HealthKit : au delà du carnet de santé, une véritable ambition pour Apple

Mickaël Bazoge |

L'application Health n'est que la vitrine d'une ambition beaucoup plus grande pour Apple. Le logiciel conservera les données physiologiques de l'utilisateur (calories brûlées, qualité du sommeil, pouls…), des constantes provenant de bracelets connectés ou rentrés « à la main » par les propriétaires d'iPhone… dans un premier temps. Derrière cette façade, se profile une plateforme, HealthKit, qui se destine aux concepteurs de périphériques santé et aux développeurs. Au delà de ces outils, Apple a pris langue avec plusieurs institutions de santé américaines, comme la clinique Mayo dans le Minnesota, celle de Cleveland, les établissements Johns Hopkins, les hôpitaux Mont-Sinaï, ainsi qu'avec Epic, qui fournit la solution Allscripts qui gère les dossiers médicaux.

Ces institutions et ces fournisseurs de services auront un accès direct à HealthKit, rapporte Reuters, et leurs données pourront alimenter Health qui a pour vocation de se transformer en carnet de santé. À terme, les médecins pourront alimenter la base de données Health de leurs patients, en consulter l'historique et prendre des décisions médicales suivant les informations de l'application. Autant dire qu'on dépasse là le strict cadre du logiciel de mesure de distance parcourue et qu'on rentre de plain-pied dans le domaine médical qui ne souffre pas de l'à peu près. C'est là que le bât commence à blesser pour Apple, car le secteur de la santé est particulièrement réglementé aux États-Unis.

Le constructeur de Cupertino a commencé à préparer le terrain auprès de plusieurs autorités de régulation comme la FDA (Food & drug administration), avec qui Apple s'est dit dans « l'obligation morale » d'en faire plus pour la santé. Mais elles sont nombreuses les instances administratives à contacter et à faire travailler ensemble pour faire évoluer un système de santé dérégulé et aux multiples (et parfois incompatibles) systèmes de surveillance des patients. Google s'y était cassé les dents avec Google Health, qui avait également la volonté d'archiver les informations de santé des patients. Le service a fermé au début de l'année dernière faute de participants. Plus globalement, les start-up de la Silicon Valley se bousculent au portillon pour remettre à plat et simplifier le healthcare américain — sans avoir les moyens d'y parvenir.

Apple a une carte à jouer : non seulement l'entreprise fait preuve d'une volonté réelle de devenir un intervenant majeur dans ce secteur (le constructeur a embauché plusieurs spécialistes du domaine, avocats comme experts de la santé), mais encore l'entreprise a de profondes poches qui lui permettront de faire valoir son point de vue auprès des autorités du pays. Les États-Unis étant un énorme morceau et un sacré casse-tête, il n'est pas certain qu'Apple fasse des efforts identiques pour s'adapter à d'autres pays, du moins pas à court terme.


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avatar karimappleS | 

Sur un système fermé ?

avatar joneskind | 

@Darth Philou

C'est une de mes inquiétudes aussi.

Mais je pense que ces données seront soumises aux mêmes protections de confidentialité que ton dossier médical.

Par ailleurs Apple a bien compris la parano ambiante qui règne autour des données personnelles et je l'imagine assez mal se foirer sur un dossier aussi sensible que la santé.

J'espère en tout cas qu'on aura très vite une analyse précise des conditions d'utilisation d'HealthKit.

avatar karimappleS | 

Non iOS est fermé. Il n'y aura jamais healtkit sur aucun autre système donc pour que tout le monde joue le jeu ça va être chaud

avatar joneskind | 

@karimappleS

Healthkit est une plateforme d'échange qui va permettre de rassembler la base de données médicales du client, et éventuellement faire communiquer différents services pour qu'à la fin le dossier médical soit le plus complet possible.

Par exemple, tu es traité par la Mayo Clinic. Elle a accès via HealthKit à certaines données récupérées par tes différents Bidules.

Si Google décide de monter un partenariat avec la Mayo Clinic (m'étonnerait qu'il y ait un contrat d'exclusivité) c'est la Mayo Clinic qui fournira sa base de données à Google et donc tu ne perds rien des données te concernant. C'est un classique transfert de dossier.

Donc que HealthKit soit réservé à iOS à la fin on s'en fout.

avatar Wolf | 

@karimappleS : il suffit que tous le monde passe sur iOS et le tour est joué ;)

avatar karimappleS | 

J'ai parlé de système pas d'api mais merci quand même

avatar Samouss | 

La clinique Mayo ? Seriously ? Normal que l'obésité soit si élevée aux US …

avatar Zouba | 

Avec des commentaires de ce niveau, on se dit que c'est pas gagné de tenter de réfléchir à notre futur.

avatar Samouss | 

Une petite boutade ne fait jamais de mal … une petite "moutarde" devrais-je dire !

avatar Billytyper2 | 

@Samouss

L' hôpital moutarde... Avec un chandelier?

avatar Grizzzly | 

@Karimapple

Apple sait et saura s'ouvrir quand cela servira ses intérets...
Le système n'est pas fermé pour rien, cela sert et protège le business.

avatar karimappleS | 

Oui CF ITunes

avatar Lonesome Boy | 

@ la rédac

Ne confondez-vous pas (dé)régulé et (dé)réglementé? Je pose la question car beaucoup confondent les 2 (*)
et dans l'article un coup le système US est très régulé, un coup il est dérégulé.

(*) un système peut être (très) réglementé tout en étant (très) dérégulé, comme le système financier par exemple.

avatar Mickaël Bazoge | 
Les deux en fait, aussi bien très réglementé que très dérégulé. C'est aussi un des problèmes auquel se heurtent Apple et toutes les boîtes qui veulent travailler avec le système de santé US.
avatar Lonesome Boy | 

@MickaëlBazoge :

Oui c'est ce que je disais, mais dans l'article le système est "particulièrement régulé" et, quelque lignes plus loin, "dérégulé", d'où ma question.

avatar ovea | 

C'est sûr que si Apple se prend les pieds dans le tapis en parlant de client pour désigner le patient il sera éjecté directement

avatar USB09 | 

@ovea

Apple vend un outil et à donc des clients. Les hôpitaux ont des patients.

avatar iBenjy | 

Dans 20 ans, la plateforme HealthKit recoupera des centaines de données sur notre organisme et détectera les maladies. Grâce à un partenariat avec Amazon, nos médicaments seront livrés automatiquement par drone dans le demi-heure qui suit et on sera guéri en 2 jours.

Vivement dans 20 ans.

avatar Ginger bread | 

Google connait tes deplacements, Facebook ta vie et bientot Apple : ta santé.
A qui le tour ?

avatar joneskind | 

@Ginger bread

Si j'ai bien compris la keynote, les données d'Healthkit sont chiffrées sur le téléphone. Donc pas certain qu'Apple connaisse quoi que ce soit. Là encore ça va certainement passer sous le coup du secret médical.

Au pire, c'est comme le cloud, t'es pas obligé de l'utiliser.

avatar showbiz787 | 

@joneskind :
Pour le moment, mais un jour qui sait...

Un pharmacien rien qu'en votant tes précédentes ordonnances et les mutuelles qui remboursent tel ou tel médoc en savent Bcp aussi...

avatar XiliX | 

Si je puis faire un parallèle, en fait c'est l'équivalent pour nous de la carte Vitale en version moderne. Un peu comme à l'époque... le minitel.

Personnellement, si ce système permet de centraliser les données médicales, ça ne me gêne pas. Tant que ce n'est pas utilisé pour faire du commercial.
Centraliser les résultats du labos, les radios, les visites médicales... parfois, en recoupant ces données, aujourd'hui éparpillées partout, permet de détecter et donc de se prémunir des risques futurs de problèmes de santé.

Par exemple, là je viens de déménager, je vais donc être obligé de changer de medecin traitant. Pas sur qu'il soit au courant de l'historique de mes consultations. Je ne sais pas si la carte Vitale permet d'accéder à toutes ces données. Or, c'est très très important.

Donc oui je suis pour ce genre de système, tant que les données ne sont pas monayées par la suite. Sans vouloir faire de l'anti Google primaire, je "peux" faire confiance à Apple dans ce domaine, car Apple ne vend pas de services, mais des matériels. Or Google, au contraire, vend des services.
Mais restons vigilant, on ne sais jamais avec ces grandes sociétés.

avatar Rez2a | 

En étant plus terre à terre, ce que je me dis surtout en lisant cet article, c'est que toutes les rumeurs des derniers mois sur Apple qui s'entoure de professionnels dans le domaine de la santé supposément pour développer son futur bracelet/montre ne concernait en fait "que" HealthKit.

Passer d'un "bracelet qui pourrait détecter une attaque cardiaque une demi heure avant qu'elle se produise" à un framework... c'est un poil décevant :)

Pour revenir dans le sujet, je ne me fais aucun souci pour la confidentialité de ces données ultra sensibles. Je suis peut être naïf, mais s'agissant d'Apple, je me dis qu'ils ont énormément à perdre si ils commencent à transiger sur la confidentialité des données de leurs utilisateurs, surtout qu'il n'y a pas beaucoup de choses qui feraient un plus gros scandale qu'une fuite de données touchant à la santé.

avatar ovea | 

Rien n'est sûr, tel le refus d'intégrer le dossier médical dans la carte SIM proposé par Gmalto

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