Il n’y a pas qu’Apple qui est rappelée à l’ordre par la Commission européenne au nom du Digital Markets Act (DMA). Google vient à son tour d’être épinglé sur deux points distincts.
Premier sujet dans le viseur de Bruxelles : l’intégration de Gemini sur Android. La Commission européenne veut que Google permette aux services d’IA tiers de s’intégrer à son système d’exploitation de manière « aussi efficace » que son propre assistant. « L’objectif est de veiller à ce que les fournisseurs tiers aient les mêmes chances d'innover et d'être compétitifs dans le paysage en mutation rapide en matière d'IA sur les appareils mobiles intelligents », explique l’institution.

Les mesures concrètes n’ont pas encore été présentées — la Commission doit préciser ses exigences dans un délai de trois mois —, mais on peut imaginer que cela débouche sur un nouveau sélecteur de services d’IA, à l’image de ceux déjà imposés pour les navigateurs ou les moteurs de recherche. Dès la configuration du smartphone, on pourrait ainsi choisir entre Gemini, ChatGPT, Claude, Mistral ou d’autres.
Deuxième sujet de friction : l’accès aux données de Google Search. Bruxelles rappelle l’obligation pour Google de fournir aux moteurs de recherche tiers un accès aux données anonymisées liées aux classements, requêtes, clics et impressions, dans des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires. La Commission souhaite s’assurer que cet accès soit effectif et porte sur des ensembles de données réellement exploitables.
Google dispose de six mois pour se mettre en conformité, sous peine de sanctions financières potentiellement lourdes. Comme Apple dans des dossiers similaires, l’entreprise invoque des risques pour la sécurité et la confidentialité des utilisateurs afin de s’opposer à cette ouverture.
Les chaînes de WhatsApp encadrées par le DSA
Par ailleurs, la Commission européenne a annoncé hier que WhatsApp était désormais qualifié de très grande plateforme en ligne (VLOP) au titre du Digital Services Act (DSA). Cette désignation s’explique par la fréquentation de l’onglet Chaînes, qui dépasse le seuil de 45 millions d’utilisateurs dans l’Union européenne.

Dans ce cadre, WhatsApp devra mettre en place des mesures destinées à limiter les risques systémiques, notamment ceux liés aux contenus pouvant porter atteinte au bien-être des mineurs ou aux processus démocratiques. L’entreprise sera également tenue de remettre régulièrement des rapports détaillant les actions engagées. Le DSA ne s’applique pas aux échanges privés, mais uniquement aux chaînes visibles dans l’onglet Actus. Un premier rapport devra être transmis à la Commission dans un délai de quatre mois.











