De toutes les néobanques, Revolut est sans doute celle qui a le mieux tiré son épingle du jeu. Avec une base dépassant désormais les 70 millions de clients à travers le globe, l'entreprise ne joue plus dans la cour des petites fintechs. Ce changement de statut s’accompagne d’un virage stratégique aussi concret qu'inattendu : l’ouverture prochaine de sa toute première agence physique.
Plus qu'un guichet, une « expérience »
C’est à Barcelone que Revolut a choisi de poser ses valises. Un choix loin d'être anodin pour la marque : « Nous avons choisi Barcelone pour ce projet pilote car la ville combine densité locale, rayonnement mondial, tourisme et innovation », a confié un porte-parole à Euronews Business. Si l'emplacement exact et le catalogue des services proposés sur place restent encore sous clé, l'ambition est claire.
Il ne s’agit pas de cloner l’agence bancaire poussiéreuse de papa. Revolut promet un « espace immersif à haute visibilité », aux antipodes des succursales traditionnelles. Pour la firme, l'enjeu est avant tout psychologique : avoir pignon sur rue permet de matérialiser la marque et, par extension, de consolider la confiance d'une clientèle parfois encore frileuse face au tout-numérique. Le projet en est toutefois à ses balbutiements : le calendrier d'ouverture dépendra des aléas du chantier, Revolut espérant une inauguration prochaine (digne d’un Apple Store ?) sans toutefois pouvoir confirmer si le ruban sera coupé avant la fin de l'année.
Bientôt une licence bancaire en France
Fondée en 2015 par Nikolay Storonsky et Vlad Yatsenko, la société est aujourd'hui sur tous les fronts. Au-delà du mobilier urbain, c’est sur le terrain réglementaire que la bataille se gagne. Revolut multiplie les demandes de licences bancaires pour transformer son essai mondial et proposer des produits régulés de plus en plus complets.
Après avoir décroché le précieux sésame au Royaume-Uni cette année, la fintech cible désormais la France et les États-Unis. L'Hexagone constitue d'ailleurs l'un de ses bastions les plus solides. Avec l’Espagne et la Pologne, la France forme un trio de tête où la pénétration de Revolut est assez incroyable : dans ces pays, plus de 30 % des adultes ont ouvert un compte au cours des trois dernières années.
Cette croissance boulimique ne laisse pas les investisseurs indifférents. La valorisation de la licorne (qui n'en est plus une depuis longtemps) donne le tournis : on parle de plus de 200 milliards de dollars.
Forcément, l'idée d'une introduction en bourse commence à titiller les observateurs. Selon le Financial Times, la direction viserait bien une cotation sur les marchés, mais pas avant 2028. D'ici là, Revolut a tout le temps de peaufiner son nouveau costume de banque « en dur » et de voir si le modèle barcelonais mérite d'être décliné dans d'autres métropoles européennes. Paris, la prochaine sur la liste ?













