Comment l’iPad Pro a trouvé sa place dans mon travail quotidien

Nicolas Furno |

J’utilise un iPad Pro 12,9 pouces depuis deux bons mois maintenant. Au départ, c’était une expérience liée à mon prochain livre Tout savoir sur Raccourcis : je voulais tester s’il était possible de l’écrire sur l’iPad, en même temps que j’utilisais l’app Raccourcis pour les besoins du livre. Ce dernier est terminé (il sera bientôt disponible, ndlr), mais la tablette n’est pas repartie et je m’en sers encore tous les jours. Comme la plupart des articles que je publie dernièrement sur MacGeneration, ce texte a d’ailleurs été écrit en majorité sur l’iPad Pro.

L’iPad Pro en position de travail debout.

L’idée de remplacer un ordinateur traditionnel par un iPad est un cliché à ce stade. Il y a eu des dizaines et des dizaines de témoignages d’utilisateurs sur le remplacement de leur ordinateur par un iPad, dont un bon nombre ici même. Mes collègues, Mickaël et Florian, ont écrit sur le sujet et nous avons publié des témoignages de lecteurs, anciens et récents. J’ai moi-même essayé de le faire à plusieurs reprises, et je n’ai pas attendu les derniers modèles : en 2010 déjà, je me posais la question de remplacer mon Mac par un iPad, et rebelote deux ans plus tard.

Ces deux premières tentatives s’étaient soldées par un échec. Cette fois, c’est la bonne, j’utilise souvent mon iPad Pro plus longtemps que mon Mac de bureau pour travailler, et il a totalement remplacé mon Mac portable secondaire pour les tâches qui lui étaient associées. Je n’ai pas totalement abandonné le Mac au profit de l’iPad, mais ce n’était pas mon objectif non plus. La tablette a naturellement trouvé une place dans mon quotidien et je vais essayer de vous expliquer pourquoi et comment dans cet article.

Une base simple, extensible et adaptable

Pourquoi essayer de remplacer un ordinateur par un iPad ? La question revient à chaque fois que le sujet est évoqué, alors autant y répondre directement. La question est légitime, mais la réponse est si personnelle qu’elle n’aura pas forcément de sens pour vous.

Dans mon cas, un iPad présente plusieurs avantages par rapport à un Mac portable. Commençons par le matériel. L’iPad Pro 12,9 pouces offre une taille d’écran similaire au MacBook Pro 13 pouces 2013 qu’il remplace, tout en offrant une meilleure autonomie, une connexion cellulaire disponible en permanence ou encore un écran de bien meilleure qualité. La tablette est aussi nettement plus fine et compacte que le Mac.

iPad Pro 12,9 pouces sur MacBook Pro 13 pouces. Cela ne se voit pas forcément sur cette photo, mais la tablette est nettement plus fine que le Mac, même avec son clavier attaché.

Mais sur le plan matériel, ce que j’apprécie le plus avec l’iPad Pro est la flexibilité. La tablette elle-même est une plaque d’une finesse assez surprenante quand on la prend en main pour la première fois. Son épaisseur de 5,9 mm est ridicule face aux 19 mm d’épaisseur du MacBook Pro 2013 que je possède également. Certes, on compare une tablette à un ordinateur portable complet, mais même en ajoutant le Smart Keyboard Folio d’Apple, l’iPad Pro reste bien plus fin que le Mac.

J’apprécie la finesse et la légèreté de l’iPad Pro, mais sans doute pas pour les raisons que vous pourriez imaginer. Je travaille de chez moi, je n’ai pas besoin d’un appareil léger pour soulager mon dos. En revanche, ces dimensions réduites me permettent de profiter de nouveaux usages au quotidien.

Je cherchais à travailler debout et l’iPad Pro m’a permis de le faire plus simplement qu’avec un Mac. J’ai acheté un support additionnel que je pose sur mon bureau, ce qui m’a évité d’acheter un bureau entier capable de monter et descendre. Mon MacBook Pro pourrait tenir sur ce support, mais tout juste et j’aurais toujours peur qu’il tombe, sans compter qu’il aurait fallu trouver de la place pour un trackpad. En étant plus légère et plus fine, la tablette est parfaite dans ce cadre.

L’iPad Pro, posé sur le support lui-même posé sur le bureau. Il est ainsi à la hauteur parfaite pour que je puisse travailler debout.

L’iPad est nu, mais pour obtenir un poste de travail complet, je le relie via un hub USB-C à un clavier externe et à un casque filaire. Le passage du Lightning à l’USB-C a ouvert de nombreuses possibilités, et même si je pouvais obtenir le même résultat avec les anciens modèles, le choix de ce standard simplifie les choses et m'offre une solution plus économe. Pour mémoire, j’ai déjà consacré un long article de comparaison pour bien choisir un hub USB-C.

Je passe désormais une partie de mes journées à travailler debout. Mais je ne passe pas toute la journée debout, je change régulièrement de positions et l’iPad Pro est d’une grande aide pour ça. Selon ce que j’ai besoin de faire, je peux prendre cette fine plaque, l’épaissir légèrement avec le Smart Keyboard Folio d’Apple, et m’assoir sur le bureau juste à côté pour continuer à écrire. Ou bien prendre uniquement la tablette et m’assoir dans le canapé pour relire un chapitre du livre ou bricoler un raccourci (ou jouer à Fortnite, ndlr).

L’iPad Pro en configuration « ordinateur portable », quand je veux travailler assis au bureau.
L’iPad Pro au fond du canapé, ici pendant une phase de relecture du livre.

En comparaison, mon MacBook Pro a toujours son clavier relié à son écran. Je ne peux pas lire confortablement un document ou une page web en marchant dans le bureau. Je ne peux pas utiliser un stylet pour annoter un document avec mon Mac. Par sa simplicité de base et ses accessoires, l’iPad Pro peut facilement se transformer, être une excellente machine à écrire à un moment donné et un appareil de relecture idéal à un autre. Cette souplesse est très intéressante et j’en profite quasiment tous les jours.

Au passage, j’ai été surpris de découvrir que j’utilise constamment l’Apple Pencil. J’avais reçu l’accessoire par curiosité, pour tester la nouvelle génération avant de le rendre, mais je l’ai finalement gardé. Je ne dessine pas (et ça vaut mieux), mais je trouve que la précision apportée par le stylet est souvent précieuse. C’est utile pour les sites web avec de petits éléments d’interface, les opérations de glisser/déposer sont souvent plus simples en l’utilisant… et puis la pointe du crayon salit moins l’écran de la tablette. Ce qui est précieux, tant cet écran peut se remplir d’empreintes digitales à une vitesse affolante.

Nettoyer l’écran d’un iPad Pro est une tâche quotidienne…

L’Apple Pencil de deuxième génération corrige tous les défauts de la première, surtout pour quelqu’un comme moi qui ne l’utilise pas pour dessiner. Grâce à son aimant, il est toujours fixé sur le côté de la tablette. Et puisqu’il est chargé par la même occasion, je n’ai jamais à me soucier de la batterie. C’est parfait, même si j’aimerais qu’iOS ne soit pas aussi restrictif sur les usages que je peux faire du Pencil. J’aimerais pouvoir l’utiliser partout, y compris pour quitter l’app en cours ou afficher le centre de contrôle.

L’iPad Pro a de nombreux autres avantages matériels à faire valoir. L’écran ProMotion associé à True Tone est un plaisir en toute circonstance. Face ID apporte un confort indéniable par rapport à mon Mac où le mot de passe est la seule option1. Et l’Apple A12 qui alimente la tablette est un monstre de performance dont je profite avec certaines tâches du quotidien2.

Une formidable machine à écrire

La tablette ne manque pas d’arguments sur le plan matériel, mais elle en a aussi sur le plan logiciel. Pour tous ses défauts et limites — j'y reviendrai — iOS a de nombreux avantages à faire valoir et j’étais aussi attiré par ses promesses.

iOS est plus simple que macOS, ce qui est un avantage autant qu’un inconvénient selon les besoins de chacun. Côté positif, ce système est parfait pour se concentrer sur une tâche à la fois. Certes, on peut afficher deux apps en même temps et j’en ai profité pendant la rédaction du livre sur Raccourcis. Mais cette situation n’a rien à voir avec celle de mon Mac principal, relié à trois écrans externes, où je peux avoir sous les yeux à tout moment cinq ou six apps ou fenêtres différentes.

Encore une fois, l’un n’est pas intrinsèquement meilleur que l’autre. Quand je ne rédige pas un livre ou des actualités, l’unique écran 12,9 pouces de l’iPad Pro peut vite devenir étriqué et inconfortable. Selon les cas, je peux avoir besoin d’ouvrir plusieurs sessions de terminal en même temps, tout en ayant sous les yeux plusieurs pages de navigateur pour la documentation, tout en gardant une fenêtre de la messagerie interne sous les yeux. Dans ce cadre, le Mac reste indéniablement supérieur, ne serait-ce que par sa gestion des écrans externes.

Autre situation professionnelle où l’iPad n’est pas prêt de remplacer un Mac : les soirs de keynote.

En guise de machine à écrire, l’iPad reprend l’avantage toutefois. J’ai iA Writer à l’écran, en général en plein écran, parfois en partage d’écran avec une autre. Je passe en mode Ne pas déranger et je ne reçois plus aucune notification, il ne me reste plus qu’à écrire. Cette simplicité devient alors un atout et je ne perds pas en productivité, notamment parce que les raccourcis clavier sont les mêmes pour mon éditeur de texte, que ce soit sur macOS ou iOS. Tous mes documents étant synchronisés avec iCloud, je peux à tout moment repasser sur le Mac si j’en ai besoin, ce que je fais notamment pour publier un article.

Ce qui m’a permis aussi de délaisser le Mac dans ce contexte, c’est l’app Working Copy qui me donne la possibilité de garder le processus d’écriture mis en place à MacGeneration. Pour faire simple, tous les livres sont des projets Git composés essentiellement de fichiers Markdown stockés sur notre propre serveur GitLab.

Ce dernier se charge autant de sauvegarder et synchroniser les fichiers, que de les convertir en ePub. Grâce à cette app et une mise à jour récente, je peux travailler sur les fichiers téléchargés depuis le serveur, et envoyer ensuite mes modifications. Sans cela, j’aurais certainement été contraint de passer par iCloud et utiliser mon Mac pour synchroniser les données avec le serveur Git.

Working Copy sur l’iPad Pro.

J’ai réussi à écrire la majorité du livre Tout savoir sur Raccourcis sur l’iPad Pro, quasiment sans toucher mon Mac. Écrire, cela implique les mots, mais aussi les images et j’ai utilisé les outils d’iOS pour faire des captures d’écran, les recadrer et ajouter des annotations quand c’était nécessaire. Si le sujet vous intéresse, je reviendrai peut-être dans un autre article sur le processus d’écriture à proprement parler, et sur les raccourcis créés pour ces besoins.

Dès lors qu’il s’agit essentiellement d’écrire, l’iPad Pro est une excellente solution. Un clavier externe me semble obligatoire et le Smart Keyboard Folio seul peut faire l’affaire, même si ce n’est pas la solution la plus confortable. Malgré tous ses défauts, la légèreté et la discrétion de l’accessoire officiel sont agréables à l’usage. Il s’agit presque davantage d’une coque un peu épaisse qui intègre un clavier plutôt qu’un clavier externe qui protège aussi la tablette. L’absence de touche echap m’est souvent insupportable, plus encore que le manque de touches de fonctions. Néanmoins, c’est le clavier que j’utilise systématiquement quand je ne suis pas en train de travailler debout dans mon bureau, et j’ai réussi à écrire énormément avec.

Un Mac pour pallier les défauts de l’iPad

Le tableau est très positif jusque-là, mais tout n’est pas aussi simple. Pour certaines tâches, l’iPad Pro a totalement remplacé le Mac, c’est notamment le cas pour mon blog personnel. J’utilisais jusque-là un MacBook Pro pour rédiger et publier mes articles, je peux désormais le faire exclusivement avec la tablette, sans jamais toucher à macOS.

C’est possible dans ce cas, mais j’ai toujours besoin du Mac pour mon travail à MacGeneration. Même si le nouveau livre a été rédigé essentiellement sur iOS, je suis repassé sur macOS pour les tâches qui nécessitaient de travailler sur plusieurs fichiers à la fois. Typiquement, tout ce qui concerne les corrections et l’organisation générale du livre sont infiniment plus simples et rapides à mener sur le Mac, où je peux ouvrir plusieurs fenêtres côte à côte.

Un iPad sous iOS est plus limité qu’un Mac en matière de multitâche. Apple pourrait améliorer les choses avec iOS 13, mais il y a des différences fondamentales qui ne bougeront peut-être jamais, comme la possibilité d’utiliser plusieurs écrans en même temps, et d’afficher des informations différentes sur chaque moniteur.

Trois écrans…
… et de multiples fenêtres ouvertes en même temps. Un Mac est indéniablement supérieur à un iPad dès lors qu’il faut travailler sur plusieurs apps ou contextes en même temps.

Il y a aussi des défauts qui pourraient facilement être corrigés. Après pas mal d’heures passées à travailler avec l’iPad Pro, j’ai noté de nombreux points qui me manquent dans la transition entre iOS et macOS. Par exemple, il n’y a pas de vrai gestionnaire de presse-papiers, capable de retenir tout ce que je copie et de retrouver rapidement un élément pour le coller ailleurs.

Il existe bien des apps qui peuvent le faire, comme Copied, mais elles souffrent toutes des limitations imposées par iOS. Je n’en ai trouvé aucune qui fonctionne constamment, qui retient vraiment tout ce que je colle et qui me permette de retrouver rapidement ce que je cherche. Sur macOS, j’utilise Alfred depuis des années et de ne plus avoir un tel système est handicapant sur l’iPad.

Autre grief, les abréviations. Sur Mac, on a des dizaines de gestionnaires, comme TextExpander, Typinator ou encore Alfred. Sur iOS, la seule option est le système d’abréviations du système qui est plus limité et qui souffre toujours de bugs insupportables. Faute de mieux, j’utilise Gladys, mais on est loin du confort que l’on a sur macOS, où je peux saisir un morceau de texte dans n’importe quelle app et obtenir autre chose. Précisons que TextExpander propose une app iOS, mais elle ne fonctionne pas dans toutes les apps, ou nécessite un clavier spécifique, ce qui n'a aucun sens avec un iPad et un clavier externe.

Dans un autre domaine, le multitâche aurait bien besoin d’être revu et amélioré. J’ai plein de critiques à faire contre le système créé pour iOS 11. Voici un exemple que j’espère voir corriger dans iOS 13 : le raccourci clavier ⌘⇥ s’inspire de macOS, mais son comportement est imprévisible. Par exemple, si j’ouvre une image depuis l’app Fichiers dans Pixelmator, Fichiers sera bien dans le sélecteur d’apps, mais pas Pixelmator. Autre exemple, les apps en Split Screen sont parfois visibles dans cette interface, mais pas toujours, sans que je sache très bien pourquoi.

Bon exemple de l’incohérence du multitâche d’iOS 12 : quand on ouvre une app depuis une autre, elle n’apparaît pas toujours dans l’interface de sélection au clavier.

En attendant une meilleure solution, j’utilise souvent mon Mac principal en même temps que l’iPad. Quand je travaille debout, j’ai mon Hackintosh à ma droite et je l’utilise en parallèle, profitant du presse-papiers partagé entre iOS et macOS. À condition que les deux appareils soient liés au même compte iCloud et à proximité, tout ce qui est copié d’un côté peut être collé de l’autre. Je m’en sers quand je fais un article et que j’ai besoin d’un lien, j’ai souvent plus vite fait de le chercher avec Alfred, de le copier depuis Safari sur mon Mac et de le coller dans iA Writer sur mon iPad.

J’ai essayé de reproduire la même chose avec Raccourcis pour rester sur l’iPad, mais iOS reste nettement plus lent dans ce contexte. Son fonctionnement mono-tâche pose alors problème, même si un clavier physique simplifie le passage d’une app à l’autre. Malgré tout, je ne peux pas vraiment avoir mon éditeur d’un côté et un navigateur complet de l’autre. La possibilité de gérer plusieurs écrans différents est un avantage pour macOS dans ce cadre.

Sans compter que l’automatisation reste bien plus poussée avec macOS qu’iOS. Raccourcis est une app formidable, mais elle ne permet pas de tout faire, alors qu’entre AppleScript et un utilitaire comme Keyboard Maestro, tout est envisageable sur Mac. Sans même aller jusque-là, je dépends complètement d’Alfred sur macOS et Spotlight est un bien piètre remplaçant sur iOS. Un exemple : voici comment je lance une recherche sur l’un de nos sites avec les deux plateformes.

Sur macOS, un raccourci clavier et une commande saisie au texte suffisent :

Sur iOS, il me faut nettement plus d’actions, dont deux qui ne peuvent pas se faire au clavier (il faut toucher le bouton « Faire » quand il s’affiche à l’écran, puis toucher le menu dans Raccourcis) :

Je pourrais créer un raccourci par site pour gagner du temps, mais cela veut aussi dire qu’il faut une recherche plus longue dans Spotlight, et le moteur de recherche d’iOS fonctionne mieux avec un nombre limité de raccourcis. Je n’ai trouvé aucune solution aussi simple et rapide sur l’iPad et la meilleure alternative à ma disposition est de passer par le Mac à côté.

D’autant que le moteur de recherche d’iOS est plus lent que celui de macOS, et je suis obligé de marquer une pause entre le moment où je l’invoque avec le raccourci clavier ⌘espace et le moment où je tape la requête. Cela n’a l’air de rien, mais louper ses recherches parce que l’on va trop vite et que l’animation est lente est une expérience frustrante, surtout sur un appareil aussi puissant que l’iPad Pro.

Pour conclure : pourquoi choisir ?

J’en conviens, utiliser un Mac en parallèle d’un iPad pour rédiger un article est un petit peu absurde. Mais c’est un duo qui a fait ses preuves, je rédige désormais tous mes articles pour MacG ainsi. Je peux travailler debout et bénéficier des qualités de la tablette en mode machine à écrire, tout en profitant de la souplesse de macOS qui me permet de garder de nombreuses informations sous la main.

Chaque plateforme a des points forts et des défauts. J’ai été attiré par l’iPad Pro précisément pour sa simplicité et sa légèreté, surtout face à mon Mac principal qui est son extrême opposé. J’apprécie la mobilité apportée par la tablette, mais aussi la souplesse extrême de macOS et sa capacité à réaliser des tâches qu’iOS ne devrait probablement pas pouvoir mener à bien.

Si vous utilisez un Mac aujourd’hui et que l’iPad vous tente, ne vous sentez pas obligé de choisir l’un ou l’autre. Les deux appareils peuvent être complémentaires et leur utilisation conjointe peut répondre encore mieux à vos besoins qu’un ordinateur traditionnel seul. Naturellement, tout dépend de ce que vous faites avec ces appareils et il est possible qu’une tablette Apple ne trouve pas sa place à l’heure actuelle. D’autres pourront au contraire abandonner complètement leur Mac, quand la majorité trouvera peut-être une troisième voie entre les deux, comme je l’ai fait.

Même si je suis satisfait de cet usage mixte, j’attends beaucoup d’iOS 13. J’espère qu’Apple coupera les ponts avec l’iPhone pour offrir à sa tablette des fonctions exclusives, qui exploitent pleinement l’espace disponible à l’écran. Ce qui ne veut certainement pas dire que j’espère retrouver macOS sur l’iPad. Le système d’exploitation historique d’Apple peut rester aussi souple et sophistiqué précisément parce qu’iOS — ou plutôt un futur « padOS » ? — est plus simple et indépendant.

Mais cela n’empêche pas qu’il y a une marge de progression et j’espère qu’iOS 13 s’attaquera à certains problèmes persistants de la plate-forme. En attendant de découvrir ce qui nous attend en juin, je suis satisfait de cette collaboration entre iOS et macOS et de mon travail entre iPad Pro et Hackintosh.


  1. Mon Apple Watch peut déverrouiller le Mac, mais pas 1Password. En comparaison, l’iPad avec Face ID semble plus sécurisé, et la reconnaissance faciale est suffisamment discrète pour que je l’active même pour ouvrir certaines apps. ↩︎

  2. Photos, pour donner un exemple, est toujours rapide et réactif sur l’iPad Pro, alors qu’il est souvent mollasson sur mes Mac. ↩︎

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Le nouveau tableau électrique de Leviton est connecté

Mickaël Bazoge |

Le fabricant Leviton a dévoilé une nouvelle version de son tableau électrique Load Center. Ce dernier permet désormais de contrôler les interrupteurs du panneau depuis une application mobile, qui affiche le statut des circuits et des appareils électroménagers branchés sur le réseau électrique de la maison. Un hub Wi-Fi est intégré dans le tableau, c’est lui qui fait le lien avec l’iPhone ou l’appareil Android.

L’objectif ici est d’offrir au résident un contrôle granulaire de la consommation électrique de son logement ; en bout de course, il s’agit d’économiser sur les coûts d’énergie en maîtrisant de manière plus efficace sa consommation. Des notifications avertissent l’utilisateur en cas de souci, même si ce dernier est à des milliers de kilomètres de chez lui (ce qui lui fera une belle jambe).

Le hub du Load Center pourra recevoir des mises à jour de son firmware, ce qui n’est qu’à moitié rassurant : il n’est pas question que le tableau électrique tombe en rade si un patch n’a pas été installé correctement ! Le système n’est pas compatible HomeKit malheureusement, ni avec aucune autre plateforme domotique.

Leviton ne donne pas d’informations sur la disponibilité et le prix de ce produit.

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Bêta 3 pour iOS 12.2, tvOS 12.2 et watchOS 5.2

Mickaël Bazoge |

La soirée sera pleine de surprises, de joie et de mystères avec la nouvelle fournée de bêtas livrées par Apple aux développeurs. Ces derniers ont droit à la bêta 3 d’iOS 12.2, de tvOS 12.2 et de watchOS 5.2. Il y a pas mal de nouveautés à se mettre sous la dent avec cette grosse mise à jour, à commencer évidemment par quatre nouveaux Animojis aussi inattendus que sympathiques.

En plus du requin, les nouveaux Animojis d'OS 12.2 comptent une girafe, un hibou et un phacochère.

Apple News fera aussi son apparition au Canada, Siri peut lancer des séries et des films sur l’Apple TV, l’assistant s’offre également un lecteur audio, de nouveaux réglages dans Plans et Temps d’écran sont disponibles, Podcasts intègre une option pour marquer un épisode comme lu, Safari embarque de nouvelles fonctions de sécurité. Et bien d’autres encore…

Mise à jour — Il y a deux ou trois petites nouveautés dans cette 3e bêta d’iOS 12.2, à commencer par le correctif concernant le bug d’appels de groupe FaceTime. Cette brèche avait été corrigée avec iOS 12.1.4, mais cette version n’a pas été fournie aux développeurs. Maintenant, c’est chose faite.

Le centre de contrôle d’iOS 12.2 apporte aussi une nouvelle télécommande pour l’Apple TV.

Apple News se renomme «  News », comme en prélude à la présentation du service de lecture de la presse en illimité.

iOS 12.2 affiche également le nom du modèle d’appareil. Mine de rien, ce n’est pas totalement inutile pour s’y retrouver entre deux iPhone d’apparence identique mais de génération différente.

Apple fournit aussi aux développeurs de nouveaux thèmes pour les raccourcis Siri (des variations pour le bouton Ajouter à Siri, pour présenter des suggestions de raccourcis…), ainsi que la police Arial Rounded SF Compact Rounded qui est utilisée dans watchOS.

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Amazon Prime Video : nouvelle interface pour les pages des programmes sur l’Apple TV

Mickaël Bazoge |

Sur l’Apple TV, l’app Prime Video s’améliore petit bout par petit bout. Le service de streaming d’Amazon est toujours aussi mal adapté aux canons d’interface et d’ergonomie de tvOS et de la télécommande Siri, mais au moins les pages consacrées aux programmes sont un peu moins moches.

L’interface de l’application est désormais plus claire, elle tire aussi un peu mieux parti de la surface d’affichage disponible. On y retrouve les fonctions de base du service (reprise de lecture, lecture depuis le début, ajout aux favoris, distribution), mais les différents épisodes et saisons sont plus faciles d’accès, tout comme les suggestions de contenus.

L’ancienne interface était plutôt confuse, on ne savait jamais trop où le curseur de la télécommande était posé.

Les films aussi bénéficient de ce coup de pinceau salvateur. On reste encore assez loin de ce que l’app TV d’Apple ou Netflix peuvent proposer, mais enfin c’est toujours mieux qu’avant. Allez, encore un effort Amazon, maintenant il faut s’occuper de la page d’accueil qui a bien besoin d’un gros ripolinage !

Cette nouveauté est apparue subrepticement, sans avoir besoin de mettre à jour l’application : tout se passe du côté des serveurs d’Amazon. C’est la raison pour laquelle il est possible qu’elle n’apparaisse pas encore chez vous : la patience est de rigueur.

La fonction X-Ray, qui permet de savoir en un clin d’œil le nom des acteurs et actrices d’une scène, reste toujours aussi discrète. Elle est disponible chez quelques utilisateurs depuis début février, mais pas tous encore. Quant au bug qui lance toujours une nouvelle vidéo avec la bande son en français sans prendre en compte le choix de la langue à l’origine, il est toujours présent. Pénible quand on veut binger une série en VO…

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Les certificats d'entreprise exploités par des plateformes d'apps piratées

Stéphane Moussie |

Semaine après semaine, on en apprend des vertes et des pas mûres sur les certificats d’entreprise distribués par Apple. Alors que ces certificats sont uniquement destinés à distribuer des applications iOS au sein d’une entreprise, ils ont été détournés par Facebook et Google pour mettre à disposition de personnes extérieures des apps d’analyse d’usage et par d’autres éditeurs pour distribuer des apps qui n’ont pas droit de cité dans l’App Store (apps porno et de paris d’argent, notamment).

Mais ce n’est pas tout. Les certificats d’entreprise sont également détournés par des personnes peu scrupuleuses pour publier des versions piratées d’applications populaires, qui s'installent ainsi simplement et sans jailbreak. Reuters indique que des plateformes comme TutuApp, Panda Helper, AppValley ou TweakBox distribuent par exemple gratuitement Minecraft, qui coûte normalement 7,99 €, ainsi qu’une version gratuite de Spotify expurgée de pubs.

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il revient dans l’actualité à la suite des autres abus autour des certificats ainsi que des mesures prises récemment par plusieurs éditeurs, dont Apple, pour lutter contre ce marché clandestin. Car les plateformes ne se contentent pas de distribuer des applications piratées, elles en font le commerce.

Certaines applications originales ne voient pas leurs pubs supprimées, au contraire, les malandrins en ajoutent à celles qui n’en ont pas pour mieux vendre derrière un service « VIP » payant comprenant des apps piratées sans pub et plus complètes.

L’éditeur Creaceed est une des victimes de ce type de magouille, comme il nous le raconte :

Fin 2017 nous avons vu remonter des crash reports étranges, qui montraient un crash d’une ancienne version de notre app Hydra dans un framework que nous n’avions pas mis nous-mêmes. Après recherche, nous avons vu qu’il s’agissait de bannières de pub (Hydra n’a jamais eu ça, aucune de nos apps d’ailleurs). On a croisé avec les données de l’analytics et vu que plus de 5 000 instances de cette app étaient utilisées. On a remonté la chaîne et vu que TutuApp était responsable, et qu’ils offraient un abonnement unique à 13 $ par an qui donnait accès à un catalogue d’apps populaires trafiquées (ajout de bannière de pub par injection d’un framework et re-signées) en illimité, les développeurs ne touchant rien et n’ayant pas donné leur autorisation.

Spotify a récemment écrit noir sur blanc dans ses conditions générales que bloquer la publicité de son offre gratuite était interdit et pouvait conduire à la fermeture du compte utilisateur. Rovio et Niantic, les créateurs respectifs d’Angry Birds et Pokémon GO, ont confirmé à Reuters faire la chasse aux utilisateurs pirates.

« Les développeurs [peuvent] mettre du code de détection pour vérifier que l’app n’a pas été hackée, nous indique Creaceed, mais c’est difficile de contrôler si ça marche, et puis c’est une escalade constante avec les hackers qui finalement n’est pas très porteuse par rapport à bosser sur des vraies features. »

Pour empêcher la distribution d’apps frauduleuses, Apple révoque de son côté les certificats utilisés à mauvais escient, mais de nouveaux sont ensuite exploités dans la foulée par les malandrins. L’identification à deux facteurs obligatoire pour les développeurs à partir de la semaine prochaine s’inscrirait dans la lutte contre le piratage.

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Les États-Unis ne pourront pas « écraser » Huawei, assure le patron du groupe

Mickaël Bazoge |

Huawei est au cœur de l’actualité, mais pas forcément pour les bonnes raisons. Le constructeur doit dévoiler un smartphone pliable à l’occasion du MWC, puis le P30 à Paris le 26 mars. Mais le géant chinois doit également faire face à des suspicions de vol de technologies et d’espionnage industriel, en particulier de la part des États-Unis. À tel point que le pays pousse ses alliés à barrer la route de Huawei dans leurs appels d’offres pour les réseaux 5G.

Ren Zhengfei, le patron de Huawei.

Cette pression porte ses fruits : en dehors des États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont déjà interdit à l’équipementier de fournir les infrastructures 5G. Le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et d’autres marchés très importants sont en train d’évaluer les risques que fait peser Huawei sur leur sécurité nationale. Meng Wanzhou, la directrice financière du groupe, a été arrêtée au Canada à la demande de la justice américaine, qui veut l’entendre sur 23 chefs d’inculpation concernant, entre autres, une possible violation de l’embargo contre l’Iran.

Ren Zhengfei, le fondateur et patron de l’entreprise (et père de Meng Wanzhou), est sorti du silence dans une interview à la BBC. Ses propos ont le mérite de la clarté : « Les États-Unis ne pourront pas nous écraser », affirme-t-il. « Le monde ne peut pas nous mettre de côté car nous sommes plus avancés ». Les États-Unis ne représentent pas l’ensemble du monde, dit-il aussi. « L’Amérique ne représente qu’une partie du monde ».

De fait, Huawei mise beaucoup sur l’Europe, avec la France comme porte d’entrée : le constructeur y organise régulièrement de grandes présentations. Et les investissements qui ne sont pas réalisés aux États-Unis sont réaffectés au vieux continent. Même si certains pays décident de ne pas faire affaire avec Huawei pour les réseaux 5G : l’entreprise n’arrêtera pas d’investir au Royaume-Uni « à cause de ça » (Londres doit donner la marche à suivre aux opérateurs locaux en mars ou en avril).

Au centre du jeu politique et diplomatique

En ce qui concerne l’arrestation de Meng Wanzhou, il s’agit pour lui d’un « acte politiquement motivé qui n’est pas acceptable ». Les États-Unis « aiment sanctionner les autres, peu importe le problème, ils utilisent ce genre de méthodes agressives. Nous ne sommes pas d’accord ». Désormais, le dossier est entre les mains des justices américaine et canadienne.

Ren Zhengfei s’érige également en faux face aux accusations d’espionnage : les autorités chinoises utiliseraient les équipements de Huawei pour avoir un œil et une oreille partout dans le monde. « Le gouvernement chinois a déjà clairement dit qu’il n’installait pas de portes dérobées. Et nous n’en installons pas non plus ». Le constructeur ne veut pas prendre le risque de « dégoûter un pays et [ses] clients à cause de [ces pratiques] ».

Le patron de Huawei assure que son groupe ne se lancera jamais dans de l’espionnage. Et si c’était le cas, « alors je fermerai l’entreprise ». Ren Zhengfei s’est montré plus évasif lorsque la BBC a évoqué les liens entre Huawei, l’armée chinoise et le gouvernement : selon lui, il ne s’agit que d’allégations, pas de faits. Les connexions politiques ne sont pas ce qui ont permis à Huawei de connaitre le succès, explique-t-il.

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« Steve Jobs », le film de Danny Boyle, après-demain sur Netflix

Stéphane Moussie |

Netflix ajoutera après-demain, jeudi 21 février, à son catalogue le film Steve Jobs de Danny Boyle, sorti au cinéma en 2016 en France. L’occasion pour les abonnés du service de streaming de voir ou revoir ce drame en trois actes pour autant de préparations de keynotes. Le cofondateur d’Apple est incarné par Michael Fassbender et le film a comme toile de fond la relation délicate entre Steve Jobs et sa fille Lisa.

Le long métrage a reçu un accueil critique globalement positif (deux nominations aux Oscars), mais a fait un four au box office. Il est disponible depuis un moment sur l’iTunes Store à 3,99 € en location ou 8,99 € à l’achat.

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