S'abonner est devenu un réflexe, se désabonner une habitude. Une étude récente de la plateforme de partage de comptes Spliiit révèle la volatilité croissante des internautes français face à la jungle de la SVOD. Entre boulimie de contenus et infidélité chronique, le marché du streaming vire au casse-tête pour les plateformes.
Les chiffres donnent le tournis. Selon une étude menée par Spliiit entre octobre 2025 et mars 2026, le streaming en France ressemble davantage à un hall de gare qu’à un club fermé. Chaque mois, ce sont plus de 3,28 millions de résiliations qui sont enregistrées. Sur une année, le calcul est vertigineux : près de 40 millions de désabonnements. Avec un taux moyen de « churn » (le taux d'attrition) flirtant avec les 9 % mensuels, la loyauté semble être une valeur en voie de disparition dans l'Hexagone.
Netflix et Disney+ : les ancres du salon
Dans ce jeu de chaises musicales, tout le monde ne loge pas à la même enseigne. Netflix confirme son statut de patron. Malgré les hausses de prix successives et la fin du partage de compte gratuit, le géant de Los Gatos affiche une résistance insolente avec un taux de départ de seulement 5,6 %. Les Français râlent, mais ils restent. Un constat qui devrait, sans l'ombre d'un doute, conforter Netflix dans sa stratégie d'augmentation régulière de ses tarifs.
Netflix augmente encore ses tarifs aux USA, un indice des mois à venir en Europe ?
Disney+ tire également son épingle du jeu avec un taux de départ de 7,25 %. Ici, la recette est connue mais efficace : un catalogue de fond de cuve ultra-puissant (Marvel, Star Wars, Pixar) qui agit comme une doudoune numérique pour les familles. On ne se désabonne pas de Mickey, de peur de provoquer une crise de nerfs au moment du visionnage dominical.
Apple TV+ et Prime Video : le syndrome du « One-Shot »
À l’autre bout du spectre, la situation est nettement moins rose. Prime Video décroche la palme de la volatilité avec un taux de churn culminant à 12,64 %. Plus inquiétant encore pour Cupertino, Apple TV grimpe sur la deuxième marche de ce podium dont on se passerait bien, avec 9,44 % de départs mensuels.
Pour Spliiit, le diagnostic est sans appel : ces deux services souffrent d'un déficit de catalogue perçu. On s'abonne pour LA série du moment et une fois le générique de fin de saison passé, on rend son tablier.
D’apreès les responsable de cette étude, « Ces deux plateformes souffrent d'un déficit de catalogue perçu, les abonnés s'inscrivent pour un contenu précis, une série ou un film, puis repartent une fois leur objectif atteint. »
Le défi de la rétention pour Cupertino
Pour Apple, le constat est sans doute le plus amer. La firme à la pomme a toujours misé sur la qualité plutôt que la quantité, espérant que le prestige de ses productions suffirait à retenir l'abonné. Mais dans le monde de la SVOD, la "qualité Apple" se heurte à la réalité du zapping : une fois Severance ou Ted Lasso terminés, l'utilisateur ne voit plus l'intérêt de maintenir un prélèvement mensuel pour un catalogue qui manque encore de profondeur par rapport à ses concurrents.
Les dirigeants de Cupertino pensaient avoir fait le plus dur en attirant les curieux dans leur écosystème. Ils découvrent aujourd'hui que dans le streaming, la conquête n'est rien sans la rétention. Le plus dur n'est pas de faire entrer le client dans la boutique, c'est de l'empêcher d'en sortir.
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