Un passage de témoin dans une tour d'ivoire comme l'Apple Park n’est jamais anodin. Alors que l'ère Tim Cook touche à sa fin, une question brûle les lèvres des observateurs : quel sort la nouvelle garde réservera-t-elle aux chantiers les plus coûteux de "l'ancien monde" ? Si le service de streaming vidéo d'Apple a longtemps été perçu comme la "danseuse" de Tim Cook, son successeur, John Ternus, est très attendu sur ce sujet.
L’ombre du Newton et la réalité de 2026
L'histoire d'Apple est jalonnée de ruptures brutales. Lorsque Steve Jobs avait repris les manettes à la fin des années 90, il n’avait pas hésité à sacrifier le Newton sur l'autel de la rentabilité et de la simplification de la gamme. Un traumatisme que certains n'ont toujours pas digéré. Mais ne nous y trompons pas : la situation de l'Apple de 1997, alors au bord du gouffre, n'a rien de commun avec le mastodonte de 2026.
Pourtant, les sensibilités personnelles de la nouvelle équipe dirigeante pourraient rebattre les cartes. On sait par exemple que John Ternus n’a jamais porté le Vision Pro dans son cœur. Un avis qui pèse lourd, d'autant que l'homme a fait ses premières armes dans le domaine de la réalité virtuelle bien avant de rejoindre Cupertino. Mais qu’en est-il pour Apple TV, un service qui engloutit des milliards pour une part d'audience qui peine encore à décoller ?
Ternus : plus fan qu'on ne le croit
Si Apple TV est le "chouchou" de Tim Cook, le prochain CEO devra composer avec une équation comptable complexe : des coûts de production importants face à un impact culturel réel mais limité. Pour autant, selon les informations de Deadline, il ne faudrait pas enterrer le service trop vite.
Apple TV+ serait le seul service d’Apple à ne pas être rentable
En interne, que ce soit au siège de Cupertino ou dans les bureaux de Los Angeles, le portrait de John Ternus est celui d'un utilisateur convaincu. L'homme apprécie la programmation maison et, loin de vouloir réduire la voilure, il souhaiterait au contraire rendre le service "plus compétitif". Reste à savoir si cela passera par le maintien des budgets alloués à des séries comme Severance, Masters of the Air ou The Morning Show.
Le facteur F1 et le duo avec Eddy Cue
Un indice de l'implication de Ternus se trouve sur les circuits. Grand amateur de sport automobile, il était présent lors de la première du film sur la Formule 1 produit par Apple. Ce n'est sans doute pas un hasard si le service a signé l'automne dernier un accord de diffusion de cinq ans pour la F1 aux États-Unis.
L'autre pilier de cette continuité se nomme Eddy Cue. Le vétéran des services (61 ans au compteur) entretient d'excellentes relations avec Ternus. Si certains imaginent Cue prendre encore plus de galon dans la future organisation, d'autres redoutent un départ à la retraite qui sonnerait comme un "coup de poignard" pour la division.
Une sélection d'orfèvre
Lors du dernier festival SXSW, Eddy Cue s'affichait aux côtés de Ben Stiller pour le final de la saison 2 de Severance, rappelant au passage l'ADN du service : « Apple choisit ses projets avec une attention extrême ».
Sous l'ère Ternus, la philosophie "boutique" d'Apple TV+ ne devrait donc pas changer. L'ambition n'est pas de devenir Netflix, mais de rester cette vitrine luxueuse du savoir-faire de la marque. Si la rentabilité reste un sujet, le plaisir du futur patron pour les belles images et les moteurs vrombissants semble, pour l'instant, garantir l'avenir du catalogue













