La majorité des iPhone vendus aux États-Unis sont désormais produits en Inde, c’est un changement majeur repéré la semaine dernière par Canalys et directement lié à la guerre commerciale menée par l’administration de Donald Trump. Pour autant, est-ce la fin de l’ère du « Made in China » ? Pas si vite, note Patrick McGee sur X : l’auteur du livre Apple in China a tenu à remettre les pendules à l’heure, en rappelant qu’il s’agissait davantage d’un assemblage final que d’une véritable production. Sans la Chine derrière, l’Inde ne pourrait assurément pas produire les millions d’iPhone vendus chaque trimestre aux États-Unis.

La chaine de production d’Apple dépend toujours autant de la Chine pour créer tous les composants qui viennent former l’iPhone final. Le journaliste indique ainsi que c’est plus de mille éléments différents qui restent produits en Chine par jusqu’à trois millions de personnes par an et qui sont envoyés en Inde pour assembler chaque smartphone. Ce n’est que la toute dernière étape, l’assemblage final et la mise en carton, qui est ainsi effectuée dans un autre pays et Apple ne pourra pas tout basculer du jour au lendemain.
Si l’entreprise de Tim Cook voulait vraiment abandonner la Chine, cela lui coûterait des dizaines de milliards de dollars et surtout, cela lui prendrait des années, comme le rappelle Patrick McGee. Dans l’équation, il n’y a pas que des aspects techniques et financiers, la politique joue aussi et Apple se mettrait inévitablement à dos le gouvernement chinois et pourrait même potentiellement perdre son accès à l’immense marché local.
En attendant, l’assemblage d’iPhone en Inde a bien aidé Apple jusque-là, même si c’est une stratégie plutôt à court terme. D’autant que le Président des États-Unis n’apprécie pas du tout l’astuce imaginée par Tim Cook et pourrait taxer l’Inde tout autant, voire plus, que la Chine.
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