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Spliiit lourdement condamnée : cette fois, l’addition ne se partage pas

Christophe Laporte

lundi 01 juin à 07:45

Services

Dur retour à la réalité pour Spliiit. Ce service, qui permet de diviser la facture d’environ 300 abonnements numériques (cinéma, informatique, musique…) en partageant son accès avec d’autres internautes inscrits, vient de subir un lourd revers. L’initiative n’a logiquement jamais été du goût des géants du secteur, à commencer par Apple, Disney et Netflix, qui ont fini par porter l’affaire devant les tribunaux. Après l’échec des tentatives de négociation entre les parties, le tribunal judiciaire de Paris a rendu son verdict à la fin de la semaine dernière, et il ne fait pas dans la dentelle.

Spliiit doit négocier avec Apple, Disney et Netflix sur le partage des abonnements

Spliiit doit négocier avec Apple, Disney et Netflix sur le partage des abonnements

La notion de « famille » clarifiée par les juges

Dans une décision fleuve d’une cinquantaine de pages publiée par le site L’Informé, la justice a tranché dans le vif : le tribunal a retenu la complicité de Spliiit dans la violation des conditions générales d’utilisation (CGU) des plateformes. Le cœur du débat juridique portait sur la sémantique, parfois floue, employée par les services concernés. Si Apple autorise un partage au sein d’une « famille » et Netflix au sein d’un « foyer », les magistrats ont estimé que cette tolérance contractuelle avait des limites. Le tribunal a ainsi balayé l’ambiguïté en précisant que ces termes ne sauraient en aucun cas englober des personnes totalement étrangères les unes aux autres, dépourvues de tout lien affectif ou d’une communauté de vie.

En somme, offrir un espace de mise en relation pour permettre à de parfaits inconnus de mutualiser leurs accès a été considéré comme une complicité dans la violation des contrats liant les utilisateurs aux plateformes concernées.

Concurrence déloyale et communication trompeuse

La pilule est d’autant plus amère que la start-up est également épinglée pour concurrence déloyale et contrefaçon de marque. L’avocat des plaignants a mis en lumière la communication pour le moins arrangeante de Spliiit avec la réalité. La plateforme se targuait publiquement d’être en contact avec de nombreux éditeurs pour améliorer l’expérience utilisateur et affirmait ne pas enfreindre les CGU. Or, en coulisses, l’entreprise collectionnait les mises en demeure de la part de poids lourds de l’industrie, parmi lesquels Amazon, Canal+, Spotify ou encore Warner Bros.

À cela s’ajoute le volet de la contrefaçon. Bien que Spliiit ait affirmé avoir cessé d’utiliser les logos officiels d’Apple, Netflix et Disney à la fin de l’année 2021 pour se limiter à l’usage de leurs noms, un constat dressé quelques mois plus tard a prouvé la persistance de ces éléments visuels sur les réseaux sociaux de la jeune pousse.

Une provision de près de 800 000 euros

Les conséquences financières sont immédiates. Spliiit est sommée de cesser les mises en relation concernant les abonnements des trois plaignants lorsqu’elles conduisent à violer leurs CGU. L’entreprise doit surtout verser une provision de 785 000 euros, dans l’attente de l’évaluation définitive des préjudices, auxquels s’ajoutent 49 000 euros de frais de justice. Dans le détail de ces provisions, qui incluent également la contrefaçon de marque, Netflix obtient 630 000 euros, Disney 120 000 euros et Apple 35 000 euros.

Surtout, l’addition pourrait encore s’alourdir de manière très significative. Pour permettre aux trois sociétés de chiffrer précisément leur préjudice définitif, Spliiit doit fournir sous astreinte de 500 euros par jour l’historique complet des partages depuis 2019 concernant Apple TV+, Apple One, Apple Arcade, Apple Music, iCloud, Netflix et Disney+, en y incluant les sommes perçues, son chiffre d’affaires et ses marges brutes.

Face à ce séisme judiciaire, le PDG de Spliiit, Jonathan Lalinec, a annoncé son intention de faire appel, fustigeant une décision « consternante » pour les utilisateurs et la liberté commerciale. Du côté des plateformes américaines, le silence est de mise : Netflix indique ne pas commenter les décisions de justice, tandis qu’Apple et Disney n’ont pas répondu aux sollicitations de L’Informé. La Motion Pictures Association, qui représente leurs intérêts, finalise de son côté son analyse du jugement avant une éventuelle prise de parole officielle.

Le paradoxe d'Apple en 2026 : du matériel flambant neuf, otage d'une IA en chantier

Christophe Laporte

lundi 01 juin à 07:09

Apple TV

L’Apple de 2026 se heurte à une dynamique singulière : des produits fin prêts d’un point de vue matériel, mais désespérément en attente de leur pendant logiciel. Conséquence directe de ce décalage, le nouveau HomePod mini, la prochaine Apple TV ou encore l'inédit « HomePad » (cette fameuse fusion entre une enceinte connectée et un iPad) s’entassent actuellement dans les entrepôts de la Pomme. Tout ce beau monde prend la poussière le temps que les ingénieurs de Cupertino finalisent les développements liés au nouveau Siri et aux diverses fonctionnalités d’intelligence artificielle.

De l’Apple Watch aux Apple Glasses, vers une nouvelle révolution ? La semaine Apple

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Le constat est d’autant plus frappant que ces appareils circulent déjà activement entre les mains des employés au siège de l'entreprise, si l’on en croit les indiscrétions de Mark Gurman. Si la feuille de route est respectée, l’épilogue de cette attente forcée devrait enfin avoir lieu cet automne.

Le service minimum sous le capot

Ce contretemps a de quoi agacer, d'autant que ces futures itérations ne vont pas vraiment révolutionner le genre sur le plan du hardware. Apple a fait le choix de la continuité : les designs restent inchangés, l'Apple TV reprenant notamment les grandes lignes de son format historique. Les évolutions se résumeront pour l'essentiel à un rafraîchissement des puces pour encaisser les futurs traitements liés à l'IA. Le HomePod mini (nom de code B525) abandonnera enfin sa puce S5 vieille de sept ans, tandis que l'Apple TV fera ses adieux au processeur A15. Du côté des accessoires, la télécommande de l'Apple TV pourrait faire l'objet d'une légère révision, mais il s'agira vraisemblablement d'un simple ajustement des composants internes, parfaitement imperceptible pour l'utilisateur. En clair, Apple laisse vivoter ses équipements domestiques actuels pour concentrer le gros de ses efforts sur de nouveaux formats, à l'image de ce hub domestique doté d'un écran et de la reconnaissance faciale qui, lui aussi, se fait toujours attendre.

Un record de longévité en vue pour l'Apple TV 4K

Le manque d’empressement du constructeur californien va d'ailleurs permettre à l’Apple TV 4K d’établir un curieux record. Si aucun remplaçant ne pointe le bout de son nez d'ici le 4 juillet prochain, la génération actuelle deviendra officiellement le modèle 4K commercialisé le plus longtemps sans la moindre mise à jour matérielle. La dernière révision remonte en effet à plus de 1305 jours. Une véritable éternité dans le monde de la tech : c’était quelques semaines avant le lancement d'un certain ChatGPT…

iOS 28 et macOS 28 : de grandes ambitions pour les 20 ans de l'iPhone

Christophe Laporte

lundi 01 juin à 06:00

iOS

Si iOS 27 et macOS 27 sont présentés depuis des mois comme des mises à jour de transition avec un gros focus sur l’intelligence artificielle, leurs successeurs seront nettement plus ambitieux, si l'on en croit Mark Gurman.

De l’Apple Watch aux Apple Glasses, vers une nouvelle révolution ? La semaine Apple

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Les travaux ont d’ores et déjà commencé du côté de Cupertino. En interne, chaque version a son petit nom de code. Ainsi, iOS 28 s’appellerait « Bell », tandis que macOS 28 répondrait au doux nom de « Poppy ». Dans les couloirs de l'Apple Park, les employés ont pris l'habitude de contracter ces deux appellations pour former le surnom « Boppy », désignant ainsi l'ensemble de cette future génération. À titre de comparaison, la cuvée de cette année est connue sous les noms de Rave (iOS 27 et iPadOS 27) et Fizz (macOS 27), formant ainsi le cycle de mise à jour baptisé « Rizz ».

Pour l'heure, les ingénieurs d'Apple en sont au stade de la création : développement de fonctionnalités individuelles, nouvelles applications, ajustements de design et diverses améliorations sous le capot. Tout cela n'a pas encore été unifié au sein des systèmes d'exploitation finaux. Néanmoins, la génération « 28 » prévue pour l'année prochaine s'annonce d'ores et déjà comme une évolution majeure, bien plus significative que les mises à jour actuelles. Du point de vue matériel, l’enjeu d’iOS 28 sera de prendre en charge l'iPhone des 20 ans.

Siri au cœur d'iOS 27

En attendant ce grand chambardement, iOS 27 devrait faire la part belle à un Siri flambant neuf et à des fonctionnalités Apple Intelligence supplémentaires. Cette mise à jour intègrera enfin la très attendue version personnalisée de l'assistant, capable de « lire » ce qui s'affiche à l'écran (on-screen awareness) et dotée d'une bien meilleure compréhension de votre contexte personnel. Souvenez-vous : lors de la WWDC 2024, Apple avait fait la démonstration d'un utilisateur demandant à Siri des détails sur le vol et la réservation de restaurant de sa mère, l'assistant s'appuyant alors de lui-même sur les informations piochées dans Mail et Messages.

Qu

Qu'attendre d'iOS 27 ?

Pour couronner le tout, une application Siri dédiée fera son apparition. Elle permettra de converser avec l'assistant sous la forme d'un fil de discussion, à l'écrit comme à l'oral, à l'image de ce que proposent déjà d'autres bots conversationnels comme ChatGPT. Enfin, iOS 27 devrait mettre à profit la Dynamic Island en l'enrichissant d'une nouvelle fonction baptisée « Search or Ask » (Chercher ou Demander).

Sihoo Doro C300 Pro V2 : votre colonne vertébrale ne devrait pas avoir à s'adapter à votre chaise 📍

Article sponsorisé

dimanche 31 mai à 15:55

Services

Sihoo revoit de fond en comble son fauteuil ergonomique phare avec le Sihoo Doro C300 Pro V2, sur le site français de la marque. Au programme : un système de suivi corporel intégral baptisé DynaCore, un dossier auto-adaptatif SyncroFlex, un soutien lombaire repensé et des accoudoirs bioniques à huit axes. Radiographie d'une mise à jour qui vise le quotidien des télétravailleurs, créatifs et gamers sédentaires.

Quinze ans de recherche en assise ergonomique, près de 1,9 million de fauteuils écoulés en 2025, une présence dans plus de 120 pays : Sihoo a bâti sa réputation sur un créneau précis, celui du siège de bureau capable de réduire les douleurs liées à la sédentarité prolongée.

Le Sihoo Doro C300 Pro V2 pousse cette logique plus loin que le modèle précédent en abandonnant le principe du soutien statique au profit d'un accompagnement dynamique du corps entier. Disponible en noir ou en blanc, il s'adresse aux morphologies comprises entre 150 cm et 190 cm, pour un poids allant de 40 à 100 kg.

Un fauteuil qui accompagne le mouvement au lieu de le figer

Le cœur technique du Sihoo Doro C300 Pro V2 repose sur le système DynaCore. Son fonctionnement coordonne quatre zones (appui-tête, dossier, lombaires, accoudoirs) pour qu'elles réagissent simultanément aux déplacements du buste. Concrètement, lorsque vous vous penchez pour attraper un câble sous le bureau ou que vous pivotez vers un second écran, le dossier et le soutien lombaire suivent votre centre de gravité plutôt que de rester figés dans leur position initiale. Le soutien ne se désengage pas au premier mouvement, là où un fauteuil conventionnel perd le contact dès que l'occupant quitte la verticale.

Le dossier intègre le système SyncroFlex, une structure à double rail et double ressort qui s'ajuste automatiquement à la courbure dorsale de chaque occupant dès l'instant où celui-ci s'assoit. Le mécanisme reconnaît la morphologie et adapte sa trajectoire en temps réel. Quand un collègue prend votre place, le dossier se recalibre sans intervention manuelle. Il est également réglable manuellement en hauteur pour s'adapter aux différentes statures, ce qui complète l'ajustement automatique par un contrôle fin à la convenance de l'utilisateur.

Le soutien lombaire dynamique auto-adaptatif 2.0 mérite qu'on s'y attarde. Il propose trois modes (ferme, souple, sacrum) et coulisse verticalement en synchronisation avec l'inclinaison du dossier. Quand vous basculez en arrière, le support lombaire descend avec vous pour éviter le vide caractéristique que l'on ressent sur la plupart des fauteuils lors du passage en position semi-allongée.

La zone d'appui élargie et le ressort de décompression additionnel visent particulièrement les gabarits plus larges, souvent mal servis par les supports lombaires standards.

Les accoudoirs bioniques 8D constituent l'autre évolution notable par rapport au C300 d'origine, qui ne proposait que quatre axes. Ici, huit directions de réglage (85 mm de débattement vertical, 40 mm d'avance/recul, 125 mm latéral, rotation interne/externe, 20° d'inclinaison vers le bas, 40° vers le haut, 36° de rabattement de la section arrière) permettent d'ajuster finement la position des coudes selon le scénario : frappe au clavier, navigation au smartphone, session manette ou repos incliné. Les accoudoirs accompagnent aussi le mouvement de bascule du dossier, ce qui évite la sensation d'épaules remontées lorsque l'on passe en inclinaison.

Finitions, certifications et positionnement tarifaire

L'appui-tête 3D ultra-large gagne 28 % de surface de contact par rapport au C300 d'origine et se règle en hauteur, en rotation et en profondeur. Le mécanisme à détection de poids 2.0 calibre automatiquement la résistance de l'inclinaison selon la masse corporelle, sans réglage préalable.

L'assise en mesh Cloud Mesh 2.0 (élastomère DuPont et fibres polyamide) assure la ventilation, tandis que la profondeur de l'assise s'ajuste sur 4 cm. Trois paliers d'inclinaison sont disponibles : 105° pour le travail concentré, 120° pour une posture détendue, 135° pour une relaxation complète (le repose-pieds intégré en mesh s'escamote sous l'assise). Le vérin gaz classe 4, à paroi de 2,5 mm, a été testé sur 120 000 cycles. La base est en aluminium, les roulettes en PU silencieux. Triple certification BIFMA, SGS et TÜV.

À 459,99 €, le Sihoo Doro C300 Pro V2 se positionne dans la tranche intermédiaire haute du marché ergonomique. Face au Hbada E3 Pro, affiché à 509 €, il avance ses certifications complètes et la cohérence de son système adaptatif comme arguments différenciants.

Face aux références premium type Herman Miller Aeron, qui dépassent les 1 500 €, l'écart de prix reste considérable. Sihoo couvre l'ensemble du fauteuil par une garantie de trois ans. La livraison est gratuite et express dans la plupart des régions, et les retours sont acceptés sous 30 jours. Mieux encore, avec le code SIHOOIgen, vous pouvez obtenir 6 % de réduction et l’obtenir pour 432,99 €. Pour information, le siège est aussi en vente sur Amazon.

Le Sihoo Doro C300 Pro V2 corrige les faiblesses identifiées sur la génération précédente (des accoudoirs jugés trop mobiles, un soutien lombaire insuffisamment enveloppant) et densifie sensiblement l'offre technique. Reste, comme toujours avec un lancement récent, à vérifier la tenue dans le temps sur plusieurs mois d'utilisation quotidienne.

👉 Découvrir le Sihoo Doro C300 Pro V2 sur le site officiel

Le smartphone d'OpenAI se précise : la grande confrontation avec Apple se prépare

Christophe Laporte

dimanche 31 mai à 11:45

Ailleurs

OpenAI arrivera-t-elle là où Amazon, Facebook et tant d’autres se sont cassé les dents ? Commercialiser un smartphone offrant une expérience radicalement différente de celle dictée par iOS et Android depuis près de deux décennies, tel est le pari fou de Sam Altman.

Image : Solen Feyissa - Unsplash
Image : Solen Feyissa - Unsplash

Le timing a de quoi faire sourire. La concurrence sur le marché des smartphones n’a jamais été aussi féroce, l’iPhone apparaissant aujourd'hui comme l’un des grands gagnants de la crise provoquée par le boom de l’intelligence artificielle générative. Se lancer dans la conception d'un terminal mobile s'apparente à une course d'obstacles vertigineuse, mais OpenAI n'a d'autre choix que la fuite en avant. Comme nous l'expliquions récemment, l'avance technologique de ses services fond comme neige au soleil face à la concurrence. La firme ne peut se permettre de perdre la prochaine bataille décisive : celle du matériel, qui dictera l’usage même de ses technologies.

OpenAI : leader aujourd’hui, futur Netscape demain ?

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La mort de la grille d'applications

L’idée derrière cet appareil inédit est de s'affranchir de la logique applicative qui régit nos usages depuis l'avènement de l'App Store. Si d’autres s'y sont essayés sans succès par le passé, le boom de l’IA générative donne à Sam Altman un jeu de cartes autrement plus solide que celui de ses prédécesseurs.

Image : Apple
Image : Apple

L'inévitable analyste Ming-Chi Kuo a détaillé fin avril le fruit de ses recherches au sein de la chaîne d'approvisionnement. Il décrit l'appareil non pas comme un téléphone traditionnel, mais comme un véritable « téléphone à agent IA ». L'interface serait continue et intimement liée au contexte de l'utilisateur, reléguant au placard les traditionnelles rangées d'icônes. Kuo souligne à juste titre que le smartphone reste le seul appareil capable de capter en temps réel l'état complet d'un utilisateur (sa localisation, son activité, ses communications) le rendant parfaitement taillé pour déduire et anticiper ses besoins.

OpenAI : le premier smartphone de la marque dessiné par Ive devrait arriver en 2027

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Pour concrétiser cette vision où l'on ne lance plus des applications pour accomplir une tâche, mais où l'on interagit avec une interface transparente, OpenAI n'a pas le choix : il lui faut maîtriser de bout en bout le logiciel et le matériel.

Concept Ming-Chi Kuo
Concept Ming-Chi Kuo

Pas de révolution sur le front du hardware

Sur le plan purement technique, les rumeurs esquissent un appareil plutôt classique dans sa conception de base. Le cerveau de la machine serait une version personnalisée du processeur Dimensity 9600 de MediaTek, gravé par TSMC au second semestre 2026. L'assemblage serait logiquement confié à Luxshare Precision, un partenaire bien connu de l'industrie, tandis que Sunny Optical fournirait les modules photographiques.

Sans s'attarder sur l'énumération des composants, on retiendra que l'accent matériel est mis sur les capteurs. Le téléphone intégrerait un processeur de signal d'image doté d'un traitement HDR amélioré, un élément essentiel pour que l'IA "voie" et comprenne correctement le monde réel. L'appareil embarquerait logiquement deux puces dédiées pour traiter de front la vision et le langage, couplées à une architecture très sécurisée pour isoler les processus liés à la vie privée.

Image iGeneration
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Le revirement de Jony Ive et la fuite des talents

L'arrivée d'un smartphone marque toutefois un virage à 180 degrés dans la stratégie publique d'OpenAI. Jusqu'à présent, les ambitions matérielles de l'entreprise semblaient se concentrer sur des formats alternatifs pensés main dans la main avec Jony Ive. L'ancien patron du design d'Apple, dont la startup io Products a été rachetée par OpenAI pour la bagatelle de 6,5 milliards de dollars en mai 2025, clamait haut et fort avec Sam Altman son refus de concevoir un appareil doté d'un écran.

OpenAI se paie l’entreprise de Jony Ive et d’anciens designers d’Apple pour 6,5 milliards de dollars

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Altman décrivait même un prototype en interne comme « le produit technologique le plus cool que le monde ait jamais vu ». Mais la réalité des usages semble les avoir rattrapés. Le premier fruit de cette collaboration, désormais identifié comme une simple enceinte intelligente avec caméra intégrée, a glissé à début 2027. D'autres projets périphériques comme des lunettes ou une lampe connectée seraient encore dans les cartons, mais relégués au second plan.

Jony Ive et Sam Altman, dans une fausse discussion générée par un humain. Images Apple et TechCrunch (CC BY 2.0), montage MacGeneration.
Jony Ive et Sam Altman, dans une fausse discussion générée par un humain. Images Apple et TechCrunch (CC BY 2.0), montage MacGeneration.

Pour mener à bien sa nouvelle ambition mobile, OpenAI n’a pas hésité d'ailleurs à piocher allègrement dans les viviers de Cupertino. Plus de 40 anciens employés d'Apple ont rejoint l'aventure, dont des figures bien connues du design comme Evans Hankey, Tang Tan ou Scott Cannon. Une véritable saignée qui a poussé Apple à sortir le carnet de chèques, distribuant des primes de rétention grimpant jusqu'à 400 000 dollars en actions pour freiner le départ de ses ingénieurs.

Un calendrier sous stéroïdes

Si la production de masse de ce smartphone était initialement projetée pour 2028, le calendrier aurait été précipité pour viser le premier semestre 2027. Cette accélération ne doit rien au hasard : elle coïnciderait avec l'introduction en bourse d'OpenAI. Présenter un produit matériel fort permettrait de séduire les investisseurs avec un récit porteur, tout en coupant l'herbe sous le pied d'une concurrence qui s'organise.

Pixel 10a. Image Google
Pixel 10a. Image Google

L’histoire nous dira si Sam Altman réussira son coup. L’objectif de 30 millions d’appareils vendus en deux ans est sacrément ambitieux. À titre de comparaison, les Google Pixel, qui sont d’excellents téléphones bénéficiant de toute la force de frappe de Mountain View, peinent à s'écouler à plus de dix millions d’exemplaires chaque année. Pendant ce temps, Apple et Google ne resteront évidemment pas les bras croisés et continuent d'infuser l'IA à tous les étages de leurs systèmes respectifs.

OpenAI : le nouveau Facebook d'Apple ?

Plus les choses avancent, plus une rivalité exacerbée se dessine entre Apple et OpenAI. Une dynamique qui n'est pas sans rappeler la relation complexe qu’entretenait la Pomme avec Facebook aux balbutiements de l’iPhone.

Les deux sociétés s’entendaient plutôt bien à l’époque. Les réseaux sociaux, tout comme les smartphones, étaient en plein boom, formant le couple idéal de la décennie. Apple était même allée jusqu’à proposer une intégration poussée de Facebook au cœur d'iOS. Puis, face aux innombrables polémiques sur la vie privée, le torchon a brûlé et la collaboration a tourné court. L'histoire semble bégayer. Alors qu’Apple cherchait à combler son retard en matière d'intelligence artificielle, elle s’est alliée à OpenAI pour intégrer ChatGPT à ses logiciels. Un partenariat qui avait d'ailleurs provoqué une véritable crise de jalousie chez Elon Musk, qui se voyait bien à la place du partenaire privilégié. Mais depuis, les relations se distendent à vue d'œil.

Image OpenAI
Image OpenAI

Apple a finalement assuré le service minimum pour intégrer les technologies d’OpenAI. La méfiance est désormais de mise entre les deux directions. Le partenariat n’aurait pas du tout été lucratif pour la startup de Sam Altman, qui s'estimerait lésée au point de réfléchir à porter l'affaire devant les tribunaux.

ChatGPT dans Siri : Altman trouve le deal injuste et voudrait attaquer Apple

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Ajoutez à cela les déclarations tapageuses d’un Sam Altman désignant ouvertement Apple comme son principal concurrent — car le juge de paix sera finalement le matériel — et le cocktail devient explosif. Dans cette guerre larvée flotte un indéniable parfum de trahison. Parti de Cupertino visiblement fâché, Jony Ive joue aujourd'hui un rôle central dans les projets concurrents d’OpenAI. Quand on y ajoute les débauchages massifs d'ingénieurs de Cupertino, tous les ingrédients sont réunis. La grande explication, c'est sans doute pour bientôt !

OpenAI : leader aujourd’hui, futur Netscape demain ?

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