En Europe, Google va arrêter d'écouter les extraits audio de son Assistant pendant trois mois

Mickaël Bazoge |

Les oreilles humaines de Google Assistant vont arrêter d'écouter aux portes en Europe, pendant une période de trois mois. Cette décision intervient sur la demande du Commissaire à la protection des données et à la liberté de l'information (HmbBfDI 🤧) de Hamburg, en Allemagne donc, après la découverte que des « petites oreilles » exploitaient des extraits de conversations entre son assistant et des utilisateurs.

Suite à la polémique, Google a détaillé que ces extraits — anonymisés — représentaient 0,2% du volume des conversations. Les prestataires mandatés par le moteur de recherche ont pour mission d'écouter et de retranscrire ces données afin d'améliorer la qualité de la reconnaissance d'Assistant et sa compréhension des requêtes vocales (lire : Chez Google aussi de petites oreilles écoutent les enregistrements audio de l'Assistant).

Un des problèmes soulevés par cette histoire, et c'est valable pour Alexa comme pour Siri, c'est que l'assistant peut parfois capter des conversations qui ne lui sont pas adressées. Il peut déclencher l'écoute suite à une erreur d'interprétation de son déclencheur (« OK Google »). Le HmbBfDI relève que ces sous-traitants sont susceptibles d'écouter des propos parfois sensibles, tenus dans la sphère intime. Une portion « non négligeable » de ces enregistrements sont obtenus suite à une mauvaise activation, s'inquiète aussi le régulateur.

Ce sont les raisons pour lesquelles le Commissaire a lancé une procédure administrative afin d'empêcher Google de fournir à des tiers ou à ses employés ces extraits audio pour trois mois. Le HmbBfDI s'appuie sur une disposition du règlement européen pour la protection des données (RGPD), qui permet à l'autorité d'un pays membre de prendre des mesures de suspension provisoire (pas plus de trois mois) envers un service, même si celui-ci n'est pas dans le pays en question. En Europe, Google est basé en Irlande. Cette mesure est dictée par le « besoin urgent d'agir pour protéger les droits et les libertés » des utilisateurs.

Google a donc obtempéré à l'injonction du régulateur allemand, en bloquant les écoutes des extraits audio à compter du 1er août, et ce pour l'ensemble de l'Europe. L'entreprise va profiter de la période pour « évaluer la manière dont nous procédons aux écoutes audio, et comment nous pouvons aider nos utilisateurs à comprendre comment leurs données sont utilisées ». Il est d'ailleurs probable qu'Amazon et Apple fassent de même, le HmbBfDI les ayant invité à revoir leurs pratiques en la matière.

avatar Hideyasu | 

Et après ils vont tous recommencer sans scrupules ! 🤟

avatar Godverdomme | 

Quelle différence avec Apple et Amazon niveau scrupules ?

avatar Hideyasu | 

@Godverdomme

Dans « ils » je ne faisais pas de distinction entre les différents GAFAM

avatar Godverdomme | 

Merci pour la précision :-) je n'avais pas compris, désolé

Pourquoi les autres ne sont ils pas pénalisés ? Des approches différentes ?

avatar Hideyasu | 

@Godverdomme

Ce n’était pas bien clair, pas de soucis ;)

Les temps de procédure peut-être ? Les révélations sur Google étaient les premières il me semble.

avatar Yves SG | 

Lol 😂 ils prennent juste 3 mois de vacance pour l’être au point une méthode pour écouter encore plus et mieux 🤪

avatar Mvlik | 

Ces trois mois serviront sûrement à l’étude de toutes les données déjà collectées.

avatar Godverdomme | 

Et attire et Amazon n'auront pas cette pause pour écouter leurs extraits il faut croire

avatar raoolito | 

en fait c'est vrai que si les IA ne comprennent pas une requête, on peut supposer qu'elle n'a simplement pas été faite volontairement. Ce qui démultiplie du coup le risque de tomber sur des moments où il ne faudrait pas écouter.
du coup, les "2%" sont en fait peut-être 90% de requêtes non désirées..

avatar 0MiguelAnge0 | 

Qu’ils continuent car il faut vraiment être super naïf pour utiliser tous ses assistants vocaux et ne pas admettre que tout est envoyé sur des serveurs...

avatar kantandane | 

@0MiguelAnge0

On sait tous que c’est envoyé sur des serveurs, ce n’est pas vraiment le souci. Le problème est l’écoute humaine par des opérateurs tiers (ce serait fait en interne ce serait pas moins gênant !).

De même que pour gmail, on sait tous que les mails sont passés au crible pas une IA pour en retirer le maximum d’informations. Mais l’effet ne serait pas le même si l’on savait que des humains les lisaient attentivement.

avatar Jeckill13 | 

@kantandane

"pour gmail, on sait tous que les mails sont passés au crible pas une IA pour en retirer le maximum d’informations."

Ça fait un moment que Google ne scanne plus les mails de GMail

https://blog.google/products/gmail/g-suite-gains-traction-in-the-enterpr...

avatar Yves SG | 

@Jeckill13

Mais il peut le faire à tout moment. Relis les CG...

avatar Jeckill13 | 

@Yves SG

Oui c’est certain qu’il y a toujours la possibilité qu’ils changent leurs CGU. Mais en l’occurrence ce n’est plus le cas. Et si ça devait être de nouveau le cas il y aura sans doute un article sur le sujet.

avatar Bigdidou | 

@Jeckill13

Pour être complet, il faut citer ça aussi ;) :
https://www.zdnet.fr/actualites/gmail-ne-scanne-pas-vos-mails-ses-parten...

Sans compter la remarque au dessus de Yves SG.

avatar Jeckill13 | 

@Bigdidou

Effectivement les applications tierces peuvent le faire, fais l’es application tierces ce n’est pas Google. Et ma réponse concerne sa réflexion concernant Google.

avatar kantandane | 

@Jeckill13

J’entends bien, et merci pour le lien je n’étais pas au courant. Cela étant « Consumer Gmail content will not be used or scanned for any ads personalization after this change » signifie qu’ils ne scannent plus pour de la publicité, cela ne veut pas dire qu’ils ne scannent plus...

avatar niclet | 

En espérant que Apple suive sérieusement le pas.

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