Deux ans seulement après son arrivée, l’intégration du pass Navigo dans Wallet sur iPhone vit-elle ses derniers mois ? C’est la crainte affichée par Valérie Pécresse. La présidente d’Île-de-France Mobilités (IDFM) a mis les pieds dans le plat en publiant un message alarmiste sur LinkedIn lundi.
« C’est un vrai succès : 1/4 des achats passent par ce canal, soit des millions de tickets ou abonnements vendus chaque mois. Et pourtant, ce service risque de s’arrêter dans quelques semaines », avertit la présidente de la région Île-de-France. Et pourquoi ? « Non pas parce qu’il est inefficace ou coûteux. Mais à cause d’un imbroglio réglementaire absurde, issu d’un contentieux porté par deux acteurs publics, soucieux de protéger leurs rentes : la #RATP et la #SNCF », ajoute-t-elle, en prenant soin de taguer les deux groupes.

Valérie Pécresse anticipe en fait les conséquences potentielles de décisions rendues par l’Autorité de régulation des transports (ART) en février. Des décisions passées jusque-là relativement inaperçues — pas chez nous —, mais que la patronne d’IDFM dénonce désormais publiquement avec virulence, maintenant qu’elle est au pied du mur.
Intégration du pass Navigo dans Wallet : le régulateur demande des ajustements
L’ART veut rééquilibrer la vente des titres sur iPhone
Saisie par SNCF Connect et RATP Smart Systems, l’ART a ordonné à IDFM de permettre à ces deux acteurs de vendre les mêmes titres dématérialisés qu’elle, mais aussi de les rémunérer pour chaque titre vendu. Aujourd’hui, par exemple, seule l’application Île‑de‑France Mobilités propose le Navigo Liberté+ sur iPhone, une exclusivité jugée contraire à la loi de 2019 visant à favoriser le développement des services numériques multimodaux (SNM), ces plateformes qui vendent des titres pour différents modes de transport.
« L’application de la décision […] impose à Apple de nouvelles contraintes lourdes avec une date de mise en conformité fixée au 20 août prochain car elle a décidé, contre toute évidence, de considérer Apple comme une société de transports », écrit Valérie Pécresse. Elle emprunte un très gros raccourci, car le régulateur considère en réalité la firme de Cupertino comme un SNM au regard de son parcours d’achat intégré dans Wallet (qui s’appelle en fait Cartes depuis de nombreuses années, mais l’ancien nom reste couramment utilisé).














