X est controversé, c’est une évidence, et à ce titre le réseau perd des utilisateurs fréquemment. C’est de ce constat qu’est parti un petit groupe européen qui a créé un nouveau réseau social, censé corriger les défauts de X, comme le rapporte la RTBF.

L’un des plus gros soucis de X, c’est le champ de bataille qu’il est devenu avec les faux comptes, les fermes à trolls, les utilisateurs aux comptes multiples, les fausses identités,… que l’on soit bien d’accord, ce constat était déjà valable avant qu’Elon Musk s’empare de Twitter pour en faire X, mais force est de constater que cette tendance a explosé depuis qu’il a racheté le réseau et en a viré la majeure partie de la modération.
Les créateurs de « W » veulent aller dans une direction diamétralement opposée : vous voulez un compte sur W ? Celui-ci sera authentifié par votre identité réelle. Ainsi, les fausses identités, les comptes multiples ou les trolls anonymes deviennent beaucoup plus difficiles à mettre en place : chaque compte appartient à une personne bien réelle, identifiable derrière les posts.
Contrairement à X, ce nouveau réseau social passera par un contrôle d’identité des utilisateurs et utilisatrices. [...] Ce qui caractérise W, c’est un vrai travail sur la vérification qu’il y a bien des êtres humains derrière les comptes et non pas des robots qui, en volume, en masse, tentent d’influencer ou de manipuler l’opinion publique.
Xavier Degraux, consultant en marketing digital et réseaux sociaux.
Avec une telle vérification de l’identité des utilisateurs, le réseau se doit de son côté être irréprochable concernant le stockage. C’est pourquoi les créateurs ont décidé de se tourner vers la Suisse, et plus spécifiquement vers Proton. La société helvète apporte ses compétences en la matière, tandis que les serveurs eux-mêmes sont hébergés en Finlande. Le développement logiciel, lui, est assuré par une équipe ukrainienne, et la structure est dirigée par une allemande basée en Suisse, Anna Zeiter. Européen vous avez dit ?
Reste qu’un réseau social sans utilisateurs, c’est le comble de l’inutilité. Pour attirer, les créateurs comptent sur la crédibilité, en amenant d’abord les autorités économiques, politiques et publiques sur le réseau, et petit à petit des utilisateurs lambdas. L’idée est d’avoir une image de fiabilité, de sérieux, plutôt que de s’ouvrir directement aux quatre vents.
Ainsi, le réseau W pourrait enfin devenir une alternative sérieuse à X, et permettrait de sortir d’une dissonance cognitive fréquente ces dernières années : « Pourquoi les responsables européens critiquent et sanctionnent X, tout en faisant leur communiqué sur X ? ».
Cependant, tout n’est pas fait d’avance. De nombreux concurrents de X sont venus, ont tenté de prendre sa place, et sont repartis la tête basse : Threads est là mais n’a toujours pas réussi à réellement contrer X, Mastodon est resté un obscur réseau technophile, et Bluesky a beau tendre au public la meilleure copie possible, il reste derrière. Alors un autre réseau ?
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Pour devenir le réseau de choix des politiques ou des grands groupes, il faut atteindre une masse critique. Or, pour l’atteindre, il faut convaincre suffisamment d’acteurs influents de migrer. Chose qu’aucun concurrent n’a réellement réussi à faire jusqu’à présent, par un effet d’Ouroboros : les utilisateurs restent sur le réseau, donc les grands groupes restent sur le réseau, donc les utilisateurs ne migrent pas, etc. Les habitudes sont difficiles à changer, et ce sera sûrement le plus gros challenge.
L’idée de départ est intéressante, parce qu’elle n’attaque pas X sur le même angle que les autres, tout en voulant amener une réponse à l’un des plus gros reproches faits au réseau d’Elon Musk. Est-ce que ce sera suffisant pour autant ? L’avenir nous le dira, mais détrôner X semble paradoxalement bien plus difficile que prévu, malgré sa perte de crédibilité de plus en plus flagrante.






















