Netflix propose de plus en plus d’événements en direct, et la société vient de donner des détails sur un changement important, qui a été mis en place fin janvier 2026 : l'encodage des flux en direct est passé d'une solution avec un débit constant (CBR) à un encodage avec un débit variable (VBR). Et ce n'est pas anodin.
Un encodage avec un débit constant (du 1080p à 5 Mb/s dans le cas de Netflix) a un avantage évident pour un service de streaming : le débit en sortie vers les utilisateurs est parfaitement prévisible. Si vous avez un million de personnes qui regardent un flux, le débit nécessaire va être « plat », c'est-à-dire sans variations importantes. C'est intéressant pour le service : l'ajout de serveurs en fonction du nombre de clients est là aussi prévisible, ce qui simplifie les choses. Le débit constant a tout de même deux défauts évidents. Le premier, encore dans le domaine du réseau, c'est que si la charge est prévisible, elle est aussi trop élevée : toutes les scènes d'un flux en direct n'ont pas besoin de la totalité de la bande passante. Le second défaut est lié : certaines scènes n'ont pas besoin de 5 Mb/s… et d'autres ont besoin d'un peu plus pour éviter les artefacts visuels.

Avec un débit variable, qui est tout de même limité à une valeur maximale (qui peut être un peu plus élevée que la valeur du flux à débit constant, sans que ce soit systématique), les scènes fixes ou avec peu de mouvements sont encodées avec un débit plus faible et celles qui bougent beaucoup ou qui contiennent des éléments difficiles à encoder — une pluie de confettis dans l'exemple — peuvent utiliser la totalité du débit alloué. Dans son exemple, Netflix indique qu'on passe sur un débit variable entre 2 et 5 Mb/s.

Pour Netflix, l'intérêt principal est une réduction de la bande passante nécessaire : en moyenne, un flux à débit variable nécessite moins de bande passante que le même à débit constant (environ 10 % de gain). Pour les clients, il y a un avantage aussi : comme le débit moyen est plus faible, la liaison est plus stable. Les pauses liées à la mise en mémoire tampon (les flux en direct ne sont pas totalement en direct) sont réduites d'environ 5 %. C'est intéressant pour les appareils mobiles, car les performances des réseaux cellulaires sont plus variables que celles des réseaux fixes.
Un problème de serveurs
Pour le service, le passage en VBR amène un problème : il faut que le système qui alloue les ressources puisse prendre en compte le côté variable du débit. Le problème est simple : pendant une scène qui nécessite peu de débit, le système peut croire (à tort) que le serveur est sous-utilisé et peut accepter plus de clients, ce qui peut poser des soucis au moment de l'arrivée d'une scène lourde. Dans le post de blog, Netflix explique que la variation est donc prise en compte. La correction est aussi simple : l'allocation ne dépend plus de la bande passante elle-même mais du débit alloué au maximum à chaque flux.

Du travail pour trouver les bons paramètres
Il y a aussi des détails sur la façon de mesurer la qualité et sur les réglages nécessaires. Par défaut, en allouant le même débit maximal aux flux constants et variables, les analyses automatiques de qualité montraient que le flux variable était moins bon dans certains cas. Il a donc fallu trouver le bon compromis entre un débit maximal plus élevé et la qualité, tout en gardant les avantages du flux variable, c'est-à-dire un débit moyen plus faible.
Le résultat, selon Netflix, est donc une réduction de la bande passante nécessaire sans impact visible pour les utilisateurs.












