La revente de SFR se précise. Altice a confirmé ce matin être entré en négociations exclusives avec Bouygues, Free et Orange afin de céder SFR. Une procédure qui pourrait complètement revoir le paysage français du télécom, qui passerait de quatre à trois opérateurs.

L’offre remise par les trois groupes valorise les actifs concernés d’Altice France à 20,35 milliards d’euros. Le trio dispose d’une période d’exclusivité jusqu’au 15 mai pour finaliser les termes de la transaction et sa documentation. Altice précise toutefois que le rachat n’est pas encore confirmé. Pour rappel, une première proposition de rachat à hauteur de 17 milliards avait été faite l’année dernière, qui avait été aussitôt refusée.
Orange, Bouygues et Free font une offre à 17 milliards d’euros pour se partager SFR
En pratique, Bouygues Telecom reprendrait l’activité et la clientèle B2B de SFR, tandis que l’activité grand public serait partagée entre Bouygues, Free et Orange. Les autres actifs comme les infrastructures et les fréquences seraient eux aussi répartis entre les trois acquéreurs. Une exception est à noter : Bouygues Telecom récupérerait le réseau mobile de SFR dans les zones rurales et peu peuplées. Le partage de la valeur serait d’environ 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free et 27 % pour Orange. 
Les trois opérateurs expliquent que la manœuvre va permettre de renforcer leurs investissements dans leurs réseaux très haut débit, tout comme l’aspect cybersécurité, l’innovation et l’intelligence artificielle. Le communiqué met aussi en avant l’objectif de garder sous contrôle français des infrastructures sensibles tout en promettant le maintien d’un cadre concurrentiel favorable aux consommateurs. Un argument qui sera forcément scruté de près par les autorités de la concurrence.
Le dossier est loin d’être bouclé. L’opération devra d’abord passer par la consultation des instances représentatives du personnel, puis obtenir les autorisations réglementaires nécessaires. SFR revendique plus de 25 millions de clients et 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024. L’issue de ces discussions pourrait marquer un basculement historique pour le secteur des télécoms en France.












