Alors qu’elles font face à des sanctions de plus en plus strictes et surtout très respectées par Apple, les entreprises russes semblent désormais adopter les mêmes méthodes que les éditeurs d’apps de contrefaçon. Applications déguisées, faux descriptifs et détournement des règles de validation sont devenus monnaie courante pour certains établissements bancaires russes cherchant à conserver une présence sur l’App Store. Une stratégie qui vient de subir un nouveau revers, au point d’attirer l’attention du Kremlin, comme le rapporte 9to5Mac.

Des apps bancaires déguisées
Apple a récemment décidé de supprimer de l’App Store deux apps en apparence inoffensives : l’une proposant un Pomodoro relativement simple, mais disponible uniquement en russe. L’autre proposant aux MCs de gérer leur agenda chargé et leurs différents événements.
En réalité, ces deux apps cachaient un service lié à deux banques mises au ban depuis maintenant plusieurs mois, la première étant Sberbank, la seconde T-Bank. Les deux font partie des établissements visés par les sanctions occidentales mises en place après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Si elles avaient pu passer inaperçues un certain temps, leur montée très rapide dans le classement des apps les plus téléchargées a rapidement mis la puce à l’oreille. Reste que cette pratique de poupées russes était jusqu’à présent surtout observée dans le monde de la contrefaçon ou du piratage, et non dans celui de la banque. Un glissement s’opère donc du côté de certaines entreprises russes, qui cherchent à maintenir leurs services en recourant à des méthodes habituellement associées au contournement des règles de distribution.
Des apps de réseaux sociaux supprimées
Mais ce qui a réellement réveillé le Kremlin n’est autre que la suppression d’applications liées à l’un des piliers de l’écosystème numérique russe : VK. Depuis plusieurs mois, le Roskomnadzor pousse en effet la population à utiliser MAX, la « super-app » du groupe. Publicités, incitations dans les administrations, rapprochement avec le système éducatif ou encore mise en avant par les services publics : tout est fait pour favoriser son adoption.
L’App Store retire MAX, la super-app russe poussée par le pouvoir en place
Et malheureusement pour ce plan si bien huilé, Apple a décidé de retirer MAX de l’App Store. Pire encore, alors que Cupertino avait accepté le retour de nombreuses applications du groupe après les suppressions de 2022, l’entreprise a refermé le robinet d’un coup en juin 2026. VK Music, VK Video, VK Dating, VK Calls, Odnoklassniki et Zen ont ainsi disparu de la boutique, rejoignant MAX.
Ne subsiste désormais guère plus que VKontakte, l’application principale du groupe, souvent présentée comme l’équivalent russe de Facebook. C’est à ce moment que l’administration russe est sortie de sa réserve, le porte-parole du Kremlin indiquant à Reuters que les autorités russes « demanderont directement à l’entreprise concernée des explications. [...] Si aucune explication n’est donnée, alors nous tirerons les conclusions qui s’imposent concernant toute collaboration future avec cette entreprise ».

Cependant, une question se pose : de quelle collaboration future parle le porte-parole Dmitri Peskov ? Apple a déjà suspendu ses ventes physiques et en ligne en Russie, Apple Pay n’y fonctionne plus normalement et les moyens de paiement russes sont largement exclus de ses services. Dès lors, il est difficile de voir quelle coopération significative subsiste encore entre Cupertino et Moscou.

















