Test du clavier Brydge pour iPad

Mickaël Bazoge |

Malgré les trésors d’ergonomie déployés par iOS 11 pour offrir à l’iPad une productivité digne d’un ordinateur traditionnel, on ne peut que constater qu’avec l’expérience, rien ne vaut un bon vieux clavier pour tirer le meilleur parti des tablettes d’Apple.

Le constructeur en a d’ailleurs bien conscience : le port Smart Connector a été conçu pour brancher des claviers sur l’iPad Pro. À l’exception d’un dock, les seuls périphériques compatibles avec ce port propriétaire sont des claviers, pas terribles par ailleurs.

À côté de ces claviers Smart Connector, il existe pléthore d’alternatives en Bluetooth. Il y a du bon comme le Slim Folio de Logitech, et du très médiocre en la matière. Le clavier Brydge entend faire partie du haut du panier, même si tout n’est pas parfait.

C’est du lourd

En sortant le clavier Brydge de son emballage (un modèle gris sidéral pour mon iPad Pro 10,5 pouces), on sait immédiatement qu’on n’a pas affaire à un jouet. Le périphérique est lourd, 520 grammes pour ce modèle (720 grammes pour la version destinée à la tablette de 12,9 pouces). Et il est aussi pas mal épais : 6,8 mm pour le 10,5’’ (6,35 mm pour le 12,9’’, plus fin donc).

Avec les matériaux utilisés, ces claviers pour iPad confèrent à la tablette un petit air de MacBook. Difficile de dire si c’est une bonne idée ou pas : après tout, si on utilise un iPad, ce n’est pas pour se retrouver avec un ordinateur portable comme avant...

Si on ajoute au poids et à l’épaisseur de l’iPad ceux du clavier, on obtient près d’un kilo (989 grammes) avec le modèle 10,5 pouces, pour une épaisseur totale de 12,9 mm. C’est encore plus impressionnant avec un iPad de 12,9 pouces : 1,4 kg pour 13,2 mm.

Face à un MacBook Air.

Des mensurations qui ne se comparent pas très favorablement avec celles d’un MacBook (920 grammes pour 13,1 mm au point le plus haut). Dans ces conditions, c’est vrai qu’on peut s’interroger sur la pertinence d’une telle solution qui annule deux des principales qualités de l’iPad, à savoir la légèreté et la finesse.

Un iPad sous tous les angles

À la décharge de Brydge, on peut avancer que la problématique du poids et de l’épaisseur se retrouve chez tous les fabricants de claviers externes pour iPad (le Smart Keyboard d’Apple est un peu à part avec son matériau textile). Et puis Brydge a fait le choix de l’aluminium pour la caisse de son périphérique, ce qui lui donne un aspect haut de gamme pas désagréable.

Le clavier bénéficie aussi d’une finition soignée. En dessous, on trouve quatre patins en plastique pour éviter les glissades intempestives, et deux sur les angles supérieurs pour que les touches du clavier ne marquent pas l’écran de la tablette.

Le poids du périphérique devient un atout au moment de soutenir l’iPad sous tous les angles. Le système de maintien du Brydge, qui se compose de deux berceaux dans lesquels vient se glisser la tablette, est simple et robuste. Cette charnière permet de basculer l’iPad complètement à plat — certes, ce n’est pas spécialement utile, ce qui l’est plus c’est de pouvoir adapter la position de la tablette exactement comme on le souhaite, et c’est possible grâce à ce clavier.

On est loin de l’angle unique du Smart Keyboard. Le Brydge a un autre atout par rapport au clavier d’Apple : il est tout à fait possible de le poser sur ses genoux et travailler de la sorte. Que du bon donc en matière d’ergonomie, avec cette conception qui permet de glisser et de sortir la tablette facilement pour l’utiliser « en solo ». Ce qui relativise au passage le problème du poids et de l’épaisseur. Ceux qui ont déjà utilisé les claviers CREATE de Logitech pour iPad Pro savent à quel point il est difficile d’en retirer la tablette.

Une des deux charnières du Brydge. Le revêtement en plastique évite les rayures sur l'aluminium de la tablette.

Bluetooth oblige, il n’est bien sûr pas nécessaire de glisser l’iPad dans les berceaux du Brydge pour s’en servir ! Le clavier peut aussi être utilisé avec un iPhone, un appareil Android, voire un Mac pour dépanner. Le Bluetooth a ses défauts, mais au moins le protocole est universel.

Bonne et mauvaise touche

Un clavier, c’est aussi et surtout... des touches, bien sûr. Celles du Brydge sont en plastique bien dur, on y retrouve les touches de fonction multimédia (lecture/pause, volume, précédent et suivant), celles liées à la gestion Bluetooth du clavier (appairage, on/off, niveau de batterie), ainsi que les touches spécifiques à l’iPad.

Siri est de la fête avec sa touche dédiée.

Cette rangée de touches de fonction fait rapidement la preuve de son utilité, à tel point qu’on regrette amèrement son absence sur le Smart Keyboard d’Apple.

Les sensations de frappe sur le Brydge rapprochent le périphérique du clavier des MacBook Pro d’avant 2016 et la technologie « papillon ». La course des touches est donc relativement longue (1,2 mm), celles-ci produisant un son sourd tout à fait satisfaisant. Par contre, j’ai pu noter qu’il ne fallait pas hésiter à vraiment taper sur les touches pour que la frappe soit prise en compte par l’iPad.

Oui, le pavé des flèches reprend le design classique, on respire.

Il m’est arrivé un nombre incalculable de fois où j’ai dû m’y reprendre à deux fois pour qu’une lettre s’inscrive bien sur la tablette, voire revenir sur un mot mal orthographié car le clavier n’avait pas enregistré correctement la frappe. C’est très frustrant à l’usage, car cela oblige non seulement à une vigilance de tous les instants, mais aussi à taper constamment comme un bourrin pour être sûr et certain que les mots sont bien tapés au complet.

Est-ce dû à un problème de Bluetooth ? Une mauvaise série ? Ou est-ce le cas pour tous les modèles ? Difficile à dire, mais toujours est-il que la fatigue se fait ressentir assez rapidement à force de taper comme un sourd et de faire attention à ce qu’on tape.

Le Brydge intègre le rétro-éclairage sous les touches, ce qui est bien pratique pour travailler à la pénombre le soir ou dans une pièce sombre. Trois niveaux, à contrôler avec une touche spécifique, sont disponibles pour accommoder la plupart des besoins.

On apprécie également la présence dans le widget Batteries de l’autonomie restante du clavier. Brydge fournit un câble Micro USB pour la recharge d’une batterie censée assurer 12 mois d’autonomie sur une charge (à raison de 2 heures d’utilisation par jour).

Series II pour l'iPad Pro 12,9 pouces

Contacté à de multiples reprises par nos soins, Brydge n'a pas su nous répondre concernant ce problème de frappe. Le fabricant a aussi annoncé il y a quelques jours une Series II pour son modèle destiné à l'iPad Pro 12,9 pouces. Le constructeur a réduit la course des touches de 0,1 mm ainsi que la latence de connexion Bluetooth (le nouveau modèle prend en charge le Bluetooth 4.1 au lieu du 3.0). Par contre, pas d'infos concernant une éventuelle Series II pour l'iPad Pro 10,5 pouces.

Pour conclure

Le clavier Brydge ne cherche pas à plaire aux utilisateurs occasionnels de l’iPad. Le périphérique est lourd et épais, ce qui est un tue-l’amour pour ceux qui ne jurent que par la finesse et la légèreté de leur tablette.

Mais en contrepartie on gagne un clavier solide, bien fini, au contact agréable. Il y a même un petit quelque chose de mignon à voir la tablette reposer sur cette caisse, comme une réminiscence — toutes proportions gardées — du défunt et fameux PowerBook 12 pouces.

Le Brydge s’adresse donc plutôt aux utilisateurs qui ont besoin d’un clavier résistant, capable d’encaisser des heures de frappe. En termes de productivité, le contrat est à moitié rempli : d’un côté, on retrouve des sensations et une qualité de frappe proches de celles d’un clavier de MacBook Pro pré-2016, ce qui sera apprécié par bon nombre d’utilisateurs.

De l’autre, le fait de devoir taper assez fort pour enregistrer correctement les touches sur l’iPad rend les doigts assez lourds au bout de quelques heures de travail. Et puis le Bluetooth nécessite toujours des appairages fréquents, une opération qui peut échouer plus souvent qu’à son tour et qui a le don d’énerver.

Le Brydge est proposé en version azerty dans les coloris de l’iPad Pro. Il est vendu 150 € pour la version iPad de 9,7 pouces, 160 € pour la mouture 10,5 pouces, et 170 € pour la déclinaison de 12,9 pouces.

Note

Les plus :

  • Solide et résistant
  • Matériaux haut de gamme
  • Une frappe qui rappelle les anciens claviers « ciseaux »
  • Système d'insertion et d'extraction de l'iPad facile

Les moins :

  • Des touches qui ont parfois du mal à la comprenette
  • Jumelage Bluetooth capricieux
  • Épais et lourd
Tags
avatar Bruno de Malaisie | 

Je préfère le vieux clavier  Bluetooth pour ma part.
Beaucoup plus versatile en fonction de mes besoins.

avatar xDave | 

@Bruno de Malaisie

Oui mais ça ne fait pas support

avatar Bruno de Malaisie | 
avatar C1rc3@0rc | 

@Bruno de Malaisie

En fait n'importe quel clavier BT fonctionne avec les iDevice. Il y en a meme comme chez Logitech (k480) qui sont capables de tenir un appairement avec plusieurs iDevice et de switcher de l'un a l'autre de maniere ultra-simple et fiable

Le sujet c'est d'avoir une solution clavier-coque-support qui soit unifiée et fonctionnelle. Pour ma part je me suis equipé d'un clavier-coque de Snugg qui a tous les avantages de celui presenté, mais d'unre fiabilité a toute epreuve.

Le seul inconvenient c'est le poids, probleme inevitable lie au poids de liPad. Pour que ça tienne ouvert, il faut que la base soit lestée, sinon ça se renverse. C'est un probleme physique. Donc sur un iPad 12" on se retrouve avec un appareil du poids d'un Macbook Air. Bon c'est pas dramatique un MBA ça reste leger, mais le tout est plus lourd qu'un iPad seul. Question de choix et d'usage.

avatar Bigdidou | 

@C1rc3@0rc

'Pour que ça tienne ouvert, il faut que la base soit lestée, sinon ça se renverse. C'est un probleme physique.'
Pas du tout.
C'est un problème de conception de la coque. Le clavier peut peser 1g, s'il y a un pied sur le dos de l'iPad, ça tient ouvert et debout.

avatar Zefram | 

Personnellement j’utilise le Magic Keyboard d’Apple couplé au Canopy: https://www.studioneat.com/products/canopy
edit: merci @user j’ai corrigé ma faute 😊

avatar user | 

@Zefram
Pas mal le Canopy comme concept
Le Magic Keyboard, plutôt...

avatar SebKyz | 

@Zefram

J’utilise le Magic Keyboard avec un support pour iPad mais ton truc est vraiment génial. Merci !

avatar EBLIS | 

@Zefram

Top ce cover, juste une question, est-ce-qu'il est possible de replier complètement le cover sous le clavier pout qu'elle ne dépasse pas ses dimensions et sans que la languette avec la pression ne le déforme et crée un déséquilibre au milieu qui rendrait le clavier bancale ?

avatar Zefram | 

@EBLIS

Si on le repli sous le clavier, la pression ce trouve effectivement dessous et le clavier n’est plus équilibré. Ce n’est clairement pas prévu pour.

avatar EBLIS | 

Merci pour ta réponse, je pensais qu'on pouvait s'en servir comme simple étui de protection du nouveau clavier.

avatar Giloup92 | 

Les deux premiers points négatifs listés dans le récapitulatif en bas me semblent rédhibitoires pour un clavier.

avatar rolmeyer | 

😊 moi j’utilise un clavier usb apple via le connecteur usb Lightning avec alim. Marche bien. Usage perso..épisodique. Genre 2 fois par trimestre.
Marche sur iPad pro 10, pro 9, air 2, air 1, avec clavier Apple usb alu plat et le clavier usb étendu blanc et corps transparent appelé Apple Pro keyboard. Le dernier avec grosses touches à longue course 👍🏻🤩.

Je conseille le connecteur alimenté certes plus cher mais accepte tous les périphériques, l’ancien lightning usb A non alimenté que je possède aussi vendu originellement pour brancher un APN donne des messages d’erreur.

avatar user | 

Dire que le Magic Keyboard n’est pas terrible, c’est quand même pousser un mémé dans les orties...
J’en ai un depuis le premier, c’est compact et light, pas de recharge, bien pensé comme tout en un, il ne craint pas l’eau, et il est costaud, j’en ai une bonne expérience au jour le jour, rien vu d’autre qui me fasse envie pour l’instant.
On peut aimer le Magic Keyboard aussi, que je trouve sympa, (mais il faut quelque chose pour tenir l’iPad Pro devant soi).
Mais de là à déconsidérer autant le Smart Keyboard, c’est un poil excessif.

avatar MJohnson | 

Apparement le problème de touches difficile est connu sur Twitter et certains ont du renvoyer le clavier deux fois avant d’avoir un modèle fonctionnant correctement.

Perso, je trouve que le slim combo de Logitech est bien meilleur à l’usage et bien plus flexible avec un iPad Pro 10,5.

avatar SkyziEw | 

Moi j’utilise sur mon iPad Air 2 le clavier/coque Tecknet et le clavier/coque de Logitech :Type+

avatar Chris K | 

Ai testé plusieurs claviers (pas tous évidement). Le meilleur demeure pour moi le... Smart Keyboard. Léger, précis même en frappe rapide.
Bon... j’ai finalement abandonné tout usage de clavier physique (sinon, autant prendre un ordi portable). Le clavier virtuel est finalement pas si mal (une fois débarrassé des bugs iOS 11).

avatar byte_order | 

> Est-ce dû à un problème de Bluetooth ?

Euh, y'a quelqu'un ici qui pense que plus on frappe fort une touche de clavier plus la communication BT est puissante !?

C'est pas un clavier MIDI, si !?
^_^

avatar andr3 | 

Pas midi, 13h30 😇

avatar EBLIS | 

J'ai pas trop compris la remarque non plus. Si c'est un problème bluetooth et que la connexion échoue entre les frappes, même si on réitère plusieurs fois avec une légère pression c'est pareil. Non là c'est un défaut de conception du clavier, non pas l'iPad qui n'enregistre pas.

avatar pocketalex | 

La "productivité" sans trackpad, excusez moi mais je suis mort de rire

Et pour avoir essayé du clavier externe c'est à la fois un accélérateur de frappe, et à la fois un putain de boulet car ... il n'y a pas de trackpad

La moindre intervention se fait en tactile et quand on a un clavier externe ... l'iPad devient plus un écran qu'un tablette et interagir devient plus "pain in the ass" que "Wow génial"

Et, pour avoir hacké mon ancien iPad Air (j'ai un Air 2 maintenant), et connecté une souris BT, les apps types Keynote, Pages et Numbers devenaient ultra productives, bien plus qu'en tactile

Revenir à un paragraphe, sélectionner un mot ou une phrase, positionner le curseur, etc, se faisaient quasi comme sur un ordi, et bien plus rapidement qu'en pointant avec son doigt ou qu'en glissant le curseur avec deux doigts sur le clavier

avatar EBLIS | 

Je pense qu'Apple n'intègre pas un curseur qui s'active dès la connexion d'une souris BT pour évitet de concurrencer ses propres portables. À mon avis une tablette avec curseur irait à beaucoup gens.

avatar pocketalex | 

@Eblis

le problème est plus global : pour bien faire, il faudrait pouvoir gérer un curseur "pour certains usages" et pas pour d'autres car cela va à l'encontre même de l'appareil (tactile)

or si un trackpad est là, ou une souris autorisée, alors il faut que son usage puisse se faire en toute occasion, tout le temps, toute app dont le springboard.

Comme l'appareil, son interface, et l'immense majorité des apps est prévue pour le tactile, la présence d'une souris ou d'un trackpad deviendrait illogique.

Or, pour certains usage, de productivité surtout, un curseur permettrait une productivité incomparable

Pour ma part, c'est l'usage de commande de mes ordis à distance qui gagnerait la présence d'une cover clavier/trackpad, mais je n'ai plus trop d'espoir à ce niveau là, pour les raisons que je viens d'indiquer

avatar benoitsalur112 | 

Perosnellement j'utilise glothinkz
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