Un an après son arrivée aux États-Unis, Alexa+ fait ses premiers pas en France. Amazon ouvre l’accès anticipé à son nouvel assistant vocal dopé à l’intelligence artificielle. Par rapport à l’Alexa d’origine, cette version Plus repose sur une nouvelle architecture qui oriente chaque requête vers le modèle d’IA le plus adapté. Parmi les plus de 70 modèles mobilisés, ce sont les modèles Nova d’Amazon qui font la majeure partie du boulot, mais on trouve aussi des technologies d’Anthropic et de Mistral.
Le géant du commerce explique cette diversité par le fait qu’une commande liée à la maison connectée ne demande pas les mêmes capacités qu’une question plus générale, par exemple. Les modèles de Mistral sont, eux, présentés comme particulièrement efficaces pour évaluer la qualité des réponses d’Alexa+ dans les langues autres que l’anglais.

Cette architecture nourrit de nombreuses promesses, mais aussi plusieurs défis, car les débuts d’Alexa+ aux États-Unis n’ont pas été très convaincants. Amazon promet avant tout des conversations plus naturelles. Les phrases inachevées ou les expressions familières doivent être mieux prises en compte dans les échanges.
Et par « naturel », Amazon entend aussi « personnalisé » : Alexa+ doit apprendre vos goûts et vos routines pour vous répondre comme le ferait un proche. Son ton doit évoluer au fil des conversations : si votre équipe de foot gagne, l’assistant est supposé se montrer plus enthousiaste lorsque vous lui demandez le résultat du match. Reste à voir comment cela sera mis en œuvre, car mal exécuté, ce genre de fonction peut aussi vite paraître artificiel.
Toujours dans cette logique de conversation plus naturelle, Amazon insiste sur l’adaptation d’Alexa+ au français. L’assistant connaît par exemple le débat futile entre pain au chocolat et chocolatine1 et sait que mettre des glaçons dans du vin est interdit, sauf si c’est du rosé. Va-t-il chanter la Marseillaise avant chaque match de l’équipe de France pendant la Coupe du monde ? On demande à voir.
Amazon annonce aussi un changement qui pourrait être diversement apprécié : le vouvoiement laisse désormais place à un tutoiement plus familier. Espérons qu’une option permette de revenir en arrière pour les utilisateurs qui préfèrent garder leurs distances avec l’assistant vocal.
+ d’intelligence
En branchant des modèles d’IA à son assistant vocal, Amazon veut aussi le rendre plus intelligent et plus proactif. Par exemple, en disant simplement « il fait sombre », Alexa+ pourra allumer les lumières en comprenant que vous parlez de la pièce où vous vous trouvez. Ou encore répondre à une requête du type : « Alexa, c’est quoi ce film où une fille qui a des parents sourds chante une chanson en langue des signes ? » et lancer La Famille Bélier.

Alexa+ est également censée anticiper certaines routines, comme chauffer la maison avant votre retour, lancer la machine à café au réveil ou signaler les nouveaux épisodes de votre série préférée. L’interaction avec des services tiers est aussi mise en avant. Amazon annonce de nouveaux partenaires comme TheFork pour les réservations de restaurant dans les prochaines semaines, puis plus tard dans l’année MesDépanneurs pour réserver un artisan ou encore Tripadvisor pour organiser des voyages.
Il faudra évidemment juger tout ça sur pièce, car faire évoluer un assistant vocal vers l’IA générative est loin d’être une mince affaire. Toute la logique du service doit être repensée. Une mission d’autant plus sensible qu’Amazon souligne qu’Alexa est l’assistant vocal le plus populaire en France. L’an dernier, les Français lui ont posé plus de 190 millions de questions pour obtenir des informations.
Aux États-Unis, les débuts d’Alexa+ ont été marqués par une expérience parfois frustrante au quotidien. L’assistant se montre plus lent que certaines solutions concurrentes, comme celles d’OpenAI, tout en rencontrant des difficultés sur des actions basiques que l’Alexa classique savait très bien gérer. Cette nouvelle version a aussi tendance à ignorer certaines commandes et n’échappe pas aux hallucinations des modèles d’IA.
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Disponibilité
Amazon va progressivement ouvrir l’accès anticipé à Alexa+ à certains clients français disposant d’un appareil compatible. Les utilisateurs concernés seront informés par e-mail ou via une notification sur leur appareil une fois leur accès activé. Vous pouvez demander à faire partie des testeurs sur cette page.
Alexa+ est gratuit pendant la phase d’accès anticipé, au moins jusqu’au 15 septembre 2026. Ensuite, l’abonnement passera à 22,99 € par mois. Oui, par mois, et non par an. Comme Alexa+ sera inclus dans l’abonnement Prime, il sera plus intéressant d’opter pour cette formule, facturée 6,99 €/mois ou 69,90 €/an — à moins qu’Amazon n’en profite pour revoir prochainement ses tarifs à la hausse afin d’intégrer le coût d’Alexa+.
L’assistant de nouvelle génération ne sera pas compatible avec tous les appareils Amazon. Les modèles les plus anciens en seront privés, faute de mémoire suffisante. Sont concernés : Echo Dot 1re génération, Echo 1re génération, Echo Plus 1re génération, Echo Show 1re génération, Echo Show 2e génération et Echo Spot 1re génération.
Du côté des Fire TV, les appareils compatibles sont les suivants : Fire TV Stick HD, Fire TV Stick 4K Select, Fire TV Cube (3e génération), Fire TV Stick 4K Max (2e génération) et Fire TV Stick 4K Plus (2e génération). Alexa+ n’est actuellement pas prise en charge sur les tablettes Fire ni sur les appareils tiers intégrant Alexa. Amazon prévoit toutefois d’étendre l’accès à Alexa+ sur le web ainsi qu’à d’autres appareils dans le courant de l’année.
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C’est pain au chocolat. ↩︎














