Dans une zone industrielle du nord de Nice, des iPhone arrivent par cartons entiers. Ils ont parfois l’écran rayé, la batterie fatiguée ou le port de charge capricieux. Une fois passés entre les mains des techniciens, les voilà effacés, testés, réparés puis emballés, prêts à repartir vers de nouveaux propriétaires. Bienvenue chez Reborn, filiale du groupe monégasque DPA et reconditionneur discret par lequel passent chaque année des centaines de milliers d’appareils.

Le groupe DPA n’est pas né dans le téléphone. Initialement spécialisé dans la vente d’autoradios, il a ensuite surfé sur la demande de boîtiers TNT avant de se lancer en 2017 dans le reconditionnement de smartphones. Ce virage fut un succès : sa filiale Reborn compte prochainement doubler la superficie dédiée à cette activité avec un nouveau site de production de 7 200 m², qui doit lui permettre de changer d’échelle.
Alors que l'appétit des Français pour le reconditionné continue de grandir, les industriels musclent leur jeu. En 2024, les acteurs français auraient reconditionné 1,6 million de smartphones dans l’Hexagone. Reborn, qui se présente comme un reconditionneur premium, nous a invités dans ses locaux en cette chaude fin de mai pour nous montrer d’un peu plus près ses méthodes de fonctionnement. L’occasion de voir comment sont remis en état ces iPhone qui finiront ensuite sur les étals numériques de distributeurs bien connus.
Le reconditionneur que le client ne voit pas
Le nom de Reborn n’est pas le plus connu du grand public. L’entreprise n’a pas de place de marché façon Back Market ou de petits emplacements à son nom dans les centres commerciaux. Son métier est ailleurs : Reborn est un acteur B2B. L’entreprise fournit des stocks à ses partenaires, qui se chargent ensuite de les écouler via leurs propres canaux. Votre iPhone est peut-être passé par chez eux si vous l'avez acheté chez Orange, Fnac-Darty ou Electro Dépôt.
Sans surprise, l’iPhone est au cœur de l’activité de Reborn, qui en a reconditionné pas moins de 550 000 en 2025. Ici, on ne court pas derrière les dernières nouveautés. Le marché du reconditionné avance avec environ deux ans de décalage le temps de récupérer suffisamment de stocks et de stabiliser les prix pour proposer des tarifs intéressants aux clients. Là où les rumeurs s'agitent autour du futur iPhone 18 Pro, Reborn reconditionne seulement ses premiers iPhone 16.

L’entreprise compte aujourd’hui 120 salariés, mais voudrait en recruter 200 de plus pour faire tourner son futur bâtiment. Si l’iPhone concentre l’essentiel de l’attention, Reborn remet également à neuf des iPad, des Mac, des Apple Watch et même… des smartphones Android.
Ces derniers restent plus rares. La demande existe pour certaines gammes Samsung (tout le monde ne veut pas d’un iPhone), mais le marché est plus difficile à structurer : les marques sont plus nombreuses, les références plus variées et les pièces moins standardisées. À cela s’ajoutent le problème des surcouches logicielles et une décote souvent plus rapide. Pour un reconditionneur B2B qui doit constituer des stocks importants et fiables pour ses partenaires, l’équation est moins évidente que sur un iPhone fortement demandé dans un écosystème plus homogène.






















