Dans le catalogue de produits SwitchBot, on trouve désormais un… cadre photo ! Le fabricant chinois spécialisé dans la domotique propose en effet une gamme de cadres qui se distinguent de tous ceux que l’on trouve sur le marché depuis longtemps par deux aspects. Ils sont connectés, et surtout, ils n’intègrent pas un écran LCD classique comme la majorité des concurrents. À la place, le constructeur a opté pour de l’encre numérique colorée, une technologie encore rare qui apporte un avantage décisif : l’appareil ne nécessite pas d’alimentation permanente. Que valent-ils au quotidien ? Découvrons-le ensemble.
Un grand cadre pour un affichage un peu petit
Le cadre de SwitchBot est vendu en trois tailles pour le moment, avec trois prix bien différents. Le plus raisonnable sur le plan financier est le modèle de 7,3 pouces affiché à 150 € hors promotion. Au-dessus, le cadre de 13,3 pouces reste envisageable avec son tarif officiel de 350 €. La troisième variante nécessite un sacré budget et un mur suffisamment grand : avec ses 31,5 pouces de diagonale, elle coûte pas moins de 1 500 € ! Le fabricant ne m’a envoyé « que » les deux premiers pour les besoins de ce test et c’est certainement le cœur du marché de toute manière.
Comme toujours avec le constructeur, la générosité est de mise en ouvrant la boîte, à la limite de l’excès ici. Jugez plutôt : outre le cadre lui-même, on a un câble d’alimentation (USB-A vers USB-C), un chargeur 5 W et un petit manuel, du classique jusque-là. On a aussi pas moins de quatre attaches de deux types différents : des crochets associés avec des petits clous à planter dans un mur et d’autres sur un double-face translucide à coller sur une surface bien lisse, comme une fenêtre. SwitchBot a même glissé un niveau à bulle dans l’emballage, histoire que vous ne manquiez vraiment de rien pour l’installation. Plus étonnant encore, on a trois passe-partout blancs en carton en plus de celui déjà placé autour de l’écran.
Il faut dire que l’entreprise essaie de vendre un cadre photo numérique aussi normal qu’un modèle traditionnel, qui dépend d’un morceau de papier. Le design est ainsi volontairement sobre, avec un cadre en métal noir et un passe-partout blanc cassé autour de la zone active. Retirer le montant métallique d’origine permet au passage de réaliser que l’on a un monobloc noir en dessous, si bien que je ne comprends vraiment pas pourquoi trois autres caches blancs sont fournis. SwitchBot a quoi qu’il en soit choisi des tailles standards qui permettent de remplacer la structure fournie par une autre, achetée dans le commerce.
Si le nom d’IKEA resort volontiers dans la présentation, on pourra certainement aller n’importe où pour trouver un cadre qui convient. Le petit modèle mesure environ 25 cm de haut sur 20 cm de large, l’intermédiaire s’établit à 41 cm et 31 cm tandis que le plus grand monte à respectivement 91 cm et 61 cm. Si vous regardez les tailles standards chez IKEA ou ailleurs, vous trouverez en effet rapidement un équivalent. Mais si le design d’origine vous convient, alors vous pouvez l’utiliser directement, en le posant sur un meuble ou en l’accrochant sur un mur. Tout est prévu pour et s’il n’y avait pas la prise USB-C, rien ne permettrait de trahir l’aspect numérique du produit vu de dos.
Les tailles annoncées plus tôt sont celles du produit au complet, pas celles de l’affichage intégré. Une nuance importante, tant les deux valeurs diffèrent. Au passage, je trouve les emballages limite mensongers, avec des bordures autour de l’écran bien plus fines qu’en réalité. L’effet est surtout visible sur le petit modèle, où la zone utile ne mesure que 15,5 cm de haut et 9 cm de large, alors que le passe-partout blanc autour s’étale sur 8 cm en hauteur de chaque côté et même 10 cm en largeur.
Le bilan est plus convaincant sur le cadre moyen, avec des bandes nettement réduites. Son écran mesure alors 26,5 cm de haut sur 20 cm de large, tandis que le passe-partout s’étire sur 6,5 cm en haut et en bas et 4,5 cm sur les côtés gauche et droit. Au total, même s’il y a plus de carton sur le plus grand modèle, les proportions sont meilleures. Sur le petit cadre, l’écran n’occupe que 34 % de la surface, contre 47 % pour le modèle de taille moyenne. Un tiers contre moins de la moitié : même si le format intermédiaire améliore la formule, cela reste assez décevant dans l’ensemble. Du moins, je m’attendais à mieux avant de déballer les appareils.
Avant de pouvoir utiliser le produit, il faudra recharger sa batterie intégrée via le port USB-C au dos. SwitchBot a opté pour la même capacité dans les deux modèles, 2 000 mAh, ce qui lui permet de promettre « jusqu’à deux ans d’autonomie ». Le « jusqu’à » est très important dans cette phrase, car tout dépend du nombre d’opérations effectuées. L’avantage de l’encre numérique, c’est que si l’on ne touche pas à l’image, l’appareil ne consomme plus rien. Naturellement, si vous changez la photo toutes les heures, l’autonomie réelle sera bien plus basse.
L’autonomie de deux ans vaut ainsi pour une rotation hebdomadaire. En changeant toutes les heures d’image, l’autonomie ne se compte plus qu’en semaines d’après mes tests. Le fabricant propose même de changer toutes les 15 minutes, ce qui semble une très mauvaise idée, tant pour la durée de vie que pour le scintillement provoqué par la technologie utilisée. Justement, parlons-en en allumant ces deux cadres photo.
Un cadre photo… à encre numérique au quotidien
On parlera de l’app du fabricant et de la partie connectée plus tard, avant cela je voulais m’attarder sur la technologie choisie par SwitchBot. Pour créer un cadre photo sur batterie avec une autonomie raisonnable, le fabricant n’utilise pas de dalle LCD ou OLED ici, un affichage à encre numérique est au cœur du produit. L’entreprise ne s’en cache pas, ce ne sont pas ses affichages et elle met même en avant la marque utilisée sur son site : on a affaire à des écrans E Ink Spectra™ 6.
















