Même si l'opération s'annonce plus longue et complexe que prévu, le dépeçage en règle de SFR semble bel et bien sur les rails. Ce rachat, qui devrait délester Orange, Bouygues Telecom et Free de quelque 20 milliards d'euros, soulève inévitablement la question qui fâche : le consommateur va-t-il finir par passer à la caisse ? Car avec la disparition programmée de SFR, c'est l'un des acteurs les plus agressifs du marché qui s'apprête à tirer sa révérence.
Un alignement des planètes inédit pour les opérateurs
Cette recomposition du paysage hexagonal tombe d'ailleurs à un moment charnière. Pour la première fois depuis une décennie, les opérateurs ont massivement levé le pied sur les chantiers d'infrastructures. La raison est simple : le gros œuvre est terminé, tant du côté de la fibre optique que de la 5G.
Les derniers chiffres de l'Arcep l'illustrent parfaitement. En 2025, la facture globale des déploiements est retombée à un peu plus de 10 milliards d'euros. Un recul marqué de près de 15 % sur un an, et une chute vertigineuse de plus de 30 % si l'on se réfère au pic historique de 2021. Laure de La Raudière, à la tête du régulateur, acte d'ailleurs la fin de ce grand cycle d'investissement. Les indicateurs matériels sont au diapason : les nouveaux raccordements à la fibre ont logiquement plongé de près de 30 % l'an passé, tout comme les ouvertures de sites 5G (- 26 %). Le bilan est d'ailleurs plus que flatteur à l'échelle du continent. Forte de huit abonnés fixes sur dix profitant du très haut débit et de 40 % de lignes mobiles accrochées à la 5G, la France fait aujourd'hui figure de très bon élève en Europe.
L’accalmie avant la 6G ?
Malgré ce réseau de premier plan, le marché français demeure un véritable coupe-gorge commercial. Aujourd'hui, un abonné dépense en moyenne une quinzaine d'euros hors taxes par mois pour son forfait cellulaire, et un peu moins d'une quarantaine d'euros pour sa box Internet. Une pression sur les prix qui continue de peser sur les finances des acteurs en place : les revenus générés par la téléphonie mobile grand public ont reculé de 3,5 % l'année dernière, tandis que le fixe stagne.
Dans ce contexte, le rachat de SFR a tout de la bouffée d'oxygène pour le trio de survivants. Entre des investissements qui se tarissent naturellement et des marges qui pourraient mécaniquement gonfler sur un marché à trois, les opérateurs s'achètent une période de répit bienvenue.
Une tranquillité qui risque toutefois de n'être que de courte durée. À l'horizon de la fin de la décennie se profile déjà le chantier de la 6G, promesse d'un tout nouveau gouffre financier. Et c'est sans compter sur Free : il serait bien imprudent de parier que le trublion des télécoms rangera sagement les armes pour laisser ses concurrents souffler.
Free n'arrive plus à attirer de nouveaux abonnés dans le monde mobile : le nombre de clients stagne
Source :













