Dans sa nouvelle gamme d’accessoires connectés nativement compatibles avec Matter, IKEA a commercialisé deux télécommandes. Elles ont beau s’appeler BILRESA toutes les deux, elles sont physiquement bien différentes : la version la plus simple se contente de deux boutons et elle est vendue 7 €, tandis que le modèle plus sophistiqué intègre une molette rotative, pour 10 €. Malgré cette divergence, elles se rejoignent sur la majorité des caractéristiques, ce qui justifie sans doute le nom commun et certainement ce test unique.
Que valent les deux BILRESA et comment les utiliser dans sa maison connectée ? Voyons-le ensemble dans ce test.
Prise en main : deux télécommandes satisfaisantes pour le prix
Les BILRESA sont vendues dans de petites boîtes avec un dessus bien jaune, marque de fabrique du géant suédois du meuble. Seul le visuel sur l’avant permet de distinguer les deux variantes, celle à molette mettant en avant sa roue de contrôle ainsi que trois LED, tandis que la version à deux boutons est plus uniforme, avec une seule LED au milieu. La compatibilité avec Matter est également bien visible sur l’emballage, mais pas le protocole matériel alors qu’il reste important. Comme toute la nouvelle collection de produits IKEA, ces télécommandes reposent ainsi sur du Thread par défaut. En théorie, le choix des deux standards doit simplifier l’utilisation, ce qui justifie peut-être l’absence de toute mention.
Avant de vérifier si c’est aussi simple en pratique (spoiler : non), procédons au déballage. Ça ira vite d’ailleurs : dans la boîte, il y a la télécommande, un carton avec de brèves explications sur sa mise en place, un petit manuel très succinct et c’est tout. Les BILRESA nécessitent deux piles AAA qui ne sont pas fournies. IKEA a fait un choix assez radical dans le domaine en ne vendant plus de piles jetables et l’entreprise propose à la place des piles rechargeables. Le prix est raisonnable : le pack de 4 batteries au format AAA est vendu 4 € et si vous n’avez pas de chargeur, il faudra aussi ajouter 5 €.
C’est un choix important sur le plan environnemental, même si les piles jetables gardent quelques arguments, comme une meilleure durée de vie et un prix nettement réduit. Comptez autour de 20 centimes l’unité en achetant un pack et elles fonctionneront tout aussi bien dans les télécommandes. Ces dernières surveillent la tension, ce qui est rare à ce niveau de prix et ce qui devrait permettre de mieux estimer l’autonomie restante en utilisant des AAA rechargeables. Bon nombre de produits concurrents en sont incapables et ne peuvent ainsi pas évaluer l’autonomie restante de façon fiable.
À ce sujet, si je manque évidemment de recul pour juger combien de temps ces nouvelles télécommandes tiendront, IKEA promet deux ans sur les deux modèles. Pour être précis, le manuel indique que deux piles rechargeables « assurent généralement une autonomie de 24 mois », ce qui est très correct. Bizarrement, l’entreprise n’estimait pas la durée de vie de son ancienne télécommande RODRET, toujours en vente même si la nouvelle BILRESA à deux boutons devrait la remplacer.
Par rapport à cette ancienne version, on peut toutefois noter que le nombre de piles a doublé, puisque la RODRET n’avait besoin que d’une seule AAA. Physiquement, les deux produits sont assez proches, même si les coins arrondis sont beaucoup plus marqués sur la BILRESA, comme s’il s’agissait d’une mise à jour façon Liquid Glass. On reste sur les mêmes dimensions générales toutefois : 7 cm de long, 4 cm de large pour une épaisseur d’environ 2 cm.
Côté style, IKEA a abandonné le marquage O/I, ce qui n’est pas forcément gênant. Plus étrange, le design aussi simple que malin de la RODRET, avec un côté parfaitement plat et l’autre creusé, n’a pas été maintenu. Sur la nouvelle génération, les deux sont creusés, l’un davantage que l’autre. C’est tout de même subtil et je trouve que l’écart est trop faible en posant le doigt. J’ai toujours un doute et pour ne rien arranger, il n’y a plus de marquage, si bien que la réponse n’est même pas évidente en regardant l’appareil.
Autre régression qui se dévoile en ouvrant la trappe qui permet d’accéder aux piles, la nouvelle télécommande perd sa certification IP44 et devrait ainsi être moins à leur aise dans un environnement humide. Dans tous les cas, IKEA prévient que ses produits sont pensés pour un usage intérieur. Néanmoins, la RODRET semble mieux conçue pour résister à d’éventuelles gouttes, ce qui est utile dans une cuisine ou une salle de bain par exemple. Le constructeur a abandonné le joint sur la trappe, si bien que la BILRESA pourrait bien boire la tasse rien qu’en l’utilisant avec les doigts mouillés.
De manière générale, on sent bien qu’IKEA a revu la conception de sa télécommande à deux boutons pour faire des économies. La RODRET était fournie avec une plaque métallique que l’on pouvait visser au mur pour transformer l’appareil en un interrupteur mural, tout en gardant la possibilité de retirer le produit grâce aux aimants intégrés. C’est le même concept sur la nouvelle génération, sauf que la plaque est toute petite et prévue seulement pour être collée au mur.
Tout n’est pas négatif pour autant et j’ai trouvé l’assemblage de la BILRESA meilleur que la RODRET, où la plaque des boutons bouge un petit peu. Le métal pour la fixation murale a été considérablement réduit, mais l’aimant est plus fort pour compenser, si bien que la génération Matter devrait être aussi bien maintenue. À l’usage, ces petites différences de conception ne sont pas si significatives et les deux télécommandes sont dans l’ensemble très proches.
Il n’y avait pas d’équivalent à la BILRESA à molette dans l’ancienne gamme, alors je ne peux pas faire de comparaison. Ce modèle est similaire à celui à deux boutons, tout en étant plus large de 0,5 cm. L’accès aux deux piles se fait par une trappe à l’arrière, ce qui est d’ailleurs plus simple et plus agréable. La molette elle-même est de qualité correcte, sans plus, mais on ne pouvait sans doute pas espérer mieux à 10 €. Après avoir lu quelques témoignages indiquant que c’était une catastrophe, je crois qu’il y a des variantes importantes selon les exemplaires et le mien est tout à fait acceptable.


















