Bouygues, Free et Orange ont visiblement du mal à se mettre d’accord sur le rachat de SFR. En avril dernier, le trio avait annoncé être entré en négociations exclusives pour racheter l’opérateur au carré rouge et disposait d’une période d’exclusivité jusqu’au 15 mai. Aucun accord n’a été trouvé : les discussions vont s’étendre jusqu’au 5 juin prochain.

Le consortium créé par les 3 opérateurs comptait initialement plier l’affaire en un mois, ce qui a sans doute été un peu trop ambitieux au vu de l’opération mélangeant trois acquéreurs concurrents pour un gigantesque actif à décortiquer. Ce sursis de trois semaines devrait aider à y voir plus clair, mais la dernière phrase du communiqué publié sur le site d’Altice n’est pas forcément encourageante. On peut y lire « qu’à ce stade, rien ne permet d'affirmer que ces discussions aboutiront à un accord ».
Selon le plan initial, Bouygues Telecom reprendrait l’activité B2B de SFR ainsi que sa clientèle professionnelle, tandis que le segment grand public serait réparti entre Bouygues, Free et Orange. Les autres actifs, notamment les infrastructures et les fréquences, seraient eux aussi partagés entre les trois opérateurs. Une exception toutefois : Bouygues Telecom hériterait du réseau mobile de SFR dans les zones rurales et les territoires peu densément peuplés. La répartition de la valeur s’établirait autour de 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free et 27 % pour Orange.
Bouygues, Free et Orange en négociations exclusives avec Altice pour racheter SFR
L’extension des discussions laisse entendre que les négociations butent encore sur plusieurs points sensibles. Au-delà du montant de l’opération, le découpage de SFR entre trois concurrents directs promet d’être particulièrement délicat, tant sur le plan industriel que réglementaire. Un tel partage devra convaincre les autorités de la concurrence, qui examineront de près ses effets sur le marché des télécoms, les prix pour les abonnés et l’équilibre entre les opérateurs restants.
Autrement dit, même en cas d’accord entre Altice et le trio Bouygues-Free-Orange, le rachat de SFR serait encore loin d’être bouclé. Beaucoup d’éléments restent à fixer, et notamment le prix : l’offre de rachat initiale s’élevait à 20,35 milliards d’euros. Si le consortium ne trouve pas d’accord avant le 5 juin, SFR pourra alors envisager de négocier avec d’autres acteurs.


















