Le DMA n’était peut-être pas sur toutes les lèvres à Cupertino cette semaine, mais son ombre planait sur les annonces. Apple ne s’est pas contentée d’évoquer son différend avec Bruxelles dans un simple communiqué de presse ou, de manière plus subliminale, dans sa vidéo de présentation. Le constructeur a également évoque le sujet lors d’un briefing avec la presse auquel le blogueur John Gruber était notamment convié.
Un dialogue de sourds entre Apple et Bruxelles
Fondamentalement, sur le fond du dossier, on n'apprend rien de bien nouveau. Apple a cependant détaillé aux personnes présentes ses tentatives de conciliation concernant son nouveau Siri dopé à l'IA. La Pomme s’était ainsi engagée à développer, dans un délai de 18 mois, un Trusted System Agent (un agent système de confiance). Dans les faits, il s'agissait de créer un intermédiaire technique capable de permettre aux assistants virtuels tiers d'accéder, de manière sécurisée, aux mêmes fonctionnalités et capacités qu'Apple Intelligence sur les appareils vendus dans l'Union européenne.
La réponse de la Commission européenne ? Un "non" ferme et définitif. Pour le dire simplement, Bruxelles n'a validé absolument aucune des propositions mises sur la table par Apple.
La fin de la diplomatie
Cette affaire ressemble de plus en plus à un véritable dialogue de sourds. La fin de non-recevoir de l'exécutif européen a été signifiée avec une assurance qui ne laisse que très peu de place à l'espoir d'un compromis. Mais ce qui est sans doute le plus frappant, et potentiellement le plus inquiétant pour les utilisateurs, c’est qu’Apple commence visiblement à perdre patience.
Siri AI : pour Bruxelles, Apple n’a qu’à respecter les règles
Le constat de John Gruber est en effet sans appel : jamais les prises de parole publiques de la firme concernant le DMA et la Commission européenne n'avaient été aussi véhémentes. Jusqu'à présent, la communication d'Apple se voulait strictement diplomatique. C'était même le maître-mot. Aujourd'hui, le ton a radicalement changé et l'entreprise semble être passée sur le pied de guerre.
Un fossé infranchissable ?
Il existe désormais un gouffre béant entre les concessions qu'Apple se dit prête à faire pour lancer son IA en Europe, et les exigences de la Commission pour acter la conformité au DMA. En l'état actuel des choses, il n'y a aucun terrain d'entente. Toutes les offres de compromis soumises par Cupertino ont fait chou blanc.
Une pétition pour libérer Siri AI en Europe
À moins qu'une des deux parties ne ravale sa fierté et ne modifie profondément sa position, le nouveau Siri ne posera jamais le pied sur le Vieux Continent. Le message d'Apple est d'ailleurs d'une limpidité absolue : il est hors de question pour la firme de créer le système d'accès ouvert et inconditionnel aux données personnelles que Bruxelles exige.
Et Gruber d’ajouter, avec une pointe d'amertume après une première journée passée à tester la nouvelle version de Siri : si la situation s'enlise, les utilisateurs européens d'iOS risquent bel et bien de passer à côté de quelque chose d'exceptionnel.















