Test du casque sans fil MDR-10RBT de Sony

Nicolas Furno |

Sony propose une gamme très complète de casques pour tous les prix et tous les usages. Au sein de cette gamme, nous nous intéressons au MDR-10RBT, un produit Bluetooth qui a l’avantage d’être à un prix raisonnable tout en proposant, du moins sur le papier, une qualité audio d’un très bon niveau. Qu’en est-il dans les faits ? Réponse dans notre test !

Léger, confortable et conciliant

Dans le haut de la gamme de casques Sony, on peut compter sur la série des MDR-1 avec plusieurs variantes, dont une en Bluetooth. Plus que son prix plus élevé — environ 250 € — c’est surtout son poids élevé qui l’handicape en utilisation mobile. Avec ses 300 grammes sur la balance, il est vraiment lourd pour un casque et cela peut devenir gênant quand on doit le porter longtemps.

La série des MDR-10 est une version réduite de la précédente. Plus petits, tous les casques de cette gamme sont non seulement moins chers — comptez moins de 200 € pour le modèle Bluetooth évoqué ici —, mais aussi plus légers. Le MDR-10BT est le plus lourd de cette catégorie de casques, mais il ne dépasse qu’à peine les 200 grammes. À titre de comparaison, c’est quasiment le même poids que le QC15 de Bose qui est lui-même très léger, alors qu’il ne propose pas de connexion sans-fil.

À l’usage, cette légèreté se sent : le MDR-10BT est très confortable et s’oublie très rapidement, ce qui est un excellent point. Outre le poids, c’est aussi la conception de l’arceau qui retient le casque sur la tête d’une part, et des deux écouteurs d’autre part, qui est réussie.

Sony a parfaitement su équilibrer son casque, de sorte qu’il ne repose sur une autre partie du crâne plutôt qu’une autre. Même s’il est vendu comme un casque supra-aural, c’est-à-dire qui se pose sur les oreilles (son grand frère, le MDR-1BT étant un circum-aural, un casque qui vient entourer les oreilles), ses écouteurs sont suffisamment larges pour ne pas pas toucher les oreilles du testeur et de deux autres membres de la rédaction.

Dans l’ensemble, le confort du MDR-10RBT ne souffre d'aucune critique. Les coussinets en faux tissus sont souples et confortables, l’arceau est également très souple et on ne le sent pas peser sur le haut du crâne. Chacun réagira différemment selon sa morphologie, mais ce casque paraît particulièrement bien pensé sur ce point et nous n’avons pas de critique particulière à faire. On peut marcher avec sans problème et l’absence de tout fil est très agréable quand on a besoin de manipuler des objets. En contrepartie, l'isolation passive de ce casque fermé est perfectible.

Le constructeur livre son produit avec une housse très simple, un peu trop à notre goût. Simple pochette souple, elle ne dispose même pas d'un système de fermeture pour maintenir le casque qu'elle ne protège pas contre les pressions. Attention, donc, avant de glisser le MDR-10RBT au fond d'un sac, même si le casque semble assez solide.

Sans fil ou avec ?

S’il est pensé pour fonctionner sans fil et en Bluetooth, on peut aussi utiliser le MDR-10RBT avec un fil, comme un casque standard. Une option bien appréciable pour offrir plus de souplesse : outre le fait que tous les appareils ne sont pas compatibles Bluetooth, ce câble d’ailleurs fourni par Sony permet aussi de continuer à écouter sa musique quand la batterie est vide.

À propos de batterie, Sony annonce que son casque peut fonctionner jusqu’à 17 heures avec une charge. Un très bon chiffre, que nos essais ont confirmé sans peine : en faisant tourner en boucle de la musique à partir d'un iPhone, notre exemplaire a même largement dépassé les chiffres du constructeur. Le casque s'est éteint après plus de 21 heures d'utilisation. Ce n'est pas nécessairement représentatif d'un usage courant — la connexion Bluetooth était optimale par exemple —, mais on peut au moins confirmer que l'autonomie ne devrait pas être un problème.

La recharge se fait avec un câble micro-USB standard qui est aussi fourni par le constructeur. On aurait apprécié qu’un chargeur soit livré, mais on se consolera en rappelant que n’importe quel chargeur USB fera tout aussi bien l’affaire, ou même un simple connecteur USB sur un ordinateur. Deux heures trente sont annoncées pour recharger complètement la batterie.

Sony aurait pu apporter plus d'informations sur l'autonomie restante pour son casque, avec une lumière dédiée par exemple, mais à l'usage ce n'est pas aussi gênant qu'on pourrait le croire. Le MDR-10RBT n'affiche en fait aucune indication pendant l'utilisation, sauf quand la batterie commence à être vide. Dans ce cas, une lumière rouge clignote régulièrement sur le côté du casque : on sait alors que l'on doit recharger, même si pendant nos essais, nous avons noté que l'on pouvait encore écouter de la musique pendant quelques heures sans problème.

Ce même témoin rouge clignote aussi une à trois fois au démarrage du produit. Après le bleu qui témoigne que le casque est bien allumé, on a une série de lumières rouges qui indiquent que la batterie est bien remplie (trois lumières), à moitié pleine (deux lumières) ou presque vide (une seule). En utilisation courante, on se fiera surtout à la lumière qui s'affiche quand l'autonomie devient vraiment limitée.

Explications de Sony sur la lumière rouge affichée après l’allumage pour indiquer la charge restante

Comme tous les casques Bluetooth, le MDR-10RBT doit être préalablement relié au terminal que l’on veut utiliser. Pour ce faire, on active le mode dédié en maintenant le bouton d’allumage appuyé pendant au moins sept secondes et on a alors une alternance de bleu et de rouge. Avec un appareil iOS ou un ordinateur, il faudra lier le casque en passant par les réglages, mais certains appareils mobiles dotés de NFC peuvent gagner du temps.

Le constructeur a en effet intégré la technologie de communication en champ propre que l’on retrouve dans ses smartphones, mais aussi chez d’autres concurrents. Il suffit alors de poser une seconde son téléphone sur l’écouteur gauche, et la liaison se fait toute seule, ou presque. Nous avons testé cette fonction avec le nouveau Galaxy S5 de Samsung et tout fonctionne comme annoncé.

Même si la première connexion est plus compliquée avec un iPhone, faute de NFC, la différence en utilisation courante est imperceptible. Sony a bien fait les choses sur ce point : il suffit d’arrêter sa musique pour que le casque se coupe de lui-même et il suffit ensuite d’une brève pression sur le bouton d’allumage, non seulement pour réactiver le MDR-10RBT, mais aussi pour le connecter automatiquement à l’appareil mobile associé. Placé en veille, le casque peut encore tenir 450 heures selon le constructeur.

Un casque meilleur sans le fil

Le MDR-10RBT fonctionne avec ou sans fil, on l’a dit. Trop souvent, les casques Bluetooth pèchent par une qualité largement réduite quand on les utilise sans fil. L’excellente surprise de ce modèle, c’est que ce n’est pas le cas : sur le papier, la réponse en fréquence du casque est bien meilleure avec le câble (5 Hz - 40 kHz) que sans (20 Hz - 20 kHz), mais en pratique, la différence est, à notre avis, imperceptible.

Des oreilles plus fines que les nôtres pourront détecter une différence, mais il faudra sans doute aussi passer par une qualité supérieure que les formats compressés que l’on utilise le plus souvent sur nos smartphones. Pendant nos essais réalisés avec des fichiers en AAC 256 kbit/s (l’encodage choisi par Apple pour iTunes Match), nous n’avons jamais relevé la différence, ce qui est une très bonne chose.

Ce casque Bluetooth propose une excellente qualité audio, même quand on n’utilise pas le fil. Sony ne manque pas d’expérience en la matière et le constructeur a mis au point un son assez clair et précis, qui met en avant les aigus et les basses. À défaut d'être neutre, le son proposé est adapté à la majorité des situations et les basses, si elles sont puissantes, savent aussi rester à leur place. L'ensemble est propre, on évite la sensation d'étouffement que l'on a parfois, mais la scène sonore est un peu réduite.

Le résultat ne fera pas l'unanimité — les amateurs de basse devraient être aux anges, les autres feront un peu la grimace —, mais il est incontestable que c’est un excellent casque Bluetooth, et même un bon casque tout court. Notons au passage que la qualité sonore dépend très fortement de la position précise du casque sur les oreilles. Il suffit de marcher un peu vite pour entendre ainsi des variations alors que le casque s'éloigne d'une oreille pour être plaquée sur l'autre. Ce n'est pas rédhibitoire, mais autant le savoir : on ne pourra pas courir avec le MDR-10RBT, qui s'en tire mieux en position statique, assis à un bureau par exemple.

Certes, on pourra avoir mieux au même tarif en abandonnant la connexion Bluetooth, mais cette dernière est incontestablement un confort que l’on abandonne difficilement quand on y a gouté. Par rapport à certains de ses concurrents, on n’a pas à faire de compromis trop importants sur la qualité sonore, et c’est une excellente nouvelle. Au passage, indiquons que le MDR-10RBT est compatible avec l’aptX, un codec de bien meilleure qualité.

Malheureusement, Apple ne l’utilise pas dans ses produits, même si en théorie on peut l’activer sur les Mac. Nos essais ont ainsi été réalisés avec un protocole qui compresse la musique et on pourrait donc, en théorie, obtenir de meilleurs résultats encore. Dans la pratique, les essais en filaire ont montré que la différence était difficile à entendre et on imagine qu’il en ira de même si on l’utilise avec ce codec de meilleure qualité.

Partant du constat que ce casque est aussi bon avec ou sans le fil, on regrette en revanche que toutes ses fonctions avancées soient réservées à la connexion Bluetooth. Sous l’écouteur droit, on a en effet plusieurs contrôles qui servent à la fois pour modifier le volume et pour gérer la lecture. Un bouton à deux zones sert au volume, un bouton que l’on peut presser et pousser d’un côté ou de l’autre contrôle la lecture et la piste jouée.

Ces boutons sont assez faciles à reconnaître du bout des doigts et on apprend vite à les manipuler sans leur prêter attention. C’est très pratique, mais ces contrôles sont réservés à la connexion Bluetooth. Dommage, d’autant que le câble aurait très bien pu transmettre ces mêmes commandes. En utilisation filaire, le MDR-10RBT est beaucoup moins pratique et c’est pourquoi ce mode ne servira qu’en dépannage, quand on est à court de batterie justement.

Encore un point à signaler au sujet des contrôles : le volume ne règle pas celui du smartphone, mais un volume indépendant, spécifique au casque. On imagine que c'est un choix assumé de la part de Sony, mais on aurait préféré que les deux correspondent. En l'état, pour augmenter ou baisser le volume, il faudra peut-être gérer deux appareils différents.

Pour conclure

Les casques Bluetooth permettent d'abandonner toute connexion physique entre l'appareil mobile dans sa poche et les écouteurs au niveau de sa tête. C'est un confort indéniable et il suffit d'en utiliser un quelques heures pour ne plus vouloir revenir en arrière, du moins en situation de mobilité. Pourtant, la majorité des appareils exigent de faire des concessions importantes sur la qualité sonore, ou bien encore sur l'autonomie ou le prix.

Le MDR-10RBT n'est pas parfait, certes. Le son produit par ce casque accentue un peu trop les basses pour tous ceux qui aiment une musique plus neutre. L'isolation n'est pas optimale, même pour un casque fermé et quand on marche un peu vite, les écouteurs se déplacent légèrement, ce qui modifie la qualité sonore.

Mais avec son poids plume, son confort irréprochable, son autonomie importante et la souplesse du câble en cas de problème, ce modèle de Sony est une réussite. Vendu autour de 190 € en temps normal, c'est un casque Bluetooth plutôt bon marché qui peut sans problème remplacer un modèle filaire. Notons qu'il est souvent en promotion : à moins de 150 €, il devient alors une excellente affaire.


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