Alors que la législation européenne devient de plus en plus stricte envers les réseaux sociaux, avec la France notamment voulant interdire leur consultation par les mineurs de moins de 15 ans (le Sénat examinera la proposition de loin fin mars, selon le calendrier diffusé), aux États-Unis c’est comme à leur habitude devant la justice que ça se passe : une jeune femme vient d’obtenir la condamnation de Meta et Google devant la Cour de justice de Los Angeles, comme rapporté par CNBC.

Kaley G.M. a ainsi accusé les deux sociétés (TikTok et Snapchat faisaient parti des accusés au départ, mais on passé un accord avec la victime afin d’échapper au procès) de l’avoir rendue addict à leurs réseaux sociaux (Instagram et Facebook pour Meta, YouTube pour Google) depuis son plus jeune âge allant de 6 ans pour Youtube à 9 ans pour Instagram.
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Les symptômes semblent en effet sévères, et ont été suivis au moins sur la 13e et 14e année de Kaley par un psychothérapeute qui a constaté les troubles comportementaux et les a reliés aux réseaux sociaux : gros troubles du sommeil, vie sociale fortement réduite, et dégradation des résultats scolaires, ayant mené à une dépression graduelle. À l’âge de 10 ans, la plaignante a plusieurs fois tenté de mettre fin à ses jours du fait de cette dépression induite.
Sa mère a bien tenté de lui enlever plusieurs fois son smartphone, mais les seuls résultats obtenus ont été des crises de rage et de poussées d’anxiété. Encore maintenant à l’âge adulte Kaley indique être stressée à l’idée d’être séparée de son smartphone.
Au final, la justice américaine a déterminé que Meta et Google ont implémenté certain designs d’interface et programmation dans leurs apps ayant contribué à la détresse mentale de la victime, que ce soit par les likes, le façon dont est organisée le fil, ou les notifications envoyées par les apps. Les deux entreprises ont donc été condamnées à verser 3 millions de dollars à la plaignante, répartis à 70 % pour Meta et 30 % pour Google.
Bien entendu, les avocats de chaque partie se sont félicités ou plaints du verdict final :
Le verdict rendu aujourd’hui est un moment historique pour Kaley et pour les milliers d’enfants et de familles qui attendaient ce jour. Elle a fait preuve d’un courage extraordinaire en intentant cette action et en racontant son histoire publiquement devant le tribunal. Un jury composé des pairs de Kaley a entendu les preuves, et a entendu ce que Meta et YouTube savaient et à quel moment ils l’ont su, et les a tenus pour responsables de leur conduite. – avocats de Kaley.
Nous sommes, avec tout le respect dû à la décision, en désaccord avec le verdict et examinons actuellement les options qui s’offrent à nous sur le plan juridique. – porte-parole de Meta.
Nous ne sommes pas d’accord avec le verdict et avons l’intention de faire appel. Cette affaire repose sur une mauvais compréhension de YouTube, qui est une plateforme de streaming conçue de manière responsable, et non un site de réseau social. – porte-parole de Google.
L’affaire ne devrait pas s’arrêter là, avec les deux entreprises souhaitant faire appel de la décision. Certains experts américains n’hésitent pas à comparer les procès en cours contre Meta, Google ou encore TikTok aux procès qui se sont tenus dans les années 1990 contre l’industrie du tabac, qui au final ont été condamnées à payer des milliards de dollars aux plaignants.

















