La CSA a annoncé la sortie d’une nouvelle mise à jour majeure de Matter, numérotée 1.6. Le standard de domotique évolue tous les quelques mois et alors que la version 1.5 sortie à l’automne ajoutait une toute nouvelle catégorie avec l’arrivée des caméras, celle-ci travaille plus sur les fondations. Avec la concrétisation d’une vieille promesse : l’unification des plateformes domotiques, pour ne connecter les appareils qu’une seule fois et les retrouver partout.
Image iGeneration.
Même s’il faudra patienter le temps que toute la chaîne soit mise à jour pour bénéficier des changements, c’est intéressant de découvrir ce que la domotique standardisée pourra nous offrir à l’avenir. Alors, sans plus attendre, voici ce que Matter 1.6 apportera.
Joint Fabric devrait concrétiser une vieille promesse de Matter
Dans le vocabulaire de Matter, une « fabric » ne désigne pas un tissu, qui est la traduction littérale du mot, mais plutôt son sens abstrait. C’est la structure virtuelle qui réunit l’appareil connecté au concentrateur qui fait tourner la domotique. Jusque-là, chaque plateforme crée sa propre fabric Matter dans son coin. Si vous avez un HomePod d’un côté et un Google Nest de l’autre, vous avez deux structures qui coexistent, sans connexion et encore moins de …
La dernière mise à jour de Molotov fait des mécontents. Cette application permettant de regarder la TV depuis son téléphone ou sa tablette a fait peau neuve début juin, avec un gros ravalement de façade qui déçoit. Un de nos lecteurs nous a contacté à ce sujet, et il n'est pas difficile de trouver des retours négatifs sur l'App Store ou des sites comme TrustPilot.
Molotov sur iOS. Image iGeneration
Dans ses notes de mise à jour, Molotov promet « une app plus simple, plus fluide, plus belle ». Ce n'est pas vraiment l'avis des utilisateurs laissant des commentaires sur la boutique d'Apple, nombreux à critiquer une navigation considérée comme plus difficile. Plusieurs fonctions auraient disparu : possibilité de remonter en arrière dans les programmes, de balayer d'une chaîne à l'autre, de faire des gestes sur l'écran pour augmenter la luminosité ou baisser le son…
« Les nouveaux menus sont mal organisés, bien trop complexes » critique un utilisateur. « L’enregistrement a été repensé de manière peu intuitive », ajoute un autre en évoquant des difficultés pour revenir au début d'un programme. Plusieurs estiment que l'ancienne version n'était pas parfaite, mais voient en cette dernière mise à jour une grosse régression.
L’interface a été complètement repensée, mais malheureusement au détriment de la fluidité et de l’expérience utilisateur : l’application est devenue beaucoup plus lente, avec de nombreux bugs au quotidien. Plusieurs fonctions qui étaient pratiques ont disparu ou sont désormais moins accessibles, ce qui complique vraiment l’usage.
Molotov a bien accompagné cette refonte d’une page d’aide détaillant sa nouvelle version, présentée comme une application repensée « de fond en comble » avec une navigation plus intuitive et un nouveau lecteur vidéo, mais elle n'a pas communiqué directement sur les critiques. Nous avons contacté Molotov à ce sujet et mettrons cet article à jour en cas de réponse.
La nouvelle interface. Image Molotov.
En parallèle, Molotov continue de mettre en avant les nouveautés de sa nouvelle application. Le service a récemment lancé un mode Multi View permettant d’afficher jusqu’à quatre chaînes en simultané sur un même écran. Une fonction pensée pour les grands directs, du sport aux chaînes d’info. Elle est pour l’instant réservée à l’Apple TV en France, mais Molotov a indiqué vouloir l’étendre à d’autres appareils prochainement, sans calendrier précis.
Mise à jour : Comme le fait remarquer Hodièrne dans les commentaires, la liste de Digital Bitrate n'est pas complète pour Free. L'opérateur propose bien, comme les autres, des flux « HD+ » avec un débit plus élevé pour certaines chaînes pour ses clients fibres. L'actualité a été mise à jour en conséquence.
Quand nous avons parlé de la fin en cours de la diffusion en Ultra HD sur la TNT (télévision numérique terrestre), un point est revenu dans les commentaires : le fait que la TNT offre la meilleure qualité pour la télévision linéaire. Une affirmation courante… mais souvent fausse. Expliquons (en vulgarisant un peu, les puristes nous pardonneront).
France 2 sur la TNT.
La TNT est une diffusion numérique hertzienne (qui passe donc par les airs) qui fonctionne en broadcast. Les différents émetteurs transmettent les chaînes de télévision en permanence, que personne ne regarde une chaîne (probablement Novo19 à quatre heures du matin) ou que les spectateurs soient nombreux (le match de la France contre le Sénégal ce soir). La diffusion passe essentiellement par la norme DVB-T, avec un encodage en H.264 et une image en 1080i50. La TNT transmet donc deux demi-images alternativement, pour recréer l'illusion d'une image pleine.
Les chaînes sont distribuées dans ce qu'on appelle un multiplex, un bloc de données qui a un débit fixe (24,8 Mb/s en France1). Chaque multiplex contient plusieurs chaînes, qui se partagent donc la bande passante. Actuellement, les multiplex contiennent trois à cinq chaînes, selon les cas.
Prenons le cas du R1, qui diffuse France 2, France 4, France Info et France 3. Pour des raisons historiques, liées notamment aux décrochages régionaux, France 3 travaille avec un débit fixe de 5,1 Mb/s. Les trois autres chaînes travaillent avec un débit variable, et se partagent la bande passante restante. Dans les faits, France Info a un débit moyen de 3,3 Mb/s (ce qui est plutôt faible) avec un débit qui varie de 1,1 à 7 Mb/s selon Digital Bitrate. France 4 monte à 3,5 Mb/s (1,3 à 8,8 Mb/s) et France 2 à 6,6 Mb/s (2,3 à 10,1 Mb/s). La valeur variable est un moyen d'obtenir une meilleure image : si France 2 diffuse un film d'action et France Info un plateau fixe, les besoins ne sont pas les mêmes. Il faut ajouter à la vidéo les pistes audio, avec trois fois 128 kb/s pour France 2 et France 4, 128 kb/s pour France Info et trois fois 192 kb/s pour France 3. les trois pistes diffusent parfois la même chose… et parfois un contenu différent, par exemple pendant un film étranger qui est aussi proposé en version originale et en audiodescription.
Reste que dans les faits, tant une diffusion en 1080i qu'un débit moyen de 6,6 Mb/s ne sont pas des valeurs extraordinaires ni particulièrement élevées, alors que nous avons choisi le multiplex R1 précisément parce France 2 a un débit élevé. Sur le R4, six chaînes se partagent la même bande passante, par exemple.
Si nous allons vérifier la diffusion sur le réseau câblé de SFR, France 2 est diffusée avec à peu près le même débit. Le réseau propose en effet un signal issu de la TNT, retransmis en DVB-T sur le câble, et une variante en DVB-C (le C signifie Cable) avec un débit du même ordre. Les outils grand public ne peuvent pas indiquer toutes les informations car le flux est chiffré, mais le débit moyen est de l'ordre de 6,2 Mb/s. Fransat (sur le satellite Eutelsat) et TNT Sat (sur le satellite Astra) diffusent aussi la TNT et France 2, mais avec un débit plus faible. 4,8 Mb/s dans le premier cas, 2,9 Mb/s dans le second. Même sans capture, le résultat est évident : la qualité est moins bonne.
Avec la fibre… ça dépend
Nous nous reposons encore une fois sur Digital Bitrate. Chez Free, France 2 est proposée avec une qualité plus faible : du 1 440 x 1 080 (en anamorphose, c'est-à-dire avec un élargissement en 16:9 à la diffusion) avec un débit moyen de 4,1 Mb/s. Une seconde version, toujours en H.264, est proposée pour les clients connectés à la fibre, avec un débit de 15 Mb/s, mais elle n'est pas référencées par Digital Bitrate. Chez Orange, en plus d'une version classique avec un débit fixe de 4,2 Mb/s, vous avez accès à une version HD+avec un débit de 9,2 Mb/s, qui améliore largement la qualité de l'image et est devant la TNT. Elle est proposée aux clients fibre, c'est-à-dire une majorité des utilisateurs actuels.
Reste le cas de l'OTT (Over The Top, c'est-à-dire les chaînes diffusées directement sur Internet dans des apps. Le site indique que Molotov offre au mieux un flux à 8 Mb/s en 1 920 x 1 080 pour France 2, alors que Free TV peut atteindre 14,8 Mb/s en HEVC (toujours en 1 920 x 1 080). Les valeurs pour les autres services OTT ne sont pas disponibles. Dans le cas de l'OTT, la qualité va dépendre de votre connexion mais aussi du fait de payer, dans le cas de Molotov. Dans le cas de Free, le flux en question est aussi utilisé pour certains décodeurs récents (Freebox Pop et Mini sous Android).
Est-ce que la TNT est meilleure ?
Pour en revenir à l'affirmation de base, la TNT offre une bonne qualité en général, mais le partage des multiplex peut tout de même réduire le débit alloué dans certains cas. Et les offres fibre d'Orange, Free, SFR ou Bouygues Telecom ont un débit plus élevé que la TNT, et vous pouvez le constater par vous-même. La différence entre un flux à 6,6 Mb/s de moyenne ou à plus de 11 Mb/s est assez visible, même s'il est compliqué de vous fournir des captures d'un même moment.
Une publicité sur France 3, dont les défauts sur la TNT sont assez visibles.
Mais même si la TNT n'offre pas la meilleure image, elle garde tout de même deux avantages. Le premier, c'est qu'elle est diffusée gratuitement pour l'utilisateur, sans abonnement. Le second, c'est qu'elle n'est pas chiffrée et qu'il est donc possible d'enregistrer les flux bruts… même si certains décodeurs et téléviseurs tendent à lier les flux enregistrés à un périphérique précis.
Mais pour ceux qui apprécient la télévision linéaire et veulent la meilleure qualité, les offres des opérateurs proposent donc normalement une qualité supérieure à celle de la TNT si vous êtes connectés avec la fibre optique.
Le multiplex R9, qui diffuse la TNT Ultra HD, a un débit de 33 Mb/s. ↩︎
Météo a reçu une nouveauté sympathique dans les OS 27 : en fonction des prévisions, sa présentation peut changer pour mettre en avant les précipitations ou encore le vent. L’app propose désormais trois modes différents, deux de plus qu’avant. Celui par défaut continue de présenter les températures minimales et maximales pour aujourd’hui, puis pour les dix jours suivants. Un affichage précipitation se concentre sur la pluie (ou la neige) prévu dans les heures et jours qui viennent. Enfin, la vue vent permet de suivre la force ou la tranquillité des courants aériens.
Les trois modes de l’app Météo : températures à gauche, précipitations au centre, vent à droite. Image iGeneration.
Les développeurs de Météo ont essayé d’être malins, en activant automatiquement la configuration la plus appropriée à tout moment. La logique semble simple d’après ce que j’ai pu constater avec la première bêta : s’il va pleuvoir aujourd’hui, le mode dédié aux précipitations est actif. Peut-être que s’il y a une tempête suffisamment forte, le vent s’activera automatiquement, mais je n’ai pas réussi à trouver d’exemple. Le reste du temps, c’est la présentation standard, la seule proposée sous les OS 26, qui s’affiche.
L’utilisateur peut évidemment toujours changer de mode lui-même. Si vous n’aimez pas ce changement automatique des prévisions, vous pouvez le désactiver dans la section des Réglages dédiée à Météo. Pour revenir à l’ancien comportement, choisissez « Afficher la température » et vous pouvez aussi toujours voir par défaut les précipitations ou le vent. On note aussi l’ajout d’un paramètre supplémentaire, avec la possibilité d’afficher les conditions météorologiques horaires toutes les deux heures, au lieu de les avoir toutes les heures par défaut.
Les deux nouvelles options ajoutées à l’app Météo à gauche, les prévisions horaires toutes les deux heures à droite. Image iGeneration.
L’autre grosse nouveauté côté iPhone, c’est la prise en charge de l’orientation paysage. L’app Météo rejoint de nombreuses autres qui adaptent leur interface à un écran allongé, y compris sur un petit smartphone vendu par Apple. Bien entendu, l’intérêt devrait surtout être apparent dans quelques mois, quand un modèle pliant sera commercialisé…
AirPods Ultra, Apple TV, HomePod mini, HomePad (ou smart hub)… La liste des produits bloqués par Apple à cause de ses retards dans l’intelligence artificielle est longue comme le bras, ou presque. Un tel embouteillage sur la feuille de route ne doit sans doute pas amuser le comptable de Cupertino.
Quoi qu’il en soit, la présentation d’iOS 27 montre que l’attente pour bon nombre de ces produits touche bientôt à sa fin. Avec Siri AI, Apple a semble-t-il prouvé qu'elle tenait enfin l’assistant que tout le monde espérait depuis des années.
Un silence radio assumé sur la domotique ?
L'application Maison n’a pas connu de grand chambardement en soi, du moins si l’on met de côté les fondations posées par Apple Intelligence. On ne serait pas étonné que cette discrétion soit totalement assumée : Apple garde très certainement des cartouches pour le jour où elle présentera son fameux HomePad au grand public, dont la commercialisation est pressentie pour cet automne.
Pourtant, les avancées d’Apple Intelligence dans les bêtas d'iOS 27 nous donnent une idée assez précise de ce que cet appareil sera capable d'accomplir. Résultat des courses : ce hub domestique pourrait s'avérer bien plus stratégique que certains le pensent.
Cet appareil, qui prendrait la forme d'une fusion entre un iPad et un HomePod mini, a pour ambition de s'imposer comme le centre nerveux de votre installation. L'idée est d'offrir un écran tactile pour tout contrôler, couplé à une interaction vocale sublimée par Siri. Mais IA oblige, c’est surtout lui qui est censé travailler en arrière-plan pour quasiment devancer vos envies. Pour accompagner ce nouveau cerveau, Apple plancherait d'ailleurs sur toute une gamme d’accessoires maison : sonnette, caméra, capteur de présence…
La vidéo sécurisée HomeKit refait enfin son retard
Si la technologie de Cupertino a pu être en avance par le passé dans le domaine de la vidéo sécurisée avec HomeKit Secure Video, elle faisait plutôt du surplace ces dernières années. C'est désormais de l'histoire ancienne. Avec l'injection d'Apple Intelligence, la plateforme domotique d'Apple rattrape enfin son retard sur la concurrence.
Le traitement vidéo s'affine grandement : l'IA analyse désormais les flux de vos caméras pour envoyer des notifications bien plus intelligentes. Fini le laconique « animal détecté », place à « chien dans le jardin ». Le générique « personne détectée » se transforme opportunément par « une personne a déposé un paquet ». Le système est même capable de résumer plusieurs actions en une seule notification contextuelle, ou d'identifier brièvement que quelqu'un tient un chat dans la cuisine. Si ces descriptions générées par l'IA restent pour l'instant plus concises que ce que proposent les algorithmes de Ring ou de Google, elles apportent un contexte supplémentaire fort bienvenu au quotidien.
La recherche en langage naturel est prometteuse. Demandez à l'application de vous montrer votre chat, et elle vous sortira l'historique des séquences félines, même si elle peine encore à distinguer le chat gris du chat noir. Sur une sonnette connectée, on imagine aisément l'utilité de la fonction pour retrouver rapidement à quelle heure le livreur est passé.
Au-delà de l'IA, c'est toute l'infrastructure de HomeKit Secure Video qui a été dépoussiérée. La capture, le stockage et le traitement des clips ont été accélérés. Les flux en direct se chargent plus vite et la stabilité globale fait un bond en avant. Mieux encore, la plateforme se prépare à accueillir des flux en 2K et 4K, bien qu'il faille attendre que les fabricants tiers (comme Aqara, Eve ou Eufy) déploient cette nouvelle spécification dans nos foyers.
L'énergie, le nouveau nerf de la guerre
L'autre nouveauté très attendue d'iOS 27 concerne la gestion de l'énergie via le standard Matter. L'application Maison s'enrichit d'un nouvel onglet Énergie, affichant des tuiles pour chaque appareil de surveillance compatible. On peut enfin consulter sa consommation en direct, ainsi que des historiques détaillés (jour, semaine, mois, année) en kWh pour une prise connectée. Aux Etats-Unis du moins…
Il y a tout de même un hic : pour l'heure, Apple ne permet pas d'utiliser ces précieuses données de consommation pour déclencher des automatisations. De la même manière, il est toujours impossible de lier un événement précis capturé par une caméra (comme la détection d'un colis) à une action domotique (allumer la lumière du porche), des fonctions pourtant devenues basiques chez Google Home. La marge de progression logicielle reste donc palpable.
Le puzzle s'assemble
Petit à petit, les pièces du puzzle finissent par s'emboîter. Ce HomePad s'annonce avant tout comme le véritable tableau de bord de votre foyer. Sa fonction première sera de vous tenir informé des moindres événements de la maison, en s'appuyant massivement sur ces caméras dopées à l'IA et leurs transcriptions intelligentes. Un journal de bord en quelque sorte.
Ce terminal servira évidemment à piloter votre domotique au doigt et à l'œil (température, éclairage, serrures), mais c'est bien sa capacité d'apprentissage qui fera la différence. On peut aisément imaginer l'IA analyser vos habitudes pour générer automatiquement des scénarios domotiques, un peu à la manière de la fonction permettant aujourd'hui de créer un raccourci à partir d'une simple description textuelle.
L’autre thématique lourde, c’est bien sûr la gestion de l’énergie. Apple multiplie les initiatives en ce sens, ne serait-ce qu'avec l'optimisation de la recharge de nos iPhone. Il est évident que la Pomme compte fournir aux utilisateurs des leviers visuels et pratiques pour réduire leur facture énergétique, directement depuis l'écran de ce HomePad.
Enfin, cet appareil fera naturellement office de centre multimédia pour gérer l'ambiance sonore de votre intérieur. C’est sans doute pour s'assurer que toutes ces briques (IA, domotique, interface, son) soient parfaitement imbriquées qu’Apple a préféré prendre son temps, emportant dans ce sillage stratégique la sortie de ses futurs HomePod et Apple TV. Seule ombre au tableau : on ne parierait pas sur une commercialisation en Europe dès le premier jour !