Alors que les règlements par smartphone ou montre connectée sont devenus courants en Europe, y compris dans la campagne bretonne où je n’attire plus de commentaires curieux à chaque fois que j’avance mon Apple Watch, ce mode de paiement est-il en passe d’être ringardisé de l’autre côté de la planète ? En Corée du Sud, de plus en plus de consommateurs privilégient une autre méthode pour valider des transactions dans les commerces : la reconnaissance faciale. Le principe est similaire à Face ID d’Apple, les terminaux de paiement sont capables d’identifier une personne en moins d’une seconde pour valider l’opération.
Comme le note le site Nikkei qui rapporte l’information, ce n’est déjà plus une simple curiosité technologique, mais bien une réalité pour plus d’un million de clients sud-coréens. Le système a été lancé au printemps 2025 par Toss, la néobanque d’un important acteur financier local, Viva Republica. Moins d’un an plus tard, son terminal de paiement avec reconnaissance faciale est installé dans 240 000 commerces de tous types : des magasins, des cafés ou encore des salles de sport. Avec succès, manifestement, dans ce pays habitué aux paiements numériques, puisqu’ils représentaient déjà 99 % des transactions en 2023.
Comme on peut s’en douter, la sécurité est un critère clé du système, qui intègre notamment des algorithmes pour repérer les tentatives de triche basées sur des photos. Le paiement n’est autorisé que si le visage bouge, même de manière imperceptible, et Toss revendique une fiabilité de 99,99 %, tout en assurant la rapidité indispensable à un tel système. Avec une identification en une seconde, le paiement par reconnaissance faciale est probablement aussi rapide qu’avec Apple Pay, voire plus efficace encore si on considère que l’on n’a pas à sortir son appareil d’une poche ou d’un sac.
Pour les clients de Toss, l’intégration semble aussi particulièrement bien faite. L’enregistrement initial d’un visage est effectué directement sur leur smartphone, via l’app fournie par la banque. Et puisque l’on ne parle pas d’un terminal de paiement classique, mais bien d’un dispositif dédié, le règlement ne se fait pas forcément avec une carte bancaire et les utilisateurs peuvent aussi choisir un compte à prélever directement. À cet égard, le service est plus proche d’un PayPal que d’une banque traditionnelle et c’est une bonne manière d’éviter les frais liés aux intermédiaires. Toss a d’ailleurs prévu des incitations financières pour pousser ses clients à utiliser ce nouveau système, preuve de son intérêt à favoriser Facepay.
En Corée du Sud, d’autres acteurs étaient même sur le créneau avant Toss et l’article de Nikkei évoque le paiement par reconnaissance faciale dans des cafétérias universitaires de Séoul depuis 2024. En remontant encore le temps, on trouve d’autres exemples, comme cette chaîne de fast-food qui avait intégré la technologie à ses bornes de commande en Chine.
Chez KFC, souriez pour payer
Néanmoins, on restait plutôt sur un argument marketing temporaire, alors que la tendance semble désormais bien implantée sur la péninsule coréenne. Avant de débarquer en Europe ? Reste à savoir si les consommateurs seraient prêts à payer avec leur visage et non plus un smartphone…














