Avec son forfait Free Max à 29,99 € par mois, l’opérateur a jeté un beau pavé dans la mare de la data illimitée. Mais si les gros consommateurs de gigaoctets exultent, l’UFC-Que Choisir fait grise mine. Pour l’association de défense des consommateurs, ce forfait est une hérésie écologique qui tourne le dos à la sobriété numérique.
Depuis son lancement, le forfait Free Max ne fait pas que des heureux. Si la concurrence scrute l'initiative avec une pointe d'anxiété, c'est du côté de l'UFC-Que Choisir que la charge est la plus virulente. Pour l'association, Free joue un jeu dangereux : celui de l'abondance contre les enjeux environnementaux de 2026.
L’ivresse de la 5G contre la raison du Wi-Fi
Le grief principal de l'association repose sur un changement de comportement redouté. En levant toutes les barrières de consommation, le forfait Free Max inciterait les abonnés à délaisser le Wi-Fi — moins énergivore — au profit de la 5G.
Qu’il s’agisse de dévorer de la vidéo en 4K, de multiplier les appels visio ou de solliciter des outils d’IA générative particulièrement gourmands, l’UFC craint une explosion des usages nomades. Une boulimie numérique qui fait peser une pression toujours plus forte sur des centres de données déjà pointés du doigt pour leur appétit gargantuesque en ressources énergétiques.
Quelques détails sur l'offre Free Max et les usages à l'étranger
Free invoque le « principe de réalité »
Chez Free, on ne se laisse pas démonter et on oppose à ces critiques une réalité de terrain. Interrogé par nos confrères de Tom’s Guide, l'opérateur souligne qu'un nombre croissant d'abonnés se sentait à l'étroit, même avec des enveloppes de 350 Go. Un plafond qui, selon Free, est de plus en plus souvent tutoyé par les utilisateurs.
Pour l’opérateur de Xavier Niel, refuser l'illimité aujourd'hui reviendrait à nier l'évolution des usages :
« La 5G et l’IA ne vont pas disparaître. Refuser l’illimité sur le mobile, c’est refuser la réalité numérique de 2026. On ne pousse pas la consommation : on répond à une nécessité technologique et sociale. »
Free rappelle au passage que la 5G n'est pas l'ennemie de l'environnement, mais une alliée technique : plus efficace, elle permet de transporter davantage de données pour une dépense énergétique par gigaoctet bien moindre que les générations précédentes. L'opérateur met également en avant ses efforts structurels, comme le recours aux énergies renouvelables et l'extinction de certaines fréquences durant la nuit pour alléger la facture carbone.
Le spectre du renouvellement prématuré
L'UFC-Que Choisir pointe un autre effet de bord : l'usure logicielle et matérielle. En poussant les utilisateurs à solliciter leurs terminaux de manière intensive, l'association craint que les batteries et les processeurs ne rendent l'âme plus tôt que prévu.
Le résultat ? Un renouvellement accéléré des smartphones. Un point critique quand on sait que la fabrication d’un appareil représente à elle seule près de 80 % de son empreinte carbone totale. Pour l'UFC, le calcul est simple : plus on consomme, plus on change, plus on pollue.
Sur ce terrain, Free préfère botter en touche en brandissant son modèle Free Flex. Contrairement au subventionnement classique (où le prix du téléphone est noyé dans le forfait), Free Flex sépare strictement les deux coûts. Selon l'opérateur, cette transparence désincite au changement compulsif : « Le prix du forfait ne dépend pas du téléphone, il y a donc moins d'incitation à changer de mobile pour bénéficier d'une meilleure offre. » Free ajoute que la boucle est bouclée grâce au recyclage ou au reconditionnement systématique des appareils restitués.
Enfin, il reste un argument de poids que l’UFC semble avoir omis : la convergence. Pour une frange de la population, le forfait Free Max et son partage de connexion robuste permettent de se passer d'une ligne fixe. Une seule connexion pour tout faire, c'est aussi, d'une certaine manière, une forme de simplification de l'infrastructure domestique. Reste à savoir si l'argument suffira à apaiser les défenseurs de la sobriété.

















