Test de l’Amazon Kindle 2014

Anthony Nelzin-Santos |

Vous attendez peut-être le Kindle Voyage. Malheureusement, il ne sera sans doute pas disponible en France à temps pour les fêtes, et il se négocie à prix d’or sur les sites d’enchères en ligne. Dommage ? Peut-être pas. Le Kindle d’entrée de gamme a été revu pour la première fois en trois ans, et ne vaut désormais plus que 59 €. Le parfait cadeau de Noël ? La réponse dans notre test.

Un Kindle Touch recarrossé

Cette sixième génération de Kindle est la première sans autre bouton physique que le bouton d’allumage, car c’est aussi la première avec un écran tactile. Au premier coup d’œil, on pourrait donc croire qu’il est moins un successeur du Kindle 5 qu’une déclinaison sans éclairage du Kindle Paperwhite. Il s’agit plutôt… d’un Kindle Touch recarrossé.

Le Kindle 6 (2014) et le Kindle 4 (2011). Le Kindle 5 (2012) n'était rien d'autre qu'un Kindle 4 avec un habillage noir et quelques nouveautés logicielles.
Le Kindle 6 (2014) et le Kindle 4 (2011). Le Kindle 5 (2012) n'était rien d'autre qu'un Kindle 4 avec un habillage noir et quelques nouveautés logicielles.

Le Kindle 6 doit en effet se contenter d’un bel écran E Ink Pearl d’une résolution de 167 ppp, quand le Paperwhite profite d’un superbe écran E Ink Carta d’une résolution de 212 ppp. En l’absence d’éclairage, le contraste n’est pas aussi bon qu’il pourrait l’être : le blanc perle promis par E Ink tire sur l’ivoire, et le noir est au mieux anthracite.

Les deux appareils se distinguent aussi par leur technologie tactile : alors que le Kindle Paperwhite utilise une couche capacitive, le Kindle 6 a renoué avec le système à diodes infrarouges du Kindle Touch. Amazon l’a amélioré, c’est indéniable — nous ne pouvons plus dire qu’il est « aussi peu pratique qu’une voiture à roues carrées ». Mais elle ne peut dépasser ses limites.

Le Kindle 6 face au Kindle Paperwhite de deuxième génération (2013).
Le Kindle 6 face au Kindle Paperwhite de deuxième génération (2013).

L’écran est ainsi enfoncé de quelques millimètres, pour laisser place à la bande de diodes, ce qui peut provoquer des ombres en fonction de l’éclairage ambiant. On peut aussi tourner des pages par erreur, ces diodes ne pouvant pas faire la différence entre un doigt et le bout d’une manche. Et comme elles ne sont pas non plus capables de gérer plus d’un point de contact à la fois, il faut ralentir la frappe lorsque l’on prend des notes.

En cette période où la lumière naturelle vient à manquer, l’absence d’éclairage se fait parfois sentir, mais notre habitude du Kindle Paperwhite doit sans doute jouer. À condition d’avoir activé l’actualisation de l’écran à chaque page pour minimiser la rémanence et donc maximiser le contraste, le Kindle 6 se révèle tout aussi lisible que ses prédécesseurs. Son écran n’est pas aussi fin qu’une bonne impression, mais il rivalise aisément avec le papier grisâtre des livres de poche.

Un système simple, mais pas toujours efficace

La comparaison est d’autant plus pertinente que comme la plupart des livres de poche, le Kindle 6 souffre de défauts typographiques frustrants. Ses polices ont soi-disant « été ajustées manuellement […] pour une lisibilité et un confort exceptionnels », mais leur rendu n’est pas meilleur que sur le Kindle Paperwhite, où il est loin d’être optimal. La justification forcée est toujours agaçante, l’absence de césure provoquant souvent l’apparition de lézardes disgracieuses.

Ces lacunes ne troublent pas la lecture outre mesure, mais l’empêchent d’être aussi agréable que sur d’autres liseuses. Cela résume bien l’« expérience Kindle », d’ailleurs : son système est simple, mais pas toujours efficace. La publicité qui subventionne l’achat, par exemple, est assez discrète… mais elle dégrade quand même le confort d’utilisation. Sans elle, une simple pression sur le bouton de veille suffit pour afficher un livre ; avec elle, il faut en plus balayer l’écran de veille pour confirmer le déverrouillage.

Une publicité sur l'écran d'accueil. On peut se débarrasser de ces « offres spéciales » pour 20 €.
Une publicité sur l'écran d'accueil. On peut se débarrasser de ces « offres spéciales » pour 20 €.

La navigation gagnerait à être améliorée, notamment sur l’écran d’accueil — sauf à passer en mode liste, on peine à trouver ses livres au milieu des liens vers la boutique Kindle. Dans le même temps, les fonctions accompagnant la lecture ne cessent de surprendre par leur utilité. La recherche a été considérablement améliorée, FreeTime permet maintenant aux enfants de lire dans un environnement contrôlé par leurs parents, et X-Ray est présent dans un nombre croissant d’ouvrages.

Ce n’est pas une nouveauté, mais il est toujours appréciable de constater que l’estimation de temps de lecture restant est affinée en fonction de l’utilisateur, ce qui permet par exemple de savoir si l’on va avoir le temps d’entamer ce chapitre avant de sortir du métro. La correspondance pages virtuelles / pages réelles, ou le presse-papiers contenant les notes prises sur l’ensemble des livres, sont autant de petits détails qui distinguent le Kindle des autres liseuses.

Un Kindle pas cher à pas cher

Comment ferait-on la différence autrement ? Chaque génération de Kindle est un peu plus sobre que la précédente. La sixième est même anonyme : les logos « Amazon » et « Kindle », noirs sur plastique noir, sont presque invisibles. Les matériaux employés sont communs, presque vulgaires — le plastique granuleux du dos anguleux rappelle celui des blocs secteurs des copies de copies de produits de sous-marques. Ils ne sont donc pas valorisants, mais ils sont assemblés avec soin.

Le discret logo d'Amazon au dos, dont le plastique granuleux fait très cheap. Remarquez aussi les bords plus anguleux.
Le discret logo d'Amazon au dos, dont le plastique granuleux fait très cheap. Remarquez aussi les bords plus anguleux.

Étrangement cependant, ce Kindle 6 n’a pas la densité de ses prédécesseurs : on dirait qu’il est creux… parce qu’il l’est ! Il ne renferme rien d’autre qu’une petite carte-mère et une petite batterie, dont la capacité de 3,29 Wh n’assure que quatre semaines d’autonomie théorique. Si vous lisez une heure par jour et laissez le Wi-Fi allumé, l’autonomie ne devrait pas dépasser deux semaines. Un Kindle Paperwhite peut tenir six semaines dans les mêmes conditions, huit semaines en théorie.

Décevant ? Dans l’absolu oui, mais le Kindle 6 ne vaut que 59 €. À ce prix là, c’est une chouette petite liseuse. Le Cybook Odyssey rivalise en prix et en fonctions, mais il souffre de défauts similaires et n’est pas soutenu par le redoutable écosystème d’Amazon. Le Kindle Paperwhite est encore en vente, mais l’éclairage représente un surcoût de 70 € que seuls les lecteurs réguliers pourront amortir dans un temps raisonnable.

Pour répondre à la question posée en introduction, donc : oui, le nouveau Kindle d’entrée de gamme fait un bon cadeau de Noël pour un lecteur occasionnel. Surtout s’il s’agit de sa première liseuse — Amazon, qui est un vendeur avant tout, fournit une bonne introduction à son écosystème.

Note

Les plus :

  • Bonne petite liseuse
  • Offre d'Amazon

Les moins :

  • Autonomie un peu courte
  • Toujours des problèmes de rendu du texte
7.5
10

Prix :

avatar Cap.Achab | 

C'est un peu faux de dire qu'il ne vaut que 59 €.
Pour 59 €, il faut accepter de se farder des publicités intrusives, cachées sous l'appellation "offres spéciales". Le vrai prix, sans ces publicités, est de 79 €.

avatar jazz678 | 

@Cap.Achab :
Ce modèle économique qui fait qu'on vous harcèle de publicité jusqu'à ce que vous craquiez et payiez pour être "tranquille"
C'est du racket et c'est juste honteux, limite malhonnête...

avatar enzo0511 | 

comment ça c'est du racket ?

amazon annonce clairement la couleur

celui que ça dérange pas, il le prends à 59, celui qui veut être tranquille c'est 79

au moins, Amazon fait la démarche de le proposer

contrairement à Apple, à plus de 800 euros l'iphone, des pubs ont s'en farcit un paquet et ça ne fait que commencer

avatar Mrleblanc101 | 

@Cap.Achab :
Harceler par la publicité?! Moi je les prendrais bien les publicité sur l'écran de veille de mon appareil (que je ne regarde jamais) contre un rabais de plus de 20%..... En plus ça ne mine pas l'autonomie grâce à l'e-ink

avatar Cap.Achab | 

Ce n'est pas moi qui ai utilisé le terme "harceler". Je parle juste du vrai prix, celui sans la pub, qui est à 79 €.
Le prix d'appel est un prix subventionné, tant mieux s'il vous correspond, tant mieux si vous acceptez la publicité jusque dans votre lit, c'est une histoire de choix.

avatar jojo5757 | 

Et surtout il ne lit pas les ePub (oui je sais on peut convertir avec calibre mais quand même c'est honteux et je n'achèterai jamais de Kindle aussi pour ca (et pour la pub, quelle horreur !). Dommage que Sony ne fait plus de liseuse, j'ai une prs 650 qui est toujours top, qq annees après sa sortie...

avatar Cap.Achab | 

Jamais compris cet argument, ça se fait de manière transparente quand on utilise déjà Calibre. Le seul argument valable c'est que le format est propriétaire, mais l'utilisateur lambda s'en moque.

De toute façon, vu comme la plupart des ePub sont dégueulasses (même - et surtout ? - ceux issus de vendeurs), je reformage toujours mes livres dans Calibre avant de les envoyer (suppression de la marge avant chaque paragraphe, correction des alinéas, suppression de tous les styles imbriqués, uniformisation du texte, quand ça n'est pas refaire la table des matières ou autres, ...).
Pour être passé de Kindle à Kobo Aura HD, puis revenu sur Paperwhite, je ne jure plus que par la liseuse d'Amazon (merci la Caecilla).

avatar duc998 | 

J'ai une Kobo Glo dont je suis enchanté. J'envisage une Aura HD pour la taille d'écran supérieure. Que reproches-tu à l'Aura ? Une des forces des Kobo est justement la possibilité d'installer des polices autre que celle du système (bien que la Caecilla soit présente par défaut). Toutefois,la Paperwhite ne me laisse pas indifférent. Peux-tu m'expliquer ton choix ?

avatar Cap.Achab | 

@duc998 : Je ne sais pas, c'est avant tout une histoire de feeling. Je vais t'expliquer mais ça ne sera pas objectif.

J'ai eu un véritable coup de foudre pour le Kindle (4e génération, le gris avec touches) : je découvrais les liseuses et je n'avais jamais autant lu. Avec le temps, j'ai voulu quelque chose de plus contrasté au niveau de l'écran, et un poil moins austère dans l'utilisation.
La Kobo Aura HD était notée partout comme étant la "Rolls Royce des liseuses". Malgré le prix, je me suis laissé tenté, sur le papier tout était au top : ouverture (ePub), usage, belle interface, tactile, rétro-éclairée, indépendante de Amazon (ça ne me plait pas de dépendre de l'Ogre), etc…
À la réception, quelle déception… Rien qu'au niveau de l'objet, les plastiques était très cheaps, très "plastocs", tout craquait sous la paume. La réactivité n'était pas exceptionnelle, loin de la description vendeuse du processeur à 1 Ghz, l'éclairage tirant sur le bleu me déstabilisait, voire me fatiguait l'oeil. Je le trouvais assez agressif et pas du tout bien réglé. Lumière éteinte, le contraste naturel n'était qu'à peine meilleur que mon ancienne Kindle : des noirs tirant sur le gris et le blanc très vert.
Les typos n'étaient pas belles, on a beau avoir mille réglages et pas mal de choix, on reste sur celle par défaut pour ne pas avoir un truc qui bave trop (encore une histoire de goût, pour lire un livre j'ai besoin d'une typo serif, donc à la base ça réduit le choix). Sans parler des bugs au niveau firmware, ou des options qui disparaissaient d'une mise à jour sur l'autre. Sans parler non plus des fonctions qui s'avèrent être très gadget, voire gênante, comme le suivi de la lecture qui récompense façon trophées Xbox notre progression dans le livre.
Et pour finir, le format ePub à la place du format Mobi n'a absolument rien changé pour moi, car je suis un maniaque de la mise en page, et comme dit plus haut je reformate quasiment systématiquement les livres que je prends. Et je gère ma collection via Calibre, donc dans tous les cas je traite et j'envoie via le soft.
Bref, on était loin à mes yeux de la liseuse haut de gamme décrite un peu partout. Est-ce que les sites de test reprennent tels quels les communiqués de presse ?

Du coup je suis revenu chez Amazon avec la liseuse Paperwhite. Et là j'ai presque retrouvé la magie de ma première liseuse.
Le plastique est agréable au toucher, on est dans un plastique mou un peu caoutchouteux, qui ne glisse pas. Tout est bien monté, ça ne bouge pas sous la pression. L'écran est superbe, je retrouve une typo agréable et bien lissée, travaillée et adaptée en fait, et tout est réactif, bien plus que sur la Kobo. Et l'éclairage tire plus sur le blanc, il est plus naturel. Je peux enfin lire dans le noir sans avoir l'oeil qui me tire. Éteint, le contraste est bien plus marqué avec des noirs bien noirs et un blanc moins gris qu'ailleurs.
Après, l'interface est nettement plus austère, on est dans des menus très carrés, mais tant pis : je ne m'en sers que pour ouvrir un livre. Elle me semble également plus légère niveau poids, à voir. Et y'a ce logo dégueulasse en blanc sur la partie basse.

Je crois qu'il faut mettre dans la balance les priorités. Si tu veux un truc un peu plus ouvert pour lire des livres sans avoir besoin d'un ordinateur, avec une belle interface et un grand écran, la Kobo est plus conseillée.
Pour ma part, mes priorités étaient la blancheur de l'écran et une typo nette et agréable, quitte à en avoir peu, avec une réactivité quasi immédiate, j'ai trouvé tout ça sur la PW.

avatar cedoch | 

Foncez vers les Kobo (Fnac) qui sont ouverts au ePub et sans pub !

avatar MA8306 | 

Foncez vers le Paperwhite qui est la meilleure liseuse sur le marché (si elle est couplée au logiciel Calibre)

avatar free00 | 

Pas besoin de calibre pour convertir les epub en mobi, on peut penser par l'outil officiel qui est bien plus rapide :
http://www.amazon.com/gp/feature.html?docId=1000765211

avatar Letsam | 

Si vous avez le budget, optez plutôt pour le Kindle Paperwhite. Pas de publicité (les "lectures recommandées" qui s'affichent au démarrage peuvent être désactivées dans les options). L'écran lumineux est un vrai atout, sachant que les liseuses les plus récentes sont encore loin de posséder le contraste d'un livre papier. Avec le Paperwhite, vous pouvez lire quelque soit l'éclairage ambiant, et vos yeux vous remercient. J'en parle en connaissance de cause, étant passé du Kindle 3 à ce nouveau modèle.

avatar Neurotron | 

« Foncez vers les Kobo (Fnac) qui sont ouverts au ePub et sans pub ! »
+10^10

Je déconseille à tout le monde d'acheter du Kindle, uniquement parce qu'il ne gère pas l'ePub. Je crée des ePubs (dans un cadre associatif) et je ne veux pas gérer le format d'Amazon, par principe. Le Kobo Glo est pour moi une bonne machine. C'est vrai que les plastiques sont pas aussi beaux que sur une Nook par exemple, mais c'est un bon rapport qualité/prix.

Faut pas oublier que les Kindle sont subventionnés par Amazon, pour vendre leurs livres. Peut-être qu'ils les vendent sans aucune marge…

avatar SpaceVinc | 

Je conseille la Kobo (Aura) dans mon cas, pour une fonctionnalité anecdotique en apparence, mais qui devient très intéressante depuis Yosemite et iOs8 :
Pocket
En un clic avec les options de partage les articles que vous souhaitez lire à tête reposée arrivent sur la liseuse !

avatar conkouati | 

Merci pour tous ces conseils sur la partie technique. Cela permet de se faire une bonne opinion sur le hardware.
En revanche est-ce que l'un de vous pourrait rajouter un commentaire sur les catalogues disponibles kindle vs kobo, notamment pour ce qui est littérature jeunesse récente (i.e. pas gratuite...)?

@+

avatar adrian90 | 

L'écran lumineux est un vrai atout, sachant que les liseuses les plus récentes sont encore loin de posséder le contraste d'un livre papier.
http://www.denygames.com/
http://www.denyjuegos.com/
https://sites.google.com/site/1on1soccerheads/
https://sites.google.com/site/unblockedhappywheels/

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