Si Anthropic positionne avant tout Claude comme un outil professionnel, son IA peut aussi faire des choses plus triviales. C’est le sens d’une annonce faite hier, au moment même où OpenAI dévoilait GPT-5 : Claude peut désormais se connecter à davantage de services tiers utiles dans la vie de tous les jours.
Anthropic propose à présent des connecteurs pour AllTrails, Audible, Booking, Instacart, TripAdvisor, Uber, Uber Eats ou encore Spotify. Ces intégrations permettent de tirer parti de ses données personnelles sur ces services et d’interagir avec eux. Dans le cas de Spotify, on peut demander la création d’une playlist selon ses goûts, par exemple.
Connecteurs disponibles dans Claude. Image iGeneration.Image iGeneration
Pour cela, il faut d’abord associer son compte Claude à son compte Spotify — un prompt mentionnant Spotify déclenche normalement la proposition d’association. Une fois cette étape passée, il n’est même plus nécessaire de citer le service de streaming : Claude est censé identifier seul l’outil le plus pertinent pour répondre à la demande. D’après mes essais, cela fonctionne correctement.
On peut ainsi lui demander de créer des playlists tenant compte de ses préférences musicales, puis lancer la lecture directement depuis le chatbot. Claude peut aussi servir de moteur de recherche intelligent pour retrouver rapidement un artiste ou un morceau oublié à partir de quelques indices.
L’association entre les deux a toutefois ses limites : Claude ne peut pas modifier des playlists existantes ni accéder à l’ensemble des données de Spotify. J’aurais aimé m’en servir pour repérer tous les titres de ma bibliothèque devenus indisponibles, mais cette intégration ne le permet pas.
La fonction est disponible dans l’application Claude sur toutes les plateformes et pour tous les utilisateurs de Spotify. ChatGPT propose une intégration similaire pour Spotify et Apple Music.
La dernière Apple TV 4K date de 2022, et les bruits de couloir voudraient qu’Apple lance cette année une nouvelle version mise aux standards de 2026. Qu’est-ce qui va changer ? On fait le point sur les rumeurs.
Une puce plus puissante…
Sans surprise, la principale nouveauté serait l’arrivée d’une puce plus puissante. Le modèle actuel carbure grâce à une puce A15 lancée avec l’iPhone 13, et Apple pourrait bien y intégrer l’A17 Pro apparue sur l’iPhone 15 Pro. Cette puce est toujours présente dans l’iPad mini 7.
Gravé à 3nm, l’A17 Pro a l’avantage d’être compatible avec Apple Intelligence : de quoi faire un bon argument commercial pour le boîtier. Il dispose d'un ray tracing accéléré au niveau matériel, ce qui apporte de meilleurs graphismes dans les jeux et pourrait aider à mieux prendre en charge les effets du Liquid Glass sur le long terme.
La puce A17 Pro date de 2023, et il n’est pas impossible qu’Apple opte pour une puce plus récente. Le dernier Studio Display embarque par exemple déjà la puce A19 de l’iPhone 17. De quoi augmenter un peu la RAM, ce qui est toujours bon à prendre à l’heure de l’IA.
… pour le nouveau Siri
Selon Mark Gurman, la nouvelle Apple TV 4K est finalisée depuis un moment, mais attend le nouveau Siri. Le journaliste a expliqué que le lancement était lié à « de nouvelles fonctionnalités d'intelligence artificielle » prévues pour iOS 27.
Image Apple / iGeneration
L’Apple TV 4K n’est pas la seule à attendre l’assistant. Selon les rumeurs, Cupertino aurait également une nouvelle version du HomePod mini dans ses cartons. Son premier écran domotique semble également finalisé depuis plusieurs mois. L’assistant aura sans doute besoin de plus de puissance : attendre le renouvellement du matériel est donc intéressant.
On en saura plus sur le nouveau Siri à la WWDC. Selon les rumeurs, l’assistant gagnerait sa propre application et des fonctions de tchatbot. On pourrait également lui demander des informations sur ce qui est à l’écran, et il pourrait aider à contrôler les apps. On peut rêver de nouvelles fonctions liées à l’IA dans tvOS, certains lecteurs vidéos proposant par exemple une génération de sous-titre automatique.
Un design qui n’évolue pas, une connectivité remise à niveau
L’Apple TV 4K de 2022 a apporté un tout nouveau boîtier moins haut de 4 mm et moins large de 5 mm. Il n’a désormais plus de ventilateur et est moins lourd, ce qui lui donne un air de Mac mini très mini en plastique. Apple n’aurait pas prévu de changer ce design, réussi et lancé il n’y a pas si longtemps.
L’Apple TV 4K de 2022
Apple pourrait ajouter à ce boîtier sa puce N1, qui gère le Wi-Fi 7, le Bluetooth 6 et Thread. De quoi améliorer l’expérience vidéo tout en faisant de l’engin un meilleur hub domotique. Il faudra patienter encore un peu avant le lancement : le nouveau Siri devrait arriver officiellement avec iOS 27 en septembre, et le produit ne peut donc pas sortir avant.
Certaines rumeurs voudraient qu’Apple diminue un peu le prix de l’engin pour l’imposer plus facilement dans les foyers. Difficile de prédire l’avenir à l’heure de l’explosion du prix des composants à cause de l’IA, mais on peut imaginer que Cupertino continuera de proposer le produit en deux options, avec une option d’entrée de gamme sans Ethernet et avec moins de stockage.
Apple Invitations fait le plein de nouveautés. Grâce à la version 1.8 qui vient de sortir, l’application, qui sert à inviter des personnes à un événement, s’intègre notamment à Messages : en appuyant sur le bouton + à côté du champ de saisie, on peut sélectionner la mini-app Invitations puis partager directement un événement dans une discussion.
Intégration d’Invitations à Messages. Image iGeneration.
De petites améliorations sont également disponibles pour les organisateurs : on peut désormais modifier manuellement la liste des invités pour mettre à
jour les réponses des invités et ajuster le nombre d'invités supplémentaires.
On peut aussi télécharger une image du carton d’invitation pour la partager n’importe où. Pour ceci, il faut d’abord appuyer sur le bouton « Inviter des personnes », puis appuyer sur l’image en haut de l’écran. Le menu de partage d’iOS s’ouvre alors avec les options classiques.
Partage de l’image du carton d’invitation. Image iGeneration.
De plus, on peut préciser le fuseau horaire pour s'assurer que les invités qui viennent de loin arrivent à la bonne heure. Toujours lors de la création d’un événement, le cadre « Playlist partagée Apple Music » propose désormais des suggestions de playlists personnalisées en fonction de l’historique d'écoute et permet d'accéder à davantage de playlists. Enfin, une nouvelle vue « Tous les événements » est disponible dans le tableau de bord pour parcourir rapidement tous les événements à venir et passés.
Choix d’une playlist. Image iGeneration.
Pour rappel, n’importe qui peut répondre aux invitations (même sans appareil Apple), mais pour en créer, il faut obligatoire un compte iCloud+. L’application est uniquement disponible sur iPhone.
Si le renouvellement annuel de l'iPhone est réglé comme du papier à musique, l'émergence de catégories de produits inédites reste, en théorie, un événement rare à Cupertino. Le dernier saut dans l'inconnu remonte à 2024 avec le lancement du Vision Pro.
Alors que John Ternus s’apprête à prendre les rênes d’Apple dans quelques mois, nous pourrions assister, selon Mark Gurman, à une accélération de l’histoire. Lors d'une récente intervention chez TBPN, le journaliste de Bloomberg a dressé la liste des six chantiers majeurs qui occupent actuellement les ingénieurs de l'Apple Park. Entre réalité augmentée, robotique domestique et intelligence artificielle, Apple s'apprête à sortir de sa zone de confort. Si ces projets ont déjà fait l’objet de bruits de couloir, les mettre bout à bout permet de dessiner précisément ce qui se profile à court et moyen terme.
Le futur se porte sur le nez (et autour du cou)
L'offensive la plus immédiate concerne les wearables. Le projet le plus ambitieux reste sans doute celui des lunettes connectées. Ces « Apple Glasses », légères et pensées pour le quotidien, ne devraient pas pointer le bout de leur nez avant 2028, même si une présentation en fin d'année prochaine n'est pas totalement exclue. Dans le même sillage, Apple planche sur un « pendentif » intelligent, un nouveau type d'accessoire dédié à l'IA. Apple réussira-t-elle là où les Humane AI Pin et autres Rabbit R1 ont échoué ?
Ces deux produits partageraient une philosophie commune : une dépendance étroite à l'iPhone. Pour conserver une finesse acceptable et une autonomie décente, ils délégueraient l'essentiel du traitement des données au smartphone resté dans la poche. Quant aux AirPods dopés à l'IA également mentionnés par l'analyste, on peut se demander s'ils constituent vraiment une nouvelle catégorie ou s'ils ne sont que l'évolution logique d'un accessoire déjà hégémonique.
L'autre grand pilier de cette stratégie concerne la maison connectée, un secteur où Apple a encore tout à prouver face à Amazon ou Google. Le projet le plus mûr semble être le « HomePad », cet écran intelligent qui pourrait être la vedette de l'automne prochain, possiblement aux côtés de l'iPhone 18. Pour compléter cet écosystème, une caméra de sécurité signée Apple ferait également son apparition avant la fin de l'année, promettant une intégration logicielle aux petits oignons.
Le projet le plus futuriste demeure toutefois le robot domestique. Ce terminal hybride, doté d'un bras robotisé et d'un écran, représenterait la première véritable incursion de la marque dans la robotique grand public. Initialement prévu pour 2027, Mark Gurman tempère toutefois les ardeurs en précisant que le calendrier pourrait glisser vers 2028.
Après une période de consolidation centrée sur les services et les puces Apple Silicon, Cupertino semble enfin prête à multiplier les prises de risques matérielles. Vu sous cet angle, il est assez cohérent que le successeur de Tim Cook soit John Ternus, l'homme du hardware !
Le patron d'Apple Music, Oliver Schusser, s'est longuement confié à Billboard Pro. Entre le regret des exclusivités, la charge contre le modèle "freemium" et la montée en puissance de l'IA, le responsable d'Apple défend une vision du streaming où la qualité prime sur le volume.
Oliver Schusser - image : Apple
Oliver Schusser n'est pas du genre à mâcher ses mots. Dans un entretien accordé à Billboard Pro, le patron d'Apple Music a balayé l'actualité des services de streaming, martelant ce qui fait, selon lui, la singularité de la Pomme face à une concurrence souvent jugée trop complaisante.
La fin des exclusivités et la perte de la « magie »
C’est un changement de paradigme qu’Apple a fini par accepter, non sans amertume : la fin des albums exclusifs. Pour Schusser, cette décision des labels nuit à l'industrie. « Je le regrette, car il y a un réel danger que la sortie d'un album ne soit plus aussi spéciale qu'avant », explique-t-il.
S’il reconnaît que des superstars comme Taylor Swift ou Harry Styles parviennent encore à créer l'événement par leur seule aura, il déplore que le traditionnel « vendredi des sorties » ait perdu de sa superbe. « Il y a dix ou vingt ans, c'était magique. Aujourd'hui, sans exclusivité, les services de streaming s'investissent moins pour crier sur tous les toits qu'un projet est disponible. C'est ainsi, je ne peux pas tout changer dans cette industrie, même si beaucoup de choses me déplaisent. »
Le péché originel du streaming gratuit
Si Apple Music refuse toujours de proposer une version gratuite financée par la publicité (contrairement à Spotify ou Deezer), c'est par conviction. « Je pense que le "gratuit" a été une terrible idée. Nous sommes le seul service sans palier gratuit, et croyez-le ou non, nous en sommes très fiers », assène Schusser.
Image : Deezer
Pour lui, le modèle gratuit tire tout le secteur vers le bas. Non seulement les revenus générés sont dérisoires, mais cela empêche les services payants de fixer un prix juste : « Pourquoi les gens s'abonnent-ils massivement à la vidéo (Netflix, Disney+) ? Parce que le contenu n'y est pas disponible gratuitement. La musique, elle, doit perpétuellement lutter contre la gratuité. »
Audio Spatial : le matériel au service de l'oreille
Sur le plan technique, Oliver Schusser préfère l'émotion à la fiche technique. S'il concède que le Lossless (l'audio sans perte) est un argument marketing réclamé par les labels, il rappelle une réalité physique : le Lossless ne fonctionne pas en Bluetooth. « La grande majorité des gens utilisent des AirPods ou des casques sans fil. Ils ne voient aucune différence. »
Image : Apple
La véritable révolution, c’est l’Audio Spatial. En mariant le matériel (AirPods, iPhone) et le logiciel, Apple a créé selon lui un nouveau standard, le premier d'envergure depuis le passage du mono au stéréo. « Nous voulions que tout le monde, pas seulement les puristes, entende la différence. » Un effort de titan qui a nécessité de mettre à jour des milliers de studios et de former les ingénieurs du son à ce nouveau « canevas » sonore.
L’IA et le spectre de la fraude
Le sujet de l’Intelligence Artificielle est sans doute le plus brûlant. Aujourd’hui, plus d’un tiers des morceaux soumis chaque mois à Apple Music sont générés à 100 % par l’IA.
Pourtant, l'engouement des auditeurs reste marginal : ces titres représentent moins de 0,5 % des écoutes. Pour Schusser, ce décalage est la preuve que la musique reste, dans l'esprit du public, un art humain. Mais cette prolifération de fichiers générés par algorithme nourrit un fléau : la fraude. « Il y a une corrélation directe entre l'IA et la fraude aux écoutes », note Schusser.
Apple a donc développé ses propres outils internes pour identifier quel modèle d'IA a été utilisé pour chaque morceau. Pour protéger le « pool » de rémunération des vrais artistes, la Pomme a doublé cette année les pénalités financières contre les fraudeurs. Une méthode musclée qui aurait permis une baisse de 60 % de la fraude constatée sur la plateforme.
Pour conclure, Oliver Schusser plaide pour une reprise en main collective. Il appelle à la création d'un consortium industriel réunissant labels, plateformes, mais surtout artistes et auteurs. L'objectif ? Définir enfin ce qu'est la musique à l'ère des algorithmes.
« Il n'y a rien de mal à ce que des artistes utilisent l'IA, même à 100 %, mais quelqu'un doit décider de ce qui est de l'IA et de ce qui ne l'est pas », insiste-t-il. En imposant des « marqueurs » aux fournisseurs de contenus, Apple cherche à sanctuariser la création. C’est tout l’enjeu pour Cupertino : s'assurer que la musique ne devienne pas un simple « contenu » industriel, mais reste cette forme d'art capable de créer la magie qu'Oliver Schusser semble tant craindre de voir disparaître.