Fin, un assistant vraiment intelligent, mais pas très artificiel

Nicolas Furno |

Siri, Google, Alexa, Cortana ou encore Bixby : les assistants vocaux intelligents se multiplient à un rythme effréné et tous les acteurs majeurs s’y mettent. Pourtant, s’ils offrent tous des démonstrations impressionnantes sur le papier, ils déçoivent souvent à l’exécution. Non pas que ces assistants soient mauvais, mais ils ne sont pas du tout au niveau d’un humain et ils ont encore tous beaucoup de mal à comprendre des requêtes au-delà des plus simples.

Si vous cherchez un assistant qui vous permet davantage que de lancer un minuteur, régler un réveil ou allumer des lampes, Fin est peut-être la solution. Cet assistant vocal n’est pas récent, il a été ouvert en bêta en 2015, mais il est indéniablement le plus impressionnant de tous. Vous pouvez lui demander des requêtes extrêmement complexes, qui impliquent de gérer les calendriers de plusieurs personnes, ou même d’acheter des produits en votre nom, et Fin se débrouille pour les appliquer.

https://www.youtube.com/watch?v=qLUAtu3a0ds

Vous vous en doutez sûrement, il y a un mais dans l’histoire. Certes, Fin est très intelligent, mais il y a une bonne raison à cela : ce n’est pas un robot nourri au machine learning qui vous répond, c’est un véritable humain. L’idée est en fait d’avoir à disposition un assistant comme si vous en embauchiez un, mais sans avoir à embaucher quelqu’un et en payant en fonction de l’utilisation à la minute près. Il reste quelques processus informatisés et automatisés, notamment pour trier les requêtes et évaluer leur difficulté, mais des humains restent au cœur de l’expérience.

Cela ne veut pas dire que Fin est bon marché, ce n’est pas du tout le cas. Au minimum, cet assistant coûte 120 $ par mois, sachant que vous paierez 1 $ par minute de travail facturé. En majorité, les utilisateurs du service paient entre 500 et 5 000 $ par mois, autant dire que c’est encore un luxe que la majorité ne peut pas s’offrir. Et le service est encore limité aux États-Unis, de toute manière.

L’app iOS de Fin, l’un des canaux qui permettent de contacter l’assistant. Un module Alexa existe aussi, pour utiliser l’assistant chez soi. Cliquer pour agrandir
L’app iOS de Fin, l’un des canaux qui permettent de contacter l’assistant. Un module Alexa existe aussi, pour utiliser l’assistant chez soi. Cliquer pour agrandir

Ce n’est clairement pas la réponse aux défauts des assistants vocaux actuels, mais davantage un idéal que tout le monde essaie d’atteindre. On devrait pouvoir utiliser nos assistants en leur parlant naturellement, voire en leur envoyant un mail, comme Fin le propose aussi. On devrait leur demander plusieurs choses à la fois, comme de trouver un rendez-vous qui convienne à deux personnes, dans un restaurant que ni l’un ni l’autre ne connaît, et qui sert des bières artisanales.

On en est encore très loin d’un monde où un Siri peut comprendre, et encore moins répondre, à des requêtes aussi complexes que celles mises en avant par Fin. C’est son ambition à terme néanmoins, comme pour tous les autres assistants numériques sur le marché. Reste à savoir s’ils pourront l’atteindre en se reposant uniquement sur l’intelligence artificielle et non sur des humains…

avatar ovea | 

J.A.R.V.I.S. (Just A Rather Very Intelligent System)

avatar A884126 | 

C’est presque plus un service de conciergerie qu’un assistant. Il est clair que pour faire envoyer des roses à Madame le concierge de ma carte Amex est meilleur que Siri.

avatar lou1987 | 

Sachant qu’un employé faisant un peu le même genre de chose coûtera minimum 2000$/mois (sans compter les charges supplémentaires) cette solution paraît abordable!

avatar Kaserskin | 

Analyse Marxiste du jour ON //

Ce genre de service fait peur quand au virage que prend notre modele productif. Bim eclatement des inegalités, disparition classe moyenne au profit de deux classes, l’une aisée/rentiere et l’autre populaire. Retour du servage (assistant Fin, Uber, Deliveroo...) où une partie de la société travaille pour a peine se nourrir et satisfaire aux besoins de l’upper class... Brrf..

Analyse Marxiste du jour OFF Fin de transmission //

avatar colossus928 | 

@Kaserskin

Pourquoi pas une classe moyenne ?
Qui ne fait ni le larbin, ni le riche ?

avatar niclet | 

J’adore leur logo.

Ceci dit, combien paient-ils ces « humains » qu’ils emploient et comment ça fonctionne pour eux?

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