L'industrie la plus arrogante au monde

Christophe Laporte |

Brian Molko, le chanteur de Placebo, ne mache pas ses mots quand on lui demande son avis sur l'industrie de la musique. Aux Inrockuptibles, il explique qu'elle a "énormément changé" : "Maintenant nous avons trouvé notre place, mais si nous étions le même groupe qu'il y a dix ans, essayant de commencer aujourd'hui, ce serait cent fois plus difficile. En plus, si tu formes un nouveau groupe actuellement, la maison de disque veut 50 % de ton live, 50 % de tes T-shirts, 50 % de ton premier né, 50 % de ton Internet. Je trouve que l'industrie du disque est l'industrie la plus arrogante au monde. Dans leur insolence suprême, les maisons de disques ont cru qu'elles pouvaient encore vendre des disques sans donner aux gens quelque chose de meilleur marché, pendant que les chefs se remplissaient les poches. Ils ont vraiment pensé qu'ils pourraient contrôler l'offre et la demande. C'est avec des idées comme celles-ci qu'on arrive à la situation actuelle où il y a toute une génération de gens persuadés que la musique devrait être gratuite".

Si le leader de Placebo s'en prend violemment à l'industrie musicale, il n'a jamais été vraiment favorable, comme il l'explique, aux services P2P du type Napster. Il lui arrive d'ailleurs souvent de faire la morale durant ses concerts. La vision de Brian Molko sur l'avenir à court terme est toutefois très intéressante. Il estime que cette crise va profiter aux labels indépendants et que "les jeunes achèteront les disques parce qu'ils sauront très bien que l'argent ira aux petits groupes" explique-t-il dans le numéro de cette semaine aux Inrockuptibles.

Le trio sort ces jours-ci sa première compilation "Once more with feeling" comprenant tous les singles du groupe depuis huit ans. Le disque n'est pas disponible sur iTunes mais une partie de la discographie est au catalogue du disquaire d'Apple.


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