Timeline : Un mois avec le Galaxy S8+

Journal de bord d‘un utilisateur d‘iPhone de longue date à la découverte d‘Android et du tout nouveau smartphone de Samsung.

Un mois avec le Galaxy S8 : le bilan

Pendant un mois, j’ai utilisé un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

Ça y est, j’ai utilisé un Galaxy S8+, le flagship 2017 de Samsung, pendant un mois. Au départ attiré par l’écran OLED et sans bordures du téléphone, j’étais aussi curieux de découvrir ce que valait Android en 2017 et le faire en profondeur. Un mois, ce n’est pas suffisant pour découvrir toutes les possibilités, mais faire un usage quotidien et exclusif pendant quatre semaines du système, c'est suffisant pour avoir un aperçu assez complet.

Cliquer pour agrandir

Cela fait maintenant quelques jours que j’ai repris mon iPhone 7 Plus et iOS. Une bonne occasion de faire le bilan de cette expérience et d’esquisser les points forts de l’un et de l’autre.

Résumé des épisodes précédents

Si vous n’avez pas suivi la timeline, vous devriez commencer par mes précédents articles, puisque je ne les répéterai pas ici à nouveau. Voici les plus importants :

L’écran, la star du téléphone

Difficile de ne pas commencer en évoquant, encore une fois, l’écran. C’est indéniablement la meilleure fonction du S8 et cet écran OLED qui recouvre quasiment toute la façade avant est décidément magnifique. Impossible de se lasser, même si les réglages colorimétriques de Samsung sont parfois un petit peu exagérés, mais cela se modifie facilement.

L’écran est très lumineux et lisible en toute situation. Ses contrastes sont infiniment meilleurs que ceux de n’importe quelle dalle LCD et sur les interfaces sombres, la différence est parfois spectaculaire. Ajoutez à cela des couleurs éclatantes et une densité de pixels très élevée (529 ppp sur le S8+) et vous aurez un affichage extrêmement plaisant à utiliser et à regarder, bien sûr.

Netflix est une excellente app pour apprécier les qualités de l’écran conçu par Samsung. Au noir profond de l’interface répondent les couleurs vibrantes des images : un régal. Cliquer pour agrandir

En reprenant l’iPhone après un mois avec un écran OLED, la comparaison est cruelle pour Apple. Le constructeur a poussé le LCD dans ses derniers retranchements et le profil colorimétrique d’iOS est plus neutre, mais la différence saute aux yeux. Les couleurs sont plus ternes, les noirs sont toujours un peu gris et on n’a jamais l’effet spectaculaire que le téléphone de Samsung offre et dont je ne me suis jamais lassé.

L’absence de bordures est très sympathique et la prise en main est améliorée. Le S8+ intègre un écran nettement plus grand, mais il est moins large que l’iPhone 7 Plus, ce qui m’a permis d’accéder plus facilement à toute la largeur du téléphone. C’est bien pratique, mais je me suis aperçu en revenant à l’iPhone que ce design, très joli sur les photos, ne me manquait pas. Je pensais que ce serait une vraie gêne, mais j’ai vite repris mes marques sur le téléphone d’Apple. Il faut dire que la différence en largeur, celle qui compte le plus, n’est pas très importante.

L’absence de bordures permet d’accéder plus facilement à l’autre extrémité de l’écran, c’est confortable. Cliquer pour agrandir

Le format allongé est très sympathique et il permet d’avoir plus de contenu à l’écran. Les rumeurs disent que ce n’est pas la piste que veut suivre Apple — on évoque un écran allongé, mais avec une zone en bas réservée au système et donc le même espace dédié aux apps — et c’est dommage, je pense que c’est un format intéressant sur un téléphone.

Au niveau des idées dont Apple pourrait trouver matière à inspiration, j’ai beaucoup apprécié l’écran toujours allumé du S8. Avoir l’heure toujours disponible du coin de l’œil et une vague idée des dernières notifications reçues, le tout sans impact net sur l’autonomie grâce à l’OLED… c’est une formule gagnante. J’espère qu’Apple la reprendra pour son futur iPhone et même, d’ici là, pour l’Apple Watch déjà équipée d’un tel écran.

L’écran du S8 ne s’éteint jamais (si vous le souhaitez) : pratique pour le surveiller en permanence du coin de l’œil. Cliquer pour agrandir

Je pourrais pointer du doigt la colorimétrie parfois plus impressionnante que réaliste, ou encore les bords courbés plus spectaculaires en photo qu’utiles à l’usage. Néanmoins, il est indéniable que l’écran du Galaxy S8+ est vraiment magnifique et bien supérieur à celui de l’iPhone.

De manière générale, Samsung a bien travaillé cette année et la qualité de fabrication de son téléphone haut-de-gamme est au niveau d’Apple. Je ne parle pas d’ergonomie et des choix parfois discutables, j’y reviendrai, mais bien de la qualité de construction. Le verre des deux côtés relié par un cadre en métal forme un ensemble d’excellente qualité, rien ne bouge et tout est précisément assemblé. Sur certains points, c’est même mieux que chez Apple : il n’y a aucune antenne de visible et l’appareil photo ne dépasse pas au dos.

L’appareil photo ne dépasse pas. Certes, le S8 est légèrement plus épais que l’iPhone 7, mais il m’a fallu les poser côte à côte pour m’en rappeler : la différence est minime. Cliquer pour agrandir

La quantité au détriment de la qualité

Sur la photo juste au-dessus, vous voyez l’appareil photo principal du S8, mais ce n’est pas tout. Comme sur l’iPhone, il y a aussi un flash pour éclairer les scènes sombres, mais Samsung a aussi ajouté son capteur d’empreintes à droite et encore un autre capteur, cette fois pour le rythme cardiaque, à gauche.

Je trouve que cette photo résume assez bien la principale critique que je peux émettre contre le Galaxy S8+. Elle était là dès ma prise en main et elle n’a pas vraiment changé au fond : il y a beaucoup de fonctions à tester et d’options à régler, mais Samsung favorise souvent la quantité, au détriment de la qualité. Et parfois au détriment même de l’utilité.

Le mode DeX de Samsung, ambitieux, mais pas abouti. Cliquer pour agrandir

Prenons le capteur cardiaque en exemple. Sur le papier, c’est une bonne idée de pouvoir mesurer son rythme cardiaque régulièrement. L’application Samsung Health prend en charge cette mesure et vous incite à la faire régulièrement. Oui, mais voilà : je n’ai réussi à obtenir une mesure rapidement que deux ou trois fois, et je peux vous dire que j’ai essayé de nombreuses fois en un mois ! Le doigt est toujours trop serré ou pas assez, il n’est jamais correctement positionné… Manifestement, cette fonction n’est pas au point, alors pourquoi la proposer ?

Il y a des cas plus gênants à l’usage, comme le bouton dédié exclusivement à Bixby sur le côté. Je comprends très bien que Samsung cherche à se différencier de n’importe quel autre smartphone Android et proposer son propre assistant n’est pas une mauvaise idée. Mais même sans juger de sa valeur par rapport à celui de Google, il n’est pas prêt dans nos contrées, faute d’assistant vocal. Dès lors, pourquoi imposer ce bouton ? Ou bien pourquoi ne pas proposer aux utilisateurs d’en changer la fonction ?

Bixby, c’est aussi de l’intelligence dans l’appareil photo. Donc quand vous pointez le téléphone sur une rose, il peut afficher… d’autres images de roses. Super. Cliquer pour agrandir

Le DeX est un bon exemple lui aussi. Ce socle qui transforme un Galaxy S8 ou S8+ en ordinateur de bureau d’appoint est très ambitieux, probablement trop pour son bien. Samsung a essayé de reproduire un système d’exploitation complet, mais le téléphone n’est pas capable de tenir la distance et j’ai été totalement bloqué par des performances médiocres. J’aurais préféré un mode DeX plus restreint et plus abouti.

Je pourrais encore citer les multiples options offertes pour déverrouiller le téléphone — empreintes, iris et reconnaissance faciale — et les problèmes avec chacune d’entre elles. Le capteur d’empreintes très mal placé au dos s’est finalement avéré être la meilleure solution, ce qui en dit long sur le côté gadget ou mal pensé des autres. La reconnaissance d’iris n’est pas aussi sécurisée qu’on le croyait et elle nécessite de positionner le téléphone bien en face du visage, ce qui est gênant à l’usage.

Le capteur d’empreintes est à droite dans cette zone creusée de la coque utilisée avec le S8. Cliquer pour agrandir

Quant à la reconnaissance faciale, elle est plus sûre que ce que l’on disait (aucun collègue n’a réussi à déverrouiller le téléphone avec des photos ou vidéos), mais elle n’est pas pratique au quotidien. Elle a été conçue pour les gens qui ne portent pas de lentilles — dès que vous avez des lunettes, elle ne fonctionne plus — et la détection échoue dès que les conditions lumineuses se détériorent. En gros, cela fonctionnait bien en journée au travail, mais le soir chez moi, je n’arrivais plus à rien. Le capteur digital fonctionne mieux, mais son placement malheureux ne m’a quasiment jamais permis de débloquer le téléphone d’un seul coup. Même après une trentaine de jours…

La liste d’options proposées par Samsung est encore longue. Il y en a des dizaines partout, depuis l’appareil photo et son clone de Snapchat, jusqu’aux fonctions « exclusives » du constructeur, comme la zone activée en glissant depuis le bord à droite. Je l’ai laissée active par curiosité, mais je ne l’ai jamais utilisée volontairement et je l’ai finalement coupée totalement. Pareil pour toutes les options qui permettent d’afficher deux apps en même temps, voire de les réduire à des fenêtres flottantes.

Une vidéo YouTube en cours de lecture en haut, une autre app en bas. C’est pratique, mais pas autant que le mode image dans l’image qui viendra avec Android O. Si vous appuyez sur le bouton d’accueil, les deux apps se ferment et la lecture s’arrête. Cliquer pour agrandir

Je ne dis pas que tout le monde trouvera cela inutile. La possibilité de garder une vidéo en lecture tout en utilisant une autre app est d’ailleurs plutôt bien vue sur un écran aussi haut que celui du S8. Malheureusement, je trouve que ces fonctions sont souvent trop complexes et le système veut souvent trop en faire. Certes, je peux les ignorer et c’est ce que j’ai fait pour la majorité d’entre elles. Malgré tout, on sent leur poids à l’usage et je pense que les problèmes spectaculaires de lenteur que j'ai pu éprouver à certains moments sont, en partie au moins, liées à ces fonctions ajoutées par Samsung.

Sous le verre, toujours Android

C’est bien le cœur du problème. Samsung ne disposant toujours pas d’un système mobile capable de rivaliser avec celui de Google, le coréen essaie de multiplier les fonctions spécifiques qui le distingueront de tous les autres fabricants de smartphones. Pendant longtemps, la surcouche graphique Touch Wiz transformait totalement Android, mais Samsung a fini par la restreindre à la portion congrue face à son manque de succès.

Le Spotlight de Nova Launcher, le lanceur que j’ai finalement installé sur le S8. Cliquer pour agrandir

La vérité, c’est que sous le verre et sous la surcouche désormais très légère, c’est toujours Android que vous retrouverez. C’était ma première véritable expérience avec le système mobile le plus répandu sur le marché, en tout cas la première fois que je l’utilisais exclusivement pendant plusieurs jours. À l’arrivée, je ne m’en cache pas, c’est la principale raison qui justifie mon retour à iOS, même s’il y a de très bonnes choses à piocher.

Je me suis déjà longuement exprimé sur mon expérience avec Android, alors je ne vais pas recommencer ici. iOS gagnerait à ouvrir un petit peu son écran d’accueil, sans aller aussi loin que celui d’Android où l’on peut tout changer. Le concept des raccourcis différents des apps elle-même est toutefois intéressant et je serais curieux de voir ce qu’en ferait Apple.

Le menu de partage d’Android mêle apps, actions et contacts récents. Sur le principe, il fonctionne mieux que celui d’iOS, notamment en retenant les derniers usages. En pratique, il est souvent lent et les algorithmes affichent rarement ce que je veux en premier. Cliquer pour agrandir

Depuis iOS 8, on peut installer des claviers différents sur un appareil iOS, mais Apple a toujours traité les claviers tiers différemment du sien et les performances n’ont jamais été aussi bonnes. Android fonctionne aussi bien avec n’importe quel clavier et j’ai beaucoup apprécié Gboard, celui de Google. Il regorge de bonnes idées et en voici une facile qu’Apple pourrait reprendre sur les plus grands iPhone : une rangée dédiée aux chiffres toujours visible.

Cela fait partie des petits trucs qui me manquent après mon retour à l’iPhone et il y a bien assez de place sur mon 7 Plus pour glisser cette rangée. En parlant de glisser, 3D Touch m’a souvent manqué pendant le mois passé avec le S8, mais le pire, c’était pour déplacer le curseur. Avec Gboard, je pouvais le faire uniquement sur la barre d’espace et ce n’était pas terrible. La gestion du texte et notamment des copier/coller est d’ailleurs assez moyenne sur Android, je trouve que c’est souvent plus simple et fiable avec iOS.

Le clavier Gboard avec la rangée dédiée aux chiffres. Cliquer pour agrandir

De manière plus générale, la liberté offerte par Android est assez grisante quand on a l’habitude d’iOS. Imaginez donc, vous pouvez choisir n’importe quel navigateur ou client mail ! Vous pouvez tout faire ou presque, mais cette liberté a un prix. Vous imaginez Apple fournir un antivirus dans iOS ? C’est pourtant précisément ce qu’a fait Samsung… Au-delà de la sécurité, le système essaie d’optimiser les apps, mais il le fait en proposant d’interrompre leur fonctionnement en arrière-plan.

Toute cette gestion, c’est souvent l’utilisateur qui doit s’en charger, au moins en partie. Android essaie d’être malin et d’informer l’utilisateur de ce qu’il devrait faire, mais il n’empêche que vous avez constamment des alertes et des messages d’informations. La philosophie des deux systèmes est totalement différente et cela se voit très bien ici : iOS est restrictif par défaut et autorise certaines apps à sortir du cadre ; Android est ouvert par défaut et limite certaines apps en fonction du contexte.

Exemple d’un cas où Android a mis en veille onze applications sur mon S8. Et a jugé bon de me prévenir et même de me proposer d’en mettre davantage en veille. Cliquer pour agrandir

Le plus important reste le logiciel

Alors, iOS ou Android ? Apple ou Samsung ?

Samsung contre Apple, Android contre iOS. Cliquer pour agrandir

Il n’y a pas qu’une seule réponse et le succès d’Android prouve bien que le système conçu par Google convient parfaitement à la majorité des utilisateurs. Pour ma part, je préfère le cadre plus fermé d’Apple. Il est frustrant parfois, c’est vrai, mais il est en général mieux pensé, plus cohérent et stable, plus simple pour l’utilisateur.

Android est nettement plus puissant, parfois trop. Et sa complexité augmente quand, en plus des fonctions pensées par Google, il y a toutes celles ajoutées par le constructeur de téléphone. Par exemple, quasiment toutes les apps de base livrées avec Android sont doublées par une app équivalente de Samsung. Et la plupart sont installées par défaut, ce qui fait que vous devrez choisir un navigateur, un client mail, une calculatrice, une horloge… dès le départ.

Chacun choisira en fonction de ses besoins et de ses envies, mais le plus important, je pense, reste le logiciel. Samsung peut bien concevoir le meilleur matériel qui soit, utiliser un écran sublime et proposer un design séduisant, je privilégie toujours au bout du compte le système d’exploitation. Et même si j’ai trouvé des choses intéressantes du côté d’Android, iOS reste loin devant pour moi, il n’y a même pas vraiment de débat.

Il manque aussi à Android des apps aussi bien pensées et finies que celles que l’on peut trouver sur l’App Store. J’ai repris l’iPhone à peu près quand le gestionnaire de tâches Things 3 est sorti et je dois dire que cela a été très dur pour mon mois passé avec le S8+ et avec Android. Je n’ai jamais trouvé une app aussi bien conçue que celle-ci sur le Play Store de Google, et c’est encore peu dire.

Le bouton + de Things 3, une idée originale et excellente pour ajouter rapidement une tâche.

Rétrospectivement, c’est le principal défaut que je soulèverai de cette expérience : les meilleures apps Android que j’ai pu tester étaient bien inférieures aux meilleures apps iOS. Je ne sais pas pourquoi c’est le cas, mais j’attends encore de voir une app aussi élégante, fluide et bien pensée que Things 3 sur le Play Store.

Certains me reprocheront mon avis biaisé dès le départ, et c’est vrai que mon avis n’a pas changé depuis le début. Néanmoins, j’ai donné une vraie chance à ce S8 et à Android et après quasiment un an passé avec iOS 10, j’avais fait dix fois le tour du système d’Apple et j’étais prêt à tester quelque chose de nouveau. Je n’ai pas été déçu côté nouveautés, mais en revanche, je n’ai pas été convaincu.

Merci à tous d’avoir suivi cette timeline. Si vous utilisiez un iPhone et que vous avez opté pour un S8, n’hésitez pas à ajouter votre point de vue au mien dans les commentaires pour enrichir la discussion !

J'ai essayé Android Wear avec mon S8+

Pendant un mois, je vais utiliser un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

Quand je dis que j’ai remplacé mon iPhone 7 Plus par un Galaxy S8+, ce n’est pas complètement vrai. L’Apple Watch qui est à mon poignet depuis deux ans maintenant est totalement incompatible avec Android et le téléphone d’Apple reste ainsi toujours avec moi, au minimum au fond du sac, pour continuer à utiliser la montre. Ne reculant devant aucune épreuve, j’ai décidé de tester l’expérience Google jusqu’au bout en commandant une montre connectée Android Wear.

La Fossil Q avec Bits, l’un des nombreux cadrans Android Wear. Cliquer pour agrandir

Le matériel importait peu pour mon essai et nous avons commandé ce modèle de Fossil qui avait l’avantage d’être vendu à un prix raisonnable (220 € environ) et d’être disponible rapidement. Je ne vais pas m’étendre sur le matériel trop longtemps, si ce n’est pour dire que je trouve que ce n’est pas terrible du tout. Le constructeur a essayé de faire une montre intelligente qui ressemble à une montre physique, mais c’est du skeuomorphisme inutile.

La molette et la lunette prennent de la place pour rien et elles ne tournent pas. La montre est aussi beaucoup trop épaisse et grosse à mon goût, son écran LCD a des angles de vision réduits et surtout il n'est pas complètement rond, ce qui est hideux, en plus de ne pas être pratique. Bref, ce n’est pas une très bonne montre à mon avis, mais je vais m’intéresser davantage à Android Wear associé à un smartphone Android.

Cette montre ne dépasse que de 4 mm l’Apple Watch 42 mm que je porte habituellement au poignet. À l’usage, c’est une différence pourtant sensible. Cliquer pour agrandir

Android Wear, un deuxième smartphone au poignet

Contrairement à Apple, Google ne force pas Android Wear sur sa plateforme et il faut installer l’app dédiée sur un smartphone pour utiliser une montre. Cette approche a des avantages néanmoins : l’app peut être mise à jour indépendamment du système et elle n’est pas limitée à Android. Si vous voulez utiliser une montre Android Wear avec un iPhone, il existe une app pour cela.

La première connexion est aussi simple qu’avec une Apple Watch, quoique différente. Vous devrez d’abord connecter la montre en Bluetooth, confirmer un code affiché sur son écran et initier la procédure… après avoir chargé la batterie d’au moins 20 %. La montre que nous avons reçue était totalement à plat et elle était a priori produite depuis un moment déjà. L’occasion de découvrir que la recharge se fait en induction, avec une technologie propriétaire qui ressemble à un clone du galet d’Apple.

Première étape : recharger la montre. Cela se fait aussi simplement que chez Apple. Cliquer pour agrandir

Une fois la montre configurée, il m’a aussi fallu la mettre à jour. Android Wear 2.0 est disponible depuis quelques mois, mais ce n’était pas la version installée sur la Fossil à mon poignet. J’ai testé pendant quelques heures la première version, mais la mise à jour est bien supérieure et c’est celle que j’ai surtout utilisée au cours des derniers jours.

Avec Android Wear 2, Google a rattrapé son retard par rapport à watchOS, notamment en permettant d’installer des apps natives sur la montre qui peuvent fonctionner sans smartphone attaché. De façon générale, une montre dans l’écosystème Android est nettement plus indépendante qu’une Apple Watch et certains modèles équipés de carte SIM peuvent même être utilisés seuls. Ce n’est pas le cas de ma Fossil, mais il n’empêche que j’ai souvent eu le sentiment d’avoir un deuxième terminal Android à mon poignet.

Cliquer pour agrandir

Ce que je veux dire par là, c’est que la montre est gérée indépendamment du smartphone, alors que les deux appareils sont intimement liés chez Apple. Un exemple : ce n’est pas parce que vous activez le mode « Ne pas déranger » sur l’un qu’il sera activé aussi sur l’autre, les deux réglages fonctionnent de manière indépendante. Par défaut, une Apple Watch reprend les réglages de l’iPhone associé, même si l’utilisateur peut les dissocier.

À ma connaissance, il n’y a pas de réglages dans Android Wear pour que les réglages fonctionnent ensemble. Cette app promet de synchroniser le mode « Ne pas déranger », mais uniquement de la montre vers le smartphone et je n’ai pas réussi à la faire fonctionner. Et au-delà de cet exemple précis, la différence philosophique est évidente. Une montre Android Wear 2 est pensée pour fonctionner avec un smartphone, n’importe quel smartphone, et elle doit ainsi être largement plus indépendante.

L’icône du Play Store n’est pas là par hasard : Google a intégré sa boutique directement sur la montre… Cliquer pour agrandir

C’est visible quand il faut installer des apps. En tant qu’utilisateur habitué à l’Apple Watch, j’imaginais que cela se ferait depuis le Galaxy S8+, mais non. L’installation doit se faire directement depuis la montre, en passant par le Play Store embarqué, même si pendant la première configuration, vous pouvez télécharger automatiquement toutes les apps disponibles.

Par la suite, si vous voulez installer une app Android Wear, vous devrez le faire depuis le Play Store. Google vous aide en affichant la liste des apps compatibles Android Wear installées sur votre smartphone. Il n’empêche que c’est à vous de les installer sur la montre et cela se fait directement depuis le Play Store si vous êtes connecté en Wi-Fi. Il n’y a, à ma connaissance, aucun moyen d’automatiser ce processus. En revanche, on peut installer une app directement sur la montre depuis son ordinateur, ce qui est bien pratique.

L’écran d’accueil du Play Store à gauche, la liste des apps à installer sur la montre au centre et l’écran pendant l’installation d’une app à droite. Cliquer pour agrandir

Outre l’installation des apps la première fois, le Play Store est le lieu où mettre à jour les apps installées sur la montre, même si c’est fait automatiquement en temps normal. Et c’est une boutique complète que vous avez au bout du poignet, avec une fonction de recherche et des fiches complètes pour les apps, captures d’écran et commentaires y compris. À mon goût, Google est allé un petit peu loin dans ce sens, surtout sur les montres rondes comme la mienne où cette interface n’est pas vraiment optimisée (et c’est un euphémisme).

Fiche complète d’une app (ici, un cadran) affichée sur la montre. Ce n’est pas terrible sur les captures d’écran, c’est pire en vrai. Cliquer pour agrandir

De manière générale, une montre Android Wear nécessite plus de maintenance qu’une Apple Watch je trouve. Un exemple parmi d’autres : la montre mémorise les réseaux Wi-Fi pour s’y connecter automatiquement. Normalement, elle récupère le réseau utilisé par le smartphone, sauf qu’elle n’est pas compatible avec les réseaux uniquement sur la bande de fréquences 5 Ghz.

Chez moi, le S8+ est connecté à un réseau uniquement de ce type et j’ai été obligé d’associer la montre à un deuxième réseau Wi-Fi sur la bande 2,4 Ghz. La procédure a été assez simple à réaliser, le mot de passe est saisi sur le smartphone et cela fonctionne plutôt bien, mais c’est pénible d’avoir à le faire à la main malgré tout.

Une montre Android Wear mémorise ses propres réseaux sans-fil, pas nécessairement les mêmes que le smartphone associé. Cliquer pour agrandir

Je m’attendais à une meilleure intégration entre Android et Android Wear, mais elle est finalement limitée. La seule option que j’ai repérée concerne les appels et notifications qui restent en silencieux quand la montre est au poignet. Le smartphone peut aussi rester déverrouillé tant qu’il est connecté à la montre, c’est l’une des options de Smart Lock, mais c’est une option assez dangereuse, puisqu’elle ne gère pas le fait que la montre soit portée ou non, ni qu’elle soit verrouillée ou non.

Une montre à tout (trop) faire

L’approche suivie par Google a aussi des avantages. Pour commencer, les montres Android Wear peuvent aussi être associées à un iPhone, là où l’Apple Watch ne fonctionne pas du tout avec un smartphone Android. Ensuite, le système dépend moins de la connexion directe au téléphone via le Bluetooth qui reste très lent.

Android Wear nécessite aussi suffisamment de puissance, si bien que les composants utilisés sont nettement plus puissants que ceux de l’Apple Watch. À titre de comparaison, la Fossil que j’ai utilisée pour cet article est équipé d’un système-sur-puce de Qualcomm qui intègre un processeur quad-core capable de monter à 1,2 Ghz. L’Apple Watch la plus récente est équipée d’un processeur dual-core bloqué à 780 Mhz « seulement ».

On peut jouer sur une montre Android Wear (ici, Invaders). Cliquer pour agrandir

Cette débauche de moyens techniques assure une fluidité générale rarement mise en défaut, même si certaines apps peuvent ralentir la montre et parfois la faire planter. Par rapport à l’Apple Watch de première génération que je porte au quotidien, c’est le jour et la nuit et c’est même plus rapide souvent qu’une Apple Watch Series 2. Pour prendre un exemple concret, Transit se lance très rapidement sur Android Wear, bien plus que sur watchOS.

Les développeurs peuvent aussi se permettre à peu près tout et n’importe quoi et vous trouverez des apps complètes et complexes pour Android Wear. Il y a des jeux, des clients mails complets, des explorateurs de fichiers (pour les fichiers de la montre, oui) et même des outils de benchmarks (ma montre est mesurée à 1872 points si vous voulez tout savoir). Le clou du spectacle ? Ce client YouTube qui, aussi incroyable que cela puisse paraître, fonctionne à peu près.

Avouez-le, vous aussi, vous rêviez de regarder vos vidéos YouTube sur votre montre !

Cette liberté est amusante et grisante, mais Android Wear a aussi souvent tendance à essayer d’en faire trop. On a beaucoup critiqué l’Apple Watch pour sa complexité, mais quand on a compris les concepts de base de watchOS, on s’y retrouve vite, notamment parce que les options laissées aux développeurs sont assez limitées. Mais aussi parce que la montre n’est qu’une extension du téléphone, ce qui la simplifie largement : vous n’avez pas à gérer les apps depuis le poignet, par exemple.

À l’inverse, j’ai souvent eu le sentiment d’être perdu ou de ne pas savoir comment faire quelque chose sur cette montre à la sauce Google. Certes, c’est en partie une question d’habitude et je m’y retrouve mieux chaque jour. Mais il y a aussi quelques problèmes ergonomiques, comme le fait qu’il n’y a aucun moyen simple de revenir immédiatement au cadran. L’unique bouton physique sur ma montre sert à afficher le sélecteur d’apps et couvrir l’écran avec la paume ne sert qu’à réduire la luminosité. D’où ce sentiment parfois d’être perdu dans l’interface et ne pas savoir comment s’en sortir.

Dans certains cas, ce n’est pas tant la faute d’Android Wear, mais plutôt de la montre de Fossil. Par exemple, elle n’intègre qu’un seul bouton physique, alors que d’autres modèles en ont deux pour simplifier leur utilisation. Quoi qu’il en soit, les choix d’Apple avec watchOS 3 pour gérer les deux boutons de l’Apple Watch me semblent en tout cas bien adaptés pour accéder rapidement aux fonctions désirées.

En haut de la couronne, un bouton poussoir, le seul outil d’interaction extérieur de cette montre. Cliquer pour agrandir

Enfin une montre qui affiche toujours l’heure !

Pour finir sur une note positive, il y a une chose qu’Android Wear fait mieux qu’Apple et elle est essentielle : l’écran de la montre est toujours allumé pour afficher l’heure en permanence. Il n’est pas nécessaire de tourner le poignet et encore moins de le lever. Inutile aussi d’attendre une seconde ou deux pour que l’écran s’allume. L’heure est toujours là, disponible au coin de l’œil ; c’est vraiment très pratique et il serait vraiment temps qu’Apple s’y mette.

Quand j’ai découvert que la Fossil n’intégrait pas un écran OLED très économe (les pixels s'allument individuellement), mais un écran LCD rétroéclairé en permanence, j’ai vraiment eu peur pour l’autonomie. À tel point que j’ai gardé le chargeur avec moi le premier jour, au cas où, mais même avec cet écran alimenté en permanence, l’autonomie est largement suffisante.

L’écran ne s’éteint jamais et l’heure est toujours visible. Comme sur n’importe quelle montre en fait : Apple, c’est quand tu veux ! Cliquer pour agrandir

J’ai beaucoup utilisé la montre ces derniers jours, y compris pour tester ses fonctions de suivi d’effort et pour regarder des vidéos sur YouTube. J’ai toujours fini la journée sans trop de problèmes, parfois dans le rouge, certes, mais jamais dans le noir. Pour moi, c’est équivalent à ce que j’ai encore aujourd'hui avec une Apple Watch qui a plus de deux ans.

Autant dire qu’avec un système aussi optimisé que l’est watchOS et surtout un écran OLED, Apple pourrait ajouter cette fonction sans problème, même si c’est uniquement pour afficher l’écran du mode réserve, avec l’heure dans un coin : on n’a pas besoin de plus, ce serait déjà une avancée. Espérons que watchOS 4, probablement présenté lors de la WWDC, ajoutera enfin cette fonction.

Le mode réserve de l’Apple Watch serait parfait pour un affichage permanent. Cliquer pour agrandir

Et puisque l’on parle d’afficher l’heure, les amateurs de cadrans seront aux anges avec une montre Android Wear. Il y a l’embarras du choix dans le Play Store, des milliers et des milliers de cadrans, des copies de montres existantes et des propositions originales. Il y a vraiment de tout et pour tous les goûts, mais ces options en pagaille sont un peu gâchées par l’écran pas tout à fait rond de la montre de Fossil.

À titre personnel, je préfère un bon cadran bien pensé qu’une multitude d’options moyennes. Je pense que l’Apple Watch gagnerait à être plus souple dans ce domaine, mais je n’ai pas vraiment envie d’avoir tous ces cadrans Android Wear, d’autant qu’ils sont souvent médiocres. Celui que j’ai choisi, Bits, est plutôt malin, même s’il affiche peut-être trop de complications sur un même écran.

Quelques-uns des multiples cadrans disponibles sur une montre Android Wear. Cliquer pour agrandir

La fonction téléphone du S8 est bien pensée

Pendant un mois, je vais utiliser un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

Au fil du mois qui s’est écoulé avec le Galaxy S8+, j’ai émis beaucoup de critiques sur le matériel et surtout sur le logiciel. Je n’ai pas que des choses négatives à en dire toutefois et parmi les fonctions que j’apprécie, l’app téléphone conçue par Samsung est très bien pensée, mieux que celle d’Apple même.

Ce n’est pas l’interface qui est nécessairement meilleure, c’est plutôt les fonctions intelligentes de l’app. Samsung a glissé un annuaire dans son téléphone avec une fonction de recherche extrêmement efficace. L’onglet « Lieu » affiche des restaurants, des hôtels, des bars et d’autres points d’intérêt à proximité. C’est la même fonction que la recherche dans Plans depuis iOS 9, mais c’est intégré directement dans le téléphone, ce que je trouve malin.

L’app Téléphone de Samsung contient un annuaire de points d’intérêt. Outre ces recommandations et les catégories, un moteur de recherche est naturellement de la partie. Cliquer pour agrandir

Le mieux, c’est que vous n’avez pas besoin d’utiliser la recherche ou les catégories. Quand vous composez un numéro, l’app puise dans la base de données pour identifier l’appelant et affiche alors le nom, par exemple du restaurant. iOS le fait aussi, mais uniquement si vous composez le numéro depuis sa fiche, alors que cela fonctionne systématiquement ici, même si vous composez vous-même le numéro.

Pendant l’appel, Samsung exploite sa base de données pour identifier les appels (gauche). Cette même base sert à enrichir l’historique d’appels : le premier numéro dans la liste de droite est associée au restaurant. Cliquer pour agrandir

Naturellement, ce qui fonctionne dans un sens est aussi présent dans l’autre. Quand vous recevez un appel, Samsung exploite sa base de données pour tenter d’identifier le numéro. Le spam est même parfois identifié, au moment de l’appel et après dans l’historique. Tous les numéros commerciaux ne sont pas détectés, mais cela fonctionne assez bien malgré tout et j’ai ainsi pu éviter quelques appels non désirés de mon opérateur.

L’app détecte aussi certains numéros comme étant du spam. Et pour chaque numéro, je peux le signaler comme étant du spam et le bloquer dans la foulée. Cliquer pour agrandir

iOS propose des solutions équivalentes d’une manière ou d’une autre. Par exemple, l’app Truecaller est capable de filtrer les appels sur votre iPhone et elle fonctionne très bien. Sa base de données est même plus complète que celle de Samsung, mais il n’empêche que c’est une app supplémentaire à installer.

L’app Téléphone d’Apple n’a pas changé depuis des années et pour le coup, le constructeur pourrait s’inspirer de ce que fait son concurrent. Une autre idée que j’apprécie : quand vous composez un numéro à la main, l’app cherche automatiquement parmi vos contacts et affiche les résultats en temps réel. Une interface deux en un, bien plus pratique que les différents onglets d’Apple. De la même manière, la recherche est disponible toujours en haut de l’écran et elle pioche à la fois dans votre carnet d’adresses et dans l’annuaire de Samsung.

La recherche, disponible en permanence en haut de l’écran, pioche à la fois dans vos contacts et dans l’annuaire (gauche). La fenêtre de composition fait aussi office de moteur de recherche (droite). Cliquer pour agrandir

Il y a malgré tout un point sur lequel Android est en retard dans le domaine : il n’y a aucune messagerie vocale visuelle par défaut. C’est un problème en soi, mais tous les opérateurs français proposent une app pour le faire et cela fonctionne aussi bien. Ce serait mieux si c’était intégré d’office, mais vous pourrez facilement vous en sortir sans avoir à gérer une boîte vocale à l’ancienne.

Pour information, voici les apps de chaque opérateur :

L’appareil photo du S8+ n’est pas aussi bon que je l’espérais

Pendant un mois, je vais utiliser un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

En testant le S8 pour la première fois, j’avais été agréablement surpris par son appareil photo. Certes, il n’évolue pas par rapport au S7 sorti l’an dernier, mais c’était déjà un excellent appareil. Les photos produites par le téléphone en haut de la Maison de la Radio étaient moins jaunes et souvent plus agréables à regarder que celles de l'iPhone 7 Plus. Moi qui n’utilise que mon smartphone en guise d’appareil photo, j’attendais beaucoup du S8+, mais après près d’un mois de photos et vidéos, je suis un peu déçu.

Cliquer pour agrandir

Le Galaxy S8+ reste un excellent appareil photo, mais il n’est pas meilleur que l’iPhone 7 Plus et fait parfois bien pire. Et les deux sont inférieurs, à mon avis, au Pixel de Google qui est très impressionnant dans ce domaine.

Des photos au point quand les conditions sont bonnes

Quand les conditions lumineuses sont excellentes, comme c’était le cas le jour de ma prise en main à Paris, le téléphone de Samsung se distingue de celui d’Apple par des choix de couleur différents. L’iPhone tire vers le jaune, mais les couleurs sont en général plus proches de la réalité, alors que le S8 produit des photos plus flatteuses, mais souvent moins réalistes. Ces exemples sont tous révélateurs :

Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus
Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus
Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus
Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus

Le S8+ prend très clairement l’avantage sur ce panorama, avec des couleurs bien plus vives partout, là où l’iPhone a produit une image assez délavée et qui manque de contrastes.

Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus

L’iPhone 7 Plus et ses deux objectifs reprennent l’avantage si vous avez besoin de zoomer. Non seulement le téléphone d’Apple va plus loin (x10 au maximum, contre x8 pour Samsung), mais la qualité est aussi bien meilleure.

Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus

Le Galaxy S8 fait aussi beaucoup de choses en plus par rapport à l’iPhone. Il y a des fonctions en pagaille et j’en ai encore découvert de nouvelles pendant la rédaction de cet article. Par exemple, vous pouvez déclencher l’appareil avec la voix, en disant « Capture » ou « cheese » et cela fonctionne très bien, mais c’est surprenant quand on ne le sait pas. L’app intègre par ailleurs tout un module qui ressemble fort à ce que propose Snapchat, avec des filtres appliqués en direct, notamment sur les visages.

Florian, magnifié par le mode Snapchat de l’appareil photo. Cliquer pour agrandir

Des photos moins bonnes quand les conditions se dégradent

Que le Galaxy S8+ se débrouille bien quand les conditions lumineuses sont bonnes, ce n’est pas du tout une surprise. Tous les smartphones modernes se débrouillent bien en extérieur, sous un beau ciel bleu et avec le soleil en guise d’éclairage. Néanmoins, j’espérais beaucoup du téléphone de Samsung quand les conditions lumineuses sont moins favorables.

Sous un ciel nuageux, les différents choix de traitement ressortent encore plus et les photos deviennent nettement jaunes d’un côté et bleues de l’autre. Je ne sais pas s’il y a un vainqueur, mais c’est assez marqué.

Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus
Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus

Sur cet exemple, outre les différences de traitement, la photo prise par le Samsung est nette alors que celle de l’iPhone est floue. Ce n’est pas forcément représentatif et j’ai obtenu aussi une bonne part de photos floues avec le S8+. Dès que les conditions se dégradent, les deux ont encore des progrès à faire.

Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus

Les photos d’intérieur posent encore le plus de problèmes aux smartphones et c’est dans ce cadre que celui de Samsung m’a laissé le sentiment le plus mitigé. J’ai réussi à faire mes photos de restaurant sans trop de problèmes, bien aidé par d’assez bonnes conditions dans les deux cas qui se sont présentés (ici et ). Et j’ai aussi réussi à obtenir quelques bonnes photos de chatons chez moi.

Prise avec le Galaxy S8+. Cliquer pour agrandir
Également prise avec un Galaxy S8+. Cliquer pour agrandir

À cet égard, la mission est remplie, mais le Galaxy S8+ ne fait pas mieux que mon iPhone 7 Plus et il reste encore une très nette marge de manœuvre. Le grain numérique revient vite à la charge et les couleurs sont vite faussées. Samsung a d’ailleurs du travail pour optimiser son traitement, avec des photos d’intérieur qui tirent parfois vers le rouge.

Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus
Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus
Voir les photos originales : Galaxy S8+ / iPhone 7 Plus

Par ailleurs, il est difficile avec les deux téléphones de prendre une photo nette d’un chaton avec une mauvaise lumière. Le temps de mise au point est souvent trop long et j’ai plus de chatons flous que de nets dans ma photothèque. À ce sujet, l’iPhone reprend néanmoins l’avantage : son mode rafale fonctionne en permanence. Avec le Galaxy S8+, il est bloqué par l’appareil photo quand la lumière vient à manquer… frustrant.

Pas une seule photo nette sur cette série prise avec le S8+… Cliquer pour agrandir
Pas une seule non plus avec cette série, prise cette fois avec le 7 Plus. Cliquer pour agrandir

Il y a un domaine où le S8+ prend incontestablement l’avantage sur le téléphone d’Apple : quand les conditions lumineuses sont médiocres, de nuit ou dans la pénombre, on peut encore obtenir un résultat potable avec l’appareil de Samsung, alors que l’iPhone est à la ramasse. Sur cet exemple pris au même endroit et au même moment, la différence est spectaculaire : la photo du S8 est correcte même si elle tire sur les rouges, celle de l’iPhone est bonne à jeter.

Galaxy S8+ à gauche / iPhone 7 Plus à droite. Cliquer pour agrandir

J’ai testé rapidement la caméra avant pour les besoins de cet article, n’étant pas très porté sur les égoportraits au quotidien. Le grand angle du téléphone de Samsung est plutôt un avantage dans ce contexte, puisqu'à distance égale vous aurez une image plus large. Le capteur avant du S8+ dispose aussi d’un capteur avec plus de mégapixels (8 contre 7 pour l’iPhone) et surtout d’une meilleure ouverture (ƒ/1,7 contre ƒ/2,2) qui fait la différence quand la lumière vient à manquer. Le geste qui consiste à lever le poignet pour déclencher un compteur et enfin prendre la photo est pratique pour les selfies à bout de bras.

Galaxy S8+ à gauche, iPhone 7 Plus à droite. Le traitement de Samsung lisse le visage, c’est flatteur, mais pas très naturel. Le visage est plus proche de la réalité dans l’ensemble du côté d’Apple (hélas). Cliquer pour agrandir
Galaxy S8+ à gauche, iPhone 7 Plus en mode normal au centre et en mode HDR à droite. La plus grosse différence est dans le ciel : Samsung a opté pour un mélange de bleu et de blanc. Côté Apple, la différence est nette pour le ciel, mais le visage est meilleur sans HDR. Cliquer pour agrandir

Enfin, à défaut d’offrir le mode portrait de l’iPhone 7 Plus, le S8+ dispose d’un mode « Mise au point sélective ». Dans ce cas, le téléphone prend plusieurs photos en faisant varier la mise au point et on peut modifier ce paramètre après avoir pris la photo. N’en attendez pas de miracle, mais cela peut être utile à condition d’utiliser un sujet statique et bien éclairé.

Réglage de la mise au point a posteriori. Cliquer pour agrandir

La déception de la vidéo en intérieur

Chaque smartphone a ses avantages et ses défauts en photographie. J’espérais mieux du Galaxy S8+, mais au total, il est parfois au-dessus et parfois en dessous de mon iPhone 7 Plus, autant dire dans la moyenne. En revanche, j’ai été déçu par la vidéo sur le téléphone de Samsung. J’ai filmé quelques séquences en même temps et voici une comparaison rapide des deux modèles. Dans les deux cas, j’ai utilisé l’appareil photo fourni par le constructeur et les réglages par défaut en 4K.

Comme vous le pourrez le constater, la vidéo accentue les qualités et défauts de chaque appareil photo. À l’extérieur, avec de bonnes conditions lumineuses, l’iPhone est un peu jaune et le Galaxy affiche des couleurs plus saturées, flatteuses, mais pas toujours justes. Je trouve la stabilisation optique d’Apple meilleure que celle de Samsung, mais dans la séquence où je filme en marchant, ni l’un, ni l’autre ne font de miracle.

Jusque-là, je dirais que les deux téléphones sont proches et j’irais jusqu’à placer celui de Samsung en tête, notamment pour son enregistrement audio en stéréo. Il serait temps qu’Apple s’y mette, l’audio en mono est clairement inférieur, comme vous pourrez le constater sur la Tour Eiffel et la séquence dans la rue.

La différence se creuse à l’intérieur et cette fois, l’iPhone reprend l’avantage, et de loin. Le traitement du Galaxy S8+ pour les vidéos avec moins de lumière a un problème avec les couleurs et le résultat est rouge. Ce n’est pas toujours aussi net que dans les exemples que j’ai choisis pour cette comparaison, mais je préfère systématiquement les vidéos produites par le téléphone d’Apple. J'espère que c’est le traitement qui pose problème et non le capteur lui-même, parce que Samsung pourrait alors le corriger lors d’une future mise à jour.

Ce cas est un petit peu extrême, mais malheureusement pas si rare : les vidéos produites par Samsung tirent vite sur le rouge quand les conditions lumineuses sont mauvaises. L’iPhone affiche une image plus sombre, mais beaucoup plus fidèle. Cliquer pour agrandir

Au-delà du résultat…

La qualité des images produites par le smartphone est un point essentiel, certainement le plus important, mais ce n’est pas le seul qui compte. L’ergonomie de l’appareil photo est aussi essentielle, tout comme la rapidité pour ouvrir l’app et prendre la photo au bon moment. Et sur tous ces points, Samsung a malheureusement souvent été à la traîne dans mon expérience.

Pour ouvrir l’appareil photo, je peux cliquer deux fois sur le bouton d’allumage du Galaxy S8+. C’est une bonne idée et quand le geste fonctionne bien (comme sur cette vidéo), c’est parfait. Néanmoins, j’ai souvent eu des lenteurs et même des cas où le geste n’était pas pris en compte et je devais alors, soit le refaire, soit activer l’appareil photo différemment, par exemple avec l’icône affichée sur l’écran verrouillé. Quand vous devez filmer un chaton en train de faire une bêtise, ce sont de précieuses secondes de perdues.

Certes, ce genre de problèmes arrive avec un iPhone. Mais en près d’un mois, je l’ai rencontré très souvent avec le téléphone de Samsung, alors que cela reste rare avec celui d’Apple. J’ai aussi eu plus de difficultés à obtenir des photos nettes, probablement par manque d’habitude le plus souvent. L’appareil photo du Galaxy S8+ est nettement plus complexe que celui d’Apple, il y a des boutons partout, un mode pro embarqué et même un concurrent à Snapchat que j’ai toujours ouvert par erreur.

Même si je suis sans aucun doute responsable de pas mal de ratés, je trouve aussi que la mise au point n’est pas toujours aussi rapide et précise qu’avec l’iPhone 7 Plus, notamment pour un chaton dans une pièce mal éclairée. Dans ce contexte, le blocage du mode rafale est un vrai problème et l’appareil photo d’Apple s’en sort souvent mieux pour cette raison. Un comble, alors que le capteur et les traitements du S8 lui permettent de tirer plus de lumière dans les pièces sombres.

Il y a d’autres limites à prendre en compte. Par exemple, vous ne pouvez pas filmer en 4K pendant plus de dix minutes avec le S8, même si vous avez toute la place nécessaire pour davantage. Ce n’est pas forcément gênant et d’autres apps lèveront cette limite, mais ce n’est pas aussi cohérent qu’avec l’iPhone, où les fonctions sont les mêmes quelle que soit la qualité.

En mode 4K, les vidéos sont limitées à dix minutes au maximum avec le Galaxy S8. Cliquer pour agrandir

En contrepartie, Samsung en fait parfois plus : en filmant en 1080p à 30 images par seconde, la mise au point suit automatiquement un objet ou une personne en mouvement, ce qui est très pratique. L’accès aux réglages directement depuis l’appareil photo est aussi un gain de temps appréciable et il faut espérer qu’iOS finisse par proposer la même chose un jour.

À l’heure des bilans, je trouve toujours l’expérience de l’appareil photo conçu par Apple plus plaisante. La qualité n’est pas meilleure chez Samsung, en tout cas pas suffisamment pour compenser les défauts de l’appareil photo. Dans le feu de l’action, je trouve que l’iPhone s’en sort mieux. Peut-être que ce n’est qu’une question d’habitude, mais je crois aussi que l’expérience est plus cohérente et stable, peut-être plus « ennuyeuse » aussi, du côté du Californien.

Au fond, l’appareil photo concentre la différence majeure entre les deux smartphones. D’un côté, peu d’options et peu de fonctions, mais une utilisation plutôt cohérente et stable. De l’autre, beaucoup de possibilités, des fonctions innovantes et bien pratiques (lever le poignet pour prendre un selfie), mais aussi quelques lenteurs et incohérences.

La recharge sans fil du S8 est agréable, mais pas parfaite

Pendant un mois, je vais utiliser un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

Samsung a enfin remisé l’horrible port micro-USB et ses Galaxy S8 intègrent un port USB-C pour la recharge et la synchronisation. C’est un connecteur bien supérieur, parce qu’il est réversible et nettement plus facile à entrer que son prédécesseur. Si l’on compare les S8 et les S7, c’est un progrès indéniable, mais en tant qu’utilisateur d’iPhone, c’est moins franc.

Samsung Galaxy S8+ avec USB-C en haut, iPhone 7 Plus avec Lightning en bas. Cliquer pour agrandir

Sur le papier, le Lightning et l’USB-C sont largement similaires. Leur format est proche, ils sont tous deux réversibles et on pourrait presque les confondre. À tel point que plusieurs rumeurs évoquaient la possibilité, pour Apple, d’abandonner son connecteur pour rejoindre le standard avec un futur iPhone. Et pourtant, à l’usage, la différence entre les deux est légère, mais bien réelle.

Je ne sais pas si c’est la faute de l’USB-C ou celle de Samsung, mais brancher et débrancher le S8+ nécessite clairement plus d’effort que l’iPhone 7 Plus. Il faut plus de force pour l’insérer et pour le retirer que le connecteur propriétaire d’Apple. Encore une fois, ce n’est pas une différence énorme et on prend vite le pli avec l’USB-C, mais le Lightning est souvent plus agréable au quotidien.

L’autre différence tient dans le choix opposé de ces deux connecteurs. Le Lightning est une fiche qui vient s’insérer dans le téléphone où il n’y a qu’un trou. Avec l’USB-C, le trou est du côté du connecteur à insérer et la fiche est à l’intérieur du téléphone. Cela n’a l’air de rien, mais cela permet au connecteur d’Apple de « glisser » beaucoup plus facilement en place. Ses bords sont arrondis et il vient trouver sa place plus facilement, là où il faut viser plus précisément avec le S8. Là encore, ce n’est pas une grosse différence, mais dans le noir par exemple, j’ai encore souvent du mal à brancher le téléphone de Samsung.

Lightning au-dessus, USB-C en dessous. Cliquer pour agrandir

L’un des intérêts du S8 toutefois, c’est qu’il ne se limite pas aux câbles pour recharger sa batterie. Le téléphone est compatible avec le standard de recharge sans fil Qi, ce qui fait que vous pouvez remplir sa batterie avec n’importe quel chargeur dans cette norme. N’en ayant pas sous la main, nous avons décidé de tester le chargeur induction officiel de Samsung.

Affiché à 80 € mais vendu actuellement 60 €, c’est un produit premium recouvert de faux cuir et équipé d’un mécanisme étonnamment complexe pour permettre de recharger un téléphone à l’horizontale ou à la verticale. Passons sur son emballage en plastique transparent assez cheap, à ce prix, Samsung ne fournit ni câble, ni chargeur ! J’étais le premier à me moquer du prix de la station de recharge conçue par Apple pour sa montre, mais le câble était au moins fourni à ce prix.

Le S8 sur le socle de recharge. Quand le téléphone est bien positionné et que la charge commence, une LED s’allume et l’écran signale la recharge par induction avec une animation au centre de l’écran. Cliquer pour agrandir

Cette petite mesquinerie oblige à ajouter un câble et un chargeur USB à l’ensemble, ou bien reprendre ceux qui sont livrés avec le S8. Ce dernier est compatible avec la recharge rapide promise par Samsung en induction et qui doit permettre d’utiliser son téléphone pendant plusieurs heures avec quelques minutes de recharge seulement.

Je n’ai pas testé les deux méthodes de manière scientifique, mais ceux qui l’ont fait ont noté des temps de recharge malgré tout plus lents en induction, par rapport au câble branché directement dans le téléphone. À dire vrai, cette recharge rapide ne m’intéressait pas, puisque je voulais tester l’induction sur ma table de chevet, pendant toute la nuit.

Commençons avec la bonne nouvelle. Recharger le S8 avec la station de recharge sans fil est plus simple et plus agréable au quotidien qu’avec le câble. Il suffit de le poser à peu près sur la station et la recharge commence dans la foulée. J’aurais aimé plus de souplesse encore (impossible de poser le téléphone sur l’écran, et à plat, il est assez facile de placer le téléphone hors de la zone de recharge), mais c’est plaisant à l’usage de le poser sans trop s’en soucier.

Malheureusement, la station de recharge de Samsung n’a pas du tout été prévue pour un usage de nuit, sur une table de nuit. Pour commencer, elle intègre une LED toujours allumée et qui éclaire généreusement la pièce dans le noir. Ceux qui aiment les veilleuses seront heureux de voir ainsi la pièce bien éclairée. Les autres chercheront à masquer la LED, par exemple avec une chaussette, ce qui est loin d’être optimal (j’ai testé pour vous).

Le deuxième problème dans ce cadre, c’est que la station de recharge intègre un ventilateur. Oui, vous avez bien lu, il y a un ventilateur qui est chargé, non pas de refroidir le téléphone, mais le chargeur lui-même. Et il n’est pas là pour faire de la figuration, il s’active dès que vous posez le téléphone et il ne s’arrête qu’une fois la batterie à 100 %. En pleine journée dans un bureau, on ne l’entend pas, mais en pleine nuit, il fait un bruit pas possible… tout ça pour une recharge ! 🤔

Pour offrir une recharge rapide, Samsung a été contraint d’intégrer un ventilateur dans la base de recharge. Je n’aurais pas fait ce choix, si cela ne tenait qu’à moi… Cliquer pour agrandir

Après cet essai infructueux, j’ai ramené le chargeur à la rédaction et dans ce contexte, il est bien plus utile et agréable. J’ai positionné l’appareil pour que le téléphone soit tenu à la verticale et il agit ainsi comme une station d’accueil, ce qui est assez pratique. C’est un confort indéniable, mais je ne suis toujours pas convaincu que le tarif demandé soit justifié.

Le faux cuir est aussi facile à salir que difficile à nettoyer, si bien qu’il perd vite de sa superbe. Samsung a créé un objet plutôt joli, mais après à peine deux semaines d’utilisation, il est déjà bien sale. Bref, même si la recharge sans fil vous intéresse, je recommanderais plutôt un autre modèle. Anker commercialise un modèle compatible avec la recharge rapide, il dispose d’un interrupteur pour éteindre sa LED et il n’intègre pas de ventilateur, le tout pour une trentaine d’euros, mais sans chargeur, ni câble là aussi (via).

Je n’ai pas vraiment eu l’impression de recevoir un produit à 70 €… Cliquer pour agrandir

De manière plus générale, la recharge sans fil est une bonne idée, mais elle n’est pas sans défaut. On n’y pense pas nécessairement, mais elle ne permet pas d’utiliser le téléphone pendant la recharge. L’induction est une technologie qui nécessite un contact très proche, à tel point que parler de sans fil est presque un abus de langage. On est plus proche d’un connecteur aimanté que d’une recharge vraiment sans fil, où l’on pourrait prendre le téléphone et bouger avec.

Quelques rumeurs ont évoqué cette option pour le futur iPhone, mais les derniers bruits de couloir évoquent plutôt une recharge par induction comme le fait Samsung. Si c’est le cas, ce sera un ajout appréciable, mais pas autant que la véritable recharge sans fil, qui permettrait d’utiliser le téléphone pendant la charge. C’est peut-être encore de la science-fiction, mais ce sera, à mon avis, la vraie nouveauté significative.

Trois semaines avec Android

Pendant un mois, je vais utiliser un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

J’ai reçu un Galaxy S8+ il y a trois semaines et j’y ai placé la carte SIM de mon iPhone 7 Plus dans la foulée. Même si je garde ce dernier dans le sac pour l’Apple Watch, l’appareil de Samsung est mon téléphone principal depuis tout ce temps. Et c’est la première fois que j’utilise Android aussi longtemps, et pas uniquement pour tester rapidement.

Cliquer pour agrandir

Je commence à avoir une idée assez précise de ce que vaut le système de Google en 2017 et voici ce qui m’a le plus marqué. N’y voyez pas un test complet d’Android 7.0 qui est installé sur le S8, plutôt mes observations de néophyte et ce que j’apprécie, ou apprécie moins.

Un écran d’accueil à ma sauce

Apple n’a quasiment pas fait évoluer l’écran d’accueil d’iOS depuis le premier iPhone. On peut afficher plus d’icônes sur la grille, on peut ranger les apps dans des dossiers… mais c’est à peu près tout. En comparaison, l’écran d’accueil d’un smartphone sous Android est une découverte grisante et aussi un peu déconcertante.

L’écran d’accueil par défaut de Samsung. Je l’ai évoqué plus longuement dans mes premiers pas avec le téléphone si le sujet vous intéresse. Cliquer pour agrandir

J’ai utilisé l’écran d’accueil, le launcher dans le jargon Android, de Samsung pendant environ deux semaines avant d’envisager de changer. Il faut dire qu’il propose déjà beaucoup d’options, avec la possibilité de glisser des widgets au milieu des icônes d’app. À l’usage, c’est une excellente idée, ne serait-ce que pour avoir un champ de recherche permanent, une fonction que j’apprécie beaucoup et qui me manquera en revenant sur iOS.

Tout le monde m’a incité à changer d’écran d’accueil toutefois, puisque c’est une option offerte par Android. Le système de Google est nettement moins exclusif que celui d’Apple et toutes les apps par défaut peuvent être modifiées. Par exemple, sur le S8, c’est le navigateur internet conçu par Samsung qui est sélectionné par défaut. Mais si vous installez Chrome, Firefox ou n’importe quel autre navigateur tiers, vous pouvez le choisir par défaut.

Apple a encore des efforts à faire dans ce domaine : Android permet de changer l’app par défaut dans tous les cas. Ici, le navigateur internet par défaut à gauche et l’écran d’accueil à droite. Cliquer pour agrandir

Le launcher est une app parmi d’autres et vous pouvez également changer celle qui est fournie par le constructeur. Par défaut, tous les S8 sont livrés avec « Accueil TouchWiz », l’écran d’accueil de Samsung, mais il existe des dizaines et des dizaines d’alternatives dans le Play Store. Dans le lot, on m’a unanimement recommandé Nova Launcher et c’est celle que j’ai fini par installer.

L’installation, justement, se fait tout aussi simplement que n’importe quelle autre app. Vous téléchargez le lanceur sur la boutique de Google et en fin de processus, vous pouvez l’ouvrir et voir l’interface qui fera office d’écran d’accueil. Dans la foulée, Nova Launcher propose de devenir le launcher par défaut. Et en quelques clics, vous changez votre téléphone du tout au tout.

Avant (launcher Samsung) / après (launcher Nova) : en moins de cinq minutes, j’avais changé mon écran d’accueil. Cliquer pour agrandir

Cela ne se voit pas nécessairement sur les captures d’écran, mais l’expérience est totalement différente d’un launcher à l’autre. Ce que vous avez pu constater en revanche, c’est que par défaut, Nova Launcher est bien vide. Je dois dire que cela m’a déconcerté : les icônes que j’avais rangées soigneusement sur le lanceur de Samsung n’ont pas été reprises. Par défaut, il y a cinq icônes dans l’équivalent du dock en bas de l’écran, deux dossiers, une barre de recherche Google en haut et c’est tout.

Il faut comprendre que la logique d’Android est différente de celle d’Apple. Les icônes affichées sur l’écran d’accueil ne sont pas directement les apps, mais des raccourcis vers les apps. En fonction de vos goûts, les apps installées sur le smartphone peuvent aussi être ajoutées sous la forme d’un raccourci sur votre launcher, mais ce n’est pas une obligation. Cela offre plus de souplesse : vous pouvez avoir plusieurs fois le même raccourci, si cela vous chante, par exemple. Vous pouvez aussi renommer les raccourcis ou même changer leurs icônes : tout est possible, ou presque.

Mon écran d’accueil dans l’état actuel, mais je change souvent la disposition des icônes et des widgets. Cliquer pour agrandir

En contrepartie, cela veut dire qu’il faut prendre le temps de configurer son écran d’accueil, nettement plus que sur iOS. Le lanceur de Samsung proposait déjà son lot d’options, mais ce n’est rien à côté de Nova Launcher. À dire vrai, j’ai été d’abord un petit peu effrayé par la masse d’options et toutes les possibilités offertes. Vous aurez l’embarras du choix, littéralement, et il faut prévoir de prendre une heure ou deux pour tout configurer à votre sauce.

À l’arrivée, j’ai trouvé une configuration qui me convient assez bien et qui est plutôt proche de mes habitudes d’années passées avec iOS. Le dock reste toujours en bas de l’écran et j’ai trois écrans : le principal avec l’heure, la météo, un widget de recherche Google et mes apps principales. Un secondaire sur la droite avec quelques apps que j’utilise souvent, mais pas autant. Un troisième volet me sert à afficher le widget du calendrier et j’ai activé l’option pour un défilement infini, ce qui serait très pratique chez Apple.

J’ai activé deux gestes parmi les dizaines d’options proposées. À tout moment, un glissement vers le bas active un panneau qui ressemble à celui d’iOS avec un champ de recherche pour les apps installées sur le smartphone et une liste des apps utilisées couramment ou celles qui ont été mises à jour récemment. Je l’utilise aussi parfois en guise de moteur de recherche du Play Store, grâce à l’icône judicieusement placée dans le coin.

En glissant vers le haut, j’affiche la liste complète de toutes les apps. Ces dernières sont triées par ordre alphabétique et cette liste est pratique pour retrouver une app utilisée plus rarement, même si j’utilise surtout le glisser vers le bas pour utiliser le moteur de recherche. J’utilise constamment cette fonction sur mon iPhone et elle me manquait avec le lanceur de Samsung.

J’ai configuré deux gestes sur l’écran d’accueil : un glissement vers le bas affiche un moteur de recherche et les apps fréquemment utilisées (gauche) ; un glissement vers le haut affiche la liste complète des apps installées sur le téléphone (droite). Cliquer pour agrandir

Nova Launcher reproduit aussi partiellement l’une des fonctions d’Apple : les raccourcis internes depuis l’icône de l’app. Malheureusement, faute de capteur de pression, tout se fait ici avec un tap prolongé, le même geste que pour déplacer une icône, ce qui est source d’erreurs fréquentes. Néanmoins, le concept est aussi pratique que sur iOS et j’apprécie son retour, même si la prise en charge est plus limitée.

Puisqu’il s’agit d’une fonction particulière d’un lanceur et non d’une fonction d’Android, toutes les apps ne sont pas compatibles. Étant donnée la popularité du lanceur (entre dix et cinquante millions d’installation d’après la boutique de Google), les développeurs ont fait cet effort et j’utilise cette interface assez fréquemment. Parmi les raccourcis les plus utiles, l’accès direct à la liste d’apps installées dans le Play Store me facilite l’accès aux mises à jour.

Certaines apps bénéficient de raccourcis « à la 3D Touch ». Ici, le client Twitter Flamingo à gauche et Google maps à droite. Cliquer pour agrandir

Dans la catégorie des fonctions manquantes que Nova Launcher restaure, le compteur de notifications est un ajout bienvenu (même si Samsung le faisait aussi). Il ne fonctionne pas aussi bien que si c’était un élément d’Android, là aussi, mais c’est pratique au minimum pour savoir quelle app a été mise à jour récemment. Notez que cette fonction n’est pas intégrée par défaut, il faut télécharger le module TeslaUnread et surtout acheter la version payante du lanceur. Plus de cinq euros pour son écran d’accueil, c’est une somme, mais il faut dire que c’est un écran que l’on voit très souvent et qui est au cœur de l’utilisation du téléphone…

En revenant à l’iPhone à la fin de mon mois d’expérience, je vais regretter quelques idées apportées par Android. Le mélange entre widgets et icône est plus intéressant que je ne l’imaginais avant d’utiliser le S8. Les informations sont plus faciles d’accès qu’avec iOS où il faut ouvrir le centre de notifications et passer à la vue dédiée. Sans compter que, surtout sur le grand écran du téléphone de Samsung, j’ai bien assez de place pour avoir des icônes et des widgets.

Et puisque j’ai de la place, pouvoir disposer les icônes n’importe où sur l’écran est extrêmement pratique, notamment pour placer les apps les plus utiles en bas, plus près des doigts. J’espère qu’Apple assouplira l’écran d’accueil d’iOS, même si le constructeur n’ira jamais aussi loin… et c’est probablement tant mieux. Android est si souple qu’il en devient vite complexe et une bonne partie des fonctions proposées par les lanceurs ne sont, à mon avis, pas si utiles que cela…

L’ergonomie discutable du retour

C’est un élément central dans Android et les utilisateurs d’iOS n’en ont jamais vu la couleur : un bouton, (presque) toujours à l’écran, permet de revenir en arrière. Par défaut, ce bouton est placé en bas à droite de l’écran sur les S8, mais Samsung permet fort heureusement de le remettre à sa place, en bas à gauche.

Sur le papier, son fonctionnement est simple. À n’importe quel moment, touchez-le pour revenir à l’état précédent, que ce soit un autre écran de l’app en cours, ou bien l’app que vous utilisiez auparavant. Et si vous veniez de l’écran d’accueil, ce bouton permet aussi de revenir à cet écran, comme c’est le cas ici, où j’ouvre un lien depuis un client Twitter, et la flèche permet successivement de revenir au tweet, puis à l’écran principal de l’app et enfin à l’écran d’accueil d’Android.

L’idée est très bonne et cette grosse flèche est bien plus accessible que l’idée équivalente d’Apple pour revenir à l’app précédente. Depuis iOS 9, on a en effet un raccourci dans la barre de statut, en haut à gauche, mais il est petit et plus difficile d’accès à une main, surtout sur un iPhone 5,5 pouces. Et puis la flèche d’Android est universelle, alors que la solution d’Apple ne fonctionne qu’en cas de lien direct entre deux apps.

Néanmoins, cette flèche a aussi souvent des comportements bizarres et un côté aléatoire dans ce qui est présenté quand on l’utilise. En théorie, elle doit permettre de revenir dans l’historique d’utilisation du téléphone, mais en fonction des apps, elle ne fait pas exactement cela. Voici un exemple qui n’est pas logique : j’ouvre un lien depuis un client Twitter dans Chrome, je change d’onglet dans le navigateur et soudain, la flèche affiche l’historique de l’onglet, au lieu de revenir au premier onglet, puis au client Twitter.

Ces comportements inattendus sont tellement courants que j’ai appris, au fil des jours, à me méfier de cette flèche de retour. Dans certains contextes, je sais qu’elle fonctionne bien et je l’utilise sans problème. Parfois, je préfère utiliser une autre méthode, par exemple passer par le bouton du multitâche, car je ne sais pas où je vais « tomber » avec la flèche de retour.

Plusieurs apps, en particulier, ajoutent une étape une fois qu’elles sont ouvertes. Prenons WhatsApp comme exemple : j’ouvre l’app depuis l’écran d’accueil, j’arrive dans une conversation et je touche la flèche. Je devrais revenir à l’écran d’accueil en toute logique, mais l’app renvoie en fait à la liste des conversations et il faut toucher à nouveau la flèche pour revenir à l’écran précédent..

À l’arrivée, j’ai un avis mitigé sur cette fonction. D’un côté, elle me manque quand je reprends mon iPhone et elle pourrait indéniablement être pratique dans bien des cas. D’un autre côté, je préfère le glissement latéral pour revenir à la vue précédente désormais généralisé dans iOS, et qui me manque constamment sur le S8.

Certes, toutes les apps iOS n’ont pas adopté ce geste, mais de la même manière, toutes les apps Android ne gèrent pas la flèche de la même façon et il y a trop d’incohérences pour la juger vraiment supérieure.

Y a-t-il une app pour ça ?

Puisque le S8 est devenu mon téléphone principal, j’ai été contraint de chercher de nombreux équivalents aux apps que j’avais l’habitude d’utiliser sur mon iPhone. Ayant déjà un pied dans l’écosystème de Google, une partie des apps étaient déjà préinstallées. C’était le cas de Google Drive ou de Google photos, mais aussi de Gmail ou encore de Google Maps et YouTube.

Cliquer pour agrandir

Néanmoins, j’ai installé la majorité des apps nécessaires au quotidien. Souvent, c’était facile, l’app que j’utilisais sur iOS existait aussi sur Android. Facebook, les messageries instantanées associées, Instagram, Mattermost (un clone de Slack qu’on utilise chez MacG), 1Password ou bien encore Transit. De manière générale, j’ai pris une habitude : quand je cherche une app, je commence toujours par chercher le nom

La plupart des apps multiplateformes sont si similaires sur les deux systèmes d’exploitation que la transition a été très facile. Il y a toujours quelques différences, ne serait-ce qu’en raison des différences fondamentales d’interaction entre les deux systèmes. Par exemple, Facebook est très proche visuellement, mais les différentes rubriques sont affichées en haut sur Android et en bas sur iOS.

Facebook sur l’iPhone (gauche) et sur le S8 (droite). Cliquer pour agrandir

Même si les apps se ressemblent, elles ne sont pas égales. À plusieurs reprises, j’ai noté des différences entre mon iPhone et le S8 et rarement en faveur de ce dernier. Pour généraliser, les apps sont souvent moins bien finies sur Android que sur iOS, en tout cas j’ai rencontré nettement plus de bugs pendant mes trois semaines sur le système de Google qu’en moyenne avec celui d’Apple.

Naturellement, il y a de multiples exceptions et mon expérience ne correspondra sans doute pas à la vôtre. À deux reprises au moins, j’ai essayé de réaliser une opération sur le S8+, échoué, et réussi du premier coup sur mon iPhone 7 Plus. Il s’agissait de passer une balance connectée Withings et une télécommande Harmony d’un réseau sans-fil à l’autre. Les deux disposent d’une app multiplateforme visuellement identique sur iOS et Android, mais pour une raison ou une autre, je n’ai pas réussi à le faire avec le téléphone de Samsung.

Il y aussi des apps qui n’avaient pas d’équivalent sur Android et que j’ai remplacées par des apps conçues pour le système de Google. Le client Twitter Flamingo a remplacé Tweetbot, le lecteur de flux RSS Newsfold a succédé à Reeder et le lecteur de podcast Pocket Casts a pallié l’absence d’Overcast. Ces trois apps sont excellentes, mais elles regorgent d’options en tout genre et ne soignent pas autant l’expérience d’utilisation. Et je rencontre toujours quelques bugs pénibles et qui ne sont toujours pas corrigés, comme les mentions qui se mélangent d’un compte à l’autre dans le client Twitter.

De gauche à droite, Flamingo, Pocket Casts et Newsfold. Cliquer pour agrandir

Les comparaisons d’apps entre iOS et Android sont nécessairement biaisées et, dans mon cas, certainement un petit peu en défaveur du système de Google. À l’usage, la différence n’a jamais été si importante que cela et j’ai été davantage gêné par les lenteurs parfois spectaculaires du téléphone, que par une app mal développée. Sans compter qu’il y a aussi de temps à autre des problèmes du côté d’iOS, et des apps qui plantent malgré la validation menée par Apple.

Le Play Store de Google, la voie principale pour installer une app sur Android, est aussi fascinant pour l’utilisateur habitué à iOS que je suis. Pour commencer, il rassemble tous les contenus vendus par Google, non seulement les apps, mais aussi de la musique, des films et séries ou encore des livres. En voyant cela, j’ai d’abord pensé que ce serait compliqué de s’y retrouver, mais c’est en fait plutôt naturel. Et cela permet d’organiser des promotions transversales : le 4 mai dernier, le jour de Star Wars sur internet, Google a rassemblé des promos sur les films et les jeux Android dans une même rubrique. C’est malin et je suis surpris qu’Apple n’y ait pas pensé.

Une même app pour les apps et la culture. Au fond, c’est plus simple que l’approche d’Apple. Cliquer pour agrandir

Par ailleurs, cette boutique ressemble très largement à l’App Store et elle est mieux pensée par certains aspects. Le champ de recherche est toujours accessible en haut de l’écran, les classements sont plus discrets et une section entière est dédiée aux apps installées et aux mises à jour. Les apps associées et suggestions sont mieux mises en avant et c’est souvent très pratique, davantage que chez Apple.

Google exploite son avantage compétitif en la matière et l’entreprise aurait tort de s’en priver. C’est aussi le cas sur un petit détail que j’ai beaucoup apprécié au cours des dernières semaines : je peux chercher une app et l’installer sur mon téléphone sans quitter mon Mac. Depuis n’importe quel navigateur et à condition d’être connecté avec mon compte Google, je peux cliquer sur le bouton « Installer », choisir le Galaxy S8 et initier l’installation de l’app en local ainsi.

La version web du Play Store permet d’installer une app sur n’importe quel appareil Android associé au même compte. Une fois le choix effectué depuis le site web, l’installation commencera automatiquement sur le téléphone choisi. Cliquer pour agrandir

C’est très pratique et j’espère qu’Apple en fera de même un jour, ne serait-ce que pour l’Apple TV où l’installation d’app est particulièrement pénible. Autre chose qui est très agréable sur Android et que j’aimerais retrouver sur iOS : les mises à jour d’apps sont beaucoup plus légères. Google travaille continuellement sur ce point, d’abord en compressant davantage les mises à jour et surtout en mettant en place des mises à jour qui ne chargent vraiment que ce qui a été modifié.

Depuis la fin de l’année, les utilisateurs d’Android ne téléchargent que les fichiers vraiment modifiés lors d’une mise à jour. Chaque fichier est comparé d’une version à l’autre et seul ce qui a été modifié sera téléchargé lors de l’installation de la mise à jour. Dans certains cas, cela revient à une réduction de l’ordre de 90 %. Et dans mon expérience limitée, j’ai bien senti la différence : la plupart des mises à jour pèsent moins de 50 Mo et une bonne partie n’atteint pas les 10 Mo.

Les mises à jour d’apps Android sont beaucoup plus légères que celles d’iOS. Jugez plutôt : moins de 50 Mo pour Facebook et à peine 3 Mo pour Google Docs ! Sortez vos iPhone pour comparer… Cliquer pour agrandir

Par rapport à l’App Store, le Play Store laisse aussi beaucoup plus d’options, quitte à mettre en danger votre téléphone. Google laisse beaucoup plus de latitude aux développeurs et certaines apps peuvent modifier Android en profondeur. J’ai évoqué dans un précédent article le cas des emojis, mais ce n’est pas le seul.

Il existe des milliers d’apps qui nécessitent « un accès root », c'est-à-dire qu’elles peuvent alors contourner les restrictions de base d’Android et d’accéder à tous les dossiers et tous les fichiers du téléphone, sans limite. Pourquoi faire ? Un peu de tout, supprimer les apps système, accéder à des paramètres cachés et modifier la gestion du matériel, installer F.lux ou à peu près tout ce que vous voulez. Sous l’interface, on a toujours un noyau Linux et la possibilité de tout modifier, voire de tout casser si vous ne faites pas un minimum attention.

Le Play Store est à la fois l’équivalent de l’App Store et de Cydia, la boutique des appareils iOS jailbreakés. Cliquer pour agrandir

Android offre beaucoup plus de liberté, c’est pratique, mais aussi potentiellement dangereux. Le système est touché par les logiciels malveillants depuis longtemps et Samsung fournit même ses S8 avec un antivirus… pas très rassurant. Néanmoins, l’accès root n’est pas disponible par défaut et quelques connaissances en informatique sont nécessaires pour l’activer, ce qui devrait refroidir la majorité des utilisateurs.

Mon téléphone était fourni avec un antivirus signé Intel. Forcément, je l’ai activé ! Cliquer pour agrandir

Trop de notifications tue les notifications

Je voulais finir cet aperçu d’Android avec les notifications. Pendant longtemps, Android a été en tête dans ce domaine, mais Apple a largement rattrapé son retard avec les dernières versions d’iOS. Le système de Google conserve quand même l’avantage sur certains points, même si, comme souvent, il en fait tellement qu’il finit par en faire trop.

Le point fort des notifications Android, c’est qu’elles sont regroupées par app. Quand vous recevez cinq mails, vous n’aurez qu’une notification et non cinq à la suite comme sur iOS. Quand il y a beaucoup d’alertes, c’est plutôt une bonne chose, mais c’est aussi courir le risque de rater quelque chose d’important, ce qui m’est arrivé à plus d’une reprise. Il faut prendre l’habitude d’ouvrir la notification pour afficher ce qu’elle contient.

Certaines notifications regroupent plusieurs alertes. Ici, il n’y a qu’une notification de mail, mais trois messages (gauche). Pour les voir, il faut ouvrir l’alerte et on obtient alors un aperçu plus complet (droite). Cliquer pour agrandir

L’interface proposée par Samsung n’est pas vraiment optimisée pour les doigts et encore moins pour une utilisation en mouvement. Il faut toucher une toute petite icône à droite de l’heure et je la rate encore souvent. C’est pourtant essentiel si je veux interagir avec une alerte, ce qu’il est possible de faire sur Android comme sur iOS. Les deux systèmes proposent aussi de faire glisser un élément, mais le geste a un sens différent. Sur Android, il sert à supprimer une notification de la liste, comme on supprimerait un mail, ce qui est assez pratique.

Il y a un point où Android conserve nettement l’avantage et j’espère qu’Apple le reprendra à son compte dans une future mise à jour d’iOS. On peut très facilement contrôler les alertes depuis le centre de notifications, sans farfouiller les réglages. Touchez longuement une alerte et vous afficherez le bon réglage pour masquer définitivement les notifications de l’app, ou les gérer comme vous voulez. En bas de la liste, un bouton permet de le faire pour toutes les apps qui ont une notification en ce moment, c’est encore plus pratique.

À gauche, les deux interactions possibles sur une notification : la supprimer en glissant l’alerte d’un côté ou de l’autre, et les boutons contextuels affichés avec le petit bouton à droite de l’heure. À droite, le centre de notifications permet de bloquer les alertes pour les apps en cours : rapide et simple ! Cliquer pour agrandir

À mon goût, Android pèche par son excès de notifications. Il y en a encore plus que sur iOS et les apps peuvent laisser des alertes permanentes. C’est le cas pour les apps de lecture audio ou vidéo : elles affichent des contrôles en permanence dans le centre de notifications et ils sont ainsi faciles d’accès. Mais d’autres apps le font aussi, que ce soit pour afficher la météo ou encore la quantité de RAM restante. On est vite débordés et finalement, heureusement que l’on peut rapidement les bloquer.

L’autre problème, c’est que les notifications s’affichent toutes en haut à gauche de l’écran, dans l’équivalent de la barre de statut. Quand vous en avez deux ou trois, c’est pratique de garder l’œil sur les icônes et de savoir ainsi qu’il y a quelque chose à lire. Mais par défaut, il peut aussi bien y en avoir quinze et cela devient rapidement ingérable. J’avais l’impression de passer mon temps à effacer des alertes, jusqu’au moment où j’ai découvert le réglage pour limiter les icônes à cet endroit à quatre éléments au maximum (Affichage > Barre d’état > Afficher uniq. notif. récentes).

À gauche, des notifications « permanentes » : prévisions météo, et contrôles de lecture en cours. À droite, un exemple de barre de statut complètement remplie par les icônes des notifications. Comment s’y retrouver dans ce bazar ? Cliquer pour agrandir

Certains lecteurs ont mis en avant la LED lumineuse en façade du S8 comme un argument en faveur du téléphone. C’est vrai que cela peut être pratique sur le papier pour savoir que l’on a reçu une alerte de loin, mais à l’usage, j’aime autant en juger aux notifications affichées sur l’écran toujours allumé. D’ailleurs, je ne sais pas exactement à quoi correspondent les différentes couleurs, mais je dois reconnaître que je n’ai jamais vraiment essayé de savoir. C’est peut-être aussi parce que je n’ai jamais utilisé de BlackBerry de ma vie…

Les emojis de Samsung sont 🤢

Pendant un mois, je vais utiliser un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

J’utilise Android depuis près de trois semaines et j’ai beaucoup à dire sur le système de Google revisité par Samsung pour les Galaxy S8. Ce sera pour une autre fois, mais en attendant les choses sérieuses, un grief léger, mais essentiel : les emojis dessinés par Samsung sont moches. 🤢

Les mêmes emojis, sur un Galaxy S8+ à gauche et sur un iPhone 7 Plus à droite. Cliquer pour agrandir

Vous ne le savez peut-être pas, mais seule la liste d’emojis est un standard partagé par tout le monde. Chaque emoji est défini par le consortium Unicode et Samsung, Google comme Apple ou encore Microsoft s’y conforment. Mais le standard n’est pas un dessin, c’est une description et parfois, le nom n’est pas très explicite et c’est alors à chaque acteur du marché de proposer son interprétation.

Souvent, c’est facile : un clin d’œil est un clin d’œil sur toutes les plateformes. Mais parfois, c’est plus compliqué et les différents emojis peuvent être source de confusion quand l’un des constructeurs propose une interprétation totalement différente. C’est le cas entre ceux de Samsung et d’iOS, en particulier pour les visages qui sont parfois extrêmement confus. À tel point que je me trompe souvent en pensant envoyer depuis mon S8 un emoji qui est en fait totalement différent de celui que je voulais au départ. 😡

Certains emojis sont proches, mais il y a aussi de grosses différences d’interprétation entre les dessins d’Apple (en haut) et ceux de Samsung (en bas).

Même quand les emojis se ressemblent, je préfère en général ceux d’Apple. C’est une affaire de goût et probablement d’habitude, mais je trouve que l’esthétique de la pomme, souvent plus sobre, est plus agréable à l’usage. Elle est aussi plus cohérente, les emojis de Samsung semblent par moment avoir été dessinés par des personnes différentes. Par ailleurs, leur affichage est plus petit à l’écran et ils sont parfois difficiles à « lire ».

Cette disparité entre les emojis n’est pas nouvelle, elle est visible entre utilisateurs d’appareils iOS et Android, mais aussi à l’intérieur d’Android, entre les constructeurs de smartphone et les versions du système. Pour éviter les mauvaises compréhensions, certaines messageries instantanées multiplateformes ont pris les devants. Messenger a dessiné ses propres emojis et WhatsApp a… intégré ceux d’Apple, même sur Android.

Messenger à gauche et WhatsApp à droite : deux apps qui ont réglé le problème de l’hétérogénéité des emojis. Soit en créant ses propres versions, soit en reprenant ceux d’Apple, parce que pourquoi s’embêter avec les problèmes de droit d’auteur ? Cliquer pour agrandir

Android oblige, il existe un grand nombre de solutions pour remplacer les emojis de base par un autre pack d’images. Cette app par exemple propose de remplacer les dessins de Samsung par ceux d’Apple, mais elle nécessite d’avoir un accès root au téléphone. Ce qui n’est pas encore possible pour le S8 à ma connaissance.

Le S8 connecté à deux périphériques Bluetooth : une excellente idée !

Pendant un mois, je vais utiliser un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

Samsung est à la pointe en matière de connectivité sans fil et son Galaxy S8 intègre le tout nouveau Bluetooth 5.0. C’est le premier smartphone à adopter cette norme et il n’y a pas encore de périphériques capables d’exploiter les nouveautés promises par cette version. Quand ce sera le cas, le téléphone restera connecté aux appareils Bluetooth jusqu’à 240 mètres théoriques, au moins deux fois plus qu’aujourd'hui.

Quatre appareils Bluetooth connectés au S8 : deux enceintes UE (Boom à gauche, Megaboom à droite) et deux écouteurs sans fil (AirPods à gauche, BeatsX à droite). Cliquer pour agrandir

En attendant ce futur, Samsung est le premier à proposer une fonction bien pratique. Les S8 peuvent être reliés à deux enceintes ou deux écouteurs et casques Bluetooth et diffuser la musique sur ces deux sorties en même temps. J’ai essayé à la fois avec deux enceintes UE ainsi qu’avec deux paires d’écouteurs et avec toutes les variations imaginables.

Et je dois dire que cela fonctionne très bien et que c’est vraiment une excellente idée. Les deux enceintes que j’avais sous la main étaient de la même marque, des UE BOOM et MEGABOOM. Leur constructeur propose une app qui permet de faire la même chose, à savoir diffuser le même son d’une enceinte à l’autre. Néanmoins, le S8 fait pareil avec une enceinte de n’importe quelle marque ou avec des écouteurs et casques, ce qui est une première à ma connaissance.

J’ai testé cette fois avec les AirPods d’Apple et les BeatsX (aussi d’Apple). Dans les deux cas, la fonction était bien au point, avec un son parfaitement synchronisé entre les deux appareils. S’il y avait un décalage en tout cas, il était suffisamment faible pour ne pas être perceptible. Et la portée est suffisamment grande pour couvrir tous les bureaux de la rédaction : avec une enceinte à chaque extrémité, la musique était diffusée partout.

Deux enceintes reliées au S8 et qui diffusent le même morceau en même temps. Ici, elles sont dans la même pièce, mais cela fonctionnait très bien aussi dans deux pièces différentes.

C’est aussi très pratique pour partager une écoute à deux, chacun avec sa paire d’écouteurs ou son casque. On pouvait le faire avant avec un diviseur jack, le S8 propose de faire exactement la même chose à l’ère du sans fil. Et cela fonctionne très bien à l’usage, en tout cas après la première mise en place.

La première fois que vous reliez un deuxième périphérique audio Bluetooth au téléphone, le système proposera d’activer de lui-même la double sortie audio. Si vous ne le faites pas à ce moment-là, vous pouvez toujours activer la fonction en touchant les trois points en haut à droite de l’écran dédié au Bluetooth.

Quatre appareils Bluetooth audio mémorisés par le S8, deux actuellement connectés et actifs. À droite, la fonction double sortie audio. Cliquer pour agrandir

Pour utiliser la double sortie audio, il faut sacrifier la synchronisation du volume sonore entre le téléphone et le casque ou l’enceinte Bluetooth. C’est parfois contraignant, mais compréhensible : on peut régler différemment le volume sur chaque enceinte ou, et ce sera plus utile, chaque écouteur ou casque. De quoi ajuster le volume en fonction des caractéristiques de chaque appareil et des goûts de chaque auditeur.

À part ça, tout fonctionne comme on pouvait l’espérer. Vous pouvez allumer une enceinte et le son sera diffusé sur elle. Allumez une autre enceinte et le S8 diffuse la musique sur les deux appareils sans intervention de votre part. Éteignez la première enceinte, allumez un casque préalablement appairé au S8 et le son est automatiquement réparti en fonction.

C’est assez bluffant et vraiment pratique, par exemple pour partager une musique à deux, sans utiliser le haut-parleur (très moyen) du smartphone. Voici une idée qu’Apple et tous les autres feraient bien de reprendre à leur compte…

Les lenteurs du S8 sont parfois insupportables

Pendant un mois, je vais utiliser un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

Sur la fiche technique, les Galaxy S8 de Samsung sont nettement mieux équipés que les iPhone 7 d’Apple. Leur processeur affiche deux fois plus de cœurs (huit contre quatre) et plus de mémoire vive (4 Go, contre 2 ou 3 Go). À l’usage pourtant, cette puissance ne se remarque pas forcément. Au contraire même, le dernier smartphone de Samsung devient souvent lent, y compris dans les tâches les plus basiques.

Exemple des latences de l’interface sur mon S8+. Il faut quelques secondes pour afficher l’app, puis pour afficher le menu, puis pour réaliser une opération, puis enfin pour quitter l’app.

Ouvrir et fermer une app, afficher le menu de partage ou le clavier… il faut parfois plusieurs secondes pour que le système réagisse sur le terminal. Il y a aussi de gros ralentissements de temps en temps lors du défilement. Ce n’est pas systématiquement le cas et pas toujours aussi fort qu’ici, fort heureusement, et ces lenteurs disparaissent après un redémarrage du S8. Le souci, c’est qu’elles reviennent petit à petit et que je dois redémarrer régulièrement mon téléphone.

Exemple encore pire : il faut plusieurs secondes pour afficher le clavier, il y a de la latence lors de la saisie du texte et le défilement est extrêmement saccadé. À ce stade, le redémarrage est la seule option.

Sur ces vidéos, le cas était flagrant et les lenteurs vraiment insupportables. Android propose plusieurs options pour régler ce problème, à commencer par l’optimisation de la mémoire vive qui consiste essentiellement à fermer certaines apps et processus pour libérer de la mémoire.

Néanmoins, le menu dédié à la maintenance sur mon S8 n’est en général pas d’une grande aide. Je suis allé dans les réglages du téléphone juste après avoir tourné ces vidéos, et le diagnostique affichait un score « Excellent ! » de 97/100. À mon avis, le manque de mémoire vive disponible (363 Mo d’après le menu) était le coupable, mais je ne pouvais gagner qu’à peu près la même chose en nettoyant la RAM. Et dans mon expérience, cela ne fonctionne pas aussi bien qu’un redémarrage.

Les appareils Android disposent d’un système de maintenance et de détection automatique des problèmes et optimisations à appliquer. Sauf que d’après ce menu, tout allait très bien… Cliquer pour agrandir

Mon cas n’est pas nécessairement représentatif et certains utilisateurs de S8 n’ont jamais vu ces problèmes de lenteurs. Peut-être que j’ai une app ou une option quelque part qui provoque ces problèmes. J’ai configuré l’écran du S8+ dans la définition la plus élevée, ce qui nécessite davantage de ressources et je pourrais baisser ce paramètre pour améliorer les performances. Néanmoins, l’affichage est aussi visiblement moins net et ce serait un peu gâcher l’écran vraiment sublime du téléphone.

Bref, j’ai encore des options pour optimiser le S8 et espérer obtenir de meilleures performances. Il n’en reste pas moins qu’après deux semaines avec le téléphone, j’ai des ralentissements comme je n’en avais jamais vus sur un iPhone. Peut-être que ma mémoire me joue des tours, mais je n’ai même pas souvenirs de tels problèmes pendant les pires bêtas estivales d’iOS.

Quelle que soit la raison technique et même si c’est totalement de ma faute, un smartphone haut de gamme de 2017 ne devrait jamais être autant ralenti à l’usage que l’est parfois mon S8. J’espère que Samsung a prévu un correctif rapidement…

J’ai failli écrire cet article avec le DeX du Galaxy S8+

Pendant un mois, je vais utiliser un Galaxy S8+ à la place de mon iPhone 7 Plus. Vous pouvez suivre mon expérience avec notre nouvelle timeline !

Pour Samsung, le S8 n’est pas seulement un smartphone haut de gamme. C’est aussi une solution de bureautique chargée de remplacer un ordinateur léger, à l’image d’un Chromebook. En branchant le téléphone à un écran et un duo clavier/souris via un dock spécifique, le constructeur promet une expérience proche d’un ordinateur traditionnel, avec un système de fenêtres et de multitâches plus avancé que sur un téléphone.

Pour savoir ce que valait l’expérience DeX, j’ai passé quelques heures à l’utiliser pendant mon mois avec le Galaxy S8. Et quoi de mieux, pour cet essai, qu’un article ? J’ai ainsi commencé à rédiger celui-ci en mode DeX, même si je dois être honnête, je suis repassé sur mon Mac à la fin pour la publication.

Mon installation temporaire pour utiliser le DeX. Le clavier Apple fonctionne correctement, même si la disposition des touches reprend celle des PC Windows et non des Mac. Notez aussi les bandes noires sur cet écran qui n’est pas strictement Full HD. Cliquer pour agrandir

Matériel : un dock en plus plutôt que l’USB-C

Pour commencer, un mot sur le matériel. Le mode DeX est réservé aux Galaxy S8 et S8+ et il nécessite d’acheter un dock supplémentaire vendu 149 €. Ce dock est livré avec le nécessaire pour charger l’appareil, c’est déjà ça, mais j’aurais préféré que Samsung exploite davantage le port USB-C de son téléphone. L’écran aurait alors pu faire office de hub plutôt que d’avoir un appareil supplémentaire à acheter et à transporter.

Le DeX s’ouvre et se referme pour le transport.

Sur le dock, la prise USB-C uniquement pour la recharge, une sortie HDMI, une prise Ethernet et deux USB standard. La sortie vidéo est censée être capable de gérer les écrans 4K, mais pour le moment, Samsung n’a prévu que le strict Full HD (1 920 x 1 080 px) et aucune autre définition.

De façon générale, mieux vaut avoir le matériel le plus standard possible pour utiliser correctement le DeX. Je n’ai pas réussi à utiliser le Magic Trackpad branché normalement à mon Mac, même la Magic Mouse d’Apple pose problème, alors qu’une bonne vieille souris filaire avec sa grosse molette crantée fonctionne très bien. Côté affichage, le moniteur Dell de 24 pouces que j’utilise comme écran secondaire posait problème au départ, avec une image déformée.

S8+ en place sur le DeX branché. Cliquer pour agrandir

L’explication est à chercher du côté de la définition matérielle (1 920 x 1 200 px), supérieure au Full HD pris en charge par Samsung. Un passage dans les réglages m’a permis d’éliminer la déformation, mais en échange, je dois composer avec des bandes noires en haut et en bas. Dommage qu’un réglage ne soit pas disponible dans le mode DeX, cela viendra peut-être. En passant, j’ai essayé d’utiliser un moniteur 21/9, mais l’écran était encore plus déformé.

Au chapitre des limitations, la prise Ethernet est limitée à 100 Mbit/s « seulement ». C’est déjà pas mal et ce sera suffisant dans la majorité des cas, mais c’est largement moins rapide qu’en sans fil quand on a de la fibre et du Wi-Fi ac, comme c’est le cas à la rédaction. Naturellement, la connexion 4G du téléphone prend le relai quand c’est nécessaire et elle est toujours utilisée pour envoyer et recevoir appels et SMS.

Connecté en Ethernet, le S8 dispose d’une connexion plus lente (gauche) qu’en Wi-Fi. C’est la même chose avec un appareil iOS branché en Ethernet, au passage. Cliquer pour agrandir

Au minimum, reliez le DeX à un écran, la souris et le clavier peuvent passer en Bluetooth, ou alors connectez-les aux ports USB. Vous pourrez ensuite ouvrir le dock et poser le S8, sans coque malheureusement, l’espace disponible étant très limité. Je ne sais pas exactement pourquoi Samsung a opté pour ce design étrange, si ce n’est que le dock plié prend moins de place. Il faut dire que l’appareil intègre un ventilateur pour refroidir le téléphone et il n’est pas là pour décorer, il s’active en effet de temps en temps.

En posant le S8 sur le DeX ou en le retirant, il faut patienter quelques secondes le temps que le mode bureau s’active ou se désactive. Sous le capot, Samsung utilise toujours Android, mais le constructeur coréen optimise le système mobile pour l’adapter à un contexte différent. Cette étape prend du temps, au minimum une trentaine de secondes, parfois jusqu’à une minute pour avoir la main.

Débranchement et branchement du DeX quand tout va bien. La vitesse est ici très correcte, mais je venais de redémarrer le S8.

Disons-le, Samsung a encore du travail, beaucoup de travail, pour améliorer la transition d’un monde à l’autre. Déjà, c’est systématiquement trop long et si vous recevez un appel, vous ne pourrez pas répondre sur le téléphone s’il est en mode DeX, votre correspondant aura atteint le répondeur bien avant que la procédure se termine. Et puis en deux jours, j’ai eu au moins cinq ou six plantages complets du téléphone, de ceux qui forcent le redémarrage d’Android. Cela me semble anormalement élevé et j’espère que Samsung a prévu de grosses mises à jour rapidement.

Une bonne idée, mais qui ne tient pas (encore ?) la route

Pourtant, sur le papier, le DeX est une excellente idée. Toutes les apps installées sur le téléphone sont également accessibles sur un grand écran, avec le confort d’un clavier complet et la simplicité d’usage liée au fait que tout soit stocké au même endroit. J’avais été plutôt séduit par ces promesses lors de la présentation initiale du produit. La promesse de pouvoir rédiger un mail un petit peu long sur un écran plus grand était alléchante et la démonstration parisienne était plutôt convaincante.

Après avoir passé du temps à utiliser le DeX concrètement, mon avis est très différent. Je maintiens que l’idée est bonne, mais la réalisation laisse encore trop à désirer. À moins d’avoir des besoins vraiment très limités et à moins de tolérer des lenteurs permanentes, je ne peux pas recommander cette solution. Et pour être tout à fait franc, j’ai vite été contraint d’abandonner le S8 et de revenir à mon Mac pour rédiger cet article, contrairement à ce que j’avais prévu.

Début de rédaction sur le DeX. Ici, trois apps sont visibles : Word à droite, le client Twitter Flamingo et le navigateur de Samsung à gauche. En bas, une barre d’outils assez proche de celle de Windows avec les apps ouvertes et de nombreux raccourcis sur la droite. Cliquer pour agrandir

À défaut d’un test exhaustif du DeX, voici pourquoi je n’ai pas réussi à travailler avec la solution de Samsung. Pour commencer, il n’y a quasiment aucune app optimisée pour ce mode hybride et je ne suis pas sûr que Samsung puisse convaincre davantage de partenaires pour qu’ils optimisent leurs apps. Celles du constructeur coréen ont été adaptées pour un grand écran et le clavier et la souris et la majorité des apps de Google sont à peu près optimisées.

J’insiste : « à peu près ». Il y a souvent des blocages rédhibitoires dans un contexte clavier/souris, comme l’impossibilité de sélectionner du texte à la souris dans Google Docs. Mais au moins, ces apps peuvent prendre n’importe quelle taille à l’écran et leur interface s’adaptent en gros à un usage de bureau.

Très souvent, trop souvent, les apps ne sont pas optimisées du tout et il faut alors se contenter de l’interface affichée sur le smartphone. Avec parfois des résultats surprenants : j’ai cherché à utiliser iA Writer, puisque c’est mon éditeur de texte de prédilection sur macOS et iOS, mais j’ai rapidement déchanté. L’app n’étant pas conçue pour s’adapter à n’importe quelle taille d’écran, il faut se contenter d’une petite fenêtre au milieu de l’écran, avec du texte affiché dans une grosse police et sans aucun réglage.

Exemple d’app non optimisée pour le DeX avec iA Writer. Elle s’affiche alors uniquement au même format que sur le S8, en portrait comme ici ou en paysage. Cliquer pour agrandir

Ce mode fenêtré est une excellente idée du DeX, puisqu’il permet d’avoir vraiment toutes ses apps dans ce mode bureau. Et il est bien suffisant pour une messagerie instantanée ou un client Twitter qui, de toute manière, ne feraient rien de l’espace supplémentaire sur les côtés. Par contre, pour une app comme iA Writer, c’est un problème.

En la matière, Samsung n’est pas totalement responsable de la situation. Les développeurs d’apps Android devraient créer des interfaces qui s’adaptent à n’importe quelle taille, mais ils sont nombreux encore à ne pas avoir mis à jour leurs apps comme le recommande Google. En même temps, le S8 peut réduire la taille de n’importe quelle app pour en faire une fenêtre sur le smartphone, alors pourquoi est-ce que le mode DeX ne peut pas agrandir n’importe quelle app ?

Flamingo à gauche et iA Writer à droite en mode fenêtré directement sur le S8. C’est l’une des fonctions spécifiques de Samsung, pourquoi alors ne pas proposer l’inverse en mode DeX ? Cliquer pour agrandir

Espérons que le catalogue d’apps optimisées DeX s’agrandisse rapidement. Mais ce n’est pas le seul défaut de ce mode bureau intégré au smartphone de Samsung, hélas. Android a de quoi faire pour améliorer l’expérience d’utilisation avec un clavier et une souris. Google a déjà bien travaillé, par exemple pour s’assurer que la molette de la souris serve dans toutes les listes. Mais tout n’est pas encore au point.

Une fois en mode bureau, un lien ouvert dans le client Twitter devrait s’afficher dans le navigateur plutôt que dans sa petite fenêtre non optimisée. Puisque l’on parle de navigateurs d’ailleurs, il n’y a pas encore de bonne solution. D’un côté, Chrome est partiellement optimisé, avec sa fenêtre qui peut prendre n’importe quelle taille, mais il n’affiche par défaut que les sites mobiles. Certes, on peut demander la version normale du site, mais il faut le faire à chaque fois. Et puis il ne gère pas bien la souris, par exemple il ne gère pas le survol du curseur.

Le navigateur de Samsung, nommé sobrement « Internet », affiche directement les sites au bon format et il gère le survol. Mais il n’accède pas à toutes les données synchronisées de Chrome et il est moins bien conçu sur quelques points par rapport à celui de Google. Et quand bien même, je ne peux pas choisir le navigateur de Samsung par défaut en mode DeX et Chrome par défaut sur le smartphone.

Plantage spectaculaire croisé une fois. J’ai déjà vu cet écran en chargeant le S8, je suspecte que le DeX n’est pas le seul responsable. [MàJ 10/05/2017 15h50] : j'aurais mieux fait de vérifier plus sérieusement… c'est en fait un écran de veille que j'ai probablement activé par erreur. Mea culpa, le DeX n'avait rien à voir avec ce problème. Cliquer pour agrandir

Autre point noir vite constaté, les raccourcis clavier sont beaucoup moins bien gérés avec Android que sur iOS. Sur ce point, il faut reconnaître qu’Apple a bien fait les choses et on peut utiliser iOS plus largement au clavier que le système mobile de Google. Il y a des apps mal fichues, comme le navigateur de Samsung justement qui crée un nouvel onglet avec le raccourci ctrl n au lieu du standard ctrl t. Et puis il y a des fonctions de base qui ne sont pas prises en charge, comme la validation d’un formulaire avec la touche entrée ou un raccourci comme ctrl entrée.

Faute d’écran tactile en mode DeX, j’utilisais la souris pour tout et rien. Envoyer un tweet ? Je dois cliquer sur le bouton affiché par l’app. Supprimer un mail ? Sélectionner puis cliquer sur le bouton de suppression, même si le client mail de Samsung glisse aussi la commande derrière le clic droit. Le clic droit est parfois bien utile, mais il n’a pas la même fonction partout : dans Gmail, il sert à ajouter des mails à la sélection…

DeX laisse un sentiment d’inachevé, comme si les développeurs de Samsung n’avaient pas eu le temps nécessaire pour peaufiner cette fonction. J’espère que l’entreprise en a conscience et qu’elle compte la mettre à jour régulièrement pour que la belle idée de départ devienne quelque chose de réellement utile. Pour le moment, c’est un petit peu gadget, mais un gadget déjà très impressionnant, il faut aussi le reconnaître.

Le DeX est peut-être trop ambitieux pour son bien

À bien des égards, le mode DeX ressemble davantage à un système d’exploitation pour ordinateur qu’à un système mobile. Vous pouvez avoir plusieurs apps qui tournent en même temps, gérer plusieurs fenêtres et encore avoir de la musique qui tourne à l’arrière-plan. Samsung en propose beaucoup et peut-être un peu trop pour le matériel en l’état actuel. Avec son processeur octocore qui peut monter à 2,5 GHz, le S8 est peut-être puissant, mais pas autant qu’un vrai ordinateur et les ralentissements se font vite sentir.

Vue multitâche du DeX. On l’affiche avec le même raccourci clavier que Windows. Cliquer pour agrandir

Dans mon cas, c’est finalement ce qui m’a empêché de finir cet article sur le S8. En usage normal, j’avais besoin d’un navigateur, d’un client Twitter et d’un client pour Mattermost (le clone de Slack que l’on utilise chez MacG) ouverts en permanence. Je ne peux pas travailler sans musique, donc j’avais aussi Play Musique à l’arrière-plan et Word pour écrire mon texte, plus Keep pour mes notes sur le DeX. Sans compter toutes les apps qui s’activent régulièrement pour se mettre à jour, comme sur n’importe quel smartphone.

Microsoft a optimisé sa suite bureautique pour DeX et côté interface, il n’y a rien à dire. En revanche, c’est moins net du côté des performances et au bout d’un millier de mots environ, le traitement de texte n’arrivait plus à suivre. J’avais un décalage d’une lettre ou deux entre la saisie au clavier et l’affichage, ce qui est déstabilisant et source d’erreurs. Et puis certains caractères ont eu de plus en plus de mal à passer, en particulier l’apostrophe pour une raison que je ne m’explique pas vraiment.

Au bout du compte, ce sont les performances médiocres de Word qui m’ont forcé à abandonner le DeX. Et si vous vous posiez la question, c’est bien un moniteur d’activité en bas à droite. Android est parfois surprenant… Cliquer pour agrandir

Peut-être qu’en utilisant uniquement Word, j’aurais eu des performances correctes. Ou alors peut-être qu’une future mise à jour réglera ce problème, qu’elle vienne de Microsoft ou de Samsung. Peut-être aussi que la version asiatique du Galaxy S8, avec ses 6 Go de mémoire vive (au lieu de 4 Go sur le mien) se débrouille mieux dans ce mode.

Peut-être. En attendant, j’ai failli écrire un article complet avec le S8+ en mode DeX, mais j’ai retrouvé avec beaucoup de bonheur mon Mac après quelques heures difficiles…

Pages