On a souvent décrit l'écosystème d'Apple comme une « prison dorée ». Si l'on en croit la dernière étude de SellCell, les murs n'ont jamais été aussi hauts et les captifs aussi peu enclins à s'évader. En 2026, la loyauté envers l’iPhone atteint un sommet historique, confirmant que la stratégie de verrouillage de Cupertino fonctionne à plein régime, du moins sur ses terres.
96,4 % : Le chiffre qui donne le vertige
Le taux de rétention d’Apple aux États-Unis frise désormais l’insolence : 96,4 % des utilisateurs d’iPhone comptent rester fidèles à la marque pour leur prochain achat. C’est une progression constante par rapport aux 90,5 % de 2019 et aux 91,9 % de 2021.
Pourquoi une telle emprise ? Si 60,8 % des sondés invoquent une simple préférence pour la marque, ils sont 17,4 % à admettre être totalement captifs de l’écosystème (iCloud, iMessage, continuité avec le Mac). En somme, une fois qu'on a ses habitudes et ses données synchronisées, le coût psychologique (et technique) du transfert vers une autre plateforme devient prohibitif.
Android : Apple séduit, mais Samsung reste le premier refuge
C’est ici que le tableau devient plus nuancé. Si les utilisateurs Android sont presque quatre fois plus susceptibles de changer de bord (13,6 % de « switchers » potentiels), l'iPhone n'est pas forcément leur première destination.
| Marques | Pourcentage |
|---|---|
| Samsung | 31,5 % |
| Apple (iPhone) | 26,8 % |
| Google (Pixel) | 21,2 % |
| Motorola | 11,5 % |
Malgré son aura, l'iPhone ne récupère « que » un quart des transfuges. Samsung reste la terre d'accueil privilégiée pour près d'un tiers des déçus de leur marque actuelle. Pour beaucoup de clients Android, le passage à l'iPhone reste un saut dans l'inconnu (ou un investissement trop lourd) qu'ils ne sont pas encore prêts à franchir, préférant la relative liberté de l'OS de Google chez un autre constructeur.
Un marché US saturé : Apple prêche auprès des convaincus
Il faut toutefois remettre ces chiffres dans leur contexte. Cette étude a été menée début 2026 auprès d'un échantillon de 5 000 utilisateurs américains, avec une représentativité égale entre le camp Android et le camp iOS.
C'est un détail crucial : les États-Unis sont le bastion historique d'Apple. Dans un pays où l'iPhone domine déjà outrageusement les parts de marché, le réservoir de nouveaux clients potentiels à aller chercher chez la concurrence est mécaniquement plus réduit qu'en Europe ou en Asie. À ce stade, le challenge pour Cupertino sur son sol national n'est plus de conquérir, mais de conserver sa base — une mission accomplie avec brio, même si Samsung parvient encore à capter la majorité de ceux qui cherchent simplement "un autre smartphone Android".











