À l’occasion de la WWDC, Apple présenterait enfin une version largement remaniée de Siri. Mais attention, comme le prévient Mark Gurman, cette refonte s'accompagnerait d’une inévitable étiquette « bêta ».
Siri (beta), Genmoji et le keynote de tous les risques : la semaine Apple
Cela n’a rien de surprenant en soi, quand on connaît les habitudes de la maison. Apple Intelligence a été dévoilé voilà près de deux ans et navigue toujours sous ce statut. Comme le rappelle le journaliste de Bloomberg, l’assistant d’Apple y est d'ailleurs habitué. Lors de sa présentation originelle en 2011, il a fallu patienter deux ans pour que Siri soit considéré en interne comme un produit finalisé. Même si, à l'usage, les utilisateurs peuvent légitimement avoir l’impression qu'il n'a jamais vraiment quitté ce stade expérimental.
Pour les Européens, la grande question est de savoir s’ils auront accès rapidement à cette nouveauté. Deux obstacles majeurs se dressent à l'horizon. Le premier est d'ordre linguistique : il est possible que la bêta initiale soit cantonnée à l’anglais. Le second concerne le casse-tête réglementaire lié au DMA. Apple va-t-elle bouder une nouvelle fois le Vieux Continent pour éviter de froisser les instances de Bruxelles ?
Une architecture technique différente
Contrairement aux précédentes initiatives de la Pomme, les rouages de cette mouture seraient bien différents, notamment en raison du partenariat avec Google.
Lors de la première présentation d'Apple Intelligence, la firme de Cupertino avait mis en avant un modèle hybride : les tâches simples étaient exécutées localement sur l'appareil, tandis que les requêtes plus complexes transitaient par le Private Cloud Compute, une infrastructure de serveurs maison animée par des puces Apple Silicon. Une architecture présentée à l'époque comme le prolongement naturel de la sécurité de l'iPhone dans le nuage.
Cependant, Apple se montre beaucoup moins loquace sur la manière dont l'infrastructure de ce Siri de nouvelle génération serait réellement hébergée et opérée à grande échelle. Et pour cause : l'entreprise semble vouloir s’appuyer sur le cloud de Google pour faire tourner certaines briques de son assistant. C'est un détail qu'Apple préférerait glisser sous le tapis, tant il semble aller à l'encontre de sa philosophie historique en matière de confidentialité, allant jusqu'à déléguer à Google une partie de ses protections de sécurité habituelles.
Une application autonome et une mémoire éphémère
Bien entendu, le constructeur ne manquera pas de faire de la protection des données l'axe central de sa communication, vantant au passage une expérience dépourvue de publicité pour se démarquer des autres acteurs du marché.
Mais le véritable cœur de cette nouvelle expérience IA résiderait dans l'apparition d'une application Siri totalement autonome. Celle-ci ferait office de répertoire pour l'historique des conversations, transformant l'assistant en un véritable chatbot dans la veine de ChatGPT ou de Claude. L'utilisateur pourrait accéder à cet espace d'échange soit via l'invocation standard de Siri, soit par un tout nouveau geste déclenchant un mode « Rechercher ou Demander », en balayant l'écran vers le bas depuis le centre supérieur.
iOS 27 accueillerait un Siri plus débrouillard et un clavier plus lettré
iOS 27 : Visual Intelligence disparaîtrait dans l’app Camera au profit de Siri
Pour personnaliser les réponses sans tomber dans les travers de ses concurrents, Apple imposerait des limites strictes au fonctionnement de la mémoire de son IA. S'inspirant directement d'une fonction bien connue de l'application Messages, ce nouveau Siri proposerait une suppression automatique des échanges. Depuis les réglages, il serait possible de conserver ses requêtes pendant trente jours, un an, ou indéfiniment.
Mais est-ce que tout cela sera suffisant pour inciter les utilisateurs à délaisser ChatGPT, Claude et consorts au profit d'une solution intégrée ? Rien n’est moins sûr…












