TDF (Télédiffusion De France) est dans une sorte de grand écart psychologique en ce moment : d’un côté, la TNT a de plus en plus de plomb dans l’aile, et de l’autre, le diffuseur va démarrer l’expérimentation de la 5G Broadcast... mais pour quel intérêt ?
La sempiternelle image du match de foot diffusé sur téléphone pour illustrer... Image TDF.
Depuis quelques temps, les chiffres vont tous dans le même sens : non seulement la télévision linéaire (les bonnes vieilles « chaînes de télé ») est en baisse permanente, grignotées par le streaming, que ce soit par la VOD, la SVOD, YouTube ou encore Twitch et consorts, mais en plus les téléspectateurs restants ont l’embarras du choix pour regarder TF1, France 2, M6 et autres représentants du PAF (Paysage Audiovisuel Français). En effet, la TNT a depuis longtemps déjà été rejointe par le satellite, mais depuis déjà plus d’une décennie c’est la diffusion par IP, que ce soit par ADSL ou Fibre, qui a pris la part du lion. Selon l’Arcom, l’IPTV représente entre 67 et 71 %, quand la TNT récupère 38 à 41 %, et le satellite les 10 à 12 % (le total fait plus de 100 %, certains foyers utilisant plusieurs méthodes de réception).
Au final, la question se pose pour l’État : continuer à réserver les fréquences de la TNT pour la diffusion télévisuelle, ou abandonner celle-ci pour le tout IPTV, et redistribuer les ondes ? Si certaines chaînes ont été renouvelées jusqu’en 2035, la diffusion hertzienne n’est pour le moment assurée que jusqu’au 31 décembre 2030, sans assurance d’être prolongée.
De l’autre côté, pourtant, TDF lance de nouvelles expérimentations avec la 5G Broadcast : le principe est de diffuser, sur une bande de fréquence appartenant à la TNT, des signaux interprétables par des téléphones mobiles ou tablettes. Plutôt que d’envoyer les données « à la demande », comme c’est le cas avec le streaming, le principe est comparable à celui du flux TV transmis à la box : un seul flux est envoyé vers une multitude de récepteurs depuis l’antenne locale.
L’idée derrière ce système peut paraître intéressante, dans le sens où elle évite d’envoyer plusieurs fois le même flux vers des téléphones qui regarderaient un programme diffusé à la télévision, mais elle se heurte cependant à deux soucis. Dans un premier temps, comme on l’a mentionné au début de cet article, la télévision linéaire est en perte de vitesse : l’intérêt est donc moins palpable de créer ce nouveau système de diffusion, si c’est pour être utilisé par un tout petit nombre de clients. L’autre souci réduit encore plus drastiquement le nombre de clients potentiels : il n’y a pour le moment strictement aucun terminal grand public compatible.
Si les puces intégrées dans les appareils comme l’iPhone sont à même de décoder le signal, qui utilisera le format 3GPP iMB, la diffusion se fera sur la bande de fréquences n108, pour laquelle aucun smartphone actuel n’est prêt : le seul appareil compatible annoncé est un obscur modèle de XGN Global/X1, destiné avant tout aux intervenants de la sécurité civile... donc bien loin des préoccupations de diffusion télévisuelle. D’autres pays dans le monde testent actuellement ce mode de diffusion, mais rien n’indique que les téléphones compatibles dans un pays le seront dans l’autre, chaque pays utilisant des fréquences différentes.
Si cette technologie finira peut-être par être adoptée, il semble pour le moment que sa gestation soit aussi difficile que pour le DAB+, voire la DRM : le public n’étant pas demandeur, il faudra qu’elle fasse ses preuves pour être adoptée, ce qui est loin d’être gagné.
C’est le soir des bêtas chez Apple ! La Pomme vient de publier la version release candidate pour iOS 26.4. iPadOS, macOS, watchOS, visionOS et tvOS 26.4 sont évidemment de la partie. Cupertino accélère la cadence, car la bêta précédente date seulement de lundi dernier. Nous allons installer tout cela et vous tiendrons au courant s’il y a du nouveau.
Si on a pendant un temps espéré que cette version apporte les premières briques du nouveau Siri, il faut se rendre à l’évidence : cela sera pour iOS 26.5. En attendant, cette révision apporte de nombreux petits ajouts. On y trouve par exemple quelques améliorations d’interface pour Apple Music ou une meilleure prise en charge des vidéos dans Podcasts. Freeform a également gagné quelques contenus liés au Creator Studio.
Un ajout qui devrait intéresser le grand public est l’arrivée d’une poignée de nouveaux emojis. On y trouve un coffre au trésor ou encore un trombone, mais aussi une orque, un visage déformé ou un nuage de combat. De plus, macOS laisse désormais définir une limite de recharge de la batterie allant de 80 % à 100 %. On notera un indicateur de fenêtres masquées pour iPadOS 26.4, en plus d’une option pour rogner un peu plus sur Liquid Glass ici et là.
Si tout cela est encore en bêta, l’annonce de l’AirPods Max 2 a (presque) révélé la date de sortie officielle. En effet, le casque devra impérativement être jumelé à un appareil tournant sous iOS 26.4, iPadOS 26.4 ou macOS Tahoe 26.4. Les précommandes ouvriront le 25 mars pour une livraison « début avril » : le système devrait donc être lancé sur la première semaine d’avril, voire un peu avant.
En attendant, voici toutes les nouveautés repérées dans les bêtas.
Visiter la mauvaise page web peut suffire à faire tomber un iPhone sous iOS 18. Les équipes de Google et les firmes de cybersécurité iVerify et Lookout ont relevé une faille capable de toucher les smartphones tournant sous iOS 18.4 à 18.6.2. Si iOS 26 est sorti officiellement en septembre dernier, iOS 18 reste installé sur 20 % des iPhone récents selon les derniers chiffres d’Apple.
La gamme iPhone 16 est sortie sous iOS 18. Image iGeneration
Cette attaque baptisée DarkSword est capable de hacker à distance les iPhone visitant un site vérolé. Des sites légitimes compromis servent de porte d’entrée, et l’infection se déclenche au chargement d’un contenu malveillant intégré à la page. DarkSword est conçu pour voler des données comme les mots de passe et les photos, mais aussi les journaux d'iMessage, de WhatsApp ou de Telegram. Le malware peut également récupérer l’historique de navigation, les données du Calendrier et des Notes, et même les données de l'application Santé d'Apple.
Contrairement à d’autres, l’outil n’installe pas un spyware classique et persistant. Il détourne plutôt des processus légitimes d’iOS pour voler des données et les exfiltrer en laissant un minimum de traces. La technique a été observée sur des sites infectés utilisés dans des campagnes attribuées à des acteurs russes. Il a par exemple été intégré à des éléments de sites web ukrainiens légitimes comme des sites d'information en ligne ou celui d'une agence gouvernementale afin de collecter les données des téléphones des visiteurs.
Les chercheurs soulignent un autre point inquiétant : DarkSword n’a pas seulement servi dans une campagne ciblée car son code a aussi été retrouvé quasiment en clair sur les serveurs compromis, avec des commentaires en anglais facilitant sa réutilisation. En pratique, cela abaisse fortement la barrière d’entrée pour d’autres groupes, qui n’auraient plus qu’à récupérer les différents modules pour les redéployer ailleurs.
Cette découverte intervient quelques semaines après les révélations autour de Coruna, un autre kit de piratage iOS. Selon TechCrunch, Coruna aurait été développé au moins en partie par Trenchant, une division de L3Harris qui vend ses outils au gouvernement américain et à ses alliés. Un ancien responsable de Trenchant, Peter Williams, a reconnu avoir vendu plusieurs outils de l’entreprise à la société russe Operation Zero, depuis sanctionnée par Washington. Le lien entre Coruna et DarkSword, qui ont partagé une partie de leur infrastructure, alimente la théorie qu’ils pourraient provenir du même marché gris.
Aqara a commercialisé deux nouveaux produits, dont la Camera Hub G350 qui a la particularité d’être compatible avec Matter. C’est la première caméra de surveillance à ajouter cette compatibilité sur le marché, pas seulement pour le fabricant. L’ajout des caméras au standard de domotique est en effet très récent : il date de la version 1.5 sortie à l’automne dernier et cette mise à jour n’est gérée que par un seul acteur majeur pour le moment, à savoir SmartThings de Samsung. C’est pourquoi, à moins d’utiliser cette unique plateforme de domotique, ne vous précipitez pas sur la G350, du moins pas pour Matter.
La Camera Hub G350 avec ses oreilles trop mignonnes (mais amovibles). Image iGeneration.
Faute de compatibilité avec Matter, vous ne pourrez pas ajouter le produit dans l’application Maison d’Apple en utilisant le code QR au dos de la caméra. Cela ne veut pas dire que la G350 ne peut pas vous être utile : Aqara a conservé la compatibilité avec HomeKit et c’est une compatibilité complète, avec la vidéo sécurisée. Pour rappel, cela permet d’analyser le flux en local (sur le HomePod ou l’Apple TV qui fait office de concentrateur HomeKit) pour distinguer les personnes, animaux et véhicules et de stocker les images sur les serveurs d’iCloud. Il faut d’ailleurs être abonné à l’une des offres iCloud+, à partir de 1 € par mois, pour en bénéficier.
Cette excellente compatibilité est toujours associée à la même réserve : Apple limite Maison aux flux vidéos en 1080p, alors que la Caméra Hub G350 génère une image 4K. Il faudra ainsi accepter de perdre en qualité pour bénéficier d’une intégration parfaite à l’écosystème pommé. Parmi les autres fonctionnalités à abandonner, le contrôle du moteur interne de la caméra, puisque ce modèle peut tourner horizontalement sur 360° et même faire varier la hauteur de l’angle de vue pour couvrir une zone très large. L’app du fabricant permet de contrôler l’angle, pas celle d’Apple. On peut toutefois activer un suivi automatique côté caméra et profiter du résultat dans Maison.
Il y a beaucoup de codes sur la G350, il faudra choisir soigneusement au moment de connecter la caméra à la domotique. Image iGeneration.
Comme toujours, ce produit propose de multiples options supplémentaires. On peut utiliser le cloud d’Aqara pour stocker les vidéos, ou alors tirer parti d’un fonctionnement strictement local. L’appareil dispose de suffisamment de puissance pour identifier les personnes (avec reconnaissance faciale) et animaux sans serveurs et le constructeur a repris la suite de fonctionnalités de toutes ses caméras modernes. De quoi stocker le flux vidéo sur une carte microSD (jusqu’à 512 Go) ou bien même l’envoyer vers un NAS. Mieux, si vous utilisez un enregistreur vidéo sur le réseau (NVR) comme Frigate, vous pourrez relier la caméra grâce à sa compatibilité avec RTSP. Aucune différence notable avec la caméra G5 Pro que j’ai essayée l’an dernier, alors je vous renvoie vers ce test pour en savoir plus.
Dans la gamme Aqara, ce produit succède à la Caméra Hub G3 sortie en 2021. On retrouve ses caractéristiques principales, à commencer par un design mignon avec deux oreilles amovibles : cette fois c’est une sorte de lapin, mais le rendu est assez similaire et totalement optionnel si vous n’aimez pas (monstre). On a aussi le même hub domotique destiné à l’app constructeur, avec du Zigbee pour ses propres produits ainsi que du Thread pour tous les appareils Matter. La G350 se connecte au Wi-Fi en 2,4 ou 5 GHz, y compris sur la sixième génération de la norme.
Il y a plusieurs grosses nouveautés, c’est tout de même logique près de cinq ans plus tard, en particulier du côté de la captation. Le capteur 2K unique de la G3 a été remplacé par un duo d’optiques avec deux angles différents. La caméra principale grand-angle monte à la 4K avec un champ de vue de 133° et elle est accompagnée d’un téléobjectif 2,5K avec une focale équivalente de 8 mm et un angle de vue de 43°. Dans l’app, on retrouve un zoom en continu de 1x à 9x, ce qui est au-delà des capacités du zoom optique même si Aqara parle d’un « zoom hybride » meilleur qu’un simple recadrage numérique. En tout cas, cela permet effectivement de couvrir une très grande zone… uniquement en intérieur toutefois, l’appareil n’étant pas pensé pour fonctionner dehors.
Zoom minimal à gauche et maximal à droite. Image iGeneration.
La caméra peut suivre automatiquement les personnes et animaux, un traitement fort heureusement réalisé en local et qui fonctionne assez bien, même si mon bureau est trop petit pour que le moteur suive la cadence. La G350 fonctionnera mieux dans une grande zone ouverte, en la positionnant loin de tout passage pour qu’elle ne perde pas de vue une personne ou votre animal de compagnie. Grâce à son double capteur, elle est même capable de zoomer automatiquement sur le sujet suivi s’il est un petit peu loin, ce qui améliore indéniablement la surveillance d’une grande pièce.
Comme la G3, on peut couper physiquement les flux vidéo, ce qui est toujours plus rassurant pour une caméra à installer chez soi. Le cas échéant, le moteur fait remonter les deux capteurs derrière le cache et affiche à la place deux yeux endormis, on reste sur la thématique mignonne. L’app Aqara peut automatiser ce mode privé en fonction de la géolocalisation, mais cela fonctionne aussi depuis Maison : couper la caméra depuis l’app d’Apple revient aussi à bloquer ses capteurs et il est également possible de le lier à votre présence au domicile.
Les deux capteurs sont remontés derrière le cache, la caméra ne peut physiquement plus rien filmer tout en restant mignonne. On a aussi accès au port microSD par ce biais. Image iGeneration.
Si la compatibilité Matter n’est pas forcément utile pour le moment, elle devrait constituer la solution d’avenir. À terme, on devrait retrouver toutes les fonctionnalités de HomeKit dans toutes les plateformes qui gèrent le standard et même plus. Comme le montrent les premiers retours avec SmartThings, la gestion du moteur intégré à la caméra est prévue, si bien que l’on ne devrait pas perdre de fonctionnalités pour le contrôle du direct. Cela reste au conditionnel, car au lancement ces fonctions plus avancées ne sont pas encore présentes, même si Aqara promet que cela viendra avec de futures mises à jour du firmware.
Home Assistant est en retard pour une fois, si bien que je n’ai pas pu tester le standard avec ma plateforme de prédilection. Homey devrait également gérer les caméras Matter, mais ce n’est pas non plus le cas quand j’écris ces lignes. Bref, cela reste encore largement théorique en cette fin d’hiver 2026.
La Caméra Hub G350 est vendue 140 €. Sa sortie est accompagnée par la commercialisation de la sonnette vidéo G400, un modèle qui se distingue des produits existants de la marque par sa capacité à remplacer une sonnette filaire. Ce n’est pas qu’une option d’ailleurs, il faut une alimentation permanente près de la porte pour l’installer, si bien que je n’ai pas pu la tester. Comptez 100 € pour la G400.
Apple hausse le ton contre le vibe coding, cette pratique consistant à créer des applications grâce à l’IA sans forcément savoir coder ou comprendre ce que l’on fait. The Information rapporte que Cupertino a discrètement empêché des utilitaires de vibe coding comme Replit ou Vibecode de publier leurs mises à jour sur l'App Store. Apple affirme que ces apps enfreignent les règles de sa boutique en exécutant du code qui modifie leurs fonctionnalités. Si l’argument peut s’entendre, le problème pourrait être ailleurs.
Le vibe coding a explosé ces derniers mois, ayant créé des bouchons au niveau des équipes de vérification de l’App Store selon certains développeurs. The Information estime qu’Apple ne voit pas ce changement d’un bon œil : les développeurs pourraient être tentés de créer des web apps ne passant pas par l’App Store, évitant ainsi la commission prise par Cupertino. Les web apps sont certes bridées sur iOS et moins faciles à diffuser, mais sur le long terme, le vibe coding pourrait changer la donne : il sera beaucoup plus simple de se créer une app perso sans payer de compte développeur Apple ou d’avoir à la faire valider.
Replit n’a pas été mise à jour en deux mois, ce qui pourrait finir par effrayer les utilisateurs. Même chose pour Bitrig, qui a un concept similaire et qui n’a pas eu de changement depuis la fin 2025. De son côté, l’app Vibecode n’est plus disponible sur l’App Store français ou américain.
Selon The Information, l’équipe de modération de l'App Store d'Apple a fait savoir à Replit et Vibecode qu'elles avaient enfreint la règle 2.5.2 stipulant que les applications doivent être « autonomes au sein de leur paquet » et qu’elles « ne doivent pas lire ni écrire de données en dehors de la zone de conteneur désignée ». Le point de friction viendrait de l’aperçu intégré des apps générées directement dans Replit ou Vibecode.
Les développeurs de ces deux apps auraient donc accepté soit de modifier la manière dont sont présentés les aperçus des applications vibe-codées, soit de supprimer complètement certaines fonctionnalités comme la création d’apps pour les appareils Apple. Deux proches du dossier ont indiqué qu'elles pensaient que Cupertino était sur le point d'approuver les mises à jour du duo.
C’est loin d’être la première fois qu’une mise à jour est bloquée sans justification par les équipes de l’App Store. Le problème pour Apple, c’est que le vibe coding infuse dans de nombreuses apps pas forcément dédiées. Snap ou Canva proposent par exemple des fonctions pour créer des quizz ou des jeux, et la Pomme va sans doute devoir s’adapter à ce flux de nouvelles apps en zone grise.