The first Menomena album

deserty |

Sorti l'an passé aux États-Unis, mais non distribué dans nos contrées, le très remarqué premier album de Menomena I am the fun blame monster arrive enfin chez nous avec une flatteuse réputation qui est loin d'être usurpée. Il fait en effet partie de ces disques qui tombent de nulle part, qu'on accueille avec des oreilles vierges de préjugés, complètement par hasard. Egalement de ces disques qu'on prend en plein visage. On le passe en boucle pour essayer d'y déceler le secret qui fait qu'une musique appartenant à un genre, disons, bien balisé puisse nous paraître si originale, un peu comme si on n'avait jamais écouté de disques. Que les amateurs de pop bas du front, de refrains fédérateurs pour stade de foot, de "breaks" convenus passent leur chemin, ce I am the fun blame monster, anagramme de "the first menomena album" est plutôt destiné aux aventuriers courageux qui n'auront pas peur de se perdre dans les nombreux méandres de ces chansons jonchées de pièges et de chausse-trappes. Tout ici semble parfait, loin des conventions et pourtant totalement accessible: la guitare sait se faire tout à tour rêveuse (oahu) ou rageuse (the monkey's back en final idéal), la batterie est utilisée comme un réel instrument tant au niveau des rythmiques (hip-hop, drum and bass) que des sonorités (cough coughing en ouverture du disque), la basse est impeccable. L'omniprésence des claviers apporte ce supplément d'âme qui fait toute l'originalité du son de Menomena. Même si on peut parfois penser à Radiohead (trigga hiccups), voire à Portishead (strongest man in the world), la grande force de cette musique est de paraître familière tout en étant incomparable et c'est déjà une réussite en soi.

Quelques morceaux sont téléchargeables sur le site (un peu particulier) du groupe. E is stable, Let's all unite, Sista social. Les deux derniers n'ont pas été gardés par le groupe et ne figurent donc pas sur l'album qu'on peut se procurer sur l'iTunes Music Store.


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