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Pour l’Autorité de la concurrence, le rachat de SFR « ne va pas de soi »

Stéphane Moussie

jeudi 11 juin à 14:00

Télécoms

Après des mois de négociations, les quatre opérateurs français sont finalement parvenus à un accord sur le rachat de SFR pour 20,35 milliards d’euros. Mais l’opération est loin d’être bouclée. Elle doit désormais franchir l’étape cruciale de l’examen par les autorités de la concurrence. Et rien n’indique que celui-ci sera une formalité.

« [Le rachat de SFR] ne va pas de soi parce qu’il s’agit d’un rapprochement sur un marché déjà très concentré », prévient d’emblée le président de l’Autorité de la concurrence dans un entretien accordé au Monde. Benoît Cœuré précise toutefois que si l’Autorité avait d’ores et déjà estimé qu’un passage de quatre à trois opérateurs était « nécessairement anticoncurrentiel », elle l’aurait signalé en amont afin d’éviter à Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR de perdre du temps et de l’argent.

Image Didivo67 (CC BY-SA).

Mais le régulateur veut bien faire passer le message que le rachat n’est pas encore assuré. La question des prix sera notamment scrutée de près. « Il est impossible d’expliquer aux Français que l’on va encourager des opérations qui vont rendre plus difficile pour eux de boucler leurs fins de mois », souligne-t-il.

À ce sujet, Benoît Cœuré fait part d’inquiétudes sur une éventuelle « coordination renforcée », autrement dit une entente, susceptible d’affaiblir la concurrence. Il rappelle à ce titre qu’en 2005, SFR, Orange et Bouygues Telecom avaient été condamnés à une amende de 534 millions d’euros pour avoir échangé des informations stratégiques et coordonné leurs comportements afin de préserver leurs parts de marché.

Les trois opérateurs appelés à se partager SFR défendent l’opération en mettant en avant leur capacité à investir davantage dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité ou encore les centres de données, au bénéfice des consommateurs. Un argument qui devra être étayé. « Ce n’est pas à nous d’essayer de deviner ce qu’ils ont en tête », prévient Benoît Cœuré.

Rachat de SFR : comment Bouygues, Free et Orange vont se partager les restes

Rachat de SFR : comment Bouygues, Free et Orange vont se partager les restes

Une inconnue subsiste encore : quelle institution pilotera l'examen du dossier ? La mission pourrait évidemment revenir à l’Autorité de la concurrence à Paris, mais aussi à la Commission européenne, au moment même où Bruxelles révise sa politique en matière de concentration d’entreprises. Quelle que soit l’autorité compétente au final, la Commission européenne et l’Autorité de la concurrence travailleront en étroite coordination tout au long de l’examen, assure Benoît Cœuré. Et dans tous les cas, la procédure pourrait s’étendre jusqu’à 18 mois.

Carte bancaire dans les transports franciliens : IDFM donne rendez-vous pour l’« acte 2 de la révolution billettique » 🆕

Stéphane Moussie

jeudi 11 juin à 12:06

Services

Une évolution majeure des moyens de validation dans les transports en commun de Paris et de sa région est bel et bien en route. Île-de-France Mobilités (IDFM) a convié la presse à une conférence le mardi 16 juin pour dévoiler l’« acte 2 de la révolution billettique ».

De quoi s’agit-il ? De la validation par carte bancaire tant demandée. « Île-de-France Mobilités va déployer, pour ces usagers, une solution d'achat simple et rapide : des bornes d'achat de titres de transports par carte bancaire », indique l’autorité dans l’invitation envoyée aux médias. Et d’ajouter que « ces bornes, complémentaires aux solutions existantes, s'ajouteront à celles déjà déployées depuis novembre 2025 dans tous les bus parisiens et en petite couronne. »

Un valideur dédié aux cartes bancaires dans un bus francilien. Image IDFM.

IDFM a en effet commencé à installer de nouveaux valideurs compatibles avec les cartes bancaires à bord des bus franciliens, qui en seront intégralement équipés d’ici cet été. Mais le plus dur reste à faire : étendre la mesure aux métros, RER et Transiliens.

Les pass Navigo sur iPhone et Apple Watch, disponibles depuis 2024 et qui faisaient partie de l’acte 1 de la « révolution », ne disparaîtront pas pour autant. Comme l’autorité prend soin de le préciser dès à présent, la carte bancaire sera une solution complémentaire. D’après les premières déclarations de Valérie Pécresse, la présidente d’IDFM, les nouveaux valideurs pourraient être déployés en priorité sur lignes les plus fréquentés par les touristes.

Reste à connaître les modalités précises du projet. Quel calendrier de déploiement est envisagé ? Quel sera le coût de l’opération, alors qu’un montant de 100 millions d’euros a déjà été évoqué ? Cette évolution aura-t-elle des conséquences sur le prix des tickets ? Réponses le 16 juin, soit mardi prochain.

Métro et RER en Île-de-France : la carte bancaire finalement acceptée « le plus rapidement possible »

Métro et RER en Île-de-France : la carte bancaire finalement acceptée « le plus rapidement possible »

Mise à jour à 13:h7 : la date donnée à la base par l'IDFM était fausse, la conférence de presse aura lieu le 16 juin 2026 et non le 16 juillet. L’article a été mis à jour en conséquence.

Une pétition pour libérer Siri AI en Europe

Christophe Laporte

jeudi 11 juin à 11:30

iOS

Pour la première fois, une évolution majeure d’un système d’exploitation d’Apple pourrait bien rester durablement bloquée aux frontières de l'Europe. Si le lancement d'Apple Intelligence avait déjà subi un retard à l'allumage sur le Vieux Continent, les raisons étaient alors en grande partie techniques et linguistiques. Avec Siri AI, le blocage est d'un tout autre ordre : il est éminemment politique.

Au cœur de la discorde, une question de sécurité et d'ouverture. Apple refuse catégoriquement d'offrir aux intelligences artificielles concurrentes un accès débridé aux données de ses utilisateurs. Pour tenter de concilier ses principes avec les exigences européennes, la Pomme avait pourtant mis sur la table une solution technique : le « Trust System Agent ». Ce système intermédiaire devait faire office de douanier, n'autorisant l'accès aux données personnelles par des IA tierces que dans le strict respect du consentement de l'utilisateur. Consciente de l'ampleur du chantier, Apple proposait un déploiement graduel sur dix-huit mois.

Une main tendue que la Commission européenne a fermement repoussée. Pour les régulateurs, il n'appartient pas à Apple de décider qui a le droit d'innover en Europe, ni de dicter aux citoyens les outils d'intelligence artificielle qu'ils peuvent utiliser.

Siri AI : pour Bruxelles, Apple n’a qu’à respecter les règles

Siri AI : pour Bruxelles, Apple n’a qu’à respecter les règles

Le bras de fer avec Bruxelles

Cette semaine, Greg Joswiak s’est fait le porte-voix d'une entreprise tiraillée. S'il s'est dit « très déçu » pour les utilisateurs européens, le patron du marketing d'Apple a réaffirmé que l'entreprise ne transigerait pas sur sa philosophie : pas question de compromettre la sécurité des clients en laissant leurs données circuler sans garde-fou.

Mais au-delà du cas européen, c'est bien la contagion réglementaire qui effraie Cupertino. La crainte de voir le DMA (Digital Markets Act) faire des petits à travers le monde est palpable. « Nous espérons que d'autres gouvernements ne suivront pas l'expérience européenne ratée qu'est le DMA », a d'ailleurs cinglé le dirigeant.

Apple assure toutefois vouloir poursuivre les discussions avec la Commission dans l'espoir de trouver un compromis. Mais l'horloge tourne : il faudra peut-être de toute façon attendre ces fameux 18 mois pour que le Trust System Agent soit pleinement opérationnel.

Les utilisateurs, grands oubliés du débat ?

Et les utilisateurs dans tout ça ? À la fois clients et citoyens, ils assistent pour l'instant à ce match de ping-pong institutionnel depuis les gradins, sans vraiment avoir voix au chapitre. C’est tout le drame de cette affaire.

Pour remettre les utilisateurs au centre de l'échiquier, Lorenzo Ferrante, un développeur iOS basé en Italie, a décidé de lancer une pétition. Son manifeste s'articule autour de cinq principes fondamentaux, traduits ici, qui réclament une sortie de crise rapide :

  • I. L'accès n'est pas un privilège. Une technologie conçue pour le grand public doit être livrée à tous. Lorsqu'une fonctionnalité est lancée à l'échelle mondiale mais s'arrête aux frontières de l'Union, un demi-milliard de personnes se retrouvent reléguées au second plan.
  • II. Confidentialité et concurrence sont des alliées, pas des ennemies. Nous refusons d'avoir à choisir entre des marchés ouverts et des appareils sécurisés. Un cadre réglementaire digne de l'Europe se doit de protéger les deux — et une entreprise digne de notre confiance doit développer ses produits en ce sens.
  • III. La régulation doit protéger les utilisateurs, pas bloquer leurs fonctionnalités. Le DMA a été créé pour servir les citoyens européens. Lorsque son application les condamne à une attente indéfinie, c'est l'application — et non le principe — qui doit être corrigée.
  • IV. Le retard a un prix. Chaque mois passé sans ces assistants modernes est un mois durant lequel les étudiants, les travailleurs et les entreprises d'Europe prennent du retard sur le reste du monde, qui a déjà ces outils en poche.
  • V. L'Europe mérite le premier rang. Nous ne demandons pas de traitement de faveur ni d'exception. Nous demandons simplement à Apple et aux régulateurs de l'UE de s'asseoir à la même table pour définir une voie sûre et respectueuse de la vie privée — et de le faire sans attendre.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, l'initiative a déjà recueilli plus de 1 780 signatures à travers 25 pays. Reste à voir si cette mobilisation naissante suffira à faire bouger les lignes à Cupertino comme à Bruxelles.

Merci Anthony

Bonne nouvelle : Siri AI comprend bien le français !

Félix Cattafesta

jeudi 11 juin à 11:17

Services

Le nouveau Siri parle français ! C'est ce qu'a réalisé notre lecteur François, qui a reçu son accès à Siri AI dans la nuit. Si nous sommes toujours sur liste d'attente à la rédaction, il a effectué sa demande directement lors de la sortie de la bêta et a pu jouer un peu avec. Il se dit bluffé par la réactivité… et sa connaissance du français.

Image iGeneration

En effet, Apple a prévenu lors du keynote que Siri AI ne serait disponible dans un premier temps qu'en anglais. Or, selon François, l'assistant comprend bien le français à l'écrit. Il n'y a pas de bridage bloquant immédiatement la fonction comme cela avait pu être le cas sur les outils d'écriture à leurs débuts. C'est plutôt une bonne nouvelle : on peut imaginer que le déploiement en langue française ne sera pas particulièrement compliqué.

François nous a également fait parvenir une capture d'écran dans laquelle il demande des informations sur les caractéristiques de l'ancien MacBook de sa mère, décrite dans une conversation le mois dernier. Siri remonte l'info en français sans sourciller.

La capture a été compressée lors de l'envoi par mail. Image iGeneration

François nous a expliqué avoir aussi demandé à Siri des informations liées à son groupe sanguin dans les e-mails, messages et autres fichiers de l'iPhone, et nous confie avoir « été plutôt bluffé par le résultat et la réactivité ». Notons qu'il a un iPhone américain avec une SIM US, mais qu'il est actuellement en France. Il ajoute :

Là où j’ai été surpris vraiment, c’est la rapidité. J’ai l’impression qu’à une course de vitesse, il bat haut la main ChatGPT Plus ou Gemini Plus. Il faudra que je teste un peu plus pour vous dire, mais il y a moyen qu’il remplace pour le perso les deux logiciels susnommés.

De notre côté, nous sommes toujours sur liste d'attente sur iOS, mais avons trouvé un moyen de faire sauter celle-ci sur Mac. Nicolas vous prépare donc un aperçu, qui arrivera prochainement sur le site. Dans tous les cas, les utilisateurs français devront faire preuve de patience : Apple a confirmé que le nouveau Siri n'arrivera pas dans l'UE au lancement.

Source :

Merci François !

Promo : l'iPhone Air à 899 € en 256 Go et 999 € en 512 Go. Du jamais vu en France !

Christophe Laporte

jeudi 11 juin à 09:30

iPhone

L’approche de la fête des Pères semble donner de très bonnes idées aux commerçants. Après le MacBook Neo qui profite d'une belle ristourne chez Amazon, c’est au tour de l’iPhone Air de voir son prix sérieusement raboté.

Image : Apple
MacBook Neo : nouvelle baisse de prix sur les 2 modèles

MacBook Neo : nouvelle baisse de prix sur les 2 modèles

Il est actuellement possible de s'offrir le téléphone ultra-fin d’Apple pour 899 € en direct chez Amazon France. Cette solide réduction de 27 % sur son tarif public nous renverrait presque dans les années 90, cette époque bénie où l'on pouvait encore arracher des baisses de prix à deux chiffres sur un Mac SE/30 ou un Mac Classic.

Certes, l’iPhone Air a déjà flirté avec ces zones tarifaires par le passé. Mais il s'agissait le plus souvent de modèles importés ou écoulés via des places de marché plus ou moins obscures. Ici, c'est Amazon France qui est à la manœuvre, ce qui garantit non seulement une livraison rapide, mais aussi la très confortable possibilité de renvoyer l'appareil sous trente jours en cas d'insatisfaction.

Ceux qui se sentiraient à l'étroit avec la capacité de base ont également une excellente option : la déclinaison 512 Go s'affiche à 999 €. C'est une baisse vertigineuse de quasiment 500 € par rapport à son tarif officiel. L'économie réalisée suffirait presque à financer l’achat d’un MacBook Neo en complément, c'est dire !

Un terminal clivant, mais plébiscité

Si l’iPhone Air ne laisse personne indifférent, c'est avant tout parce qu'il assume pleinement ses partis pris. Il séduit indéniablement par sa finesse et sa légèreté inédites, tout en s'appuyant sur une fiche technique robuste qui conserve l'essentiel des technologies actuelles en matière d'affichage et de puissance brute. En contrepartie de cette taille de guêpe, il faut accepter quelques compromis : son module photo se contente d'un unique capteur dorsal et son autonomie, bien que suffisante pour un usage standard au quotidien, reste logiquement en deçà de celle des autres mastodontes de la gamme.

Re-test de l’iPhone Air : pas si mal l’air de rien

Re-test de l’iPhone Air : pas si mal l’air de rien

Mais ce design d'une rare élégance a incontestablement su trouver son public, au point que ce modèle a été élu produit Apple préféré de nos lecteurs en 2025. Son successeur n'étant vraisemblablement pas attendu avant l'année prochaine, le moment est particulièrement bien choisi pour se laisser tenter. En résumé, l'iPhone Air est aujourd'hui vendu et expédié par Amazon au tarif inédit de 899 € dans sa version 256 Go, et à 999 € pour le modèle 512 Go.