Spotify : de fausses playlists qui peuvent rapporter gros

Sabrina Fekih |

Piotr Miteska, Enno Aare ou encore Bergenulo Five… Ces noms ne vous disent rien, et pourtant ils génèrent des millions d'écoutes mensuellement sur Spotify !

Ces mystérieux musiciens sont en réalité une invention complète, aucune trace d'eux n'existe en dehors des plateformes de streaming. Ces « faux-artistes » publient des titres courts et sans paroles, qu'ils intègrent dans des listes de le lecture dans le but de générer des revenus (un stream équivaut à une petite redevance).

En 2017, un homme ou un collectif a siphonné des centaines de milliers de dollars (et peut-être même un million) à Spotify en créant 1 200 comptes Premium. Un investissement important qui représente 12 000 $ par mois, bien qu'il soit toujours possible de profiter du mois d'écoute gratuite.

Mais l'opération a été rentable : ces comptes bidon ont écouté en boucle des playlists contenant des centaines de morceaux très courts — mais de plus de 30 secondes — dont les droits étaient détenus par ces mêmes malandrins. Ces playlists ont fini par atterrir en tête des classements, ce qui a mis la puce à l'oreille de Spotify qui a fait le ménage depuis.

L'année suivante, une faille de sécurité a permis à ces artistes fantômes de pirater des comptes utilisateurs et faire grimper leur nombre d’écoutes, selon une enquête de la BBC. Spotify a déclaré être très vigilant quant à ces faux profils et prendre « très au sérieux la manipulation artificielle de la diffusion en continu sur nos services. Spotify a mis en place de nombreuses mesures de détection pour surveiller la consommation du service afin de détecter, étudier et traiter ces pratiques. »

Longtemps, les maisons de disques se sont plaintes de cette pratique avant de finalement y voir une opportunité. Sony Music, par exemple, a publié une playlist d'ambiance « Sleep and Mindfulness Thunderstorms » sur Spotify et sur Apple Music. Une playlist de 990 pistes, sur lesquelles on peut entendre (quasi-exclusivement) de la pluie et du tonnerre durant 18 heures d'audio segmenté en petites parties. L'auteur de cette playlist, un certain Sleepy John, génère des millions d'écoutes indique son profil.

En segmentant ainsi les sons en différentes parties de courte durée, Sony déjoue, en quelque sorte, la politique de rémunération de Spotify et Apple Music qui versent une rétribution pour tout titre, quelle que soit sa durée, à condition que l'auditeur l'ait écouté pendant plus de 30 secondes.


avatar moua | 

La rémunération des sites de streaming est mal ajustée.

Un « artiste » qui publie de nombreux titres ultra court aura plus de revenus qu’un orchestre avec ses morceaux de 20 minutes.
Pareil pour les « top » qui sont ainsi manipulés

Auparavant un 1 vente de CD était prise en compte, peu importe le nombre de lecture.

Désormais, un titre écouté en boucle tout au long de la journée par une population qui en a le temps compte bien plus qu’un autre.
On ne devrait pas compter un même titre plusieurs fois par jour et par utilisateur pour éviter ces dérives.

avatar rua negundo | 

@moua

Deezer cherche justement à imposer un nouveau mode de rémunération plus équitable :

https://www.deezer.com/ucps

avatar dodomu | 

@rua negundo

Merci, c'est intéressant comme lien 👍

avatar sunysky | 

@rua negundo
très intéressant merci!

avatar iPop | 

Me surprendra toujours cette faculté de l’humain à pouvoir toujours ruser...au delà du possible.

avatar debione | 

@iPop
en même temps dans le cas présent, c'est un peu de la ruse de base...

avatar CorbeilleNews | 

@iPop

Pareil pour les multinationales !!!

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