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Orange continue les tests sur la bande des 6 GHz, atteignant les 3,2 Gb/s

Greg Onizuka

mercredi 27 mai à 22:35

Télécoms

Dans la bataille entre le Wi-Fi et la 5G pour l’attribution finale de la bande haute des 6 GHz dans certains pays, Orange continue ses expérimentations : après le test français l'année dernière ayant permis un débit de 1,6 Gb/s, l’opérateur vient de réitérer l’expérience en Pologne, comme le rapporte Alloforfait.

Une antenne 5G. Image Wikipedia/Yumikember, CC BY-SA 4.0.

Depuis quelques années, la Wi-Fi Alliance et les opérateurs téléphoniques se battent pour la même bande de fréquences en Europe : celle du haut du spectre des 6 GHz, calée entre 6 425 et 7 125 MHz. Si les premiers appuient sur le fait que les USA ont déjà libéré la totalité de la bande (de 5 925 à 7 125 MHz) pour le Wi-Fi, les opérateurs européens préfèreraient récupérer ces 700 MHz non encore alloués, pour améliorer les débits en 6G, voire dès la 5G avec une mise à jour de la norme.

Orange avait déjà effectué un premier test courant 2025, avec une bande de 100 MHz de large, lui ayant permis d’atteindre un débit de 1,6 Gb/s, ce qui était déjà plutôt honorable. Cette fois, elle a doublé la largeur disponible, avec 200 MHz. La logique a été respectée : elle a atteint des débits de 3,17 Gb/s, soit environ le double de son précédent test.

Livebox 5, 6, 7, 7 SE, S : le guide des box d’Orange

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Si les opérateurs s’intéressent tellement à cette bande, c’est qu’elle permet de doubler les débits à largeur de bande identique par rapport à la 5G « standard » calée autour des 3,5 GHz. Orange ne cache pas ses intentions concernant ces fréquences :

Le test de transmission mobile à 6 GHz illustre les possibilités futures des technologies mobiles. Aujourd’hui, nos clients bénéficient d’une connectivité optimale grâce à la fibre optique et à la 5G, technologies que nous développons activement. Cependant, tournés vers l’avenir, nous nous préparons à répondre aux besoins et aux attentes croissants des utilisateurs en misant sur l’innovation. C’est pourquoi nous testons de nouvelles technologies et de nouvelles fréquences, et recherchons des solutions permettant un fonctionnement plus efficace et résilient du réseau, afin d’offrir à nos clients une connectivité fiable et rapide où qu’ils soient.

Livebox 7 Wi-Fi 7 sans 6 GHz : un retour en arrière en matière de performances ?

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Si les opérateurs sont dans l’ensemble d’accord pour utiliser cette bande de fréquences pour la 5G Advanced/6G, Orange est parmi les plus actifs : en plus de ces tests, l’opérateur a fait évoluer le Wi‑Fi 6E de ses Livebox, avec des modèles récents où la bande 6 GHz n’est plus accessible aux clients. Un choix qui, sur le papier, s’aligne parfaitement avec son discours selon lequel ces fréquences seraient plus utiles à la téléphonie mobile qu’au Wi‑Fi.

Sony sort ses dernières TV, avant de laisser sa marque à TCL

Greg Onizuka

mercredi 27 mai à 21:40

Ailleurs

Si vous êtes un aficionado de la marque Sony, ou si vous souhaitez acquérir un de leurs téléviseurs tant que la marque est toujours gérée par la maison mère, il ne va plus falloir tarder : les modèles sortant cette année sont semble-t-il les derniers de la marque avant de basculer chez TCL, comme le rapporte Bloomberg.

Un alignement de TV8-301, la toute première TV Sony. Image Sony.

Les téléviseurs Sony, c’est une longue histoire semée d’innovations, et d’un quasi monopole sur le haut de gamme pendant une dizaine d’années. C’est en 1960 que la marque sort son premier téléviseur, sous la forme d’un écran (trans)portable de 8 pouces (20,3 cm) de diagonale. Avec ses batteries au plomb intégrées à l’arrière et son électronique à base de transistors, c’est l’une des télés les plus compactes de l’époque.

Cependant, c’est en 1968 que Sony lance ce qui sera sa marque de fabrique jusqu’à la disparition des tubes cathodiques : la gamme Trinitron. Avec son tube cathodique à grille unique, plutôt que des points éparpillés sur la surface de l’écran, le système permet une image plus lumineuse, avec une géométrie mieux respectée et un meilleur rendu des couleurs. Si les concurrents finiront par rattraper la marque, elle restera jusqu’à la fin des années 90 synonyme de haut de gamme et de qualité dans le domaine de l’écran CRT, avec des évolutions comme le FD Trinitron qui a permis d’avoir une surface d’écran totalement plate sur un tube cathodique, souvent en 16/9e déjà à l’époque.

La grande époque des écrans cathodiques 16/9e. Sony KV-32FX65, 32 pouces, 100 kg le monstre (l'auteur de ces lignes en a eu un, et peut en témoigner). Image Reddit.

Le LCD, avec ses écrans totalement plats, compacts et bien plus légers a rapidement achevé le tube, et avec lui l’hégémonie de Sony : en 2006, la marque annonce la fin de commercialisation du dernier écran cathodique Trinitron, pour se concentrer uniquement sur la gamme LCD Bravia. Si au départ Sony s’en sort presque aussi bien qu’avec les tubes, créant même au passage l’une des premières TV OLED, l’arrivée des concurrents coréens rend les choses plus difficiles : les marges s’amenuisent, et si le tube cathodique demandait une expertise bien spécifique quasi unique à Sony pour les plus beaux et gros écrans CRT, la technologie LCD est bien plus facile à opérer et la production de masse de Samsung ou LG entame l’enthousiasme de Sony sur le marché.

Comme de nombreux concurrents, Sony finit par abandonner le logiciel interne maison pour passer sur Android TV à partir de 2015, anonymisant un peu plus sa gamme par rapport aux autres, mais permettant de se concentrer sur ce qui leur semble le plus important : la qualité d’image grâce aux puces propriétaires.

L’arrivée des concurrents chinois, après les coréens, est le coup de grâce : si les marges étaient maigres mais encore tenables dans les années 2010, les années 2020 voient la TV comme un consommable à prix très serré, et l’investissement ne se justifie plus. Sony annonce alors un partenariat avec TCL, qui prendra en charge la fabrication dans son ensemble d’ici 2027.

Un Bravia 9 II. Image Son-Video.com.

Nous y sommes donc : cette année sortent les derniers téléviseurs réellement créés et fabriqués par Sony (en partie, les dalles proviennent bien souvent d’autres fabricants). Les nouveaux Bravia 9 II et Bravia 7 II annoncés ce mois-ci, allant d’un « simple » 50 pouces à un gigantesque 115 pouces devraient être les derniers d’une histoire bien chargée, avant la prise en main de la gamme par TCL. Equipés d’une dalle Mini LED, la marque annonce qu’ils devraient atteindre une luminosité équivalente à celle des moniteurs de référence utilisés par le monde du cinéma, grâce entre autres à un rétro-éclairage RGB, plutôt qu’un blanc uni habituel. Côté logiciel, il faudra bien entendu compter sur Google TV (anciennement Android TV), qui intègre maintenant Gemini pour les fonctions de recherche de contenu.

Sony espère s’associer à TCL pour démocratiser ses téléviseurs Bravia

Sony espère s’associer à TCL pour démocratiser ses téléviseurs Bravia

Ces nouvelles gammes, représentant ce que Sony sait faire de mieux, devraient être disponibles à partir de juin-juillet 2026 pour les tailles « standard », et septembre pour le 115 pouces. Les tarifs définitifs n’ont pas encore été annoncés, mais ils devraient tourner autour des 3 500 € pour une version 75 pouces.

YouTube serre la vis sur les contenus créés par IA, en imposant un pictogramme bien visible

Greg Onizuka

mercredi 27 mai à 21:00

Services

Voilà qui ne devrait pas plaire aux créateurs de contenus sur YouTube qui usent et abusent un peu trop des créations par intelligence artificielle, mais ils devront s’y faire : le service de streaming compte indiquer clairement par un pictogramme les vidéos dont le contenu est partiellement ou en totalité créé par IA.

Les emplacements des icônes IA. Capture MacGeneration.

Comme pour les services de musique en ligne, YouTube voit arriver depuis plusieurs mois une énorme vague de contenus créés à plus ou moins grand renfort d’intelligence artificielle. Cela peut aller de quelques images jusqu’à la vidéo complète, en incluant même la voix off dans certains cas.

Si certains de ces contenus peuvent s’avérer intéressants, ils peuvent cependant poser des soucis variés suivant le thème de la vidéo : une fresque historique peut, par exemple, difficilement être considérée comme sérieuse si elle utilise une majorité de contenus créés par IA pour illustrer ses propos.

Pour éviter la confusion, et indiquer clairement à l’utilisateur quel type de contenu il regarde, YouTube a décidé de changer l’emplacement de son avertissement. Alors qu’il se trouvait jusqu’à présent dans la description du contenu, il sera maintenant placé de manière bien visible, juste à côté de l’icône de la chaîne regardée. Sur les formats verticaux, il apparaîtra aussi en bas à gauche de l’écran.

YouTube libère la fonction image dans l’image pour tous progressivement

YouTube libère la fonction image dans l’image pour tous progressivement

Afin d’être sûrs de ne pas laisser des contenus créés par IA non labellisés, YouTube va pour les repérer utiliser… une intelligence artificielle. En effet, les créateurs de contenus utilisant l’IA auront deux possibilités : soit ils signaleront dès l’upload que leur contenu est créé à l’aide de l’IA, soit YouTube passera un algorithme afin de détecter cet usage.

Bien entendu, passer une vidéo à la moulinette d’un bot risque de créer des faux positifs. Si un tel cas devait arriver, le créateur pourra le signaler aux équipes du service, qui modifiera alors le statut de la vidéo. YouTube se réserve cependant le droit de maintenir l’icône pour deux cas particuliers : si le contenu a été créé grâce aux outils d’IA de YouTube comme Veo ou Dream Screen, ou si des métadatas C2PA sont détectées.

Que ce soit dans le domaine musical comme ici pour les vidéos, les plateformes en ligne fourbissent leurs armes pour détecter les contenus créés par IA qui chercheraient à discrètement se faire passer pour une création originale « humaine ». Cependant, la facilité avec laquelle du contenu de plus en plus crédible peut être créé par IA promet une belle bataille du chat et de la souris entre créateurs peu scrupuleux et services agacés.

Des dizaines de milliers de stations météo La Crosse qui utilisent le réseau Star Météo ne fonctionnent plus

Pierre Dandumont

mercredi 27 mai à 20:30

Domotique

Si vous vous êtes intéressé un jour aux stations météo, vous connaissez probablement La Crosse Technology1. Cette marque propose de nombreux modèles de stations météo et certaines sont connectées, avec des technologies qui permettent d'obtenir des prévisions météo à travers des données fournies par Météo France. Mais depuis quelques semaines, les stations de la gamme WD qui reposent sur la technologie Star Meteo (et qui ne sont plus commercialisées) ne fonctionnent plus. Plus exactement, les stations météo ne reçoivent plus d'informations du réseau, ce qui les rend en partie inutiles.

Une station qui ne reçoit plus d'informations. Image Facebook.

Les premiers retours datent de la première semaine du mois de mai et, sur de nombreux forums et groupes Facebook, des utilisateurs se plaignent que les stations de la gamme WD ne récupèrent plus les informations sur les prévisions. Un problème confirmé par la marque, qui nécessite quelques explications sur les choix de La Crosse. Une vidéo de SOSPC est dans les premières à mettre en avant le problème, même si elle fait un lien avec la technologie DCF77 allemande par erreur.

Le réseau Star Météo

Les stations en question sont connectées, mais pas nécessairement de la façon dont vous le pensez. La gamme WD ne passe pas par internet et par du Wi-Fi pour récupérer les prévisions, mais par le réseau Star Météo. Les prévisions sont issues de satellites, en partenariat avec Météo France, et ensuite relayées aux stations avec une technologie ancienne, le POCSAG. Vous ne connaissez probablement son nom, mais peut-être une de ses applications : les biper Tatoo, qui étaient déployés par France Télécom dans les années 90.

Les stations météo La Crosse comme ce modèle, sont connectées à un réseau de type pager. Image La Crosse.
Les Tatoo devraient fonctionner jusqu

Les Tatoo devraient fonctionner jusqu'en décembre 2030, bien après la 2G

C'est un peu compliqué, et nous avons contacté les différentes sociétés, sans retour pour le moment. Essayons de faire simple : le réseau était géré au départ par e*Message Wireless Information Services France2, une filiale d'une société allemande. e*Message (France) a été placée en liquidation judiciaire en février 2026. La société a été reprise par le Groupe Assmann, qui a annoncé que les services n'allaient pas être coupés… ce qui n'est donc pas totalement le cas.

Le réseau e*Message a été repris par le Groupe Assmann.

Affaire sensible : Radio France retarde certaines émissions sur Apple Podcasts

Stéphane Moussie

mercredi 27 mai à 19:22

Services

Nouveau tour de vis de Radio France vis-à-vis de la distribution de certaines de ses émissions sur les plateformes de podcasts. En 2022, le groupe public avait déjà limité les archives disponibles sur Apple Podcasts afin d’inciter les auditeurs à utiliser sa propre application.

Dernièrement, Radio France est allé encore plus loin : certaines émissions n’arrivent désormais sur Apple Podcasts que plusieurs semaines après leur diffusion à l’antenne. C’est notamment le cas d’Affaires sensibles et du Cours de l’histoire. La mesure touche également Spotify, Pocket Casts et les autres plateformes de podcasts.

Le Cours de l’histoire sur Radio France (à gauche) et Apple Podcasts (à droite). La série « Attention travail » a été diffusée initialement fin avril, mais elle vient juste d’arriver sur Apple Podcasts. Image iGeneration.

Sur l’application Radio France1, vous pouvez dès à présent écouter l’épisode du Cours de l’histoire consacré à la porcelaine diffusé aujourd’hui sur France Culture. Sur Apple Podcasts, le dernier épisode disponible est un numéro consacré au travail diffusé initialement il y a un mois. Même chose pour Affaires sensibles, distribué chez Apple avec un décalage d’un mois.

Ce changement, signalé par de courtes annonces diffusées dans les flux Apple Podcasts, n’a pas manqué de faire réagir les auditeurs. Certains ont interrogé la médiatrice de Radio France, qui a questionné mi-avril le producteur du Cours de l’histoire au sujet de cette nouvelle politique.

Affaires sensibles sur Radio France et Apple Podcasts. Image iGeneration.

« Déjà, c’est pour être libéré, indépendant des algorithmes de ces plateformes externes. […] Vous savez, l’émission se construit en série autour d’un thème avec des épisodes un, deux, trois, quatre. Sur les plateformes externes, les épisodes sont dans le désordre. Enfin, on ne sait pas pourquoi certains sont mis en avant et d’autres disparaissent. Sur l’application Radio France, vous avez ici les épisodes dans l’ordre, c’est à dire que ce sont nos algorithmes », commence par justifier Xavier Mauduit.

Et de poursuivre : « "Le Cours de l’histoire" reçoit des historiennes, des historiens souvent issus de l’université, c’est à dire qui travaillent grâce à de l’argent public, qui sont payés par l’Etat. Mais nous même, l’audiovisuel public, nous sommes ici payés par l’État. Pour le dire autrement, d’un côté vous avez des gens payés par l’Etat pour faire de la recherche et puis nous, service public, nous sommes là pour diffuser cette même recherche. Je trouve assez cohérent même que ce soit sur l’application Radio France, que l’on trouve ces épisodes en exclusivité. »

En filigrane, Radio France cherche à moins dépendre des plateformes externes et à centraliser les écoutes sur son application maison afin de capter plus directement les revenus publicitaires. L’application Radio France ne se limite d’ailleurs plus aux productions internes, elle est en train de devenir elle-même une plateforme à part entière. En plus de contenus issus d’autres groupes publics francophones (INA, Arte Radio, RTBF…), l’application rassemble depuis le début de l’année des podcasts d’acteurs privés, comme Binge Audio et Louie Media.

L’application Radio France a fait l’objet d’une campagne publicitaire fin 2024.

Pour en revenir à cette affaire sensible de restriction des flux sur les plateformes tierces, certains auditeurs ne restent pas les bras croisés. Des ingénieurs logiciels ont publié sur GitHub un outil permettant de récupérer les flux complets des podcasts de Radio France afin de les retrouver intégralement dans n'importe quel lecteur de podcasts. Une initiative qui pourrait se faire rappeler à l’ordre, Radio France interdisant en théorie ce type d’usage de son API.


  1. L’application Radio France est gratuite, mais comprend un dark pattern qui pousse à se créer un compte. Lors du premier lancement, le bouton « Passer » n’apparaît qu’après avoir fait défiler toutes les cartes de présentation, ce qui peut donner l’impression qu’un compte est obligatoire.  ↩︎