester chez Apple. Autre problème, non seulement ça me parait cher, mais je me trouve confronté à mettre un salaire dans un objet que j’ai déjà.

Car finalement, les châssis se sont affinés, les processeurs ont accéléré, les définitions d'écran se sont densifiées, mais à la fin ça reste la même chose. Et ce même si mon MBP vient de passer dans la catégorie des produits obsolètes qui ne peuvent plus être réparés ni mis à jour.

J’ai besoin de changer de concept, d’aller dans le futur, de vivre la science-fiction, de changer d’expérience. »

En avant vers l'iPad

« Et l’iPad alors ? Je n'ai jamais trouvé que ça correspondait à ce que je cherchais, j’aime le concept mais je n’en ai pas le besoin. Jusqu’à l'arrivée de l’iPad Pro, et là c’est à nouveau le choc.

Le Pencil me fait rêver pour griffonner mes idées, la portabilité est folle, l’écran équivalent à la gamme des ordinateurs (en 12,9"). Mais au moment de sa sortie je le vois comme un appareil d’appoint, en complément. Donc trop cher et avec la priorité de changer d’ordinateur avant… Je n’ai pas 4 000 € à consacrer à l’informatique !

Sauf qu’à force de lire et de regarder des tests, cette alternative commence à me titiller. Je me mets à comparer, à me renseigner, à faire une évaluation des solutions, à peser, mesurer, compter, à l'essayer à l’Apple Store de Marseille… et j’en arrive à la conclusion que, oui, c’est ce qu’il me faut !

C’est ce changement que j’attends de l’informatique, c’est ça le futur. Je me renseigne pour une solution clavier plus performante que celle d'Apple, et je me mets en attente de la deuxième génération que les rumeurs annoncent pour bientôt, avec de belles évolutions.

Après deux reports, je n’en peux plus et j’ai besoin de me conforter dans mes choix. Je me tourne vers l’occasion et j'achète pour moins de 300 € un iPad Air 2 d’occasion en super état (que je revendrai quelques mois plus tard pour quasiment le même prix). C'est une opportunité de tester concrètement ce futur dans un format plus petit, moins performant, sans stylet, mais économique.

Je commence à me fournir en équipement : clavier, hub sans fil et j’essaie. Je me rassure en me disant que si ça ne me convient pas je peux encore faire machine arrière sans me saigner.

Et là c’est la révélation ! Non seulement je tombe amoureux du tactile sur grand écran, mais je m’acclimate super rapidement (il est vrai aidé par des mois de préparation et de prise de renseignements) et je deviens un grand fan du produit.

À l'arrivée de la seconde génération des Pro, j'achète dès le jour de la sortie ! Sauf qu’après avoir rêvé du 12,9" mais m'être habitué au 9,7", je pars sur le nouveau format de 10,5". Ça me fait gagner quelques centaines d’euros.

Les iPad Pro de deuxième génération

C'est le meilleur investissement que j’ai fait ! J’ai gardé mon clavier, mon adaptateur, j’ai gagné le stylet, les enceintes des 2 cotés (très, très important en visionneuse) un écran magnifique et une puissance en abondance. J’arrive à tout faire, la transition est terminée, définitivement ! »

Le Mac au parking

« Et mon ordinateur ? Il ne me manque pas, tellement pas qu’en fait depuis le jour où un iPad est entré chez moi, je ne l’ai plus ouvert […] c'est un ordinateur d’appoint au bureau en cas de stagiaire, mais il ne sert à rien à part SketchUp en version web, où le tactile n’est vraiment pas optimisé et où l’écran 15" apporte vraiment un plus.

À ce jour, la boite que je viens de monter fonctionne assez pour que j’investisse dans du matériel informatique et que je remplace mon iPad perso par un équipement payé par ma société. Je vais prendre le nouvel iPad Pro 12,9", animé par l'envie de tester plus grand pour voir si ça colle.

En tout cas l’iPad correspond à mon besoin, il fait tout ce que je lui demande de la manière la plus rapide qui soit.

Si je devais résumer l’iPad pour un utilisateur lambda qui se pose la question de franchir le pas, je dirais que c’est un appareil inconcevable. Plus fin qu’un cahier, pouvant stocker autant de données que l’on veut, pour 3 fois moins de kilos qu’un ordinateur classique, pour 2 fois moins cher qu’un Mac récent, qui est hyper réactif, jamais éteint, maniable et modulable.

C'est de la science-fiction ! Il n’y a pas un jour où je ne regarde pas mon iPad avec satisfaction. À part des gens qui ont des besoins très spécifiques, mais qui doivent représenter 5 % de la population maximum (même si en lisant les forums ou en regardant YouTube on a l’impression qu’ils pèsent 50 %), cet objet peut remplacer un ordinateur. À partir de moins de 400 €, si on considère la version d’entrée de gamme qui ne démérite pas, surtout depuis qu’elle est compatible avec le Pencil ».

Un excellent rapport qualité/prix

« Cette notion de prix est importante. Car j’ai vu et lu beaucoup de tests sur l’iPad Pro 2018, souvent en configuration 12,9" Cellulaire avec 1 To de stockage, Pencil et clavier. Cela devient un problème car à ce niveau on a un MacBook Pro 13" haut de gamme. Sauf que c’est complètement faussé (c'était la configuration de test prêtée par Apple aux médias, ndlr).

Ce qu’il faut opposer ce sont des appareils à taille équivalente, à équipement équivalent, à capacité équivalente.

Voici ma proposition qui n’est que mon point de vue : comparaison en 256 Go de stockage de l’offre portable d'Apple. Je compare le Pencil à la souris, les deux ne sont pas nécessaires sur iPad ou MacBook mais ils améliorent l'utilisation. Le Smart Keyboard Folio n'est pas indispensable non plus à tous les usages sur iPad, et des solutions d’autres marques sont disponibles pour moins cher, voire une misère si on veut baisser les coûts.

Dans cette comparaison, il faut avoir en tête que l’iPad dispose, à chaque fois, d'un avantage performances et qu'il a les fonctions Pencil et tactile en plus. Que la tablette existe aussi en modèle 4G. Que le clavier est optionnel, qu'on dispose d’un appareil photo (donc d'une fonction scanner ou plus…) quasi équivalent à celui des derniers iPhone. Et je ne parle pas du poids… Au vu de tout cela, l’iPad devrait être logiquement plus cher !

On voit qu’on peut se constituer une solution complète pour moins de 750 € (soit le tiers d’un MacBook Pro Touch Bar tout en remplissant exactement les mêmes fonctions de base (ok c’est tiré par les cheveux, mais pour beaucoup c'est assez). On peut finalement dégager une solution pas chère chez Apple. Elle équivaut à mon essai de quelques mois avec l’iPad Air. J’ai travaillé avec et même fait des montages vidéo, il n’a jamais démérité bien qu’il soit vieux de plusieurs générations.

Si l'on regarde le haut de gamme, il faut comparer l’iPad 11" au MacBook 12" et tout équipé il y a 180 € d’écart, à l’avantage de l’iPad qui est autrement plus puissant.

Dans les écrans de grandes diagonales, considérons que 12,9" est égal à 13,3" et, à 40 € près, l’iPad tout équipé est équivalent au nouveau MacBook Air Retina. Ce grand iPad est presque 200 € moins cher qu’un MacBook Pro et 440 € moins cher qu’un Touch Bar (un écart qui représente le prix d’un iPad 6 de 128 Go ou d’une Apple Watch, par exemple). C'est une bonne comparaison je pense, même si avec ce modèle, le Mac se fait encore laminer en performances. Même chose si on ajoute encore 350 € — le prix d'un HomePod — pour passer sur un Core i7.

Le prix est un critère important mais la condition sine qua non est qu'il faut être disposé à changer d’environnement, à reconsidérer ses habitudes, à se poser de nouvelles questions, à se remettre un peu en cause et à enterrer un écosystème omniprésent autour de soi ».

Quels accessoires avec son iPad ?

Comme expliqué précédemment, Benoit est en passe de basculer sur un iPad Pro 2018 de 12,9" avec 256 Go. Actuellement son environnement de travail s'est constitué autour de son iPad Pro 10,5" (256 Go aussi, dont 185 Go utilisés, précise-t-il) qui comprend les accessoires et périphériques suivants :

  • Un Pencil « indispensable ! » vendu 99 € pour le premier modèle.

  • Le clavier bluetooth d'Apple Magic Keyboard (99 €) « dont je préfère la frappe et, surtout, qui comporte les touches indispensables du son, de la luminosité et la lecture de contenus. Il ne me manque que de pouvoir configurer Siri et le retour à l'écran d'accueil, car les touches F3 à F6 ne me servent à rien. J’apprécie aussi beaucoup le sans-fil plutôt que le connecteur iPad, car cela me donne la liberté d'avoir le clavier au-dessus de l’iPad, ce qui peut-être pertinent quand on dessine tout en ayant parfois recours au clavier pour un raccourci, ou pour répondre rapidement à un message ou bien pour ne pas avoir l’écran entre 2 personnes face-à-face dans une réunion. J'ajoute que dans le cas du clavier Apple, la batterie tient des mois, et que la connexion est parfaite, sans latence et sans coupures contrairement à ce que j’ai pu lire à plusieurs reprises sur différents tests de différents modèles ».

  • Benoit s'est équipé aussi du support de clavier Canopy de Studio Neat pour concilier l'utilisation du clavier pour Mac d'Apple avec n'importe quel appareil iOS que l'on peut tenir à la verticale pendant la frappe (40 $). Il utilise également le boitier multifonctions Powern'Share chez MacWay qui fait office de batterie, de lecteur de cartes SD et de pont Ethernet/Wi-Fi (30 €).

En périphérie à cet ensemble il utilise un iPhone 7 (128 Go), une Apple Watch Series 4 cellulaire et un sac à dos Thule dont plusieurs compartiments sont bien adaptés à ses besoins, dont le logement côté dos pour l'iPad (qui n'a aucune autre protection) et un rangement type coque pour les AirPods, iPhone et lunettes.

Benoit n'a pas seulement changé sa manière de travailler grâce à l'iPad, il utilise la complémentarité qui existe entre sa tablette, son iPhone mais aussi ses AirPods qui ne sont pas qu'un accessoire de loisirs :

« Je pense qu’il y a un glissement vers le bas des équipements : j'ai remplacé l'ordinateur par la tablette. Les grands smartphones remplacent les tablettes, d’où l’explosion du marché des "phablettes", il n'y a pas de hasard à ce sujet : grands écrans, super définition, processeurs impressionnants… ils ont tout ! Il n’y a qu’à voir le positionnement marketing de la gamme Note chez Samsung pour s’en convaincre.

Quant au téléphone il se fait remplacer par les montres connectées : avec des processeurs plus puissants et une définition d'écran de la Series 4 qui dépasse celle du premier iPhone. On voit bien qu’il se passe quelque chose. Avec l’ajout d’écouteurs sans fil comme les AirPods on se retrouve avec une nouvelle interprétation du téléphone ».

Son affirmation est passablement radicale mais elle s'illustre dans certaines circonstances. Benoit poursuit en livrant quelques exemple piochés dans son quotidien :

« Pour appeler ou juste lire ou répondre à un texto je n’utilise plus que mon Apple Watch. Aujourd’hui téléphoner en portant un combiné à mon oreille me parait complètement inadapté !

J’ai besoin d’avoir mes 2 mains et de faire autre chose que téléphoner. Et c’est en cela que les AirPods sont une vraie révolution ! J’avais un doute sur mon « modèle », mais depuis que j’ai une Apple Watch (deux mois seulement !) j’ai compris que c’était la solution du futur qui avait périmé la fonction téléphone de mon iPhone.

Je dois reconsidérer le rôle de cet iPhone qui devient un mini iPad. Il me sert surtout à la consultation Facebook pour laquelle il est parfaitement adapté (défilements d’une main), ou pour photographier et filmer, ou encore pour choisir de la musique ou des podcasts, sans oublier la fonction GPS.

La complémentarité de ces 3 appareils me permet aussi de vraiment optimiser mes batteries, et d’avoir toujours un plan B en cas de problème pour faire les choses vitales. Seule la batterie de mon « vieillissant » iPhone 7 me fait parfois du souci. Entre iOS 12 et le partage de connexion occasionnel, plus le Bluetooth régulièrement utilisé avec les écouteurs, je ne tiens plus jamais la journée (à voir si un remplacement de batterie règlerait mon problème) ».

Des écrans bien organisés

« Mon travail ne me définit que pour moins d’un tiers de ma vie » écrivait Benoit plus haut. Cela se traduit sur l'iPad par une répartition des apps en écrans thématiques tandis que le Dock accueille les plus importantes.

Cela donne un premier écran d'accueil avec des apps générales et « plutôt utilisées à la verticale » (Météo, Plans, Rappels, Messages, Messenger…).

Puis un autre avec les apps de loisirs (Netflix, OCS, Procreate, iGeneration, AlloCiné…) et de contenus : « J’utilise peu l’app TV d'Apple car j'attends une compatibilité Netflix, mais beaucoup YouTube ». Sans oublier des jeux où « l'iPad fait le taf' » en pouvant remplacer une console pour des joueurs occasionnels mais demandeurs de jeux de qualité (ce qui ne manque pas sur iOS).

Enfin il y a l'écran plus sérieux, rempli des apps de travail (iWork, Office, Slack, Linkedin…). Sur cette partie professionnelle, il détaille ses applications indispensables.

« J’utilise beaucoup la fonction scanner (TurboScan dans mon cas), si bien que c’est ma seule et unique façon de numériser mes documents. Ceci va de pair avec un lecteur-éditeur de PDF (PDF Viewer) qui me permet de signer et remplir mes documents au Pencil et les renvoyer en PDF. Comme dans la pub de l’iPad, c’est simple, rapide et super efficace. Pour cela l’iPad n’a pas de concurrent, surtout pas le MacBook.

J’ai une solution de devis-facturation en application pour mon activité et dans la même veine j’utilise une solution pour mes notes de frais :

  • SumUp qui va de pair avec un petit terminal de paiement Bluetooth. Cela me permet de facturer de petites prestations à toute personne munie d’une CB ou d’un téléphone (c'est compatible Apple Pay).
SumUp
  • J'envoie mes devis et factures avec Invoice2go qui produit des documents carrés et propres, je gère mes clients avec et je vois rapidement les règlements en souffrance.

  • Pour mes notes de frais j'ai l'application N2F. Le contenu est organisé en catégories, par clients, projets, trajets favoris, véhicules… Gros intérêt de cette application, avec son intelligence artificielle, je scanne mes factures et elle identifie le montant et le taux de TVA. Du coup je gagne pas mal de temps et surtout ça me force à tout numériser. Elle m’édite un PDF par mois avec toutes les dépenses catégorisées et les photos des factures en pièce jointe. C'est pratique pour la comptable, et en cas de contrôle ! Je m'en sers aussi pour faire mes remontées de dépenses à la comptable.

Suites bureautiques

Au quotidien Benoit se sert indifféremment des trois grandes suites bureautiques ainsi que d'un abonnement iCloud avec 200 Go :

  • La suite d'Apple pour les enseignements et ce qui relève du personnel, car je préfère les mises en pages proposées, les modèles et le rendu ainsi que l’intégration à l’écosystème (Photos).

  • Microsoft car c’est LA référence dans le monde du travail, et avec la solution OneDrive, cela me permet de co-écrire en ligne avec mon associée, d’être 100 % compatible PC… J’ai un compte 365 pour mon entreprise avec le stockage dans le cloud.

  • Google car j’ai des clients qui travaillent avec pour un projet collaboratif, surtout la solution tableur. Je me sers aussi beaucoup de l’éditeur de formulaires Google dans mon travail pour sonder, inscrire des gens… Là, le tactile est assez mal géré dans Safari lorsqu'on veut déplacer des blocs, mais j’y arrive toujours ».

Gestion de projets et notes

« En termes de gestion de projet j’utilise Trello et Instagantt (web), en communication c'est Slack et LinkedIn, et puis en ce moment j’organise un gros événement dont le logiciel de gestion est weezevent.

Et surtout, surtout !, ce qui fait de mon iPad un outil irremplaçable par un ordinateur (je prends le problème dans l’autre sens par rapport aux autres testeurs…) c'est OneNote.

Après de longues recherches d’un outil de notes performant et répondant à mon besoin de griffonner mes idées, j’ai jeté mon dévolu sur la solution Microsoft pour plusieurs raisons.

OneNote de Microsoft

Au début c'était pour des questions de compatibilité avec une version PC. Dorénavant c'est pour sa façon de considérer la page comme une surface infinie. Vu que je fais des graphes et non de la prise de notes comme certains, j’ai besoin d’organiser et parfois ça sort du cadre. OneNote me permet de pouvoir à tout instant agrandir ma surface de travail très, très loin et de redimensionner-déplacer des objets très facilement, le tout au Pencil.

On peut y intégrer du texte frappé, mais j’utilise très peu cette opportunité, je suis plutôt sur de l’insertion de photos et de graphismes basiques, souvent avec un quadrillage.

En réunion je prends donc mes notes sous forme de croquis, avec la personne à coté, qui suit mes raisonnements, et à la fin, capture d’écran, mail et le compte rendu est fait ! C’est très adapté au brainstorming de début de projet, à la mise en place de systèmes complexes, à l’organisation d’idées… et mes clients, partenaires et associés sont toujours impressionnés. »

Ce qui a changé avec l'iPad

Après la réflexion qui a conduit Benoit à s'éloigner d'un ordinateur classique, après l'énumération des logiciels et services qui constituent son cadre de travail, vient le moment d'analyser ce que cela a changé dans sa pratique professionnelle.

L'organisation des fichiers : « C’est ni moins bien, ni mieux, c’est juste différent et peut-être plus adapté aux personnes d’un naturel désorganisé, car les fichiers sont rangés d'autorité dans l’application.

Ça pousse à plus utiliser les tags ou un code couleur. En définitive, je m’y retrouve tout aussi bien. C’est par ailleurs un débat à moitié faussé car avec iCloud on peut faire quand même plus ou moins l’équivalent de macOS. D’ailleurs, au moment de switcher sur iPad j’ai pris soin de reproduire les choses importantes de mon bureau sur iCloud. CQFD ».

Le faux-débat du levé de bras : « Une des critiques récurrentes faites à l’iPad dans un contexte de travail c’est qu’il faut lever le bras pour interagir avec la machine. Ce qui ne serait pas naturel, ou fatiguant, en fonction de l'avis des testeurs. Je pense que ce débat est totalement orienté par des années de pratique de la souris, et cela voudrait dire que la souris est naturelle à utiliser.

C’est oublier l’apprentissage qu'elle requiert. D’autre part il y a quand même un certain nombre de pathologies médicales liées à l'emploi de la souris qui montrent bien que celle-ci est loin d’être l’outil parfait pour travailler 6h à 8h par jour ! D’ailleurs les constructeurs ont des souris verticales mais peu de personnes utilisent ces solutions (lire : Test de la souris ergonomique Logitech MX Vertical).

L’interaction avec l’écran par le toucher et autrement plus intuitive, comme le montre l’apprentissage chez un très jeune enfant qui comprend tout de suite le tactile et reste de marbre face au trackpad ou à la souris. De plus, ça n’est qu’un geste, que notre corps n’est pas habitué à faire. Quelques semaines d’entraînement régleront très vite le problème.

Lorsque je suis vraiment fatigué ou que je n’ai pas envie de lever le bras, alors le Pencil est là pour me permettre de défiler et pointer. Il faut aussi noter que l’écran de l’iPad est sans doute un peu plus près des yeux que celui d’un ordinateur, donc plus à portée de main de par l’absence de trackpad devant le clavier ».

Le multitâche : « Fini les applications ouvertes en vrac de partout sur 2 écrans et 3 bureaux. Il est possible malgré tout de disposer 2 applications sur un écran, et de passer d'un logiciel à l’autre.

Pour ceux qui n’ont pas d’écran étendu et qui mettent leurs applications en plein écran (à nouveau la majorité je pense), ce sera exactement le même rendu ! On switche avec un Command+Tab ou un balayage du bas de l’écran, c’est simple et efficace. Quoi qu’il arrive, le basculement est instantané et on perd peu de temps.

La vue multitâche sur l'iPad après un geste depuis le bas de l'écran

Auparavant j’étais souvent connecté à un écran secondaire, j’avais donc un 15" plus un 23", et j’aimais bien avoir au total 2 à 3 pages A4 ouvertes en même temps. Aujourd’hui je me sers régulièrement de vidéoprojecteurs en cours, ou d’un écran 23" pour certaines soirées cinéma à la maison, mais je n’ai pas attendu l’USB-C pour ça.

Je me suis habitué sur mon iPad à ne pas avoir 2 écrans, et ça ne me manque pas, même avec seulement 10,5" ; bien que ce soit le manque de place en affichage Split View qui m’a le plus incité à aller vers un 12,9" pour mon nouvel achat.

Je fais confiance à Apple (ou à un développeur tiers) pour nous sortir des fonctions un peu plus abouties du partage d’écran, mais avec le tactile comme seule interaction, tout le monde se rend compte que ça va être compliqué sur le 2e écran (pourquoi ne pas utiliser des gestes grâce à Face ID ?). »

La frappe sur les genoux : « Un sujet que je que je vois ressortir à chaque version du Smart Keyboard. De mon point de vue ce n'est pas utile. Quand j’écris de longs textes je ne suis pas sur un canapé et, si c’est le cas, c’est beaucoup plus ergonomique de le faire affalé dans son dossier avec le clavier virtuel qui est très bon et largement utilisable, surtout en mode portrait avec les pouces. »

L'iPad Pro 10,5" et le support Canopy pour le clavier externe

Ce qui est plus compliqué

« L’impression et le transfert par clé USB. Pour l’impression je n’en suis pas fan, je fais très, très peu de sorties papier. Avec la dématérialisation et la signature au Pencil, je n’en ai presque jamais besoin. Je n’ai d’ailleurs jamais eu d’imprimante chez moi.

Beaucoup pestent sur l’impossibilité de connecter une clé USB sur un iPad. C’est totalement faux, quantité d’outils, d’adaptateurs et d’applications le permettent. Il serait plus judicieux de considérer l’iPad dans son écosystème et pas juste à la sortie de sa boite !

Au travail, lorsque je dois passer par une clé USB pour y transférer des données ou lorsque j'ai vraiment besoin d'imprimer, j’utilise un Powern'Share. Mais le mien a des soucis de fiabilité étonnants au vu de son utilisation peu fréquente, je suis donc actuellement légèrement embêté.

Dans tous les cas il faut se servir d'une application tierce, mais la perte de temps ne me dérange pas au vu de la fréquence de cette manipulation.

Je pense qu’un utilisateur qui passerait à l’iPad en machine principale doit se demander s'il utilise vraiment une clé USB, combien de fois par mois et, surtout, s'il n'a pas moyen de s'y prendre autrement ? Dans tous les cas, la connectique de ces supports va devenir problématique à l’heure où les ordinateurs se mettent à l'USB-C, quand les imprimantes restent à l’USB-A… donc tout va finir sans fil et l’iPad sera déjà là (lire aussi Apple Store : Tango X, une imprimante sans fil et sans écran pour les iPad et Mac) !

Ce qui est mieux

L’autonomie et l’écran : « La batterie est sacrément bonne, même si elle dépend beaucoup de la luminosité utilisée. J’ai tenu, à une occasion, 16h sur l'espace de 48h !

C’est incroyable, on peut partir en week-end et avoir un lecteur de vidéos sans se soucier de la batterie. Globalement, même en travaillant beaucoup, et sans faire attention, l'iPad tient largement la journée de travail (Bluetooth et Wi-Fi allumés non-stop).

Il faut savoir que mon iPad est le plus souvent entre 25 et 50 % de luminosité, voire moins la nuit si c’est pour lire du texte. J’essaie aussi de ne pas être dos aux fenêtres en intérieur.

L’idée est d’avoir l’écran le moins lumineux possible pour être le moins agressif et le plus « naturel » ou « papier-like » possible. C’est comme ça que j’aime l’écran. Et avec les options Night Shift et True Tone en permanence activées, il faut avouer que l’écran est vraiment très, très agréable ! »

L’instantanéité : « Jamais éteint, déverrouillé immédiatement, tout en étant très sécurisé… l’iPad est magique pour ça. Les processeurs récents font des miracles, et autorisent une réelle fluidité qu'on ne voit même plus au quotidien, jusqu’à ce qu’on change d’appareil et qu’on se rende compte du retard des autres. »

Modularité et portabilité : « Il est envisageable d’écrire debout, d’interagir d’une main pendant que l’autre soutient l’iPad, de tenir l’iPad comme on tient un bloc-note ! De le saisir par un coin, le manipuler rapidement. De le sortir dans un bus, dans la rue pour regarder un truc à la volée, et dans sa petite version de le poser sur un coin de table sans qu’il soit trop encombrant. Le basculement du mode portrait à paysage de manière totalement instantanée est un vrai plus dans certaines applications ou usages que les ordinateurs et OS classiques ne proposent pas. Le MacBook Air de ma conjointe est battu à plate couture. Désolé les MacBook-fans. »

Je n’utilise aucune protection pour l'iPad, ni d’écran ni du dos. Je me balade en permanence avec un chiffon micro-fibre neuf, pour les traces de doigts à enlever plusieurs fois par jour

Conclusion

Le fait que Benoit s'apprête à remplacer son iPad Pro par un modèle plus grand, de dernière génération, montre qu'il n'envisage aucunement de remettre en question son choix et son environnement de travail. Ce qu'il confirme en conclusion :

« On l'aura compris, il me faudrait un sacré changement de paradigme pour que je re-switche vers le Mac. Ce changement, s’il arrive, mènera irrémédiablement vers une fusion iPad Pro/MacBook.

Par conséquent je prendrais juste le problème d’un autre point de vue que la plupart des utilisateurs de Mac. Exploiter l’iPad comme seul et unique appareil numérique, c'est-à-dire l’utiliser pour remplacer un « ordinateur » est largement faisable. Et oui, il faut s’adapter à certaines choses, changer ses habitudes, mais une fois la résistance au changement dominée, tout se déroule très bien, je vous l’assure !

Les 5 % de la population qui ont un besoin spécifique n’auront pas l’envie ou la possibilité de franchir le pas, mais il est étonnant de voir à quel point ils défendent bruyamment cet état de fait. C’est comme si l'on disait « On peut tout faire avec un SUV» et qu'on se voit répondre « Eh bien non, moi j’ai besoin d’une prise de force donc le tracteur est mieux ! ». Très bien, mais on en reparle sur l’autoroute…

Finalement si un ordinateur c’est « un clavier et un écran avec Office », comme dans la plupart des boulots de bureau que je connais, pourquoi aller chercher plus loin qu’un iPad ? Vraiment je ne vois pas. »

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Chez RED, jusqu’à 350 € de remise sur les iPhone XS et XS Max

Mickaël Bazoge |

RED, l’opérateur low cost de SFR, propose actuellement une promotion intéressante sur les iPhone XS et XS Max. On y trouvera ainsi l’iPhone XS 256 Go à 1 149 € au lieu de 1 319 €, et la version 512 Go à 1 199 €, au lieu de 1 549 € ! Cela représente mine de rien des rabais de respectivement 170 € et 350 €.

L’iPhone XS Max bénéficie également de belles remises : le 256 Go est proposé à 1 249 € au lieu de 1 419 € (-170 €), le 512 Go est à 1 299 € au lieu de 1 649 € (-350 €). Pour les deux smartphones, la version 64 Go n’offre aucune remise. Et tous les coloris ne sont pas forcément disponibles.

Attention : ces prix canon sont conditionnés à la souscription à un forfait, au minimum celui de 40 Go à 10 €. Mais puisque ce sont des forfaits sans engagement, rien n’empêche d’arrêter au bout d’un mois… Il n'est même pas utile de souscrire à un forfait sans engagement pour profiter de ces prix canon : il suffit de cliquer sur la petite ligne Commander sans forfait.

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Apple.com : moins de jargon pour vendre les iPhone XR/XS

Florian Innocente |

iPhone XR ou iPhone XS ? Une fois n'est pas coutume, sur sa page américaine Apple a réduit la voilure dans sa sélection de produits mis en avant. Il n'y en a plus que deux : ses derniers modèles de smartphones.

Envolée l'invitation à faire son shopping de Noël, disparus les visuels d'iPad Pro, d'Apple Watch, de HomePod et autres MacBook Air ou AirPods. Il n'y en a que pour les iPhone. Cela s'explique très probablement par la fin prochaine de l'opération de "trade-in" qui a vu Apple, et c'est nouveau, augmenter la somme qu'elle propose pour reprendre un ancien modèle en échange d'un nouveau. Lancée il y a 10 jours, cette offre doit durer un « temps limité ».

Les pages d'accueil d'Apple.com ces dernières semaines (galerie complète)

Autre point intéressant, le marketing d'Apple a revu le texte descriptif des deux iPhone sur cette porte d'entrée de son site. À la clef, moins de jargon et plus d'explications.

C'était d'autant plus nécessaire qu'un client peu au fait de la nouvelle gamme ou moins porté sur la technique, a certainement du mal à comprendre en quoi un XR diffère des deux XS et pourquoi le moins cher a pourtant l'un des plus grands écrans.

Mi-septembre à son lancement, l'iPhone XR était décrit en ces termes :

All-new Liquid Retina display. A12 Bionic chip. Advanced Face ID. A breakthrough camera system with Depth Control.

Depuis le début décembre c'est devenu plus explicite et il n'y a plus de termes marketing :

All screen design. Longest battery life ever in an iPhone. Fastest performance. Studio-quality photos.

Dans le premier cas, Apple énumérait des termes connus des seuls initiés. Dans le second elle dit ce qu'ils impliquent concrètement. "Liquid Retina" ça sonne bien, mais dire que l'écran occupe tout le téléphone c'est plus parlant.

Le critère de l'autonomie, point fort du XR et souci de n'importe quel utilisateur, fait son apparition avec la promesse qu'elle n'a jamais été aussi bonne sur un iPhone.

Un "A12 Bionic" c'est quoi ? Et bien sucrons-le et parlons juste d'un téléphone doté des "meilleures performances". Quant à l'appareil photo, foin de son contrôle de profondeur, disons plutôt qu'il fera des images aussi bonnes qu'en studio photo.

Même traitement pour le portrait robot de l'iPhone XS, dont il faut essayer de faire comprendre la singularité.

En septembre ça donnait :

Super Retina display in two sizes. A12 Bionic chip. Advanced Face ID. A breakthrough dual-camera system with Depth Control.

Apple a tout revu et réécrit :

Largest Super Retina display. Fastest performance with A12 Bionic. Most secure facial authentification with Face ID. Breakthrough dual cameras with Depth Control.

On comprend maintenant que si l'on veut vraiment le plus grand écran c'est dans les XS qu'il faut chercher, plus besoin de dire qu'il y en a deux tailles. La raison d'être de Face ID est clarifiée plutôt qu'un "advanced" nébuleux. À nouveau, on met un peu d'anglais autour de l'appellation "A12 Bionic". Rien de neuf par contre s'agissant de l'appareil photo mais le contrôle de profondeur devient surtout associé au XS.

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La nouvelle Smart Battery Case pour les iPhone XS, XS Max et XR se dévoile

Mickaël Bazoge |

Apple aurait bel et bien l’intention de relancer la carrière de sa gamme de Smart Battery Case, qui n’était pas allée au-delà de l’iPhone 7. 9to5Mac révélait hier la présence d’une icône pour un nouvel étui-batterie épousant le design des derniers iPhone. Le site revient à la charge avec de nouvelles informations qui laissent à penser que le constructeur n’en a pas terminé avec ce type de produit.

Il y a tout d’abord une image de la coque, qui présente deux différences majeures avec l’ancienne version. Tout d’abord, bien sûr, l’ouverture verticale pour l’appareil photo au dos des nouveaux iPhone. Mais il y a aussi le fait que la batterie externe descende tout en bas du smartphone. Voilà qui contraste avec le design « bossu » du précédent modèle. En bonus, cela pourrait signifier une capacité plus importante, donc plus d’autonomie.

Autre information intéressante : alors que l’ancien modèle ne se déclinait que pour les iPhone « non Plus » (les iPhone 6, 6s et 7), la nouvelle gamme pourrait s’adapter aux iPhone XS, XS Max et XR. Trois différents modèles ont en effet été repérés par le site (A2070, A2071 et A2171).

Ces trois coques seraient toujours prévues pour cette année, ce qui commence à faire un peu limite à trois semaines du 1er janvier. Néanmoins, cela pourrait faire un cadeau de Noël de dernière minute tout à fait utile.

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Un widget et 3D Touch pour l’app WWDC, qui s’adapte aussi à l’iPad Pro

Mickaël Bazoge |

Le mois de juin est bien loin, mais cela n’empêche pas Apple de mettre à jour régulièrement l’application dédiée à la WWDC. La dernière mouture de cette app, qui comprend notamment les vidéos des sessions de la conférence des développeurs Apple, est optimisée pour les écrans des nouveaux iPad Pro.

La version 7.1 de l’application comprend un widget présentant les trois dernières vidéos en cours de lecture, des raccourcis 3D Touch, ainsi qu’une collection « Continue Watching » pour trouver et lire des vidéos dont on démarré la lecture.

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Pourquoi l'iPhone pourrait se tenir à l'écart de la 5G en 2019

Stéphane Moussie |

Les annonces autour des premiers smartphones 5G se précisent. C’est tout sourire que Pete Lau a déclaré lors du Qualcomm Summit que OnePlus allait lancer le premier smartphone 5G en Europe au premier semestre 2019. Même promesse de la part de Samsung, mais aux États-Unis. Dans le même temps, Xiaomi a présenté en Chine une version spéciale du Mi Mix 3 compatible 5G.

Et l’iPhone dans tout ça ? D’après Mark Gurman de Bloomberg, généralement bien renseigné, la génération 2019 d’iPhone ne sera pas compatible avec les réseaux 5G, synonymes de débits ultra-rapides et de latence ultra-basse. Si cela se confirme, les concurrents d’Apple vont assurément dénigrer les futurs iPhone sur ce point. Cela étant, cette lacune présumée ne sera sûrement pas dramatique. Elle pourrait même être parfaitement justifiée.

Le CEO de OnePlus annonce un futur smartphone 5G lors du Qualcomm Summit. Image Pete Lau.

Des réseaux 5G embryonnaires

Plusieurs opérateurs de par le monde vont ouvrir leur réseau 5G en 2019. Mais comme pour toutes les nouvelles générations de technologie mobile, la couverture sera minimale au début et il faudra des années pour que la majorité de la population soit couverte.

Lancement de la 5G ce mois-ci en Corée du Sud. Image SK Telecom.

L’opérateur EE, partenaire de OnePlus pour le lancement de son smartphone 5G en Europe, devrait activer la 5G dans 16 villes britanniques en 2019, dont les plus grandes. En France, la 5G ne deviendra pas une réalité avant 2020.

Dire que lancer un iPhone 5G en 2019 est inutile parce que les réseaux sont inexistants à ce moment-là serait idiot. La durée de vie des iPhone ne se limite pas à un, deux, ni même trois ans. Les utilisateurs actuels d’iPhone 4S — il y en a — aimeraient sans doute pouvoir se connecter en 4G plutôt qu’en 3G.

Une intégration compliquée

Si l’iPhone 4S n’est pas compatible avec la 4G alors que d’autres smartphones sortis la même année le sont, c’est parce que l’intégration de la technologie n’était pas satisfaisante du point de vue d’Apple. Il en est de même pour le tout premier iPhone, qui savait seulement se connecter aux réseaux 2G. Dans le cas présent, intégrer la 3G aurait eu un impact trop important sur l’autonomie.

Le CEO de OnePlus, qui s’apprête donc à lancer un smartphone 5G dans les prochains mois au Royaume-Uni, ne dit pas autre chose à The Verge :

[La 5G] est beaucoup plus complexe que la 4G au niveau du terminal, cela représente un défi beaucoup plus important, en particulier concernant les ondes millimétriques (des fréquences extrêmes, entre 30 et 300 GHz, qui peuvent être utilisées de manière ponctuelle en 5G, ndr). À l’heure actuelle, il semble impossible de créer un joli smartphone haut de gamme [pleinement compatible avec la 5G].

C’est pourquoi le futur smartphone de OnePlus, pensé pour le réseau 5G sub–6 (sous les 6 GHz) de l’opérateur EE, ne devrait pas prendre en charge les ondes millimétriques.

Moto Mod 5G. Image The Verge.

Le Moto Mod 5G qui est compatible avec ces ondes aux fréquences extrêmes ne fait effectivement pas envie. Cette coque 5G destinée au Moto Z est très épaisse et l’intégration des antennes nécessaires (les ronds sur les côtés) est disgracieuse.

De plus, Qualcomm a présenté conjointement le Snapdragon 855 et la 5G, mais le modem Snapdragon X50 compatible 5G n’est pas intégré au système-sur-puce. Contrairement au modem 4G, il s’agit d’une puce à part entière. Ce n’est pas négligeable dans un appareil où l’espace est compté, même si l’iPhone utilise déjà un modem séparé des puces Ax. Qualcomm a d’ailleurs dû repenser l’architecture du smartphone pour l’adapter à la 5G.

Architecture smartphone pensée pour la 5G. Image Qualcomm.

Autre souci soulevé par le patron de OnePlus, « la 5G va rendre particulièrement difficile la création d’un terminal qui couvre les réseaux du monde entier, ou même juste la majorité du monde entier. »

De la même manière que les capacités 4G des terminaux ont évolué au fil des ans, les capacités 5G vont commencer « bas » et se perfectionner progressivement. Alors que l’iPhone XS peut atteindre 1 Gb/s en 4G et qu’on n’est pas très loin d’un modèle universel, il faut se souvenir que l’iPhone 5 était limité à 100 Mbit/s… et qu’il était incompatible avec la 4G française à l’époque.

Un prix supérieur

Enfin, comme toute nouvelle technologie, la 5G va représenter un certain surcoût à ses débuts. Pete Lau a surpris son monde en indiquant à The Verge que le OnePlus 5G allait coûter 200 à 300 $ de plus que les modèles 4G. Cette augmentation équivaut à la moitié du prix de l’actuel OnePlus 6T.

Qualcomm, qui pousse de toutes ses forces la 5G avant que la concurrence ne le rattrape, relativise cette déclaration : « des fabricants essaieront peut-être de monétiser autant que possible leur clientèle existante. À l’inverse, d’autres tenteront de gagner des parts de marché et se serviront du prix pour ça. » Le président de Qualcomm Cristiano Amon assure que la facture ne va pas grimper de 200 ou 300 $ chez tous les constructeurs.

OnePlus, qui s’est fait connaître avec ses smartphones puissants mais abordables, travaille d’ailleurs toujours sur un ou plusieurs appareils 4G, preuve que la 5G n’est pas l’idéal pour le moment.

Un Moto Z connecté à un réseau 5G grâce à son accessoire Moto Mod 5G. Image The Verge.

La 5G en 2019 ne serait donc que de l’esbrouffe ? Non, cela va permettre aux ingénieurs de se familiariser tôt avec cette technologie qui est amenée à devenir prépondérante dans le futur, répond le dirigeant de OnePlus.

Les premières annonces des différents constructeurs laissent d’ailleurs plutôt entrevoir des modèles spéciaux pour la 5G, des vitrines technologiques réservées à certains marchés. Les futurs smartphones que Huawei, Samsung et compagnie veulent écouler à plusieurs dizaines de millions d’unités à travers le monde pourraient se contenter de la 4G.

En bref, cela n’aurait rien de surprenant que l’iPhone ne soit pas compatible avec la 5G dès l’année prochaine. Apple a toujours procédé comme cela, elle attend qu’une technologie soit un minimum mure pour l’intégrer. Sans oublier qu'Apple ne fait plus appel à Qualcomm pour les modems de ses nouveaux iPhone depuis leur brouille sur les royalties, et que le nouveau fournisseur, Intel, semble avoir un train de retard. « Faire les choses correctement nous importe beaucoup plus que de les faire en premier », soutient Tim Cook.

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