Et si l'iPhone était responsable des problèmes de réseau aux États-Unis ?

Nicolas Furno |

Depuis la sortie du premier iPhone aux États-Unis, les Américains se sont plaints de problèmes de réseau. AT&T a toujours été pointé du doigt comme le responsable de ces problèmes, qui vont de la perte du réseau à des appels manqués sans raison.

Si le réseau du géant américain des télécommunications avait sans doute des faiblesses révélées par les iPhone, premiers téléphones à consommer beaucoup de données sur les réseaux de téléphonie, il semble qu'AT&T était loin d'être le seul responsable.

En fait, ce serait plutôt l'iPhone qui serait responsable de la surcharge sur les réseaux. L'idée n'est pas nouvelle (lire : L'iPhone responsable de la mauvaise couverture d'AT&T ? et AT&T donne des cours d'optimisations à Apple), mais Nokia Siemens Network a réalisé des mesures dans son laboratoire finlandais qui précisent les choses. Elles montrent qu'Apple, pour économiser la batterie de ses terminaux, a changé en 2009 le lien entre ses iPhone et le réseau.

Traditionnellement, les téléphones se connectent au réseau et maintiennent ensuite la connexion pour être sûrs de recevoir les nouveaux appels entrants, par exemple. Cette méthode a néanmoins comme effet négatif de consommer plus de batterie. Avec iOS 3, Apple a modifié ce comportement : les iPhone se déconnectent dès que possible du réseau, et signalent ensuite à intervalles réguliers leur présence au réseau, pour pouvoir se reconnecter à temps le cas échéant. Ce fonctionnement est une sorte de push qui est utilisée pour les SMS et ce changement a bousculé l'équilibre du réseau d'AT&T déjà mis à mal par un accroissement des échanges.

Étonnamment, l'Europe a été moins touchée par les problèmes de réseau que les États-Unis. Les explications seraient en fait à chercher du côté des habitudes d'utilisation de la téléphonie mobile. En Europe, on utilise depuis longtemps les SMS et les réseaux européens se sont adaptés à ce mode de fonctionnement basé sur le signalement régulier des téléphones. Aux États-Unis, mais aussi dans une moindre mesure en Grande-Bretagne, les SMS ou MMS étaient moins utilisés et les réseaux n'étaient pas préparés à l'impact de millions d'iPhone utilisant ce mode de connexion. L'iPhone n'est pas le seul responsable néanmoins, puisque plusieurs terminaux sous Android ainsi que les Palm ont le même comportement. L'iPhone, par contre, a été le premier à adopter ce comportement et il a longtemps été, et reste sans doute encore, le terminal le plus présent sur les réseaux mobiles.

D'après les mesures de Nokia, Apple aurait corrigé ce comportement, uniquement sur les iPhone 4 et à condition qu'ils utilisent iOS 4.2. Une norme a été établie pour préserver les batteries et les réseaux à la fois et Apple a repris cette norme dans ses terminaux. RIM devrait l'adopter au premier trimestre 2011, Nokia utilise déjà une norme équivalente dans ses téléphones et toute l'industrie va rapidement suivre le mouvement, la pression des opérateurs étant évidemment importante. Cette nouvelle norme pourrait en effet relâcher une partie de la pression sur leurs réseaux, même s'il leur faudra réaliser quelques aménagements.

Voilà qui réhabilite en tout cas en partie l'opérateur américain. Comme on a du mal à croire que AT&T n'est pas au courant depuis le début du changement opéré par Apple, on se dit que le prolongement de son exclusivité aux États-Unis n'y est sans doute pas étranger. Et si le silence d'AT&T était un des arguments utilisés par l'opérateur pour conserver son exclusivité ? (lire : Apple et AT&T : « un mariage sans amour entre célébrités ») On parle en effet régulièrement d'une ouverture à la concurrence, sans cesse repoussée jusque-là (lire : AT&T : fin de l'exclusivité concernant l'iPhone ? et USA : l'exclusivité d'AT&T sur l'iPhone remise en question).

via The Street et DSLReports
merci Mathieu

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