Premier essai d'une Apple Watch et une curiosité aiguisée

Florian Innocente |

Samedi après-midi à Lyon Confluence, il y avait foule dehors, il faisait très beau. Dans l’Apple Store pas bondé, les gens ne s’intéressaient qu’à la montre et aux iPhone. Les iPad et Mac étaient bien seuls. Parmi les gens qui étaient là pour l’Apple Watch, une maman et sa fille qui venaient s’enquérir du prix de l’objet, prévu comme cadeau d’anniversaire pour la seconde…

La montre

Une grosse demi-heure ne suffit pas à se faire une idée suffisamment complète mais l’objet est soigné, le bracelet Sport très doux au toucher et celui à maillons est redoutable de simplicité pour s’enlever et s’ajuster. Comme d’habitude, c’est une chose d’avoir un avis tout fait sur un nouveau produit Apple, mais avant de l’étaler partout il est préférable de l’essayer un peu.

J’avais une appréhension sur l’épaisseur de la montre (une 42 mm) mais elle semble s’accommoder très bien d’une chemise (je suis le plus souvent en tee-shirt). Sauf si vous avez une chemise avec des manchettes ajustées mais comme me le faisait remarquer, Anthony « De toute manière, une belle montre ça se met devant la manchette » donc problème réglé.

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N’ayant pas porté de montre depuis les années mille neuf cent quatre vingt et quelques, je ne peux pas faire de comparaison sur sa taille ou son poids. Et puis il existe une telle diversité de montres et bracelets dans toutes les tailles possibles que c’est un peu vain.

Disons qu’elle m’a pesé comme vous pèse un plâtre qu’on vient de vous mettre : c’est un intrus qui s’invite à votre bras. Je passe subitement de presque 30 ans sans rien du tout au poignet à cette montre. Même un gros élastique suffirait à me procurer une sensation étrange… J’avais choisi le bracelet Sport à défaut de celui à maillons trop cher, tant mieux car il ajoute un poids significatif. J’avais aussi pris un peu au jugé une version 42 mm, bonne pioche également. La 38 mm me paraît vraiment trop petite (et je n’ai pas des avants-bras de rugbyman, mon poignet fait 180 mm). Juste un mot sur le système d'aimant pour fermer le bracelet milanais : brillant. Je ne sais pas ce que ça donnera au quotidien mais sur le principe c'est d'une évidence qui provoque un sourire d'admiration lorsqu'on le manipule. Même chose pour ouvrir le bracelet à maillons, c'est ludique tout en donnant le sentiment d'une belle qualité de fabrication.

42 et 38 mm — Cliquer pour agrandir

L’écran

Je n’ai pas retrouvé certaines des photos vues sur le web, après la première annonce de la montre, où des zooms montraient la pixélisation de l’écran. Mais il ne s’agissait que de ça : de bons gros zoom. En réalité, en utilisation, la définition de l’image sur cette Apple Watch est aussi bonne qu’elle peut l’être sur un écran d’iPhone. C’est lisse, net et les couleurs se détachent parfaitement du fond noir. Une très bonne surprise.

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Ce fond noir s’accorde bien avec le cadre noir physique qui l’entoure, les deux ne formant qu’une seule surface. Du moins dans les conditions d’utilisation dans l’Apple Store. On verra ce qu’il en est au soleil ou selon d’autres angles de vision, je ne me fais pas non plus d’illusion, un écran reste un écran. Mais c’est une profondeur de noir que j’aimerais retrouver sur l’iPhone. Surtout pour les apps qui ont un mode de lecture nocturne. Actuellement, on sépare toujours visuellement le pourtour de l’écran de son fond, il demeure un manque d’unité.

La navigation

On a beau avoir appris quasiment par coeur à quoi sert chaque bouton, j’étais assez perdu au départ. Appuyant tantôt sur la couronne, tantôt sur le bouton de côté pour revenir en arrière, ou cherchant une sortie par un glissement latéral. Le fait est qu’on a pris l’habitude, avec l’iPhone, d’avoir essentiellement un seul bouton et l’écran pour tout faire.

Là, il y a une couronne que l’on peut tourner, presser (et même presser deux fois pour retrouver un semblant de sélecteur d’apps et basculer entre les deux dernières apps utilisées), un bouton latéral, un écran tactile que l’on peut aussi presser avec Force Touch…

La petitesse de l’écran justifie que d’autres points d’entrée soient nécessaires, contrairement à un téléphone ou une tablette. Mais voilà qu’il faut se déshabituer d’une certaine simplicité pour apprendre de nouveaux réflexes et repères. Ce ne sera pas insurmontable. Une fois passée la dizaine de minutes pendant lesquelles on est comme un chien fou, on commence peu à peu à repérer qui fait quoi, et même, à voir l’intérêt de cette séparation. Mais il risque d’y avoir un vrai effort à faire pour certains utilisateurs, quel que soit leur niveau.

Note positive, au fil de la navigation dans les apps, on réalise (s’il le fallait encore) à quel point les montres rondes Android sont certes jolies mais complètement saugrenues alors que Google n’a pas encore adapté l’interface d’Android Wear à ce format.

La couronne digitale

La manière dont j’envisageais le ressenti de cette couronne est finalement différent de la réalité. Elle tourne dans le vide, on ne sent pas de friction ou de résistance d’aucune sorte. Elle s’avère aussi très sensible. Tant mieux puisqu’elle est un élément clef de la navigation : on va l’utiliser fréquemment alors autant que ça ne demande pas d’effort inutile.

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Le propos d’Apple, qui est de dire que cette couronne permet de manipuler l’interface sans la masquer du doigt se vérifie immédiatement. Un ami qui utilise une smartwatch Sony me disait il y a quelques temps qu’il trouvait passablement idiot — disons anachronique — d’avoir cette couronne alors qu’on a un écran tactile. Mais il suffit de manipuler un peu la Watch pour mesurer l’importance de sa couronne. Et probablement plus encore sur le modèle 38 mm avec son écran plus petit.

Cette sensibilité fait aussi que l’on peut se contenter de la frotter sur le dessus pour la tourner, plutôt que de la pincer entre deux doigts ainsi qu’on le fait avec une montre classique. C’est peut-être même de cette manière que les gens procèderont le plus souvent, ils la feront rouler plutôt que tourner (nuance).

En revanche, il manque peut-être un effet de butée pour sentir physiquement que l’on arrive en fin de course dans une liste. Ou alors le Taptic Engine le fait, mais comme la montre était rivée à son socle, impossible de le vérifier (MàJ avec une précision de Nicolas après publication : « si si, il y a un effet, on le sent avec les modèles en expo. Ça vibre quand tu atteints chaque extrémité, surtout si tu insistes avec la couronne. »). Lors du quart d’heure d’essayage avec une montre qui tourne en démo, je n’ai pas vraiment eu le temp de juger de ces tapotements ou vibrations.

En définitive, un tout premier contact positif à plusieurs égards, plus mitigé sur d’autres (un billet suivant sera pour les apps et leur vitesse de lancement), une curiosité maintenue et maintenant doublée d’une impatience pour l’arrivée de la montre le 24 avril.

42 et 38 mm — Cliquer pour agrandir
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