Livraison de repas : Take Eat Easy ferme ses portes

Nicolas Furno |

Take Eat Easy, l’un des grands pionniers de la livraison de repas nouvelle génération, va fermer ses portes. Trois ans après, le service était pourtant devenu un gros acteur du marché en France et en Belgique, avec 160 employés, une vingtaine de villes couvertes, 3200 restaurants au catalogue, 350 000 utilisateurs enregistrés et le million de commandes atteint récemment.

Malgré tous ces beaux chiffres, ses concepteurs n’ont jamais réussi à assurer la rentabilité du service et ils n’ont pas non plus réussi à lever des fonds. Take Eat Easy n’était non seulement pas rentable, mais sans amélioration envisagée à l’avenir et c’est pourquoi l’entreprise est en redressement judiciaire. Faute de solution, ses activités vont complètement cesser et on ne peut d’ores et déjà plus passer commande.

Cette fin précipitée est d’autant plus surprenante que les services similaires se sont multipliés ces derniers mois. Foodora, Deliveroo et bien d’autres sont désormais sur le marché. La recette est toujours la même : une base de données de restaurants, un site unique pour passer les commandes et payer, et des livreurs à vélo qui amènent les repas à destination. Ces services trouveront-ils un moyen d’être rentables ? On le saura peut-être si l'un d'eux décide d'acheter Take Eat Easy…

Si le sujet vous intéresse d’un point de vue technique, le co-fondateur et CEO de Take Eat Easy a expliqué en détails et avec quelques chiffres pourquoi le service devait fermer.

avatar JLG01 | 

Ceci est un vrai entier,
Choisir ses fournisseurs, choisir ses livreurs et leurs moyens, organiser les tournées....
Notre association assure ce service depuis 25 ans et n'a équilibré ses comptes qu'après 5 ans.

avatar xipiron | 

Je pense pas que les employés vont "Take it easy" la news.
Boo!

avatar Mahpoul22 | 

Badum tsssss

avatar reborn | 

Voila, retour à la realité.

avatar Rodri31 | 

Je suis déçu j'aimais bien ce service de livraison mais il y en avait tellement que c'était dur de faire un choix (Alloresto, Deliveroo...) dommage...

avatar vlsf1 | 

Je suis pas un pro du sujet mais Alloresto me semble différent. C'est juste un rassemblement des restos qui livrent eux-même. Le but est juste d'avoir un site ou une appli et tous les restos dessus.

Take Eat Easy et Deliveroo, c'est un système de livraison pour des restos qui ne faisaient pas de livraison jusque là (parce qu'ils étaient trop petits par exemple). Du coup ils ont leurs propres livreurs et des coûts plus élevés qu'Alloresto qui n'est qu'un intermédiaire.

avatar DarkChocolâte | 

... got a world of worry on my mind...

avatar monsieurg33K | 

Un pique nique est prévu le 30 juillet à Lille, c'est maintenu ?

avatar Strophoide | 

trop choquer et déçu

avatar Giloup92 | 

Quand on lit le communiqué des concepteurs, on voit que ce qui a plombé la rentabilité de leur affaire c'est ...le coût de la livraison par vélo. Les livreurs ne faisaient pas assez de rotations pour amortir leur salaire et engranger suffisamment de facturations de livraison. Il serait intéressant de savoir comment les concurrents s'en sortent.

avatar le ratiocineur masqué | 

Donc la cause du problème : le coût humain.
La solution : éliminer le plus possible l'humain de l'équation. Pourquoi pas le remplacer par des drones ou des vélos autonomes ?

avatar Abd Salam | 

@le ratiocineur masqué :
Et qui va acheter ?

Les drones... avec leur salaire ?

avatar patrick86 | 

@Abd Salam :

"Et qui va acheter ?

Les drones... avec leur salaire ?"

Je vous donne un indice : salaire de base inconditionnel. ;-)

avatar manu666 | 

@patrick86 :
Oui c'est une très bonne idée. Ils ont essayé de faire pareil en Russie y a quelques décennies et ça a pas super bien marché

avatar patrick86 | 

" Ils ont essayé de faire pareil en Russie y a quelques décennies"

Si vous faites référence à l'URSS, non.

avatar Mathias10 | 

@Abd Salam :
"Et qui va acheter?"

- ceux qui pilotent les drones
- ceux qui construisent les drones
- ceux qui gèrent informatiquement la flotte de drones
- ceux qui réparent les drones
- ceux qui gère les achats pour les drones

Et en face côté fournisseur :
- ceux qui vendent les drones
- ceux qui font du marketing et autres support autour des drones

Etc etc ...

Ce que l'on appel les destructions créatrices.

avatar Mike Mac | 

C'est encore la faute aux "Pokemon Go" !

Maintenant que les gens bougent leur cul pour aller traquer les petites bêtes, ils peuvent remonter souper avec le sandwich sous le bras ou la baguette la pizza dans les mains. Concurrence déloyale !

On assiste encore à l'ubérisation d'un corps de métier. Que font les pouvoirs publics ?

avatar Strophoide | 

@Mike Mac :
Bah non je me pose dans un parc, je chasse les Pokémon tout en attendant mon Delivroo...

avatar Paquito06 | 

Ca tourne bien en Inde car 'forcement' la main d'oeuvre coute rien (Eat Freah, FreshMenu, etc.). Aux US aussi ca se fait bcp, on a plein de velos a NY, meme des Uber a velo qui vous livrent pour pas grand chose, donc le modele est bon, peut etre pas adapte a l'Europe?

avatar iCar_designer | 

Plagiat:la chanson "Relax [take It Easy]" de Mika

avatar CNNN | 

Quand on voit comment roulaient les livreurs en vélo... j ai failli en tuer quelqu'uns en voiture.

avatar DouceProp' | 

Achète une Tesla et fait du Uber...

avatar RoroB | 

Chez nous ils viennent de lancer UberEATS, pour les livraisons!
Pas encore eu le temps de tester mais à voir!
Dispo aux US, Canada et Australie
https://ubereats.com/sydney/

avatar cherbourg | 

Perso je fais un usage presque immodéré de ces services...et pourtant j'habite à Paris dans la rue qui concentre le plus de métiers de bouche (ce qui me qualifie facilement pour le titre de Grosse feignasse).

Je les ai tous testés depuis le printemps et mes préférés sont UberEats et Deliveroo (AlloResto seulement la nuit, quand les 2 autres sont fermés).

Le principal souci de Take Eat Easy c'est de n'avoir pas pu faire de levée de fonds...certainement car les investisseurs ont préféré suivre les deux mastodontes pré-cités.

Je pense que la mort de Take Eat Easy n'est en revanche que la 1ère d'une série. Chaque boîte fait régulièrement des offres "frais de port offerts": je me rends compte que je délaisse à chaque fois la boîte qui ne les offre pas. Je prédis donc -pour un gros consommateur comme moi- que le gagnant ultime sera notamment celui qui ne fera plus jamais payer les frais de livraison (ben oui, vu que je laisse à chaque fois 1 ou 2€ de pourboire au livreur...ça finit par chiffrer).

PS: et puis pour des gens comme moi qui ne savent pas faire cuire un oeuf, on peut enfin inviter des amis et leur proposer de vrais plats, qui sont de plus souvent des découvertes pour eux (tiens, des empanadas argentines pour l'apéro, sympa! Tiens, un ApfelStrudel au dessert...cool !).

avatar JLG01 | 

@cherbourg :
Il y a bien toujours quelqu'un qui paye la livraison, et c'est toujours le client, mais on ne lui dit pas et il est con..tient.

avatar cherbourg | 

@JLG01 :
Oui, sauf qu'à prix égal entre 2 prestataires (ex : 2 pizzas calzone à 15€ chacune), je privilégie celui qui ne me prend pas de frais de livraison.
Capito ?

avatar marc_os | 

@cherbourg :
Tout travail mérite salaire !!!!
Non ?
Alors t'étonnes pas un jour si on ne te paye pas, toi.

avatar harisson | 

Croissance trop rapide et pas de 3e tour de table d'investisseurs, dans un secteur qui devient ultra concurrentiel avec des marges au ras des pâquerettes, ça ne pardonne pas.

avatar JLG01 | 

@harisson :
Investisseur, tour de table, pour un tel service qui ne demande que peu de mise de fond?
Nous n'en n'avons pas eu besoin et vivons depuis 25 ans.

avatar harisson | 

@JLG01 :

"Nous n'en n'avons pas eu besoin et vivons depuis 25 ans."

Vous avez un autre modèle d'affaire, probablement plus pérenne.

J'avais vu des présentations d'autres startups avec le même type de services que Take eat Easy et j'ai trouvé qu'il fallait avoir la foi pour se lancer dans ce secteur, surtout avec la forte concurrence d'autres startups anglo-saxonne (uk,de), de mastodontes financiers comme Uber/Amazon/les chaines de restauration qui délivrent ce genre de services ainsi que les "modèles locaux plus traditionnels".

Etes-vous présent dans d'autres pays ?

avatar iG | 

le problème c'est qu'ils laissent une sacrée ardoise auprès des restaurants... dans mon quartier, un burger à la Fernand affiche une perte de 10K€ et un thai l'a profond de 13K, déjà que.

avatar Giloup92 | 

@iG :
Les clients paient les repas dans l'application ?

avatar Paquito06 | 

@iG :
Comment ca se passe? Pourquoi de telles ardoises?

avatar enzo0511 | 

Ubereats et deliveroo vont bouffer le marché

avatar Wolf | 

@Paquito06 : Non le modèle est bon, même en Europe. Le problème est aussi dans les coûts matériels et marketing. Take Eat Easy avait ses propres vélo avec un système de porte bagage propre à eux, sans oublier les tenus vestimentaires, les sacs de livraison pas adaptés à la nourriture (messenger Otlieb).
Apres un coursier fait entre 3/5 livraisons par heure, 5h par jour en moyenne, mais le turnover des coursiers est impressionnant. Deliveroo risque d'avoir le même problème à terme à cause des frais marketing de dingue qu'ils consentent et la non connaissance effarante de leur flotte. A mon avis le prochain sera TokTokTok qui est déjà vraiment mal en point.

avatar OxoCreations | 

@JLG01 @harisson

Je pense aussi que la mise de départ de take It easy était bien trop importante. Le modèle repose entièrement sur des levées de fonds pour faire tourner la machine. Alors c'est facile de se développer d'avoir beaucoup de salariés et de faire la une des magazines de tech et d'économie. Néanmoins un bon business repose sur des rentrées d'argent propre à son activité et qui permet de dégager de l'argent à investir dans de la com, des salariés, du développement... le problème c'est que toutes ces boites n'ont rien prévues de tel ! Tout repose sur un effet de masse pour survivre et devenir celui qui mangera les concurrents. Désolé mais c'est un peu le modèle du low-cost il y a quelques années le côté sexy des levées de fonds en moins. Take It easy est pour moi l'une des premières startup qui va subir cet absence de business plan solide et non centré sur la levée de fonds. Mais d'autres vont suivre vous verrez ! Du pain béni pour les gros comme Amazon qui limitent leurs frais de R et D !

avatar marc_os | 

@OxoCreations :
Tout à fait d'accord.
On est dans un monde de 2 poids, 2 mesures.
Les PME ont souvent toutes les peines du monde pour emprunter auprès de leur banque.
Mais si on se dit Startup, qu'on a un beau discours marketing "High tech", on peut "lever des fonds" et et continuer à perdre de l'argent pour mieux casser et couler les autres et un jour enfin pouvoir engraisser les actionnaires sur le dos des salariés. Car vous comprenez, ils ont pris des risques. Donc les salariés doivent payer les risques pris par les patron. Quand tout va bien en sacrifiant une partie du salaire dû. Mais le sacrifice ultime, c'est quand même le chômage !
Merci chers salariés de nous aider à nous enrichir toujours plus.

Une boîte non rentable qui fait des pertes et ne paye pas ses fournisseurs ferme ? Rien que de plus normal.

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