Fin mars, Free jetait un pavé dans la mare avec Free Max, un forfait taillé pour les globe-trotters promettant une itinérance presque sans limite. Sur le papier, l'offre a de quoi séduire : pour 30 € par mois (et même 20 € pour les abonnés Freebox), l'opérateur garantit des données illimitées dans plus de 135 pays, ainsi que les appels et SMS dans une soixantaine de destinations. Une promesse alléchante, adoubée par l'opérateur lui-même qui n'avait pas hésité à relayer l'exploit d'un client ayant englouti près de 250 Go lors d'un séjour d'une semaine en Espagne.
La « révolution » de Free Mobile : un forfait Free Max illimité en France et à l’étranger pour 29,99 €/mois
Free Max : un abonné avale 250 Go en roaming depuis l’Espagne
Des voyageurs coupés dans leur élan
Sur le réseau social X, deux témoignages de clients qui ont la particularité d’être en Chine se plaignent de bridage. Le premier rapporte ainsi que sa connexion est devenue totalement inutilisable après avoir consommé 70 Go de données. Un volume certes confortable pour un usage classique en mobilité, mais bien éloigné de la notion d'illimité vantée par la communication initiale.
Inadmissible : le forfait Free Max est une publicité mensongère ! 70 Go consommés en roaming et le réseau est déjà inutilisable. C'était bien mieux avec l'ancien forfait à 35 Go. Vos promesses 'Max' ne sont que du vent, l'expérience client est catastrophique à l'étranger. À fuir… pic.twitter.com/xyMJO0Mf0y
— Dallon (@Mr_Dallon) May 12, 2026
La frustration est palpable, cet abonné allant jusqu'à regretter son ancienne formule plafonnée à 35 Go, jugeant l'expérience client catastrophique hors de nos frontières. Et ce cas ne semble pas isolé, un autre utilisateur dans l'Empire du Milieu fait écho de mésaventures similaires avec une bande passante soudainement réduite à peau de chagrin.
Le coût caché de l'itinérance internationale
Pour comprendre ces bridages intempestifs, il faut se pencher sur les coulisses techniques et financières de l'itinérance. Lorsqu'un abonné navigue sur internet à l'autre bout du monde, son opérateur français doit mettre la main au portefeuille pour indemniser le partenaire local. Si ces frais d'interconnexion (les fameux coûts de gros) sont strictement encadrés et plafonnés au sein de l'Union européenne, il en va tout autrement dans le reste du monde.
En Chine, par exemple, aucune régulation ne vient protéger l'opérateur européen. Les tarifs d'accès aux réseaux locaux (comme ceux de China Mobile ou China Unicom) sont négociés de gré à gré et s'avèrent infiniment plus salés. Maintenir une connexion véritablement illimitée dans ces conditions représente un gouffre financier que Free ne peut logiquement pas assumer pour chaque gros consommateur.
Les garde-fous de l'opérateur
C'est là que les petites lignes en bas des brochures tarifaires entrent en jeu, agissant comme d'indispensables garde-fous. Free a pris soin de border son offre : le forfait Free Max est conditionné à un usage strictement privé et personnel, réalisé exclusivement depuis un smartphone. En d'autres termes, glisser sa carte SIM dans un routeur mobile pour arroser tous ses appareils en Wi-Fi — ou pour partager massivement sa connexion — est proscrit.
Quelques détails sur l'offre Free Max et les usages à l'étranger
Par ailleurs, la notion d'itinérance implique par définition un ancrage en France. Thomas Reynaud, le Directeur Général de Free, l'avait d'ailleurs rappelé : cette offre s'adresse aux voyageurs ponctuels ou aux étudiants en échange de type Erasmus, et non aux expatriés qui poseraient définitivement leurs valises à l'étranger. Une manière de signifier que l'illimité s'arrête là où commencent les usages détournés, même si la limite technique de ce qui est toléré semble parfois bien floue sur le terrain.

















