Timeline : l'iPhone il y a 10 ans

Il y a 10 ans naissait l'iPhone. Personne n'imaginait à quel point ce petit téléphone allait tout bouleverser sur son passage.

Avec l’App Store, l’iPhone a complètement chamboulé notre quotidien

Le premier iPhone a évidemment marqué son époque au fer rouge avec son design inédit et ses fonctions innovantes, en particulier son écran multi-touch. Mais ce n’est qu’une année plus tard, en 2008, que la mèche de la révolution mobile s’est véritablement consumée, avec le lancement de l’App Store et des outils de développement ouvrant des perspectives excitantes.

Il se raconte que Steve Jobs s’est fait tirer l’oreille pendant un bon moment avant qu’il accepte d’ouvrir son iPhone aux développeurs tiers. À l’origine, seules les webapps avaient droit de cité sur l’écran d’accueil du smartphone… Mais c’est bien l’App Store qui a définitivement installé l’iPhone dans les poches des utilisateurs du monde entier. Et bousculé de nombreux secteurs d’activité. Voici quelques exemples.

Le transport de personnes

En 2009, la toute jeune start-up UberCar commence à développer une application de mise en relation entre l’utilisateur et un chauffeur. Deux ans plus tard, la jeune pousse rebaptisée simplement Uber se lance à San Francisco, avec le succès que l’on sait. Le service de VTC (voiture de transport avec chauffeur), qui permet de connaitre immédiatement le prix de la course, s’est depuis implanté un peu partout dans le monde en multipliant les déclinaisons (UberEATS, UberPool…), et en générant au passage des clones concurrents.

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Parti de pas grand chose, Uber est aujourd’hui la start-up la mieux valorisée au monde : suite aux tours de table successifs, l’entreprise pèserait en effet 70 milliards de dollars. Une croissance folle qui a récemment coûté son poste à Travis Kalanick, le cofondateur de la société : il serait à l’origine d’une culture d’entreprise assez malsaine, à base d’intimidation et de pratiques commerciales douteuses. Sans oublier les innombrables plaintes des taxis, les interdictions dans plusieurs villes…

Uber est entré si vite et si fort dans notre quotidien que l’entreprise est devenue un verbe. Un peu péjoratif même, puisque personne n’aime se faire « uberiser », c’est à dire subir une flexibilité maximum à l’instar des chauffeurs du service. Une de leurs revendications qui revient souvent sur le tapis, est d’ailleurs de devenir des employés de la société.

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S’il semble aujourd’hui complètement intégré dans les habitudes de « commander » un Uber avec son iPhone — voire en demandant simplement à Siri —, ce service ne va donc pas encore de soi. La législation ne s’est pas adaptée à cette nouvelle réalité des usages, mais il est bon aussi de poser des garde-fous.

Le guidage GPS

Oui, il se vend encore aujourd’hui des boîtiers GPS. TomTom, un des spécialistes de ce secteur d’activité, continue d’en faire le commerce. Mais pour beaucoup d’automobilistes, c’est l’iPhone qui est devenu le compagnon de route au quotidien.

Les applications de guidage qui tirent partie du GPS de l’iPhone (le modèle de 2007 n’intégrant pas ce composant, il a fallu attendre le modèle 3G) se sont multipliées, provenant de… TomTom par exemple, mais aussi d’éditeurs purement logiciels comme Waze, Coyote, voire tout simplement de Google avec Maps.

Waze a présenté les radars avant de se contenter des zones de danger.

Là aussi, l’apparition de ces nouveaux outils et la constitution de communautés autour de ces services, a provoqué des heurts. C’est le cas notamment des avertisseurs de radars et de patrouilles au bord des routes. Ces apps ont dû retirer la signalisation des radars et se contenter d’afficher les zones de danger. Le ministère de l’Intérieur discute actuellement avec les éditeurs des applications afin de rendre « invisibles » les policiers durant les contrôles sensibles.

Dans ce domaine comme dans d’autres, les applications mobiles vont plus vite que la musique législative, dont le tempo est nécessairement plus lent que ces services qui veulent transformer radicalement les usages.

Les transports amoureux

L’iPhone et l’App Store ont totalement ringardisé l’activité discrète des services traditionnels de rencontres. On pense évidemment à Tinder, qui permet de sélectionner son prochain rencard en balayant les profils du bout du doigt… D’autres apps offrent des moyens moins radicaux pour rencontrer d’autres personnes, mais le principe est généralement le même : trouver l’âme sœur près de chez soi.

Certes, les rencontres en ligne ont existé bien avant l’iPhone. Mais pouvoir consulter en mobilité et n’importe quand les profils de rencontres potentielles est devenu pour beaucoup de célibataires une deuxième nature ! C’est pourquoi il est un peu incongru de voir Tinder s’adapter à l’Apple TV, appareil sédentaire par excellence.

Les discussions

La révolution des applications mobiles a modifié notre rapport aux autres, que ce soit dans le domaine des rencontres comme on l’a vu plus haut, mais aussi dans les conversations que l’on peut avoir avec ses proches ou ses collègues. Les apps de messagerie instantanée — à commencer par Messages — ont déferlé, emportant sur leur passage les logiciels de discussion « de bureau ».

Skype est parvenu à survivre, mais le service n’est plus que l’ombre de lui même (il a perdu 300 millions d’utilisateurs de 2011 à 2016) et la dernière version se contente de coller à la roue des apps en vogue. L’app est pourtant apparue sur l’App Store au début de l’année 2009. Messenger, WhatsApp (tous deux propriété de Facebook), Snapchat, Line, Viber… Ce sont ces apps qui mènent le bal des conversations.

Snapchat, WhatsApp, Facebook Messenger — Cliquer pour agrandir

Quitte à inventer de nouvelles formes de communication. Le concept de Stories a été inauguré dans Snapchat, une idée reprise sans vergogne par Facebook et qui a aussi essaimé dans… Skype.

L’administratif

Il n’y a rien de plus facile que de payer son tiers provisionnel : il suffit de scanner le code QR de sa feuille d’impôt avec l’application Impots.gouv, et de valider le paiement. Connaitre les paiements versés par la Sécu des six derniers mois ? Consultez simplement l’app Ameli. Savoir le montant de la dernière alloc’ de la CAF ? Il existe une application pour cela.

Impots.gouv, Caf et Ameli — Cliquer pour agrandir

Les applications des différentes administrations ne sont pas nécessairement les plus belles ou les mieux pensées. Mais elles font ce qu’on leur demande et c’est bien ce qui compte… le tout depuis son iPhone. Il est terminé le temps où il fallait faire la queue des heures derrière un guichet impersonnel ou envoyer des chèques par la Poste.

Il reste encore beaucoup de travail pour une administration 100% numérique ; c’est d’ailleurs une des promesses d’Emmanuel Macron. Maintenant que le candidat d’En Marche est entré à l’Élysée — il n’a pas oublié de prendre avec lui ses deux iPhone — , il ne reste plus qu’à mettre des actes derrière les mots.

Les apps à tout faire

Ce ne sont là que quelques exemples des nombreux secteurs d’activité révolutionnés par les apps mobiles nées dans la foulée de l’ouverture de l’App Store. Avec l’ajout de nouvelles fonctionnalités liées à des composants de plus en plus puissants, Apple a bien l’intention de continuer à aiguiller les développeurs et à stimuler leur imagination. La réalité augmentée d’ARKit pourrait bien ouvrir de nouvelles possibilités

Ces pubs sérieuses ou drôles qui ont accompagné l'iPhone pendant 10 ans

L'évolution d'un produit sur une décennie peut se mesurer et se raconter par les publicités qui ont marqué chacune de ses transformations. De la première pub annonçant la venue prochaine de l'iPhone jusqu'aux plus récentes qui font de la photographie une obsession, Apple a appliqué la même règle qu'avec le premier iPod et plus tard avec l'iPad. On fait d'abord œuvre de pédagogie et ensuite la communication plus traditionnelle peut reprendre ses droits.

iPhone Edge

Il s'est passé six mois entre l'annonce de l'iPhone en janvier 2007 et sa commercialisation le 29 juin. Une période pendant laquelle Apple fut économe en communication sur son produit dont plusieurs caractéristiques restaient encore inconnues. Phil Schiller racontera plus tard que le soufflé montait tout seul et qu'il était inutile pour Apple d'en rajouter, avec le risque de faire un faux pas.

Dans cet entre-deux, Apple s'offrit tout de même un petit plaisir avec un clip diffusé en février lors des Oscars 2007. Un teasing en forme d'hommage au cinéma, avec une rafale d'extraits de films où des personnage décrochent leur téléphone. Audrey Tautou y figurera pour son rôle d'Amélie Poulain, sorti six ans plus tôt.

L'iPhone est maintenant là mais il apporte tellement de changements, de nouveautés jamais vues sur un mobile, qu'il faut commencer par en expliquer le fonctionnement. Montrer comment l'allumer, faire ce geste latéral pour le déverrouiller, faire comprendre que le contenu peut s'afficher aussi bien en mode portrait qu'en paysage simplement en tournant son téléphone… Musique, vidéo, mail, web, recherche d'un itinéraire sur une carte Google… l'iPhone sait faire tout ça et en plus, c'est un téléphone. C'est le point de ponctuation de chacune de ces pubs : vous pouvez aussi téléphoner avec et pour ne rien gâcher, l'interface est super là-aussi.

Un iPhone c'est bien, mais en quoi peut-il aider au quotidien ? Une poignée de pub ont ensuite mis en scène un pilote d'avion, une danseuse, un producteur où chacun y va de son exemple concret. Le pilote raconte qu'il a pu convaincre la tour de contrôle de le laisser décoller au vu du bulletin météo qu'il est allé chercher sur le web depuis son cockpit. La danseuse blogue depuis les coulisses et le producteur conduit toutes ses affaires depuis son téléphone.

iPhone 3G

Avec l'iPhone 3G, Apple efface l'une des principales critiques faites au premier modèle : l'absence de compatibilité avec les nouveaux réseaux mobiles plus rapides. « Il est enfin là » annonce d'emblée la voix-off bien mâle sur un clip qui reprend les codes des films d'action façon Mission Impossible. Qui ? « Le premier téléphone qui va faire mieux que l'iPhone en allant deux fois plus vite sur le réseau et pour deux fois moins cher » (plus que 200 $ pour 8 Go). Deux gardes l'escortent dans une valise sécurisée. Ce 3G c'est déjà l'occasion d'un nouveau design en plastique noir et en blanc.

Autre gros morceau de cet iPhone : les apps, rendues possibles par la distribution d'un SDK aux développeurs. Ce sera la naissance d'un slogan devenu fameux : « Il y a une app pour ça » avec sa petite musique entêtante. Shazam, Evernote, eBay, Twitterrific, AIM, Google Earth sont au rendez-vous.

iPhone 3GS

La première pub du 3GS se présente comme la suite de celle qui a révélé l'iPhone 3G. On est dans le même décor, la même ambiance et d'ailleurs son design n'a pas changé. Des gredins veulent subtiliser le nouvel iPhone 3GS mais, interloqués, le trouvent un peu trop identique au précédent. Et pour cause, Apple démarre son cycle de designs qui seront utilisés pendant deux ans avec une mise à jour "S" plus puissante. Cet iPhone gagne une caméra vidéo, annonce la pub, et son premier prix descend à 99 $.

Filmer, monter et partager ses vidéos… tout ce que l'on faisait avec iMovie sur son Mac est maintenant possible dans un appareil de poche avec une interface toute simple. Cet iPhone avec iOS 3, c'est aussi l'arrivée du copier-coller. Après la 3G, la vidéo… sale temps pour les détracteurs de l'iPhone qui perdent encore un argument. Et toujours les apps, les apps et encore les apps qui tapissent maintenant les écrans d'accueil. « Il y a 75 000 apps pour tout faire » annonce la voix-off de l'une des premières pubs du 3GS. Cette indication ira rapidement croissant les mois suivants.

iPhone 4

Le fameux iPhone égaré dans un bar qui offrira à Gizmodo l'un des plus gros scoop de l'histoire de l'informatique. Un nouveau design inox et verre à couper le souffle qui élevait le "Jesus phone" de 2007 au rang d'objet électronique de luxe. Petit pavé au vu des standards actuels, Apple vantait à l'époque sa finesse.

Il avait le fameux écran Retina qui, à lui seul pouvait justifier l'achat, et donnait à Apple un nouvel ascendant sur la concurrence. Un autre point fort qui ne se révèlera que progressivement fut l'introduction des processeurs Ax, conçus par Apple en lieu et place des puces Samsung.

C'est probablement le plus réussi et le plus mémorable des différents designs d'Apple pour son téléphone… même s'il a donné naissance au terme d'antennagate et popularisé les bumpers !

La caméra frontale a ouvert la voie à FaceTime (en Wi-Fi uniquement). La pub s'est régalée de cette fonction toute indiquée pour des scènes d'intimité familiale. Ce fut aussi l'occasion d'inaugurer un slogan tarte qui sera souvent employé « Si vous n'avez pas un iPhone, alors vous n'avez pas d'iPhone ». Les apps sont toujours un avantage clef et l'on aperçoit un bout d'Infinity Blade, un jeu au réalisme 3D stupéfiant sur un téléphone à l'époque.

iPhone 4S

Le lancement produit le plus étrange de l'histoire d'Apple. Le 4 octobre 2011 Tim Cook dévoilait l'iPhone 4s, le lendemain il annonçait le décès de Steve Jobs. Le 4S qui a cartonné commercialement marque également un changement de calendrier, les iPhone sortiront désormais à l'automne.

L'iPhone 4S c'était iCloud, l'A5 à deux coeurs, l'enregistrement vidéo en 1080p, iMessage mais c'était aussi et surtout Siri qui était montré dans toutes les situations du quotidien. L'assistant sera l'occasion de toute une série de pubs dans lesquelles figureront au fil des mois quelques visages connus comme Martin Scorsese (dans un taxi évidemment), Zooey Deschanel, Samuel L. Jackson ou encore John Malkovitch.


iPhone 5

L'iPhone s'est enfin agrandi pour coller à la concurrence qui a déjà pris ce pli mais Apple assure que ça ne s'est pas fait au détriment du confort. On peut encore manipuler son iPhone d'une seule main. Un argument qui ne sera pas repris deux ans plus tard avec les iPhone 6 et 6 Plus…

L'iPhone n'est pas le seul à avoir changé de forme, les écouteurs EarPods en ont une nouvelle, susceptible de rentrer dans toutes les oreilles. Apple Music n'est pas encore né mais cette activité a droit elle-aussi à sa pub dédiée, dans l'esprit de celle sur la photo.

Plus encore qu'avec le 4S, la photographie s'installe comme un critère majeur dans la communication d'Apple. Cette année de l'iPhone 5 verra une belle publicité sur ce sujet même si, objectivement, elle aurait pu promouvoir n'importe quelle marque de téléphone. C'est une compilation de scènes où chacun sort son iPhone pour photographier le plus futile jusqu'au plus beau. Ce que tout le monde fait de plus en plus avec smartphone, une pratique que les réseaux sociaux ont considérablement boosté. L'iPhone devient un appareil photo à part entière et les APN ont du mouron à se faire.

iPhone 5c

Aucune nouvelle fonction à vendre pour l'iPhone 5c qui ne propose que des changements de surface. La seule vraie originalité en tant qu'iPhone c'est son choix de coloris, un chemin déjà emprunté par Nokia peu de temps avant. Difficile dès lors de faire très original. Puisque l'iPhone 5c est coloré alors la pub met en scène des gens hauts en couleur. Mais pour bien rappeler qu'on parle d'un iPhone, on entend au début le rythme reconnaissable entre mille de la sonnerie Marimba.

iPhone 5s

Avec l'iPhone 5s vous allez gagner de nouveaux pouvoirs « Vous êtes plus fort que vous ne le pensez ». Plusieurs pubs montrent que l'on peut utiliser son iPhone seul ou avec toutes sortes d'accessoires pour en augmenter les capacités. Par exemple un traqueur d'activité Shine… puisque l'Apple Watch n'existe pas encore. L'accent est mis en parallèle sur les activités sportives où des apps mesurent vos efforts et vous motivent à en faire plus. Aujourd'hui ce message a changé, l'Apple Watch est arrivée et c'est elle qui remplit ce rôle à la place de l'iPhone

Le cocon familial est une valeur sûre dans la pub et celle-ci est un clin d'œil aux parents épuisés par le rythme que leur imposent leur(s) enfant(s). Heureusement l'iPhone 5s et ses apps peuvent toujours donner un coup de main puisqu'après tout, on l'a constamment avec soi, du matin au soir et sur sa table de nuit. Si la batterie suit, bien sûr.

Une originalité cette année-là, Apple avait accordé à SFR l'autorisation de créer une pub iPhone. Au lieu d'être obligée de bêtement reprendre celles de la Pomme et de coller son logo à la fin. Une jolie pub dans laquelle une mariée avec son iPhone 5s rapproche deux invités en train de tomber amoureux. Dommage que le slogan à la fin vienne casser l'ambiance très chabada.

iPhone 6 et 6 Plus

Deux ans après l'iPhone 5, deux nouveaux formats sont lancés et Apple se met au diapason du monde Android et de ses phablettes initiées par Samsung. Elle écopera au passage du bendgate et des iPhone pliés.

Apple ne pouvant se permettre de jouer sur le registre de l'innovation avec ces grands écrans (cette gamme lui offrira néanmoins une croissance des ventes phénoménale) elle utilise le ressort du comique et met en avant les nouvelles fonctions comme Apple Pay ou les appels que l'on peut prendre depuis son Mac ou son iPad. En France, ce sont Omar et Fred qui prêtent leur voix à la première volée de pubs.

À nouveau Apple déroge à ses habitudes et elle lance une pub spécialement pour l'Inde. Les années précédentes on a vu de plus en plus la Chine présente à travers les clips, au fil de la montée en puissance de ce marché pour les ventes d'iPhone.

iPhone 6s et 6s Plus

L'iPhone 6s est là et on ne se doute pas encore que ce design perdura pour son successeur. Cette fois Apple peut à nouveau se vanter d'un écran pas comme les autres grâce à 3D Touch. Il s'agit d'en expliquer le principal bienfait : le gain de temps pour aller plus vite au contenu d'une app. C'est un leitmotiv de la campagne pour cet iPhone, ce nouveau modèle est une bombe, tout va plus vite.

La photographie gagne elle la fonction Live Photos, la vidéo est en 4K. Cet iPhone va toujours plus vite, ce que font bien comprendre les pubs avec un ton très énergique. Mais avant cela, un peu de douceur avec les douces animations de poissons de l'écran d'accueil d'iOS.

Quelques-unes de ces pubs versent dans l'autodérision et pour cela rien ne vaut des vedettes : le réalisateur Jon Favreau et les acteurs Jamie Foxx, Neil Patrick Harris ou Bill Hader qui utilise Siri pour répondre au spam d'un "prince Oseph" lui promettant une fortune rapide 😂. L'occasion de montrer que Siri peut être appelé à haute voix sans que l'iPhone soit branché.

iPhone 7 et 7 Plus

Pas franchement de nouveau design à faire valoir, avec ces iPhone 7 les pubs se concentrent sur les évolutions matérielles comme le double capteur photo, les haut-parleurs stéréo, l'étanchéité et quelques-unes des fonctions d'iOS (le mode Portrait du 7 Plus, les autocollants dans Messages). Sur quelques-uns de ces points l'iPhone se met au niveau de la concurrence, la première pub assez lêchée joue plutôt sur la suggestion (comme ce hibou pour le double capteur photo qui s'améliore en prise de vue nocturne).

Les pubs suivantes montrent plus concrètement ces nouveautés. Celle pour la résistance à l'eau met en scène un cycliste matinal qui, pas inquiet pour un sou, moins que son chien en tout cas, s'en va affronter une météo d'apocalypse avec son iPhone 7 fixé au guidon.

Un clin d'œil avec la pub "Plongeon" où l'iPhone est vanté à la fois pour ses nouvelles capacités sonores et, plus subtilement, pour son étanchéité. C'est vers Enzo Maiorca qu'Apple s'est tournée. Il fut ce champion des plongées en apnée qui, avec Jacques Mayol, inspira Luc Besson pour Le Grand Bleu. Cette pub fut diffusée en novembre dernier et Maiorca disparaîtra ce même mois à l'âge de 85 ans.

Plus récemment Apple a sorti des publicité très travaillées pour quelques-unes des fonctions de l'iPhone (le mode portrait encore) et d'iOS (les effets de ballons dans Messages et les Souvenirs dans Photos). Ou encore pour ses écouteurs avec le superbe clip des AirPods.

Elle a également commencé à s'adresser plus directement aux utilisateurs Android pour les rassurer quant à la simplicité de passer d'une plate-forme à l'autre et leur promettre qu'iOS ne leur apportera que fluidité et sécurité.

Enfin, chaque Noël est devenu l'occasion de sortir une pub de fin d'année qui mette en exergue les valeurs de la famille ou de la fraternité. Celle de 2013 était astucieuse. On y voyait un ado rivé sur son téléphone pendant que tous ses proches s'affairaient aux préparatifs ou profitaient du temps passé ensemble. Jusqu'à ce que tout le monde découvre, surpris, ce que préparait en fait le jeune garçon.

Le chemin parcouru depuis dix ans par l'iPhone et, par extension, par le marché du smartphone tout entier peut s'apprécier par la comparaison de la première série de pubs et par les dernières. Dans un cas il s'agit littéralement d'un mode d'emploi imagé pour expliquer le fonctionnement de la nouvelle génération d'un produit. Jusqu'à montrer comment le mettre en marche. Dans l'autre, ce produit a désormais fusionné notre quotidien, il en est devenu un élément indispensable à tous les moments de la journée. De temps en temps il faut expliquer de manière très terre à terre l'intérêt d'une fonction (comme les Live Photos) mais de manière générale ces publicités peuvent aujourd'hui se faire plus oniriques ou décalées. Jusqu'à la prochaine grande étape, très bientôt, avec la réalité augmentée dans iOS 11 et toutes les apps et usages qui vont s'en trouver bouleversés. Un nouveau challenge pour les concepteurs de pubs.

Les réactions de la presse face au premier iPhone

Dix ans d’iPhone, c’est dix ans de couverture médiatique de l’iPhone, sans compter les années de rumeurs qui ont précédé. Dix ans de polémiques inutiles et d’avis mal informés, mais aussi dix ans à documenter les formidables avancées technologiques et à s’interroger sur leurs effets sur notre monde. Mais aussi à s’avancer un peu vite, et ainsi prêter le flanc à la critique, dix ans plus tard.

L’iPhone « sans mobile apparent » titrait Libération le 29 juin 2007. « De l’avis des analystes », expliquait le quotidien, « l’iPhone ne va pas bousculer le jeu. » Après avoir (mal) expliqué le principe de l’écran tactile capacitif, les journalistes de Libération font le choix de citer le patron du laboratoire d’essais de la Fnac : « j’ai essayé comme tout le monde de taper un petit bout de texte, mais cela n’a pas bien marché. »

S’il est plus difficile d’épingler Le Monde et Le Figaro, c’est que les deux quotidiens se sont « couverts » en se reposant sur les dépêches des agences. L’AFP assurait tout de même que l’iPhone « était attendu depuis des semaines par les fans de la marque », rendez-vous compte, quand Reuters se fourvoyait en décrivant « un module de “voicemail”, pilotable depuis l’écran, permet d’écouter ses messages écrits. »

Le JT de France 2 du 27 novembre 2007, lors du lancement de l’iPhone en France.

Quelques mois plus tard, lors du lancement de l’iPhone EDGE en France, Madame Figaro parlait de « phénomène » :

Nul besoin de stylet ou de loupe pour s’y retrouver, et on s’habitue très vite à la navigation et au toucher. Tout a été calculé pour un maniement dans toutes les positions, sans problèmes de reflets. L’appareil détecte le sens d’utilisation et adapte automatiquement son affichage, en largeur ou en longueur. Et l’écran s’autoactive quand on l’approche de l’oreille.

L’Express insistait sur les mêmes points forts : « l’apparence est surprenante. Et notamment l’écran totalement tactile qui permet, sans stylet, la commande de toutes les fonctions. Gare aux traces de doigts ! » Mais l’hebdomadaire s’intéressait aussi au modèle économique d’Apple :

Le produit n’est pas tout. Apple compte profiter de ce lancement pour percevoir une dîme supplémentaire. De la même manière que l’iPod lui a permis de grappiller quelques centimes d’euros sur chaque chanson vendue sur iTunes, le site qui lui est consacré, l’iPhone lui offrira la possibilité de capitaliser sur la vidéo.

Oui, « vidéo », vous avez bien lu. Il faut dire que l’iPhone avait été présenté aux côtés de l’Apple TV, et que l’App Store n’existait pas encore. Le Nouvel Observateur parlait « d’un téléphone portable à écran tactile inspiré de l’iPod », allez savoir pourquoi, et citait l’analyste Ed Snyder : « les écrans tactiles sont peu fiables et je ne connais que peu de téléphones qui en possèdent un fiable. » On connaît la suite.

Mais l’hebdomadaire avait aussi ouvert ses colonnes à Judikael Hirel, rédacteur en chef de MyTech Magazine, qui avait bien compris l’importance stratégique de l’iPhone :

C’est un mobile tactile, et c’est aussi un iPod. Et voilà justement le côté révolutionnaire de cet appareil, cette double facette. En effet, les baladeurs numériques sont devenus des objets courants. De même, il existe déjà des téléphones tactiles, mais aucun n’est en même temps un baladeur. La prochaine étape va être, à mon sens, de fusionner le lecteur MP3 avec le téléphone mobile. C’est logique, vu que l’iPod est actuellement le produit phare de la marque. En un mot, l’iPhone est l’iPod de demain. Ce qui expliquerait la prise de position de Steve Jobs en faveur de la suppression des DRM. Il serait alors possible aux utilisateurs de télécharger directement les morceaux sur un iPhone, sans avoir à utiliser d’ordinateur.

La presse spécialisée avait évidemment fait ses choux gras du lancement de l’iPhone, même si SVM n’a pas jugé bon de le mettre en une avant le mois de décembre, et alors seulement dans un coin de page. En présentant en février « tout ce qui va vous faire craquer en 2007 », le mensuel spécialisé ayant préféré mettre en avant le Nokia N95 et la PlayStation 3. Au même moment, son petit frère SVM Mac étalait l’iPhone en une avec cette phrase très juste : « Apple met le Mac dans la poche ».

La une du SVM Mac de février 2007.
La une du SVM Mac de février 2007.

Et nous, alors ? Nous parlions d’une « nouvelle ère », où Apple serait « le Sony du XXIe siècle », la force dominante d’une industrie informatique élargie. Nous comparions le lancement de l’iPhone à celui du Macintosh : « en concevant le logiciel et le matériel, Apple est arrivée à un niveau d’intégration inégalé à ce jour. Il faudra du temps avant qu’un constructeur parvienne à s’approcher de l’iPhone. »

Et puis patatras, est venue cette « foire aux questions » sur l’iPhone : « on ne serait pas surpris que l’iPhone gère le format Flash dans un avenir plus ou moins proche. » Pas que nous ayons retenu la leçon : quelques années plus tard, en testant les premiers smartphones à écran de 4 pouces, je mettais en doute le confort d’utilisation de ces appareils. J’utilise maintenant un iPhone 7 Plus.

iPhone : 10 ans plus tard, une expérience intacte

La première surprise lorsqu'après 10 ans on se saisit du premier iPhone, c'est sa taille : minuscule. On pourrait dire la même chose de bien d'autres téléphones anciens comme actuels — l'iPhone SE n'est pas formidablement plus grand. Mais c'est lui, avec ses petites épaules arrondies et chromées, qui a bousculé des conventions matérielles et logicielles que l'on croyait inamovibles.

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Une addition de premières fois technologiques, pressées à l'intérieur d'un appareil électronique que l'on peut quasiment cacher dans sa main. C'est ce petit truc qui a réinitialisé toute l'industrie du mobile et de l'informatique ensuite.

En novembre 2007, moins d'un an après la révélation de l'iPhone, Forbes mettait le patron de Nokia en couverture, tenant un téléphone à clapet, et titrait par cette question : « 1 milliard de clients — Quelqu'un peut-il rattraper le roi du téléphone mobile ? ». Il aurait fallu une sacrée assurance il y a dix ans pour répondre sans ciller que le roi finlandais tomberait lourdement de son cheval par la faute d'Apple, mais aussi de Google, de Samsung, ainsi que de Microsoft pour d'autres raisons.

Il y a quelques jours, lorsque j'ai utilisé l'iPhone original pour prendre l'une de mes filles en photo, elle a eu cette réaction spontanée : « C'est quoi ce mini appareil ? ». À presque 7 ans elle nous a vu des centaines et des centaines de fois la photographier avec différents iPhone, mais pour la première fois celui-ci l'a étonnée.

Pourtant, rien n'a quasiment changé entre l'iPhone 2007 et ceux de 2017 si l'on considère l'essentiel de leur design. Prenez l'iMac, sur ses dix premières années il a commencé rond et coloré comme un gros bonbon. Puis son physique s'est élancé comme une tige de tournesol avant de s'assagir et de se résumer à un grand écran plat sur pied. Depuis la génération 2004, l'iMac n'a pas changé. Le monobloc a simplement profité des progrès technologiques pour s'amincir au point où il ne reste plus grand-chose à retirer.

Tout pour l'écran

D'une certaine manière, Apple a lancé avec l'iPhone un produit déjà mûr, qui n'aurait pas connu cette phase de l'enfance et de l'adolescence qu'ont traversés les iMac ou les MacBook. L'iPhone s'est allongé puis élargi, mais si vous n'avez jamais utilisé le tout premier modèle, il est très vite familier. Comme la dizaine d'autres modèles qui l'ont suivi, il a son bouton d'accueil en façade, le réglage du volume et le bouton du vibreur à gauche et sa prise en bas qui a connu deux formats. Il n'y a que le bouton de mise en marche et le tiroir de la SIM qui ont déménagé mais sans trop s'éloigner.

Depuis dix ans, extérieurement, un iPhone se résume à ces quelques boutons entourant un écran. Il n'y avait déjà pas grand-chose au départ et pourtant Apple a commencé à retirer la prise jack et le même sort attend peut-être le bouton d'accueil à la rentrée.

Il y a une dizaine d'années, dans l'univers des téléphones mobiles, on provoquait l'étonnement et l'envie par l'accumulation de formes et de fonctions. Nokia et Sony Ericsson redoublaient d'efforts pour fabriquer des appareils — les Communicator et autres Clié — comme sortis d'un James Bond. Des couteaux suisses qui savaient tout faire et qui ne se privaient pas pour le montrer, avec toutes sortes de protubérances. Clavier, stylet, molette de défilement, caméra et écran articulés… on avait un Transformer dans la poche. On en avait pour son argent et on était heureux ! C'était génial, le Communicator de Star Trek était enfoncé, la réalité avait démodé la fiction.

Sony Clié

Dès lors, comment avec moins un iPhone pouvait-il prétendre en faire plus et surtout mieux ? Parce qu'avant lui on ne réalisait pas à quel point tout allait passer par l'écran et à quel point aussi le logiciel allait être au centre de tout. On commence à voir les petites prouesses permises en réalité augmentée avec des iPhone dont les caméras n'ont pourtant rien de particulier.

iPhone et Palm Tréo. Cliquer pour agrandir

Lorsque j'ai vu la présentation de l'iPhone en janvier 2007, ce moment où Jobs en révèle la forme, je me souviens avoir éprouvé comme un « blanc ». Le patron d'Apple avait électrisé tout le monde en préparant sa grande révélation, et voilà qu'il faisait se succéder à l'image un Palm Tréo à grosse antenne et plein de boutons par un téléphone sans clavier, avec juste un (seul) gros bouton. Ah…

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Lorsqu'on revoit la vidéo, même l'assistance paraît prise de court alors qu'elle s'était enflammée quelques secondes plus tôt à la promesse d'un téléphone capable de servir d'iPod. Ceux qui ont connu le premier Mac ont peut-être eu le même sentiment, comment cette petite chose allait-elle bousculer plus gros et plus grands qu'elle ?

Dans la minute suivante, la description d'un écran multitouch n'a pas fait de vagues non plus. Normal, Steve Jobs n'avait pas encore allumé cet iPhone et montré de quoi il retournait dans Plans ou dans Photos. On ne voyait encore qu'un écran noir alors que toute l'intelligence du produit résidait d'abord dans son logiciel.

Un nouveau-né déjà adulte

Allumer aujourd'hui un iPhone de 2007 consacre ce sentiment qu'Apple avait vu juste dès le départ sur le matériel — au point de graver dans le marbre ce à quoi allaient ressembler tous les téléphones qui suivraient —, et qu'elle avait aussi tapé dans le mille pour le logiciel.

Dix ans plus tard, on sait instinctivement utiliser ce téléphone et se repérer à l'intérieur : le bouton que l'on fait coulisser pour le déverrouiller, l'organisation des icônes en grille (pas encore de dossiers pour les ranger), le bouton principal pour retomber sur ses pieds, les taps, le pincer pour zoomer, etc. Le dessin des icônes était soigné et parlant, on ne se posait pas trop de questions sur leur signification.

Il y a une part d'habitude et de mémoire qui guident les gestes, mais certainement aussi le fait que les principes établis pour cet iPhone étaient bons, que le scénario était solide et qu'il allait permettre à l'histoire de s'épanouir.

La première chose que j'ai faite après avoir allumé cet iPhone a été de lancer Safari. Il faut replacer cette action anodine dans le contexte de l'époque : l'utilisateur allait avoir dans sa poche le même navigateur que sur son Mac. On parlait de « Safari Mobile » par commodité pour les distinguer, mais l'idée était de pouvoir aller sur le web dans la rue, comme chez soi devant son ordinateur. Lire les mêmes sites dans les mêmes conditions, à peu de choses près.

Dix ans plus tard, utiliser Safari sur cet iPhone est un supplice chinois, avec un contenu qui arrive au compte-goutte et une RAM insuffisante pour afficher toute la page sans plusieurs étapes. Mais… ça marche. C'est un web lent, diminué parfois, mais on surfe, on profite à peu près correctement des mises en page, on zoome dans les textes. On est aussi moins souvent importuné par des blocages au motif qu'une page ou un site est en Flash… Si l'on observe l'interface de Safari on se rend compte qu'elle n'a pas franchement bougé, les réflexes renvoient sur les mêmes boutons.

Safari sur l'iPhone Edge et sur un iPhone 6s Cliquer pour agrandir

La différence est ailleurs, l'absence de Retina afflige cet écran et son interface de rides que l'on ne supporterait plus aujourd'hui. Les textes sont crénelés et il faut une bonne vue pour lire les pages web sans zoomer.

Pourtant qu'elle était belle l'interface de l'iPhone le premier jour ! Le thème Aqua d'OS X avec ses couleurs, ses transparences et ses dégradés fins avait été transposé comme par magie sur ce petit téléphone. La même sidération m'avait saisi lorsqu'Apple fit la démonstration des premiers jeux riches graphiquement sur l'iPhone 3GS. Apple et le jeu c'était déjà un mariage pas très ordinaire sur Mac, alors sur un téléphone…

Cette beauté logicielle n'était pas qu'esthétique, la dynamique de l'interface laisse toujours baba sur ce vieux téléphone. Ainsi l'effet de rebond en fin de course dans une liste ou le zoom des icônes lorsqu'on ouvre une app, ou bien encore les petites épingles rouges de Google Maps qui tombent du ciel pour se fixer dans la carte virtuelle… On s'amuse de jouer à nouveau avec l'effet — maintenant disparu — de la page tournée qui masque les réglages dans Maps. Il y a parfois quelques saccades, par exemple dans les rotations d'écran, pour témoigner que le matériel avait du mal à suivre le logiciel.

À l'inverse, le glissement entre les écrans d'accueil est d'une belle fluidité, tout comme l'animation pour l'action de déverrouillage de l'écran. Dès l'allumage du téléphone la première action était amusante et révélait sa nature toute tactile. Des prouesses graphiques qui rendaient d'autant plus inexplicables certaines lacunes. « On ne peut pas mettre un fond d'écran ? », m'a demandé, interloquée, mon autre fille qui ne cesse de changer ceux de son iPhone 5.

Alors que je tapais des URL dans Safari, je me suis souvenu de ma surprise lorsque j'avais découvert ce clavier virtuel. L'idée d'imposer une frappe sur une surface de verre était osée. Pour moi c'était une bénédiction. Je venais directement d'un téléphone Sony à minuscule clavier physique avec lequel je n'envoyais pour ainsi dire jamais de SMS. D'abord parce que mon forfait n'en avait pas, ensuite parce que je n'arrivais à rien avec la saisie T9.

Le T9 c'était mon DOS à moi. Le clavier virtuel, avec ses touches qui grossissaient lorsqu'on les frappait et cette loupe pour corriger, c'était l'équivalent de l'interface du Mac. Il n'y a plus véritablement débat aujourd'hui entre les tenants du clavier mécanique et ceux du clavier virtuel. Les premiers n'ont pas disparu mais les seconds ont fini par s'imposer par leur nombre et par l'évidence de ne plus avoir la moitié de son téléphone mangée par un dispositif figé.

Moins de taps, plus de glisse

Après Safari je suis allé dans Mail, mais un détour d'abord par les réglages système porte une lumière crue sur les changements survenus. Dans la version 3.1.3 d'iOS installée sur ce téléphone (elle date de 2009), la liste des réglages ne compte qu'une douzaine d'entrées contre quasiment 40 dans iOS 11. Pas besoin d'un moteur de recherche dans les réglages, en ce temps-là. Mes comptes mail Apple et Google ont demandé un peu d'effort pour fonctionner, mais ça a marché. Rien par contre n'est descendu du nuage d'iCloud pour le carnet d'adresses et le calendrier.

Que dire de Mail sinon que l'on gère son courrier dans iOS 11 à peu près de la même manière qu'avec iOS 3. L'app est raisonnablement rapide (Safari est une brouette en comparaison) et les icônes tombent bien sous les doigts puisqu'elles sont au même endroit : Classer, Supprimer, Répondre, Rédiger… la barre inférieure n'a presque pas changé.

L'utilisation de Mail sert néanmoins de révélateur sur la manière dont a évolué l'interaction avec son téléphone. On est passé d'une phase où l'on faisait beaucoup de taps et parfois quelques glissements sur l'écran pour actionner des commandes à une approche beaucoup axée sur ces gestes. Par réflexe j'ai commencé à effacer des courriers par un mouvement latéral sur leur titre, une chose extra lorsqu'on la découvrait la première fois.

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N'y réfléchissant pas plus, j'ai voulu tirer sur la liste des courriers pour en rafraîchir le contenu : rien. Pas mieux en essayant de sortir d'un mail pour revenir à la liste par un balayage vers la droite. Idem évidemment en écrasant un titre avec le doigt, une icône ou le bord de l'écran d'accueil pour activer les fonctions associées à 3D Touch. Pas mieux en voulant archiver un mail en tirant sur son titre.

Pas encore de tirer pour rafraîchir

Toutes ces choses devenues naturelles sont autant de brusques coups de pied sur le frein lorsqu'on manipule cet iPhone au système de 2009. Pour se déplacer dans les iPhone d'aujourd'hui on tape beaucoup moins sur l'écran, on glisse plus et on presse les icônes. Toute une chorégraphie s'est développée, souvent grâce aux bonnes trouvailles de développeurs tiers qui ont fini par convaincre les designers d'Apple de les adopter.

Par jeu et sans grande illusion on cherche aussi à tirer le centre de contrôle et le panneau des notifications… peut-être qu'un élément d'interface que l'on avait oublié se révélera ? Et c'est ce qui se passe. La double pression sur le bouton d'accueil n'invoque pas le carrousel des applications déjà utilisées, mais il vous renvoie dans la précédente app ouverte. Ce réglage de « bouton principal » existe toujours, il est simplement différent dans ce qu'il permet et il a été déplacé dans les options d'Accessibilité.

Avec iOS 3 on pouvait affecter à ce bouton le retour à l'écran d'accueil, l'affichage du champ de recherche, un raccourci vers les favoris du téléphone (aujourd'hui Siri s'en occupe), l'ouverture immédiate de l'appareil photo ou… de l'iPod. La présence du baladeur est un autre marqueur de cette époque. Il a disparu aujourd'hui, l'app iPod a fini par s'appeler « Musique » et cette fonction qui faisait se soulever d'aise l'assistance est devenue une parmi d'autres.

La musique avant internet

On se rend compte sur cet iPhone à quel point l'iPod en était l'un des piliers. On parlait de connecteur « iPod » pour la prise de recharge et de synchronisation du téléphone. L'iPod fut la première des trois fonctions majeures que Steve Jobs annonça dans sa présentation. Il faut entendre la clameur qui monte puis explose dans l'assistance à cette évocation. Elle n'est dépassée dans l'enthousiasme que par celle qui annonce la fonction de téléphone, alors que la partie Internet ne reçoit qu'un accueil poli et mesuré, inversement proportionnel à l'importance qu'elle prendra plus tard avec les réseaux sociaux. Ou était-ce une interrogation sur ce quelle revêtait exactement comme fonctions et possibilités ?

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Avec l'iPhone, Apple voulait anticiper la fin de l'âge d'or des baladeurs MP3. Toutes les rumeurs autour de ce qu'elle préparait pointaient vers ce mariage entre un téléphone et un iPod, l'hypothèse d'un écran tactile et a fortiori multitouch n'était même pas envisagée dans les rumeurs les plus fouillées !

Les gens, en ce mois de janvier 2007, étaient excités à la perspective de pouvoir s'offrir un téléphone qui sache aussi bien jouer de la musique que l'iPod qu'ils avaient en poche. Tout le reste était du bonus, l'essentiel était là, on ne parlait pas encore de réseaux sociaux, de remplacer son appareil photo, son caméscope, sa télé ou sa console portable par un téléphone.

On allait pouvoir téléphoner et emmener sa musique dans un seul et même appareil et c'était formidable. C'était le temps des iPod nano format carré, de l'iPod classic et bientôt de l'iPod touch, un iPhone qui ne savait pas téléphoner.

Les haut-parleurs de cet iPhone crachotent aujourd'hui, mais y brancher ses EarPods n'est pas une mauvaise expérience, loin de là. Le petit téléphone était un excellent baladeur, à ceci près que le port jack de ce modèle était très profond et que toutes les prises de casques n'arrivaient pas jusqu'au bout. Au moins, ce n'était pas une broche bizarre comme sur d'autres mobiles. Voilà donc un téléphone avec lequel on pouvait écouter sa musique tout en consultant les détails d'un itinéraire dans Google Maps par un zoom avec les doigts sur une vue satellite. En toute simplicité.

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Avant l'App Store

On pourrait citer, parmi les autres perles d'alors présentes sur cet iPhone, le client YouTube (qui ne marche plus aujourd'hui, pas plus que la version mobile du site), ainsi que l'application Téléphone avec sa fonction de messagerie visuelle vocale. Notre iPhone n'a pu se connecter au réseau de Bouygues qui a réutilisé sa 2G pour de la 4G, mais une SIM Orange a fonctionné. Recevoir sur son iPhone 6s un appel d'un iPhone Edge a quelque chose d'amusant. Steve Jobs avait fait grand cas des nouveautés entourant la fonction d'appel. Téléphoner c'était une « killer app », disait-il.

La « killer app », passer des coups de fil, déclare Jobs.

Réussite aussi avec l'App Store qui avait fait ses débuts dans iPhone OS 2. Sur cet iPhone il affiche normalement toutes les apps jusqu'aux plus récentes — Monument Valley 2… — mais toute tentative d'en télécharger parmi celles-ci se solde par une alerte réclamant d'avoir iOS 8 ou 9. J'ai cherché Rolando, gros succès, qui utilisait le gyroscope pour le déplacement des personnages, mais il a disparu. J'ai quand même récupéré une vieille app, pas mise à jour depuis 2010 : Crash Bandicoot Nitro Kart 3D. Une bonne démonstration des possibilités de l'iPhone, avec les déplacements de la voiture assujettis aux mouvements de l'iPhone et le tap à deux doigts pour la faire sauter par dessus les obstacles. Elle devrait disparaître à terme, maintenant qu'Apple entame un grand ménage dans sa boutique. Je me souviens aussi avoir fait quantité de démonstrations avec l'app qui simulait un verre de bière dont le liquide se vidait lorsqu'on tournait l'iPhone ou celle avec le sabre de Jedi dont le bruit suivait les déplacements du téléphone.

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Lorsque l'iPhone a été lancé, rien ne laissait présager que l'on aurait cette profusion d'apps (et que ce terme même s'imposerait sur celui de « logiciels » ou « d'applications »). L'iPhone aurait des applications web, expliquait Steve Jobs, mais c'était avant que les bidouilleurs du jailbreak ne montrent que l'iPhone était avant toute chose un petit ordinateur, un véritable Macintosh de poche.

C'était d'ailleurs ainsi que ses créateurs l'avaient eux-même pensé, mais sans qu'ils laissent les coudées franches aux développeurs pour s'exprimer. Jobs redoutait que les apps ne fassent planter le téléphone, qu'elles soient sources de problèmes et qu'il soit impossible pour Apple d'exercer un contrôle rigoureux à leur égard. « Notre approche innovante, qui utilise les standards du Web 2.0, permet aux développeurs de créer de nouvelles applications étonnantes tout en assurant la sécurité et la fiabilité de l'iPhone » déclarait-il dans un communiqué de presse peu avant la mise en vente du téléphone.

Les maux du PC ne devaient pas se répéter sur l'iPhone. Des craintes qu'Apple a finalement surmontées. En 10 ans, de par un contrôle aigu sur son OS et son App Store, en consentant des ouvertures très progressives, la plateforme n'a pas rencontré de problème majeur, pas suffisant en tout cas pour la déstabiliser.

La photo partout et tout le temps

Un dernier endroit où je pensais être bien plus déçu est celui de la photo. Cette fonction ne faisait pas partie de celles mises en avant lors du lancement de l'iPhone, alors qu'aujourd'hui Apple et tous les fabricants Android ou presque axent leur communication dessus. Smartphone ou appareil photo… parfois le second rôle prend le pas sur le premier, on garde son téléphone toujours avec soi, simplement pour cette seule fonction.

« C'est quoi ce mini appareil ? » Cliquer pour agrandir

Est-ce que les photos (pas de vidéo possible) prises avec cet iPhone sont bonnes ? Non. Sont-elles pour autant affreuses ? Non plus. Elles sont poudreuses et le piqué n'est pas terrible. Et il n'y a pas de flash lorsque la lumière manque. On dira qu'elles ont le charme de l'ancien… et ne méritent pas d'être tirées sur papier.

L'app Appareil photo est économe en fonctions, elle se résume au bouton déclencheur et au raccourci vers l'album. Pas de flash donc, ni de mise au point manuelle, ni d'autofocus et une belle et lente animation de diaphragme lorsqu'on a pris sa photo. Un vestige de ces interfaces qui essayaient de mimer le réel pour rassurer l'utilisateur novice.

Dix ans plus tard, l'application de photo s'est beaucoup enrichie sans trop trahir sa simplicité de départ. Il suffit pour s'en convaincre de télécharger n'importe qu'elle app qui rend votre iPhone aussi compliqué qu'un reflex pour voir à quel point Apple fait preuve de retenue.

iPhone Edge. Cliquer pour agrandir
iPhone 6s. Cliquer pour agrandir
iPhone Edge. Cliquer pour agrandir
iPhone 6s. Cliquer pour agrandir
iPhone Edge et 6s. Cliquer pour agrandir

La dernière observation que l'on peut retirer de l'utilisation de cet iPhone des débuts, avec l'un de ses premiers systèmes, c'est qu'il ne provoque pas de nostalgie. De celle qui fait regretter ce dont on dispose aujourd'hui parce que l'évolution aurait emprunté de mauvais chemins. Ou parce qu'un produit avant-gardiste n'aurait pas eu sa chance.

Au lieu de ça les iPhone ont évolué dans la continuité de ce premier modèle. Ils se sont bonifiés en s'appuyant sur son design, sur sa philosophie initiale. Apple n'a pas tout décidé ni tout créé toute seule : il n'y aurait peut-être pas eu d'iPhone 6 Plus s'il n'y avait pas eu de Galaxy Note ou si Google avec Android et les hackers avec le jaillbreaking n'avaient donné naissance à de nouvelles idées d'interface.

Cependant Apple ne s'est jamais trop écartée du chemin initial. Elle a défini ses principes sans avoir la culture ni l'expertise de ce que devait être un téléphone, mais en capitalisant sur ses acquis du Mac et de l'iPod, et en observant ce qui clochait chez les autres.

L'iPhone est le parfait exemple d'un produit conçu non pas en fonction de ce que voulaient les clients à cet instant-là, mais au vu de ce que de nouvelles technologies pouvaient offrir de mieux, et avec l'envie de les mettre au service d'une expérience inédite et soucieuse d'abord de l'utilisateur. Comme avec le Newton, le G4 Cube ou le dernier Mac Pro, Apple aurait pu se louper magistralement, au lieu de ça elle a réussi du premier coup.

iPhone : du processeur de lecteur DVD au processeur mobile le plus avancé au monde

Un CPU 120 fois plus rapide, un GPU 240 fois plus rapide, la différence de puissance entre un iPhone 7 et un iPhone original est tellement grande qu’elle en devient abstraite.

Les superlatifs qui s’enchaînent lors des keynotes de présentation d’iPhone ne sont pas toujours justifiés (Plans n’était pas si « beautiful » que ça au lancement d’iOS 6), mais quand Phil Schiller déclare que « l’équipe d’Apple en charge des puces fait des exploits en matière de performances » et que « chaque année, l’iPhone est le smartphone le plus rapide sur le marché », il n’exagère pas. Comment en est-on arrivé là ? Retour sur les principales étapes d’une maitrise presque absolue.

iPhone : un processeur de lecteur DVD pour démarrer

De puissance, il n’en était pas question concernant le premier iPhone. Ou plutôt, il en était question différemment. La rapidité de l’iPhone par rapport à un BlackBerry ou un Palm se mesurait à l’aune de son écran tactile et de son interface, et non de son processeur. L’iPhone était présenté par Apple comme l’instigateur d’« une ère de puissance et de sophistication logicielles sans précédent pour un appareil mobile ».

Processeur du premier iPhone. Image iFixit.

Cette puissance logicielle masquait un matériel incomplet. Sans parler de l’absence de GPS ou de modem 3G, le premier smartphone d’Apple était équipé d’un processeur Samsung utilisé dans des lecteurs de DVD. Pas de quoi faire rêver, même s’il remplissait honnêtement sa tâche.

Deux ans plus tard, l’iPhone 3GS doublait les performances en adoptant un processeur Samsung plus récent. Mais ce n’était rien en comparaison de ce qui allait suivre.

iPhone 4 : un processeur A4 pour marquer son empreinte

« Steve [Jobs] était arrivé à la conclusion que le seul moyen pour Apple de vraiment faire la différence et de proposer quelque chose d’absolument unique et de vraiment génial était de posséder son propre processeur », expliquait Johny Srouji, responsable des technologies matérielles d’Apple, dans une interview accordée à Bloomberg début 2016. L’ingénieur est débauché d’IBM en 2008 pour mener la conception du premier système sur puce de Cupertino.

À son arrivée, l’entreprise a une équipe de 40 personnes dont le travail consiste à intégrer dans l’iPhone des puces venant de multiples fournisseurs. 150 ingénieurs viennent gonfler les rangs quelques mois plus tard, à la faveur de l’acquisition de P.A. Semi pour 278 millions de dollars, un concepteur de processeurs à basse consommation.

Johny Srouji et son équipe qui s’accroît progressivement conçoivent alors à toute allure un système sur puce en se basant sur un design de référence d’ARM : « l’avion décollait et j’achevais juste la construction de la piste. »

Le décollage, c’est la présentation de l’iPhone 4 par Steve Jobs le 7 juin 2010 :

L’iPhone 4 est alimenté par la puce A4. La puce A4 d’Apple. C’est une puce conçue par notre propre équipe, ils sont vraiment bons, et c’est fantastique de l’avoir dans un iPhone.

Si le CEO d’Apple souligne avec fierté que c’est une puce maison — son développement aurait coûté environ un milliard de dollars au total —, il ne s’étend pas sur le gain de performances. Il faut dire que cette puce doit gérer les pixels supplémentaires de l’écran Retina.

L’année suivante, l’iPhone 4S, le premier iPhone double-cœur, marque le véritable coup d’envoi de la course à la puissance. Le CPU de l’A5 est jusqu’à deux fois plus rapide que celui de l’A4, et son GPU jusqu’à sept fois plus rapide. L’iPhone 5 continue sur cette lancée avec un A6 jusqu’à deux fois plus performant que son prédécesseur, et ce sans sacrifier l’autonomie.

iPhone 5s : un processeur 64 bits pour écraser la concurrence

Mais Apple n’est pas la seule à faire des progrès significatifs, qui sont aussi à mettre sur le compte du perfectionnement des processus de gravure, à chaque nouvelle génération. Qualcomm, qui fournit les principaux constructeurs Android, marque Cupertino à la culotte avec ses Snapdragon jusqu’à l’iPhone 5s, en septembre 2013.

« L’A7 est 64 bits. C’est une première mondiale dans un téléphone. […] C’est une architecture 64 bits du même rang que celle d’un ordinateur de bureau », annonce Phil Schiller lors de la présentation de l’iPhone 5s. La surprise est générale. ARM n’avait pas prévu de puces mobiles 64 bits avant mi–2014.

Pour Qualcomm, « ce 64 bits a été un coup dans l’estomac, racontera sous couvert d’anonymat un employé du fabricant de puces. La feuille de route pour le 64 bits n’était absolument pas calée sur celle d’Apple, du fait que personne ne jugeait cela à ce point indispensable. »

Abasourdi par cette annonce, Qualcomm tente d’abord de la minimiser en parlant de « gadget marketing », puis se ravise en déclarant qu’il prend au sérieux le 64 bits — il faudra attendre presque un an avant de voir un Snapdragon 64 bits dans un smartphone.

De fait, si à l’époque peu d’apps mobiles savent tirer parti des avancées du 64 bits (augmentation de la mémoire maximale, certaines techniques de programmation plus viables…), la nouvelle architecture bénéficie immédiatement à Touch ID, qui exploite ses fonctions de chiffrement bas niveau.

Et c’est surtout un pari sur l’avenir qui est en train de se concrétiser aujourd’hui avec des applications et des terminaux iOS aussi puissants que des logiciels de bureau et des Mac, sur un système bientôt uniquement 64 bits.

Un futur toujours plus maison

« Lorsqu’on choisit de faire quelque chose, c’est parce qu’on pense qu’il y a un problème auquel personne ne peut s’attaquer, ou qu’il y a une idée à ce point originale et différente que le meilleur moyen de la réaliser est encore de s’en occuper soi-même », indiquait Johny Srouji plusieurs mois avant que l’on ne découvre la puce W1 des AirPods et la puce T1 des MacBook Pro Touch Bar.

Johny Srouji. Image Bloomberg.

En ce qui concerne le système sur puce des terminaux iOS, on sait qu’Apple va lancer d’ici deux ans un GPU conçu de A à Z en interne, au détriment d’Imagination qui lui fournissait un design de référence et qui perd là son client essentiel.

L’optimisation déjà impressionnante dont bénéficient les puces Ax — elles font aussi bien, voire mieux, que les Snapdragon dotés de deux fois plus de cœurs et cadencés à plusieurs centaines de MHz supplémentaires — pourrait donc franchir une nouvelle étape dans les années à venir.

Dès lors, il n’est pas étonnant que Google débauche chez Apple un des meilleurs spécialistes des puces Ax pour concevoir ses propres processeurs.

Avant l'iPhone, le projet avorté de MacBook Pro tactile

Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais ça ne marche pas. C’est en gros la justification donnée par Jony Ive et Phil Schiller à l’absence d’écran tactile sur Mac, à la suite du lancement des MacBook Pro Touch Bar, où le tactile est donc limité à une fine bande située au-dessus du clavier. « Ce n’était ni particulièrement pratique, ni un usage approprié du multitouch », a déclaré le designer en chef.

Si Apple admet volontiers qu’elle a testé des Mac à écran tactile, elle n’a pas précisé que c’était un projet remontant avant le premier iPhone. C’est ce que révèle Tony Fadell, ex-patron de la division iPod, dans une interview accordée à Wired.

« Nous avons effectué des tonnes de tests utilisateurs à ce sujet, et il s’avère que cela ne fonctionne pas », disait Jobs à propos d’un Mac à écran tactile.

Parmi les nombreux projets lancés par Apple pour trouver un successeur à l’iPod, il y avait un « iPod phone » (un iPod mini avec fonction téléphone), un iPod à grand écran avec une interface tactile mimant la roue du baladeur et un MacBook Pro avec écran tactile multitouch.

« Ce projet consistait essentiellement à essayer d’intégrer un écran tactile dans un Mac pour tenter de concurrencer les tablettes de Microsoft, se souvient Tony Fadell. Steve [Jobs] était énervé et voulait leur montrer comment il fallait faire les choses. »

Eh bien, [l’équipe] s’est rapidement rendue compte qu’il y avait tellement de nouveaux logiciels nécessaires et de changements à apporter partout que ce serait très difficile. De plus, nous ne savions pas si nous pouvions élargir les capacités multitouch à un écran complet. C’étaient les défis sur Mac.

La suite est connue. De Mac à écran tactile, il n’y en a pas eu et il n’y en aura pas, si on en croit Apple. C’est à l’iPad qu’incombe le rôle d’ordinateur à écran tactile.

Nos téléphones avant l’iPhone

Cet automne, lorsque viendra le moment de renouveler notre parc de téléphones, le seul débat qui animera la rédaction portera sur la taille de l’écran et la couleur de l’appareil. Autrement, les choses seront claires : ce sera un iPhone pour tout le monde. Il y a dix ans, juste avant la présentation de l’iPhone, la situation aurait été bien différente.

De gauche à droite : mon Nokia E61 (2006-2007), le Palm Tréo 650 de Christophe (2004-2008), le HTC TyTN de Cédric (2006-2007), et… mon iPhone EDGE.
De gauche à droite : mon Nokia E61 (2006-2007), le Palm Tréo 650 de Christophe (2004-2008), le HTC TyTN de Cédric (2006-2007), et… mon iPhone EDGE.

J’utilisais à l’époque un Nokia E61 de seconde main, un smartphone sous S60v3 à clavier physique complet, dont la version américaine est mentionnée dans la présentation de l’iPhone. La semaine même du lancement de l’iPhone, mon opérateur m’avait « offert » un Nokia N95… en échange d’un réengagement de deux ans. Un téléphone aujourd’hui oublié, mais qui était un concentré de technologie qui avait marqué son temps au même titre que l’iPhone, quoique d’une manière bien différente.

Ainsi en passant à l’iPhone quelques mois plus tard, je suis passé d’un appareil photo 5 Mpx de bonne qualité à un appareil photo 2 Mpx de qualité médiocre, j’ai perdu la capacité de filmer, j’ai perdu l’appareil en façade, j’ai perdu le GPS, et j’ai surtout perdu la connexion 3G (que j’utilisais pour passer des appels VoIP avec Fring et que je partageais avec Joikuspot, car oui, on pouvait installer des apps sur le N95). Mais le grand écran multi-touch valait bien ces « sacrifices ».

Christophe possédait un Palm Tréo 650, comme Mickaël qui ne se remettra jamais de la disparition de Palm, ainsi qu’un HTC sous Windows Mobile, comme Cédric qui possédait le HTC TyTN que les concurrents d’Orange alignaient face à l’iPhone. Symbian, Palm OS, Windows Phone… tous ces systèmes ont été ringardisés par iPhone OS et plus tard Android, et leurs créateurs relégués au second rang.

D’autres collègues utilisaient leur téléphone pour téléphoner, et pouvaient donc se contenter de modèles moins perfectionnés [ou ne pouvaient pas s'offrir mieux, ndlr], comme Florian et Laurent qui utilisaient un Sony Ericsson T610, un monument de design scandinave présenté en 2003. Enfin, Nicolas et Stéphane ont été tellement marqués par leur téléphone Nokia de l’époque… qu’ils ne se souviennent pas du modèle précis.

De l’iPhone EDGE à l’iPhone 7 Plus : un processeur 100 fois plus puissant, une puce réseau 10 fois plus rapide

Avez-vous passé les six derniers mois sous un rocher ? Alors vous avez raté la myriade d’articles annonçant le dixième anniversaire de la commercialisation de l’iPhone. Vous n’avez pas loupé grand-chose : on raconte les mêmes histoires en boucle, on publie de mauvais bouquins, on fait se retourner les morts dans leur tombe. À force de niaise nostalgie, on en oublierait presque de mesurer le chemin parcouru.

Un iPhone EDGE, aux côtés d'un iPhone 4 et d'un iPhone 7.
Un iPhone EDGE, aux côtés d'un iPhone 4 et d'un iPhone 7.

Prenez mon iPhone EDGE, conservé dans son jus depuis quelques années, après avoir servi quatre utilisateurs différents. Il a bien quelques rayures, mais sa batterie tient encore la charge. Son bouton d’allumage est un peu capricieux, mais l’appareil se réveille en 35 secondes, deux secondes de moins que mon iPhone 7 Plus sous iOS 11. L’iPhone EDGE ne tourne pas sous iOS, le terme n’existait pas à l’époque, mais sous iPhone OS 3.1.1.

Ceux qui font aujourd’hui la fine bouche devant la refonte du mécanisme de gestion des tâches ou les premières briques d’un système de réalité augmentée devraient relire les notes de version de cette mise à jour vieille de huit ans. Rendez-vous compte : à l’époque, on applaudissait des nouveautés aussi incroyables que le copier-coller, les MMS, et l’application Dictaphone.

Le copier-coller a traversé les époques. Les MMS fonctionnent à condition de trouver une vieille carte mini-SIM, ou de bricoler une nano-SIM à l’aide d’adaptateurs et de fines feuilles de papier, les cartes modernes étant légèrement plus fines que les anciennes. L’iPhone enfin connecté à l’une des rares antennes EDGE encore en service, on se rappelle qu’il n’était qu’un piètre téléphone.

L’application Dictaphone, enfin, est l’une des rares que l’on peut encore utiliser. Les applications des principaux services en ligne ne fonctionnent plus, les API ayant changé au fil des années, et les nouvelles applications demandent iOS 8 ou 9. Mais on peut toujours se connecter à son compte iCloud pour récupérer ses données (même avec l’authentification à deux facteurs : il suffit d’ajouter le code à six chiffres à la suite du mot de passe), ou consulter la météo et le cours de la bourse.

Le navigateur n’est pas une échappatoire : les anciennes versions de Safari ne prennent pas en charge les dernières évolutions du chiffrement, et refusent donc de charger de nombreux sites récents. Et ceux qui se chargent se chargent lentement. Aveuglés par les incroyables progrès réalisés en matière de puissance des processeurs (centuplée !), de dotation en RAM (multipliée par 24 : le damier a disparu), de définition des écrans (multipliée par 2,5), ou de qualité des appareils photo (y’a pas photo), on en oublierait presque de penser aux puces cellulaires et Wi-Fi.

Or le poids des pages web a augmenté en même temps que la vitesse des réseaux : il a atteint 2,5 Mo en moyenne, alors qu’il dépassait à peine les 700 Ko en 2010. Des sites qui se chargent rapidement avec la puce 4G d’un iPhone 7 Plus se chargent péniblement avec la puce 3G d’un iPhone 4, et parfois pas du tout avec un iPhone EDGE. Déjà à l’époque de sa commercialisation, l’iPhone était furieusement en retard sur ce plan — j’ai longtemps regretté le modem 3G+ et l’appareil 5 Mpx de mon Nokia N95.

Qu’importe, me direz-vous, il y a le Wi-Fi ! Ce n’est guère mieux : alors que l’iPhone 7 Plus peut exploiter pleinement notre connexion 1 Gb/s avec sa puce 802.11ac MIMO, l’iPhone 4 se traîne avec sa puce 802.11n, et l’iPhone EDGE est à la peine avec sa puce 802.11g. De ce point de vue, l’iPhone EDGE a moins bien vieilli que certains ordinateurs des années 80 et 90, que l’on peut encore connecter efficacement avec un port Ethernet (voire un port AppleTalk ou série en bidouillant un peu).

Mieux : ils font toujours d’excellentes machines à écrire ou bornes d’arcade, puisque l’on peut installer leurs applications originales avec un CD ou une disquette, alors que l’App Store ignore le passé. À peine dix ans après son lancement, l’iPhone EDGE fait déjà figure de relique : les collectionneurs sont autant attachés que les utilisateurs pouvaient être frustrés par ce témoignage d’une extraordinaire avancée qui semble déjà si loin.

Photographié à l'iPhone… EDGE.
Photographié à l'iPhone… EDGE.
Photographié à l'iPhone 7 Plus.
Photographié à l'iPhone 7 Plus.

Quand le MWC de 2007 ignorait l'iPhone

Aussi curieux que cela puisse paraitre au premier abord, l’une des grandes tendances du MWC 2017 aura été la nostalgie (lire : Téléphonie : l’appel de la nostalgie). Parfois, la technologie a besoin de reculer pour mieux sauter. Un certain nombre de technologies encore en gestation pourraient cependant bien révolutionner l’usage que nous faisons de nos téléphones dans les années prochaines. Cela va de la recharge par induction (qui se généralise petit à petit) à la 5G, en passant par les écrans pliables et la réalité augmentée.

Quitte à regarder derrière, que se passait-il au MWC en février 2007, à quelques mois à peine de la commercialisation du premier iPhone qui avait été présenté au mois de janvier ? Le salon était alors plus connu sous le nom de 3GSM World Congress et se tenait pour la deuxième fois seulement à Barcelone. Auparavant, il avait lieu à Cannes.

On a déjà eu l’occasion par le passé d’évoquer les smartphones qui faisaient face au tout premier iPhone et qui ont pris un sacré coup de vieux (lire : À quoi ressemblaient les smartphones avant l'iPhone de 2007 ?) . On peut dire d’ailleurs qu’Apple a en quelque sorte figé le design des smartphones, tant on avait le droit à un peu tout à cette époque.

Non seulement le marché des smartphones était loin d’être mature, mais il était aussi loin de représenter la majorité des ventes. De nombreux constructeurs n’avaient qu’une idée : reproduire le succès qu’avait connu Nokia avec le 3310, qui n’était déjà plus commercialisé en 2007.

Pour de nombreux utilisateurs de Mac, l'enjeu était de parvenir à synchroniser le carnet d’adresses du système avec celui du téléphone, grâce à iSync ou un logiciel tiers (notamment les fameux The Missing Sync). On était encore loin des smartphones et de la synchronisation des données avec un service en ligne.

La télévision débarque sur mobile !

En 2007, la plupart des téléphones classiques étaient déjà passés à la couleur. Ce qui est intéressant de constater, c’est que même sur des petits téléphones comme le Nokia N77, on tâtonnait sur des usages qui allaient devenir courants sur un iPhone.

Le N77 permettait, comme de nombreux téléphones d'alors, de prendre des photos, sans doute de mauvaise qualité. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’il permettait aussi de regarder la télévision à l’aide d’un tuner DVB-H (on appelait cela la TNT mobile). Ce téléphone proposait même une fonction de timeshift pour mettre en pause les programmes.

Alors, pourquoi passer par un tuner pour regarder des vidéos ? Il n'y avait aucun autre moyen, en vérité !

Les services de streaming existaient bien. Dailymotion et YouTube ont été lancés respectivement en 2005 et 2006 et beaucoup pensaient alors que cela allait être la prochaine révolution. À l’époque, Silicon.fr citait une étude de OC&C Strategy Consultants qui estimait que ce marché allait atteindre les 500 millions d’euros en 2013.

Néanmoins, si l’on utilisait encore une réception par un tuner intégré, c’est parce que les réseaux n’étaient pas encore à la hauteur. Lancée en 2005, la 3G peinait à décoller. En 2007, c’était l’avènement de la HSDPA, que les opérateurs en France ont poussé sous l’appellation 3G+ et qui permettait d’avoir plus de 1 Mb/s sur son mobile.

Malgré ces promesses, on estimait que 100 millions de personnes seulement avaient souscrit à une offre comprenant la 3G. Il faut se souvenir que personne ne savait encore trop quoi faire de cette technologie, il n'y avait pas encore d'usages.

Il est intéressant de noter à quel point les technologies prennent parfois du temps à atteindre leur maturité. En 2007, la société Inside Contactless, en partenariat avec Crédit Mutuel, NRJ Mobile et SFR, faisait la démonstration d’une solution de paiement sans fil. Elle était déjà présentée comme plus sûre que la bonne vieille carte de crédit.

On espérait alors que ces expérimentations déboucheraient sur une exploitation commerciale dès l’année suivante. Dans les faits, il faut attendre 2011 pour voir cette technologie poindre le bout de son nez, avec peu de succès. Le paiement par mobile n’a commencé à vraiment se démocratiser en France qu'en 2016 avec le lancement d’Apple Pay, et il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Les écrans pliables pourraient à terme révolutionner les smartphones, c'est l'une des technologies qui intéressent le secteur aujourd'hui. Il y a dix ans, c’est une autre technologie qui avait beaucoup impressionné. Il s’agissait d’un lecteur eBook dont la particularité était d’avoir un écran enroulant.

Le concept était alors prometteur, le produit a même vu le jour quelques mois plus tard, mais le Readius de Polymer Vision n’a jamais réussi à décoller. Il faut dire que la même année, un certain Amazon s’est lancé sur le marché avec le Kindle.

À Barcelone en 2007, il était également question de Flash, dont la déclinaison pour téléphones portables allait se mettre à la vidéo. Question aussi de PlayReady, le système de DRM de Microsoft qui allait faire son arrivée sur Symbian et Windows Mobile 6. Ou encore de voix sur IP avec Skype, dont les plans pour le mobile avaient été dévoilés un an plus tôt, qui reconnaissait que la tâche était plus ardue que prévu. De nombreux concurrents débarquaient eux aussi sur ce marché promis à un bel avenir.

Et Apple dans tout ça ?

Au vu de toutes ces annonces, on a l’impression que les affaires dans le monde de la téléphonie mobile se passaient comme si de rien n’était. Business as usual, comme disent les Américains. Dans ce long papier publié à l’époque par nos confrères de Silicon.fr sur les enjeux de cette édition, le mot iPhone n’est jamais prononcé.

Comme toujours, Apple s’était bien gardée d’être officiellement présente à ce salon. Tout au plus, certains acteurs se permettaient de faire quelques commentaires. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’était loin d’être la panique générale.

Jim Balsillie, codirecteur général de Research In Motion (RIM, à l'origine des BlackBerry), affirmait qu’il ne voyait pas du tout Apple comme une menace. « C’est un acteur de plus dans un marché déjà très encombré qui offre au consommateur une multitude de choix », avait-il alors expliqué. Chez Symbian également, on ne considérait pas le Californien comme un danger. C’était même une bonne chose pour l’éditeur qui voyait Apple comme un « éducateur » qui pourrait faire comprendre aux Américains qu’un smartphone ne se limite pas à l’envoi de courriels.

Le danger pour ces deux acteurs auparavant incontournables était pourtant bien réel…

iOS : un empire sans commune mesure

Il y a un petit fantasme dans les milieux financiers : voir une société avoir une capitalisation boursière dépasser le "trillion", les mille milliards de dollars. À ce petit jeu, Apple est actuellement la mieux placée puisque sa capitalisation boursière est de 638,5 milliards de dollars. D’autres acteurs de la high-tech sont bien positionnés aussi. Beaucoup d’analystes misent notamment sur Alphabet (562 milliards), Microsoft (500 milliards) ou encore Amazon (379,6 milliards).

En attendant de savoir si Apple sera la première société à franchir cette barre symbolique, elle devrait en franchir une autre dans le courant de l’année. L’empire iOS, qui a vu le jour il y a dix ans avec la présentation du premier iPhone, devrait en matière de chiffre d’affaires dépasser le cap des mille milliards de dollars cette année.

Horace Dediu

Selon les calculs d’Horace Dediu, les ventes de produits iOS (il inclut l’Apple Watch et l’Apple TV avec l’iPhone, l’iPad et l’iPod touch) devraient dépasser en milieu d’année les 980 milliards de dollars. Si l’on ajoute à cela les 100 milliards de dollars qu’ont générés les services relatifs à iOS, le compte est (plus que) bon.

L’analyste qui a publié son billet avec le titre « le premier trillion est toujours le plus dur » estime que les choses devraient s’accélérer à l’avenir. En 2018, Apple est bien parti pour franchir un autre cap, celui des 2 milliards d’appareils iOS vendus ! Rappelons que le milliardième iPhone a été vendu en juillet dernier.

Le milliardième iPhone vendu (ou celui qui le symbolise).

De tels chiffres expliquent à eux seuls pourquoi Apple investit tant d’énergie dans sa plate-forme dominante, quitte à déprécier le Mac qui bon an mal an ne se porte pas si mal (lire : Les ventes de Mac à nouveau en hausse ?) .

Horace Dediu a étudié la puissance de l’empire iOS. D’après ses calculs, sur les 1,6 milliard de terminaux iOS vendus, 600 millions d’iPhone sont encore « en activité ». Si l’on part du principe qu’un iPhone est déverrouillé 80 fois par jour, on dénombre 48 milliards de sessions iPhone par jour. Si l’on ramène cela sur un an, on atteint 17,5 trillions de sessions. Vertigineux !

Les empires naissent, dominent, puis finissent par se détricoter. Mais pour l’ancien analyste de Nokia, l’empire iOS est beaucoup plus fort et résilient que les précédents empires qu’a connus l’industrie high-tech.

Nokia qui apparaissait comme indépassable avant l’émergence des smartphones tactiles ? Sa domination reposait essentiellement sur ses téléphones. Le Finlandais n’avait pas un écosystème de services et de logiciels comme Apple. BlackBerry, qui avait à une époque une base d’utilisateurs fidèles, proposait trop peu de fonctionnalités et s’est par conséquent rapidement fait remplacer.

Le cas le plus similaire, selon lui, est probablement Windows. Comme le système d’exploitation de Microsoft, iOS s’est également forgé au fil des années une position solide dans le monde de l’entreprise. Toutefois, les business models sont très différents. Microsoft vendait seulement du logiciel alors qu’Apple propose un package complet.

L’autre empire du moment, c’est Android, mais il s’agit d’un empire très fragmenté sur lequel Google a beaucoup moins de prises qu’Apple en comparaison. D’autre part, Horace Dediu estime qu’il y a plus de chance que des personnes passent d’Android à iOS que le contraire, en raison de la qualité de l’écosystème plus que du matériel selon lui.

Selon lui, il ne faut pas s’attendre pour cette deuxième décennie de l’iPhone à un big bang, une révolution comme certains aiment à dire, mais à des améliorations continues. Le marché des smartphones étant quasiment saturé, la mission d’Apple est double : pousser les gens à switcher d’Android à iOS et étendre l’empire iOS avec des accessoires intelligents. L’Apple Watch, le Pencil ou les AirPods s’inscrivent dans cette optique !

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