Samsung a annoncé un changement de politique concernant l’API dédiée à SmartThings, sa plateforme domotique utilisée notamment par son électroménager connecté. Alors que l’on pouvait jusque-là contrôler gratuitement ces appareils depuis d’autres environnements, dont Home Assistant, ce ne sera plus possible sans payer à compter du mois d’octobre. Présentée courant juin par l’entreprise comme « une nouvelle expérience enrichie », la nouvelle politique qui entrera en vigueur en octobre 2026 demandera de payer un abonnement pour continuer à utiliser cet accès distant hors de l’écosystème maison.
SmartThings est le nom de la domotique chez Samsung et tous les appareils connectés du géant sud-coréen reposent dessus. C’est en particulier le cas pour ses téléviseurs et son gros électroménager : réfrigérateurs, fours, machines à laver ou encore lave-vaisselle. Tous ces produits peuvent être supervisés et contrôlés à distance grâce à l’app également nommée SmartThings et cette possibilité restera sans surcoût après octobre. En revanche, l’accès depuis d’autres environnements tiers se faisait jusque-là grâce à une API gratuite et c’est précisément cet aspect que l’entreprise compte changer.
Il faudra payer un abonnement mensuel pour continuer à bénéficier de cette capacité et même si Samsung est restée floue, le créateur de Home Assistant a été très clair dans une liste de diffusion publiée dans la foulée. « La formulation de leur [Samsung] annonce prête à confusion », comme il le relève, avant de confirmer que « l’intégration SmartThings de Home Assistant sera bien soumise à leur nouvelle formule », facturée 4,99 $ par mois. Sauf si le constructeur change d’avis d’ici l’automne, ses clients n’auront pas le choix que de payer ce prix plutôt élevé pour la majorité des usages.
C’est une nouvelle illustration des dangers de la domotique qui dépend de serveurs. La liste de fabricants qui ont changé de stratégie ou qui font payer pour des fonctionnalités auparavant gratuites est déjà longue. Elle va certainement s’allonger encore dans les mois qui viennent, notamment parce que la hausse des coûts sur les composants se répercute inévitablement sur tous les services en ligne. Samsung n’est pas le premier à vouloir mettre un terme à une API proposée jusque-là gratuitement et l’entreprise ne sera certainement pas la dernière.
Un fabricant de portes de garage connectées bloque l'accès à Home Assistant et HomeBridge
Domotique : Haier veut à son tour bloquer une intégration dans Home Assistant
Airzone Cloud passe à l’abonnement pour le contrôle distant des pompes à chaleur
C’est d’autant plus frustrant que l’on n’a pas le choix avec les produits de Samsung : il n’y a aucune option pour contrôler son électroménager en local. Alors même que le fabricant apparaît comme un des meilleurs élèves pour gérer Matter et ses dernières nouveautés, il refuse en même temps d’adopter le standard pour ses propres produits. Un paradoxe… à moins justement que l’entreprise voit dans ce choix une nouvelle source de revenus ?
Contrairement à Apple, Samsung suit les dernières nouveautés de Matter
À en juger par la réaction de ses clients, on peut se dire que l’annonce aura plutôt l’effet inverse. Les serveurs de SmartThings sont la seule option et elle sera maintenant payante ? Les commentaires ne se font pas attendre : Samsung ne sera plus sur la liste de marques désirables à l’avenir pour bon nombre d’utilisateurs. De mon côté, j’ai acheté un four de la marque et s’il se trouve qu’il est connecté, le pilotage à distance est si inutile qu’il ne me manquera pas spécialement1. Néanmoins, un électroménager mieux intégré à la domotique m’intéresserait et le fait de devoir payer me pousserait vers un concurrent.
L’intégration SmartThings de Home Assistant est utilisée par quasiment 10 % des utilisateurs de la domotique ouverte, soit moins de 200 000 installations. Si ces utilisateurs ne souscrivent pas à un abonnement payant, elle cessera de fonctionner courant octobre. Sauf si Samsung change finalement d’avis, même si la meilleure solution technique serait de couper la dépendance au cloud en adoptant Matter et son contrôle local. On peut toujours l’espérer… 🤞
-
Je peux allumer sa lumière, ce que l’ai lié à un capteur de présence pour ne pas avoir à appuyer sur le médiocre bouton tactile dédié, mais c’est à peu près tout. Même le réglage de l’heure, qui devrait évidemment se faire automatiquement sur tout appareil relié à internet, doit se faire à la main dans l’app du fabricant et n’est pas disponible via l’API pour automatiser l’opération ! ↩︎

















