Crazy Taxy : City Rush relance le compteur

Mickaël Bazoge |

Sega n'hésite jamais à recycler ses vieilles franchises (il est bien difficile de tenir le décompte des épisodes de Sonic). L'éditeur mise une fois de plus sur une licence pour écrémer le portefeuille des joueurs nostalgiques avec Crazy Taxi : City Rush [0.0.2 - US - Gratuit - iPhone/iPad - 95,4 Mo - SEGA], sorte de remake/reboot du jeu d'arcade fou fou fou sorti à l'aube de l'année 2000 dans les salles et sur cette bonne vieille Dreamcast. Le jeu original a été adapté sur iOS à l'automne 2012 (lire : Crazy Taxi de retour sur l'App Store), avec ses atouts et ses limites, en particulier graphiques. Sega ne pouvait laisser la franchise dans cet état et relance le compteur avec une nouvelle adaptation sous-titrée City Rush ou plutôt City Ru$h car plus que jamais, l'argent est au coeur du gameplay.

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Ce nouvel épisode repensé pour les écrans tactiles vaut-il le détour ? Réponse dans ce test.

D'un jeu à l'autre, le principe reste le même : en tant que chauffeur de taxi déjanté, le joueur devra transporter ses clients là où ils le désirent, en un temps limité. Les différents quartiers à traverser à toute blinde sont fréquentés par des automobilistes qu'il faudra éviter pour ne pas perdre de précieuses secondes. Jusqu'ici, rien de changé donc. Les deux nouveautés apportées par City Rush est l'apparition magique de nouveaux clients alors que dans le jeu original, il fallait aller les chercher. Mais surtout, Sega a trahi l'esprit originel de la série en modifiant profondément le système de course.

Alors que dans le premier Crazy Taxy, on avait tout loisir de rouler sur les trottoirs pour écraser quelques passants, ou encore se faufiler entre deux voitures, dans City Rush, rien de tout cela. La prise en main rappelle en effet les jeux à cristaux liquides, dans lesquels les mouvements du joueur se limitent à une poignée de positions à l'écran. Dans le meilleur des cas, le taxi offrira ainsi des positions correspondantes au nombre de voies sur la route. On oublie le trottoir et les passages délicats : la voiture « glisse » d'une voie à une autre d'un simple mouvement du doigt vers la gauche ou vers la droite.

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Autant dire qu'on est très loin d'un jeu de courses traditionnelles à la Real Racing ou Asphalt 8 : pas question ici d'effrayer le joueur casual qui s'essaie pour la première fois à Crazy Taxi ! S'il est vrai que le jeu original se révèle rapidement assez dur (héritage de ses racines arcade), City Rush a tout perdu de l'aspect fun de la série en misant sur une trop grande facilité de jouabilité. Le titre y perd clairement beaucoup de son âme… et si l'on rajoute à cela la couche freemium, Crazy Taxi : City Rush n'a plus guère d'intérêt.

Les deux monnaies virtuelles (des dollars et des diamants) s'obtiennent en remplissant les diverses missions proposées. Elles permettent d'acheter des améliorations ou de nouveaux véhicules, mais aussi de remplir le réservoir d'essence : une fois vide, il faudra soit prendre son mal en patience, soit accepter de regarder une publicité, ou bien évidemment passer à la caisse. Petite consolation, au contraire d'Angry Birds Go, il est au moins possible de continuer à jouer immédiatement sans rien débourser (via une pub).

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La réalisation est elle plus en phase avec les normes actuelles, avec des graphismes 3D agréables et sans clipping, un effet très présent dans le premier titre et qui donne l'impression que la route se créée au fur et à mesure de l'avancée du joueur. La bande son rock de l'original (Offspring, Bad Religion) laisse place à des titres plus orientés campus-rock qui ont un peu moins la pêche, mais on sait gré à Sega d'avoir au moins conservé ça de l'original. Pour le reste, on peut difficilement masquer sa déception devant City Rush - certes, on peut se faire une raison au niveau des micro-transactions, mais la jouabilité façon « pour les nuls » est une trahison de l'esprit de la franchise. C'est d'autant plus incompréhensible que Kenji Kanno, le producteur du jeu original, est ici aux manettes.

Attention, le jeu n'est actuellement disponible que sur l'App Store canadien; il est possible que Sega apporte des changements pour la version finale (et corrige le bug des textes…), mais sans doute pas dans le système de jeu.

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