S’il y a bien un point commun à tous les hauts responsables d’Apple, c’est leur prudence. Un qualificatif qui revient souvent lorsque l’on évoque les personnalités de Tim Cook, John Ternus ou encore Craig Federighi. Ce dernier a d’ailleurs souvent fait preuve de prudence en matière d’IA, quand ses collaborateurs lui suggéraient des idées.
Le veto sur l'écran d'accueil "intelligent"
Une anecdote récemment rapportée par The Information illustre parfaitement cette tension interne. Des ingénieurs d'Apple ont soumis l'idée d'une fonctionnalité radicale : laisser l'IA réorganiser l'écran d'accueil de l'iPhone en temps réel. Selon ce projet, vos applications les plus utilisées seraient remontées dynamiquement en tête de liste en fonction de votre contexte et de vos habitudes.
Craig Federighi à la tête de l’IA d’Apple : un pilote chevronné, mais trop prudent ?
La réponse de Craig Federighi ? Un "non" catégorique. Pour le patron du logiciel, une telle interface risquerait surtout de perdre l’utilisateur. La stabilité du Springboard est un dogme chez Apple : les utilisateurs s'attendent à retrouver leurs icônes là où ils les ont déposées. Federighi s'est également montré inquiet face à l'imprévisibilité de l'IA, exigeant des réponses claires sur le comportement des fonctionnalités lors des revues de design — des réponses que les modèles d'apprentissage automatique sont souvent bien incapables de fournir avec certitude.
La rigueur du code contre l'aléa des modèles
Pour ceux qui côtoient Federighi, le constat est limpide : il perçoit l'IA comme une technologie risquée et difficile à dompter. Il préfère de loin un logiciel régi par des règles strictes et prévisibles plutôt que des modèles qui apprennent et s'adaptent de manière autonome, au risque de créer une expérience utilisateur mouvante.
Pourtant, iOS ne part pas d'une page blanche. Le système dispose déjà de mécanismes de suggestion, que ce soit via Siri ou le défilement intelligent des widgets. Mais la proposition refusée par Federighi allait bien plus loin : elle visait à confier l'entièreté de la personnalisation de l'écran à l'intuition d'iOS.
Mon écran d’accueil : Nicolas et les apps choisies par Siri
Le spectre du cadran Siri
Cette méfiance n'est pas totalement infondée si l'on regarde dans le rétroviseur de l'Apple Watch. Prometteur sur le papier, le cadran Siri, qui tentait justement d'afficher les informations pertinentes au bon moment, n'a jamais réussi à convaincre.
Trop brouillon, souvent à côté de la plaque, il a fini par être rangé au placard des bonnes idées mal exécutées. Visiblement, Craig Federighi n'est pas pressé de répéter la même erreur sur l'écran d'accueil de l'iPhone.
watchOS 11 enterre le cadran Siri














