Les clients de SFR n’ont pas de souci à se faire. C’est en substance le message qu’a voulu faire passer le directeur général de Bouygues Telecom sur le plateau de BFM Business, alors que se pose la question du démantèlement concret de l’opérateur au carré rouge après l’accord de rachat conclu avec ses concurrents.
« Ce que l’on travaille, c’est la façon de faire en sorte que les abonnés SFR deviennent abonnés Bouygues Telecom de manière extrêmement fluide et transparente. Il n’y aura pas de changement de leurs conditions tarifaires, pas de changement de leur offre », a assuré Benoît Torloting. Sa parole compte particulièrement, car Bouygues Telecom doit récupérer les 6 millions d’abonnés grand public de SFR (hors SFR RED, qui reviendra à Free) ainsi que l’ensemble de la clientèle SFR Business.
Rachat de SFR : comment Bouygues, Free et Orange vont se partager les restes
Pour mettre en confiance, l’acquéreur met en avant son savoir-faire dans ce type d’opérations : « On a l’expérience de migration de clients mobiles avec les clients de Crédit Mutuel Mobile, les clients de La Poste Mobile ou des MVNO qu’on a acquis. » Le dirigeant promet ainsi une transition totalement invisible, sans la moindre démarche pour l’utilisateur : « On a des technologies particulières pour que ces gens-là changent de réseau, changent d'opérateur sans même changer la carte SIM. La veille vous êtes SFR, le lendemain vous rallumez votre mobile, vous êtes Bouygues Télécom. » Magique !
Ce grand chambardement n’est cependant pas pour tout de suite. Si les quatre opérateurs se sont accordés sur la répartition des actifs de SFR pour un montant global de 20 milliards d’euros, les autorités de la concurrence doivent encore examiner le dossier. Et l’obtention du feu vert n’est pas gagnée d’avance.
Pour l’Autorité de la concurrence, le rachat de SFR « ne va pas de soi »
Selon Benoît Torloting, si l’opération est validée, les premiers effets du rachat pourraient se faire sentir à partir de la fin 2027 ou du début 2028 seulement. S'ouvrira alors une phase de migration de 30 mois maximum pour basculer les clients SFR vers les réseaux de leurs repreneurs respectifs.
Mais le retour à trois opérateurs ne risque-t-il pas d’entraîner une hausse des prix ? Pour le dirigeant de Bouygues Telecom, la réponse est non — le contraire aurait été étonnant, l’Autorité de la concurrence voulant éviter cette répercussion éventuelle. Après avoir souligné que les tarifs sont « extrêmement compétitifs » en France, il soutient que cette dynamique va perdurer : « Dans un marché mature, c'est encore plus une raison pour laquelle les acteurs vont être effectivement dans une très forte concurrence pour finalement continuer à croître. Donc, je n’ai aucun doute sur le fait que la concurrence va se poursuivre. »
Selon lui, cette consolidation va même permettre d’améliorer la qualité des services, chaque opérateur récupérant de nouvelles fréquences pour doper ses capacités. Un tableau idéal, qu'il faudra évidemment vérifier le moment venu.










































