WhatsApp : ce qui cloche avec Apple et la concurrence de Messages aux États-Unis

Florian Innocente |

Dans une interview donnée il y a quelques jours, Will Cathcart, le patron de WhatsApp, a expliqué en quoi il existe un déséquilibre entre la présentation de son app et celle qu'Apple fait de Messages. Il a abordé également le cas particulier des États-Unis où WhatsApp n'a pas accroché autant que dans le reste du monde.

Ses propos ont été tenus dans l'émission Big Technology Podcast, la transcription en a été publiée quelques jours après. D'abord Will Cathcart évoque l'arrivée des étiquettes de confidentialité sur l'App Store, qui décrivent si les apps font quelque chose avec les données des utilisateurs, et dans quels domaines. Pas de reproche sur le principe mais il s'étonne de voir Messages traité différemment de ses concurrents :

Vous ne voyez pas d'étiquette pour iMessage lorsque vous le téléchargez, parce que vous ne le téléchargez pas, il est de base sur votre téléphone. C'est une critique qu'on a faite.

Il est effectivement impossible de télécharger Messages puisqu'il fait partie des ces apps d'Apple qui, en plus d'être préinstallées, ne peuvent pas être supprimées, contrairement à d'autres. Et puisqu'il n'y a pas Messages sur l'App Store, il n'y a pas non plus d'étiquette de confidentialité visible aisément.

C'est l'autre critique de Will Cathcart, qu'il étaye en faisant remarquer que WhatsApp est tenu d'afficher qu'il utilise des données financières car une option existe en Inde pour effectuer des transactions, mais la réciproque n'est pas vraie chez Apple avec la fonction Apple Cash offerte aux États-Unis dans Messages :

Apple dispose de fonctions de paiements et vous pouvez envoyer de l'argent à un ami au travers d'iMessage. Notre étiquette dit que nous avons des informations de paiement, alors qu'iMessage non, quelle est la différence ? Pourquoi notre étiquette l'affiche et pas la leur ?

L'étiquette de WhatsApp

L'interview a été menée avant qu'Apple ne publie, comme elle l'avait promis, une page récapitulative des étiquettes de confidentialité de toutes ses apps. Il faut donc connaître cette page (elle est sur le site américain uniquement à ce jour) et y aller pour en apprendre plus sur Messages.

L'étiquette de Messages

Rien n'est dit effectivement sur les opérations financières permises par son entremise. Peut-être pour de bonnes raisons, dans le sens où Apple ne pourra pas par exemple identifier les deux parties prenantes d'un transfert d'argent. Il faut savoir que le service Apple Cash est fourni à Apple par un tiers financier, Green Dot Bank, mais vu de l'utilisateur, cette fonction s'apparente à un service d'Apple par Apple.

Plus loin dans l'entretien, Cathcart réitère que les changements à venir le 15 mai, dans la politique d'utilisation de WhatsApp, ne concerneront que les utilisations de l'app avec des entreprises qui s'en servent pour vendre des produits ou assurer une assistance avec leurs clients.

Et plus encore pour les utilisateurs qui utilisent Facebook conjointement avec WhatsApp. Les pubs sur Facebook pourront renvoyer la personne vers WhatsApp (ou Instagram) plutôt que vers un site web. Will Cathcart y voit une simplicité pour le vendeur et son client « Cela peut être difficile de charger un site web sur un téléphone bas de gamme, et beaucoup de petites entreprises n'ont pas de site ».

À un moment, parlant des fonctions d'appels audio et vidéo de WhatsApp, Will Cathcart révèle que 25 % des appels vidéos sont réalisés sur des réseaux où la qualité de connexion est moins bonne que ce qu'on peut avoir avec un modem sur une ligne téléphonique « et pourtant ça marche ». La preuve selon lui que WhatsApp est aussi conçu pour être robuste et fiable en toutes circonstances.

Avec deux milliards d'utilisateurs, WhatsApp est clairement présent dans des pays où les conditions de connexion sont infiniment moins bonnes qu'ailleurs et où l'e-commerce prend des formes différentes. Mais c'est aussi, plus généralement, un moyen de garder l'utilisateur au sein des plateformes de Facebook, plutôt qu'il aille vaquer sur le web…

À plusieurs reprises également, Cathcart insiste sur la volonté de la plateforme de défendre la notion de vie privée. Il y a un forcing en Inde actuellement pour que WhatsApp puisse tracer l'origine d'un message relayé sur sa plateforme et le Brésil, autre pays où l'app est très populaire, a également fait pression sur le verrou que représente le chiffrement.

Après quelques propos sur Signal (« J'ai énormément de respect pour Signal. Nous utilisons leur protocole de chiffrement de bout en bout ») L'interview aborde le cas particulier des États-Unis où WhatsApp n'est pas aussi populaire que dans le reste du monde. Will Cathcart ne donne pas de chiffres mais il confirme cet état de fait qu'il attribue, pour une large part, à la popularité de l'iPhone outre-Atlantique.

WhatsApp est sorti en 2009, peu après l'ouverture de l'App Store et de la possibilité pour les apps de messagerie de notifier leurs utilisateurs de nouveaux messages. L'iPhone et Messages, avaient donc pu commencer à s'installer depuis deux ans. Et la place écrasante prise par l'iPhone sur le marché américain du smartphone n'a pu que renforcer cette position.

Ensuite, explique Cathcart, la gratuité de WhatsApp, qui a été un élément déterminant dans certains pays où le moindre envoi de SMS était facturé, n'a pas eu le même attrait chez les Américains où les connexions à Internet sont pourtant onéreuses :

Aux États-Unis, la plupart des gens payaient 5 $ par mois ou 10 $ par mois pour un forfait de SMS illimités, ce qui représente beaucoup d'argent par rapport à la gratuité. Mais au moins, une fois que vous aviez payé, vous n'y pensiez plus à chaque fois que vous deviez envoyer des messages.

Dès lors, ce qui était un atout pour WhatsApp dans plusieurs marchés, n'était pas un si grand avantage pour des utilisateurs américains, nombreux sur iPhone et bien installés entre les murs de Messages. Restent toutefois les gens qui ont des relations sur Android, et là Messages ne peut toujours rien faire…


Source
avatar macnewbie007 | 

Ah ça y est, maintenant Tonton Zucky envoie ses caniches pour relayer la bonne paroles

avatar Aardohan | 

RIP WhatsApp

avatar OzVirtu | 

@Aardohan

Oui RIP et bon cauchemar...

avatar frascorpion | 

Rancunier rancunier ce fessebouc...

avatar victoireviclaux | 

Le PDG de WhatsApp, c'est le pantin de Facebook, j'avais oublié 😅

avatar iftwst | 

« Des relations sur android » quoi ?
On peut avoir ce genre de relation ?!
Dieu m’en préserve !

avatar Sindanárië | 

Vous n’êtes que des malfaisants, c’est juste un pauvre bot piloté par tonton Zucky. Priez pour son salut

avatar 8iMac | 

Quelle est la proportion de gens qui regardent les étiquettes de confidentialité avant de télécharger une app ? 😂

Mieux quelle est la proportion de gens qui, après avoir fait l’effort de regarder l’étiquette, ne vont finallement pas telecharger WhatsApp au regard de la comparaison de cette même fiche avec une app concurrente ? 😂😂

avatar roccoyop | 

@8iMac

Depuis l’apparition des étiquettes, je vais systématiquement voir ce que je donne comme info. Si je vois que ça crains, je me pose la question si j’ai vraiment besoin de cette appli ou non. Si la réponse est non, je ne télécharge pas l’application. Si la réponse est oui, je réfléchis une 2e fois ou je vais voir s’il n’y a pas une alternative.

Auparavant je téléchargeais l’app sans réfléchir, je testais et j’effaçais si ça ne me plaisais pas ou au pire je laissais l’app sur mon iPhone « au cas où ».

Maintenant je suis sans pitié. Je vire direct ou je ne télécharge pas.

Donc pour moi ça a énormément changé. Pour les autres je ne sais pas. Mais celui qui veut absolument se faire sucer ses données téléchargera cette daube quoi qu’il arrive.

avatar zoubi2 | 

@roccoyop

Exemple de citation tronquée :

"Mais celui qui veut absolument se faire sucer..."

😳😳😳😳😳

avatar roccoyop | 

@zoubi2

T’as vu le pseudo aussi. 🤷🏻‍♂️

avatar DG33 | 

@zoubi2

J’aurais plutôt cité : « celui qui veut absolument se faire sucer (...) qu’il arrive. »
😇😂🤣

avatar Bruno de Malaisie | 

@roccoyop

Même pratique de mon côté.
Je regrette que ce ne soit pas  qui prennent en charge les étiquettes de confidentialité et que ce soit les développeurs qui le fassent...
Cela devrait être fait par  car il en va de la plus-value AppStore!!!

avatar roccoyop | 

@Bruno de Malaisie

J’aurais également aimé que ce soit fait par Apple, mais c’est déjà une révolution en soit, alors si en plus Apple avait le contrôle sur les étiquettes, ça aurait sûrement donné du grain à moudre aux haters comme Epic ou Spotify.

avatar Bruno de Malaisie | 

@roccoyop

Oui, mais cela aurait fortifié la confiance des utilisateurs ...
 se présentant comme le système privilégiant les questions de vie privée.
Cela aurait coupé de l’herbe sous les pieds aussi nonobstant...

avatar raoolito | 

@8iMac

il est quand meme difficile de les rater depuis qu’elles sont en place (ce qui n’est pas tres ancien, 2 mois :P )

avatar AlexG | 

@8iMac

Je regarde à chaque fois désormais. Je veux être conscient des données que je partage.

avatar biak | 

Il n'aborde pas les cas de concurrence déloyale dont facebook et WhatsApp bénéficient dans certain pays ?

Au Pérou par exemple, de nombreux forfaits sont limités en data, sauf pour facebook et WhatsApp qui sont "en illimité", c'est à dire non comptés dans la canto data.

avatar v1nce29 | 

Apparemment tous les réseaux sociaux sont concernés (y compris twitter, snapchat, waze...)
Donc difficilement comparable avec les (mauvaises) pratiques mondiales d'Apple

avatar victoireviclaux | 

@v1nce29

Quelques sont les (mauvaises) pratiques d'Apple dont vous faites référence ?

avatar Clément34000 | 

@biak

Tu as raison. Il ne faut pas se leurrer, c’est juste une guéguerre entre eux parce qu’ils cherchent à affaiblir le gros qui dérange. En ce moment, beaucoup choisissent tous de se faire remarquer de cette manière « lui à ça, mais pas moi snifff ». Bon c’est un peu caricatural mais dans le principe...

avatar byte_order | 

@Clément34000
> En ce moment, beaucoup choisissent tous de se faire remarquer de cette manière
> « lui à ça, mais pas moi snifff ».

Ouais, un peu comme ceux qui osent râler de la discrimination.
La loi on s'en fout, les gens qui n'ont pas les mêmes chances que ceux qui s'auto-attribuent des droits exclusifs doivent se taire.

> Bon c’est un peu caricatural mais dans le principe...

Mais nan, pas du tout.

Ah, au passage, le mécanisme qui régit les grands "principes" dans un monde, je crois que cela s'appelle la Loi.
Mais peut-être confondez-vous avec celle de la jungle...

avatar Clément34000 | 

@byte_order

Tu changeras jamais mdr, on s’emmerderai peut-être si tu n’étais pas là. Après réflexion, non lol.

Moi, je suis content de mon tour de magie

Pour te faire revenir vers le sujet, peut-être qu’Apple va récolter d’une amende pour ne pas avoir rappeler au client qu’ils ont le choix. Quoique, au premier démarrage du téléphone, il n’y a pas une notification l’indiquant justement ? J’ai un doute... je reviens, je vais acheté un téléphone...

avatar Link1993 | 

Pas trop compris ça :

"L'iPhone et Messages, avaient donc pu commencer à s'installer depuis deux ans."

A cet époque, iMessage n'existait, et les MMS non plus. C'était clairement pas de la concurrence, c'était une fonction basique d'SMS, comme sur n'importe quel autre téléphone, avec en revanche un affiche de conversation, comme là aussi présent sur d'autres téléphones (Windows Mobile 6 par exemple).

avatar macam | 

Tiens, Mickaël a fait un effort vestimentaire.

avatar zoubi2 | 

@macam

🤣🤣🤣🤣🤣

avatar IceWizard | 

@macam

« Tiens, Mickaël a fait un effort vestimentaire. »

Pas certain à 100% que ce soit lui. Dommage que la photo ne montre pas les bras, pour vérifier les tatouages !

avatar daye4 | 

Je crois qu’on achète un IPhone aussi pour ces services, ils n’ont qu’à créer leur marque de téléphone et on verra ce qu’il se passe

avatar Clément34000 | 

C’est d’un ridicule cet acharnement... heureusement qu’Apple n’en fait pas autant envers les autres
Le problème des grosses boites, se faire attaquer de toute part parce que l’on dérange

avatar byte_order | 

@Clément34000
> heureusement qu’Apple n’en fait pas autant envers les autres

Mais ouais, faire chier Prepear parce que le logo de cette boite, qui propose un gestionnaire de recettes, est une poire, c'est claire que cela le démontre parfaitement.

> Le problème des grosses boites, se faire attaquer de toute part parce que l’on dérange

Le problème des grosses boites, c'est qu'elles pensent que parce qu'elles sont grosses on ne devrait plus les déranger. Même pas pour des problèmes de respect des lois.

avatar Clément34000 | 

@byte_order

Ce genre de commentaire ne m’étonne pas de toi lol

avatar marc_os | 

L'interview a été menée avant qu'Apple ne publie, comme elle l'avait promis, une page récapitulative des étiquettes de confidentialité de toutes ses apps

Ok. Donc le gars il s'est dépêché de tackler Apple tant que c'était possible.
Genre, vite, tant qu'on peut leur tapper dessus à peu de frais et faire croire que Apple ne ferait (toujours) pas ce qu'elle exige des autres. Moyen malhonnête mais classique dans cette belle concurrence.

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