L’App Store est une énorme source de revenus pour Apple, et l’entreprise le défend bec et ongles, et les attaques sont de plus en plus virulentes à la fois de la part des autorités de différents pays (Union européenne, Japon,...), mais aussi de la part d’entreprises concurrentes qui tentent de forcer la main à Cupertino pour changer les règles (Epic Games). Si Apple a jusqu’à présent souvent eu des arguments qui font mouche pour protéger son gagne-pain, les événements récents viennent un peu chambouler le discours bien huilé, et la firme devrait prendre ces alertes au sérieux, comme le remonte AppleInsider.

L’argument massue d’Apple concernant l’App Store, c’est un lieu protégé, où l’utilisateur est sûr de ne pas se faire arnaquer, grâce aux garde-fous mis en place par l’entreprise comme la vérification des apps avant publication ou le passage obligatoire (hors UE) par ses serveurs pour les paiements.
En contrepartie, l’entreprise prend 30 % de commission (ramenés à 15 % au bout d’un an pour les abonnements), afin de maintenir la machine, de payer les « surveillants » et de faire en sorte que la promesse soit tenue.
L’est-elle ? Jusqu’à récemment, plutôt bien. Mais en quelques semaines, deux affaires sont venues bousculer ces certitudes. Il y a eu Freecash, qui faisait une moisson de données sensibles sur les clients pour les revendre au plus offrant, tout en forçant des publicités ou l’installation de jeux mobiles sponsorisés : l’app téléchargée par plus de 5,5 millions de comptes en janvier (toute boutique confondue, donc y compris Android) était sur le podium des apps les plus téléchargées pendant plusieurs semaines avant qu’Apple ne mette fin à cette manipulation.
Freecash, l’arnaque aux faux gains qui a grimpé jusqu’au sommet de l’App Store
Mais le plus gros scandale, au moins outre-Atlantique, reste la contrefaçon d’app de cryptomonnaie, singeant les interfaces de Ledger pour mieux récupérer les accès des comptes des investisseurs. En quelques jours, l’app a ainsi moissonné pour environ 9,5 millions de dollars auprès de clients pensant s’adresser à la firme Ledger.
Le Mac App Store au cœur d’une arnaque crypto à 9,5 millions de dollars
Partant de ce constat, la question est simple : peut-on encore dire que l’App Store est une adresse sure à 100 % pour l’achat d’apps et d’abonnements ? À 100 %... non. Mais quel lieu est sûr à 100 % ? Très peu, voire aucun. Mais très peu de lieux fondent aussi leur publicité et leur supériorité sur la sécurité de leurs clients, et c’est là que le bat blesse : c’est précisément sur cet argument qu’Apple se base pour toute sa communication, que ce soit auprès de ses clients comme auprès des institutions qui voudraient limiter son hégémonie.
Il est difficile de demander un score parfait à une entreprise, d’autant plus quand elle manipule des centaines de milliers d’apps, de mises à jour, et de comptes développeurs. Et les chiffres concernant l’App Store donnent le tournis : rien qu’au premier trimestre 2026, Apple a vu 235 800 apps être proposées sur son store en ligne, 84 % de plus que l’année dernière sur la même période. En 2020, 150 000 apps avaient été refusées, quand 60 millions de commentaires avaient été supprimés, s’apparentant un peu trop à du spam.
Si 100 % de réussite est impossible, Apple doit cependant faire mieux : les deux grosses failles récentes sont importantes, et auraient pu (dû ?) être détectées avant même la mise en ligne de ces apps. Les tentatives seront toujours plus perfectionnées, mais Apple se doit, pour garder son argumentaire, de se mettre au niveau, et de ne pas laisser passer de telles erreurs.

















