Ebooks : un sénateur américain désapprouve l'enquête sur Apple et les éditeurs

Florian Innocente |

Le Département américain de la Justice doit abandonner son enquête sur la supposée collusion entre Apple et des maisons d'édition autour du prix des livres électroniques (lire Ebooks : Apple, Penguin et Macmillan retoquent l'enquête du Département de la Justice & iBookstore : retour sur la plainte contre Apple et des éditeurs).

Cette demande sans nuances est formulée par le sénateur démocrate Charles E. Schumer dans une tribune publiée par le Wall Street Journal.

Ce responsable politique estime que cette enquête fait courir le risque de voir Amazon retrouver la position dominante qui était la sienne avant qu'Apple n'entre sur ce marché et propose aux éditeurs de fixer eux-mêmes le prix de leurs ouvrages.

À l'inverse, Amazon, surtout intéressé par vendre le plus possible de ses liseuses Kindle, se permettait de vendre ces livres en dessous du prix auquel il les avait obtenus de ces maisons d'édition. Avec comme autre effet d'opposer une sévère concurrence aux supports papier, vendus par des libraires qui ne pouvaient s'aligner sur ces remises tarifaires.

D'une part de marché de 90%, rappelle le sénateur, Amazon est passé à 60% après l'ouverture de l'iBookstore qui a offert une nouvelle plateforme aux lecteurs, et le prix moyen des ouvrages est passé de 9$ à 7$.

« Le Département de la Justice a ignoré cette tendance générale et met plutôt l'accent sur ​​le fait que les prix de certaines nouvelles sorties ont grimpé. Ce ne sont que quelques arbres qui masquent la forêt » écrit Charles E. Schumer « Bien que les consommateurs puissent avoir un intérêt à court terme sur les prix des tout nouveaux titres, ils ont un intérêt plus pressant à long terme dans la survie de l'industrie de l'édition ».

De son point de vue, le seul fait d'avoir lancé cette enquête a conforté les entreprises monopolistiques et gêné les entreprises innovantes. Il enjoint le Département de la Justice de refermer son enquête mais aussi de se doter de nouveaux outils pour analyser de tels dossiers, le DoJ étant actuellement mieux armé à son goût pour enquêter sur les conséquences de fusions de groupes.


avatar crifan | 
Non, l'ecart de prix ne permet pas de massifier et rentabiliser le livre electronique Ce n'est pas la poignée de liseuses en France qui fera l'avenir de ce mode de consommation dematerialisé. Les consommateurs ne sont pas dupes et le modèle Dayli au USA le montre.
avatar fornorst | 
Et le type a raison Les prix n'ont rien de déraisonnables je trouve par rapport aux livres papiers. En France en tout cas il y a un point particulier à noter : TVA à 7% si papier TVA à 19,6% si électronique De plus ça passe dans le cas particulier par le Luxembourg (21% de TVA) Forcément ces % se retrouvent quelque part... Et ne permet pas de descendre beaucoup le prix du livre
avatar fornorst | 
@capy Peut être mais 15 c'est plus que 7
avatar jarno24 | 
On devrait plutôt pousser les éditeurs à offrir la version numérique pour l'achat de la version papier. L'un doit compléter l'autre et non le remplacer : je préfère lire un livre réel dans mon jardin ou sur la plage, et sa version numérique dans mon lit (iBooks et son mode nuit). Je préfère travailler sur un manuel physique mais emporter une collection d'ouvrages de référence dans ma tablette.
avatar tigre2010 | 
@mark twang Je suis tout à fait d'accord. L'un ne doit se confronter à l'autre, sous peine de le remplacer et donc par là tuer les librairies. Les versions dematerialisees doivent être livré avec le livre.
avatar titistardust | 
@mark twang : Et pour ceux qui ne sont intéressés que par la version numérique ? On impose l'achat du livre papier ? Certains éditeurs (O'Reilly par exemple) proposent des combos : livre seul, format numérique seul ou bien les 2. Chaque combo à des prix différents.
avatar mokuchley | 
Excellentes propositions Jimpi. D’accord sur toute la ligne. Y compris sur la surtaxe pour le livre papier, et la taxe allégée pour le livre numérique (et y compris multimédia, qui pour l’instant reste taxé à 19,6 %). Toutefois cette mesure aurait probablement une conséquence immédiate sur l’activité de nombreuses petites librairies, dont le rôle social et l’utilité, dans un quartier ou dans un village, est considérable. En exposant des centaines de libraire à une poussée du prix du livre ou une réduction d’une marge qui est déjà au bord de leurs coûts d’exploitation, à l’échelle d’un pays tout entier, ce sont des milliers d’emplois de proximité qui seraient bousillés, dans une économie en récession. Pourtant, je partage le diagnostic initial. La version papier devrait être réservé à des produits d’exception… ou des produits de niches (comme les vinyles) pour les nostalgiques. La dématérialisation est une nécessité, mais à mes yeux il manque pour la réussir pleinement, des liseuses grand format. Pour avoir mis en page des centaines d’ouvrages et vivre entourés de livre, je ne regrette pourtant pas le papier, et j’ai gagné en usage de lecture avec l’ipad. Mais pour beaucoup d’ouvrages dont j’apprécie d’autant plus le design que c’était aussi l’un de mes métiers, il me manque des formats plus grands. Je comprend la nécessité de l’iPad de poche, pour la lecture partout, facile à transporter, comme un livre de poche. Mais j’ai aussi besoin de la tablette grand format, comme je pouvais avoir les beaux livres. Pour le confort de lecture de la presse magazine… aussi… Les grands formats offrent des possibilités de design bien plus intéressantes que les petites. Pour être en train de mettre en page un certain nombre d’ouvrages textbooks avec iBook Author… le grand format me manque considérablement.
avatar gamac | 
Dans ce cas, il vaudrait mieux que les éditeurs proposent la version électronique pour deux ou trois euros supplémentaires. Mais c'est ridicule d'en faire une obligation. En revanche, le prix du livre électronique est encore trop cher, et il devrait pouvoir être aligné sur celui du livre de poche. À la limite, qu'on fasse un régime particulier pour les nouveautés, maisons les bouquins sortis depuis plus d'un an, ou deux à la rigueur, on devrait pouvoir choisir entre le poche et l'ebook à prix équivalent.
avatar jarno24 | 
Moi pas. Le livre papier est indispensable.
avatar jarno24 | 
@mark twang : 'Moi pas. Le livre papier est indispensable.' en revanche, j'y suis favorable sur l'industrie des revues. Je refuse de les acheter en papier dorénavant.
avatar mokuchley | 
Il y a quand même un fait incontournable. Les ventes de livres électroniques ont dépassé le mois dernier les ventes de livres papiers aux États Unis. La question n’est pas de savoir si cela va arriver, mais quand, ça va arriver, ici et partout ailleurs. Ce sera à mon avis plié en moins de cinq ans (pas à partir d’aujourd’hui, mais de la date de sortie du premier iPad, c’est à dire vers avril 2015 maxi) : le nombre d’iPad vendus devrait alors s’établir autour de 500 millions. Et avec les autres tablettes apparues sur le marché et peut être déjà post tablettes, arrivés sur le marché, la dématérialisation concernera déjà plus de un milliards de périphériques de lecture… dans l’hypothèse basse. Mais il y aura encore des gens qui garderont les livres comme des objets précieux, comme marqueur social, ou par nostalgie du temps passé… exactement comme avec le vinyle. En tant que designer de journaux et de livres, je n’ai eu de cesse que d’intervenir pour réduire le volume de papier consommé tout en améliorant la lisibilité et l’ergonomie… et à titre personnel, je n’imprime plus rien depuis déjà sept ans. Le papier, et les vapeurs des encres, ne m’inspirent aucune nostalgie. Mais les beaux livres, d’architecture, d’art ou de cuisine, feront encore longtemps parti de ma bibliothèque. Mais pour les ouvrages du quotidien, rien ne justifie que le quatrième mur de mon bureau ne soit à son tour recouvert de papier… (à moins de m’en servir d’isolant thermique et phonique) ;-)
avatar estebane94 | 
Je ne suis pas spécialiste du secteur, mais pourquoi ne pas donner un accès à prix réduit à l'eVersion lors de l'achat d'un livre papier et inversement ? Je vois beaucoup d'avantages à cette formule, seule obligation (et contrainte technique) : laisser une trace - aussi - lors de son achat papier.

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