Avec le FP300, Aqara propose un détecteur de présence qui fonctionne sur piles et qui est compatible avec l’app Maison d’Apple grâce à Matter, une première. Vendu à 50 €, l’appareil ressemble au produit parfait pour automatiser l’allumage des éclairages connectés quand on entre dans une pièce et surtout les maintenir allumés tant que l’on y reste, sans avoir à agiter les bras en l’air régulièrement comme avec les détecteurs de mouvements traditionnels. Si cette catégorie de produits n’est pas nouvelle, c’est la première fois qu’on a un produit sans fil à la patte tout en restant compatible avec Maison.
Est-ce la solution parfaite que l’on attendait ? Après quasiment deux mois avec le FP300 placé au-dessus du canapé de mon salon, voyons-le ensemble.
Contexte : enfin un détecteur de présence sur pile et compatible Matter
Les détecteurs de présence se basent sur les ondes millimétriques projetées par un radar pour identifier dans une pièce une personne, même si celle-ci reste statique. Leur très grande précision identifie en effet les mouvements infimes, y compris ceux d’une personne endormie par exemple. Contrairement à un détecteur de mouvements reposant sur des ondes infrarouges qui nécessite d’amples déplacements pour fonctionner, ces produits sont bien plus précis et ils permettent d’automatiser un éclairage sans plonger régulièrement la pièce dans le noir. Aqara a été parmi les premiers sur le segment, avec son FP2 sorti en 2023 qui reste une référence à ce jour.
Test du FP2 d’Aqara, le premier détecteur de présence pour HomeKit
Le défaut de ces détecteurs de présence, c’est qu’ils consomment beaucoup trop pour fonctionner sur piles. En tout cas, c’était vrai pour les premières générations et le FP2 d’Aqara nécessitait ainsi une alimentation permanente, fournie par un câble USB. Ce n’est pas trop gênant si on veut le placer près d’une prise, mais c’est rédhibitoire si la meilleure position est loin de toute alimentation. Depuis, des modèles sur piles sont apparus sur le marché, avec une astuce pour réduire leur consommation. Ils combinent un radar avec ondes millimétriques avec un émetteur infrarouge traditionnel qui consomme beaucoup moins. Les ondes infrarouges restent actives en permanence pour identifier un mouvement et allumer les lumières.
Ce n’est qu’à ce moment-là que le radar entre en action, pour surveiller les plus petites variations et maintenir les lumières allumées tant que vous restez dans la zone. J’avais testé un produit de ce type et je peux confirmer avec plusieurs mois de recul que cela fonctionne parfaitement… tant que vous avez une domotique plus ouverte comme Home Assistant. Ces produits ne sont en effet pas compatibles avec Matter ou HomeKit, si bien qu’il n’est pas possible de les ajouter directement à l’app Maison d’Apple.
Test d’un détecteur de présence sur piles pour Home Assistant
Le FP300 vient corriger ce point. C’est un détecteur de présence alimenté par des piles et compatible avec Matter. Sur le papier, c’est la solution idéale, alors déballons le produit pour vérifier si c’est aussi le cas en pratique.
Déballage et prise en main
Le FP300 est un accessoire compact, bien plus que les deux précédents détecteurs de présence conçus par Aqara et à peine plus gros que ses détecteurs de mouvements. Le corps de l’appareil forme un cylindre de 4 cm environ de diamètre sur 3 cm de profondeur, auquel il faut ajouter la base, un disque de 4 cm de diamètre et 0,5 cm d’épaisseur. Entre les deux, le fabricant a prévu un petit pied qui permet de positionner précisément le capteur dans la bonne direction, ce qui est essentiel pour son bon fonctionnement.
Cette base intègre un aimant, ce qui permet de positionner le FP300 sur n’importe quelle surface de métal, comme un réfrigérateur. Si vous comptez utiliser un tel produit dans la cuisine, c’est bien pratique et vous n’aurez ainsi rien à coller ou visser. L’appareil est suffisamment léger (60 g tout rond) et l’aimant assez puissant pour qu’il tienne en place sur de nombreuses surfaces. Je l’ai vérifié sur le réfrigérateur et le four dans la cuisine, ainsi que sur le lave-linge et sèche-linge de la buanderie.
Naturellement, mieux vaut une surface qui ne bouge pas, sous peine d’avoir des mouvements qui remontent à cause de l’électroménager. Dans mon cas, la poutre métallique (IPN) qui a remplacé le mur porteur dans notre salon et qui surplombe le canapé était l’endroit optimal pour positionner le capteur et le métal m’a permis d’utiliser la base seule. À défaut, Aqara fournit une plaque de métal que l’on pourra coller sur n’importe quelle surface lisse et plane grâce au double-face également inclus. On pourra aussi visser la plaque intermédiaire ou même directement la base et même là, le fabricant a inclus une vis et une cheville avec son produit.
L’alimentation est fournie par deux piles boutons CR2450 qui sont fournies et préinstallées. Aqara promet plusieurs années d’autonomie : jusqu’à deux en Thread et même trois avec Zigbee. Tout dépend du niveau d’utilisation du capteur et en particulier du temps passé devant, puisque le radar doit alors rester actif et il consomme beaucoup plus que l’émetteur infrarouge. La mesure donnée par le fabricant se base sur quatre heures de présence quotidienne, ce qui veut dire que si vous le placez dans un bureau où vous travaillez tous les jours, par exemple, il faut peut-être s’attendre à une autonomie deux fois moindre.
Je n’ai pas suffisamment de recul pour juger l’autonomie réelle de l’appareil. Après quasiment deux mois dans notre salon, l’app d’Aqara estime que les deux piles sont encore à 100 % de leur capacité initiale. C’est d’autant plus encourageant que nous avons deux chats, qui déclenchent le capteur même quand nous ne sommes pas dans la pièce. Quand les piles fournies seront épuisées, vous pourrez les remplacer aisément. Comptez autour de 3 à 4 € le pack de deux, même s’il est possible de faire des économies en achetant de plus grosses quantités (50 centimes l’unité avec ce pack de 20 piles). Ce format est uniquement vendu sous la forme de piles jetables, il n’existe pas d’option rechargeable, c’est l’un de ses inconvénients.
Matter en direct via Thread ou Aqara via Zigbee, au choix
Le FP300 appartient à cette nouvelle génération de produits Aqara qui fonctionnent de deux manières différentes selon vos préférences. En sortie de boîte, ils sont compatibles nativement avec le standard logiciel Matter grâce au standard matériel Thread (pour rappel…). De ce fait, vous pouvez acheter l’accessoire et le connecter directement dans l’app Maison d’Apple, ou bien dans tout autre environnement domotique compatible avec les standards.
Pour que cela fonctionne, il est nécessaire d’avoir un routeur de bordure Thread. Dans l’univers Apple, cela veut dire au choix à un HomePod mini, un HomePod 2 ou bien une Apple TV sortie à partir de 2021 et équipée d’une prise Ethernet. Si vous avez le bon matériel, vous n’aurez besoin de rien de plus que le FP300 et il suffit de scanner le code QR Matter collé sur le côté pour l’ajouter à la domotique. J’ai testé avec l’app Maison seulement, mais cela devrait fonctionner dans d’autres environnements, comme Google Home ou Alexa d’Amazon, à condition toujours d’avoir le routeur de bordure correspondant.
Dans ce cadre, on a quatre capteurs différents qui remontent dans l’application de domotique : la présence bien sûr, ainsi que la température, le taux d’humidité et la luminosité. On reviendra sur ces capteurs environnementaux dans la suite, pour l’heure, sachez que vous n’avez rien de plus et notamment aucune option pour personnaliser le produit. Selon les situations, ce n’est pas forcément un problème et l’appareil peut très bien fonctionner. Le FP300 tourne alors avec sa configuration de base, à savoir une détection déclenchée d’abord par le capteur de mouvements, puis l’entrée en action du radar pour maintenir la présence.
Vous voulez aller plus loin ? C’est possible, en basculant l’appareil sur un firmware Zigbee. J’avais détaillé le fonctionnement de cette procédure pour l’interrupteur mural H2, le premier produit d’Aqara à adopter cette nouvelle idée de la double connectivité.
Test de l’interrupteur connecté H2 EU d’Aqara : un vrai déclic pour la domotique
Pour rappel, tout doit se faire cette fois dans l’app Aqara Home. C’est le seul prérequis, fort heureusement : pas besoin d’un hub, la connexion au produit se fait en Bluetooth. Il n’est même pas nécessaire de se connecter avec un compte Aqara, on peut effectuer la procédure en utilisant le « Mode HomeKit » proposé en bas de l’écran de connexion. En activant le mode appairage du produit (clic de 5 s sur le bouton) et en scannant le code Matter avec l’app du fabricant, le smartphone pourra s’y connecter et télécharger le firmware Zigbee avant de l’envoyer au FP300. L’opération, qui demande quelques minutes, est réversible, en suivant la même procédure pour revenir au firmware Thread.
Une fois en mode Zigbee, l’appareil reste compatible avec l’app Maison à condition de l’associer à un hub HomeKit ou Matter du fabricant. Dans ce cas, c’est le hub qui se charge de faire le lien et c’est ainsi que j’ai testé l’accessoire depuis sa réception, en l’ayant relié au hub M3 d’Aqara. C’est un modèle haut de gamme, mais il y a d’autres options bien moins chères, comme le M2 affiché autour des 40 €, voire le tout petit M100 vendu 23 €. Grâce à ce hub et la connexion en Zigbee, vous aurez accès à tous les paramètres du FP300 et il y en a beaucoup plus qu’en Thread. S’il n’est pas nécessaire d’y toucher pour obtenir de bons résultats, c’est quand même une bonne manière d’ajuster le comportement du détecteur de présence et de l’adapter à des situations particulières.
On peut modifier la sensibilité des capteurs, ajuster la distance de détection pour limiter l’appareil à une zone ou même lui apprendre à « comprendre la pièce » avec un processus basé sur l’IA à lancer quand la zone est vide. Ce dernier est un atout précieux pour contrer les plantes vertes et autres rideaux : l’idée est de permettre à l’appareil d’identifier les zones qui restent en mouvement même quand il n’y a plus personne pour les ignorer par la suite. On peut aussi forcer l’appareil à n’utiliser que les ondes millimétriques au prix d’une baisse drastique de l’autonomie ou au contraire n’utiliser que l’infrarouge au détriment de la détection statique. Parmi les options bien pratiques pour ajuster selon les envies de chacun, le délai avant de basculer en absence est de dix secondes par défaut et on peut l’allonger par sécurité dans les réglages.
Tous ces réglages avancés demandent de basculer sur la connexion en Zigbee, à deux exceptions près qui ne concerneront pas la majorité d’entre nous. En effet, le délai avant absence et la sensibilité du radar sont normalement accessibles avec Matter 1.4, sauf qu’Apple est à la traine et ces options ne sont pas visibles dans Maison. On peut espérer que le standard permette à Aqara d’ajouter d’autres paramètres au fil du temps et qu’Apple finisse par enfin mettre à jour son app.
En attendant, le fabricant propose le choix : la simplicité d’une connexion directe avec Thread ou la sophistication d’un réglage optimisé avec Zigbee. Précisons que le détecteur de présence peut très bien fonctionner dans le premier mode et les réglages de base peuvent largement convenir. Même l’analyse par IA reste active. Ce qui manque est la possibilité de la lancer quand on a l’assurance que la pièce est vide, ce qui peut donner de moins bons résultats. Malgré tout, le Zigbee est davantage un bonus pour les utilisateurs avancés qu’une nécessité.
Pour finir sur le sujet, notons que la connexion Zigbee peut servir dans d’autres environnements de domotique ouverts. J’utilise Home Assistant et j’ai pu connecter le FP300 directement, grâce au matériel et logiciel que j’ai installés comme décrit dans la série. Le produit d’Aqara y est reconnu et pleinement fonctionnel, avec accès à tous les paramètres avancés. L’interface est peut-être moins jolie et surtout moins compréhensible, mais on ne perd aucune fonctionnalité. Seule bizarrerie, l’autonomie est très différente de celle affichée dans l’app, mais c’est probablement un bug.
Peu importe la voie choisie pour connecter et contrôler ce détecteur de présence, il ne propose pas les fonctionnalités avancées du FP2. Ce dernier est capable de distinguer plusieurs zones, ce qui est intéressant dans les grandes pièces. Il peut aussi faire office de détecteur de chute et même capteur de sommeil en le plaçant au-dessus d’un lit. C’est un appareil bien plus complet qui est aussi plus cher et constamment alimenté : il est presque dans une catégorie à part entière.
Le FP300 est plus proche du FP1E dans la gamme Aqara, qui est d’ailleurs au même prix, mais qui a besoin lui aussi d’une alimentation permanente. Il a aussi besoin d’un hub pour l’app Maison, puisqu’il est uniquement équipé pour les réseaux Zigbee et n’est ainsi pas nativement Matter (ni HomeKit).
Aqara commercialise le FP1E, un détecteur de présence un peu moins sophistiqué et beaucoup moins cher
Un capteur environnemental en bonus : température, humidité et luminosité
Même si le FP300 est avant tout un détecteur de présence, il fait aussi office de capteur d’environnement avec trois mesures supplémentaires : la température, le taux d’humidité et la luminosité. Cette dernière est souvent fournie avec cette catégorie de produits et il faut dire qu’elle est bien pratique dans les automatisations. Grâce à ce capteur, on peut ajouter une condition pour n’allumer les lumières que si le niveau de luminosité ambiant est inférieur à un seuil.
Celui intégré par Aqara m’a semblé de bonne qualité, il est précis et se met à jour régulièrement. Même sensation pour le thermomètre et l’hygromètre intégrés : le premier a une précision de ±0,2° C, ce qui est très bon même si les meilleurs descendent à 0,1°, et le deuxième de 2 %, ce qui est là aussi dans la moyenne. Les valeurs relevées sont cohérentes avec les autres thermomètres connectés placés dans la pièce, même si la meilleure position pour un détecteur de présence n’est pas forcément la meilleure pour un thermomètre et hygromètre. L’air chaud monte et je le vois bien sur mes mesures, sans que cela ne me gêne particulièrement. J’utilise un groupe Home Assistant pour calculer la moyenne dans la pièce et j’apprécie d’avoir ce point de mesure supplémentaire et « gratuit », en tout cas sans avoir à ajouter un appareil supplémentaire.
Ces trois capteurs consomment de l’énergie, surtout s’ils doivent communiquer fréquemment avec la domotique. C’est pourquoi Aqara propose des réglages avancés, uniquement avec le firmware Zigbee, pour ajuster la fréquence de mise à jour de la température et de l’humidité mesurées par le FP300. L’app propose un réglage par défaut avec la possibilité d’augmenter ou au contraire de réduire le nombre de données transmises. Elle indique aussi l’impact à attendre sur l’autonomie si on l’augmente et souligne même qu’on peut espérer un gain à hauteur de 30 % en coupant les deux capteurs. Si on n’en a pas besoin, c’est une bonne option pour maximiser la durée de vie, sachant que l’autonomie promise inclut ces données avec les réglages de base.
En connectant l’appareil à Home Assistant, on récupère également toutes ces données et on a la possibilité d’affiner encore plus leurs mises à jour. On peut choisir une durée maximale en même temps qu’un seuil de changement minimum pour que le capteur envoie ses informations dès qu’il varie de 0,5° et au minimum une fois par heure, par exemple. L’historique de la domotique open source stocke toutes ces données aussi longtemps que vous le lui demandez, tandis que l’app d’Aqara garde quelques semaines d’historique.
Pour conclure : moins puissant que le FP2, mais bien suffisant à l’usage
Le FP300 est une option vraiment séduisante d’Aqara et pas seulement sur le papier. Placé en hauteur dans notre salon, le produit a très bien fonctionné pour identifier notre présence dans le canapé en dessous, y compris quand nous regardons la télévision et que nous ne bougeons pas beaucoup. Par rapport au FP2 du constructeur que j’utilisais jusque-là dans la pièce, il est mieux placé puisque je ne dépends plus d’une alimentation et je peux ainsi le positionner davantage en hauteur. Ne plus avoir besoin d’une prise est un avantage décisif pour cette catégorie d’accessoires et on peut désormais en bénéficier nativement dans l’app Maison.
Cela ne veut pas dire que le FP2 perd toute raison d’être. Le détecteur de présence « historique » d’Aqara garde des avantages, à commencer par sa gestion de plusieurs zones qui peut permettre de tout faire avec un seul appareil. Là où il faudrait deux FP300 pour gérer deux endroits spécifiques d’une grande pièce de vie, un seul FP2 peut faire le travail. Par ailleurs, l’alimentation permanente lui permet de mieux détecter la présence, notamment dans les situations où on reste très statique, typiquement en dormant. Son radar est probablement plus performant et Aqara n’a pas besoin de le couper rapidement pour économiser les piles, ce qui fait sans doute une différence.
Néanmoins, le FP2 est vendu 83 € hors promo et il nécessite une prise non loin. À 50 € également hors promo, le FP300 offre une bien plus grande souplesse, tant en termes de placement grâce à ses piles que sur la connectivité grâce au choix entre Matter/Thread et Aqara/Zigbee. Cette souplesse ne se fait pas au détriment de l’essentiel, à savoir une détection de présence efficace et bien suffisante pour l’écrasante majorité des besoins.

















