Arabie saoudite : une app du gouvernement flique les femmes en voyage

Mickaël Bazoge |

Apple et Google se présentent volontiers comme des champions de la diversité, de l’égalité entre les hommes et les femmes, du progressisme… mais il y a parfois des ratés. La présence de l’application Absher dans l’App Store et dans le Play Store en Arabie saoudite interroge plusieurs organisations de défense des droits et des libertés, et pour cause. Cette app, développée par le gouvernement du pays, permet à un homme de suivre à la trace les voyages de sa femme.

Même si des efforts ont été faits ces derniers temps pour offrir un peu plus de liberté aux femmes1, l’Arabie saoudite conserve toujours des lois rétrogrades qui exigent des femmes la permission de leur mari ou d’un homme de leur famille pour étudier ou voyager. Cette app surveille justement leurs allées et venues, en suivant le passeport des femmes du royaume.

Ces fonctions de suivi peuvent prévenir l’utilisateur quand la voyageuse traquée passe les frontières. La version en ligne de ce « service » permet à l’homme de décider du nombre de voyages qu’une femme est autorisée à effectuer, et combien de temps ces voyages peuvent durer. L’utilisateur peut à tout moment révoquer le droit de voyage à sa femme… Ça fait froid dans le dos.

Les ONG Human Rights Watch et Amnesty International ont interpellé Apple et Google au sujet de la présence de ces applications dans leurs boutiques respectives. Cette app, téléchargée plus d’un million de fois sur Android, facilite « les violations des droits humains » et la « discrimination contre les femmes », elle « limite la liberté de circulation des femmes ». Absher renforce « l’apartheid des genres », accuse également Yasmine Mohammed, une des voix critiques qui s’élèvent contre l’Arabie saoudite.


  1. Depuis l’an dernier, les femmes sont autorisées à… conduire des voitures. ↩︎


avatar Phiphi | 

@bugman

Ma femme je ne risque pas d’avoir à lui permettre quoi que ce soit elle ne me demande pas mon avis pour faire ce qu’elle veut. Enfin elle me demande mon accord avant certaines chose... auxquelles on réponds parfois non merci sans les interdire systématiquement ? . Sinon je pense qu’elle ne me permettrait même pas de lui interdire quoi que ce soit ; y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes ! ?

avatar Zara2stra | 

@Phiphi

Je me souviens d’archive de l’INA du début des années 60 où l’on interviewait des femmes ki allaient voter (le droit de vote remontant a la fin des années 40 seulement). La plupart répondait :
- que la politique était quelque chose de trop compliqué pour les femmes, que c’était une affaire d’homme;
- qu’elle demanderait à leur mari l’autorisation d’aller voter et pour qui voter.

Il me semble que jusqu’à la fin des années 60 :
- une femme mariée ne pouvait pas travailler sans que son mari ne lui ai remis une autorisation de travailler dûment signée
- une femme mariée ne pouvait pas ouvrir de compte bancaire.

Et jusqu’en 1938 la femme mariée était en incapacité, c’est à dire que si elle voulait faire une carte d’identité, un passeport, s’inscrire à l’université ou dans une école, faire certains achats, etc. Elle devait avoir l’accord écrit de son mari.
De même cette situation permettait à son mari de révoquer certains actes fait par sa femme.

Tout ça c’était en France, il y a moins d’un siècle (il y a entre 50 et 100a)...

avatar Phiphi | 

@Zara2stra

Oui c’est vrai. C’est aussi pour cette raison que j’ai dit dès le départ que le problème était d’une autre nature que l’existence ou non d’une appli !

avatar gela | 

@Phiphi

Comme la mienne. On a des femmes modernes. Je n'aime que ce genre là.

avatar SyMich | 

Mais il n'y a aucune modération sur ce site?,?

Vous allez laisser ce tissu de commentaires tous plus sexistes les uns que les autres? ?

avatar Malvik2 | 

C'est pour cela que les discours mielleux de Tim me gonfle de plus en plus...
On est pas loin du joueur de flûte là

avatar Phiphi | 

@Malvik2

Et voilà tu débarques et vlan sans rien comprendre. Tu as un peu regardé les commentaires avant de réagir ? Cette application n’est de toute façon rien d’autre qu’un interface vers un site qui serait de toute façon accessible par safari. Les actes, c’est bien quand ils ont un intérêt, sinon autant pisser dans un violon !

avatar SyMich | 

L'argument con par excellence....
Expliquez- nous alors pourquoi Apple bloque certaines apps qui affichent un "contenu contraire aux bonnes mœurs" alors que Safari permet d'accéder aux mêmes contenus?

avatar Phiphi | 

@SyMich

Tout à fait d’accord, c’est comme s’il pissait aussi dans un violon quand aux bonne mœurs ça n’apporte strictement rien à personne cette censure. Il ferait mieux de faire tester les OS un peu plus sérieusement.

avatar Bigdidou | 

@Phiphi

« Les actes, c’est bien quand ils ont un intérêt, sinon autant pisser dans un violon ! »

Pour exprimer une idée, le symbole, c’est parfois mieux qu’un acte.
Supprimer cette app aurait une grande valeur symbolique.
Après, je serais peut-être le premier à m’en émouvoir. Toujours cette politique du store unique avec laquelle Apple s’enferme dans une ambivalence très compliquée.

avatar Phiphi | 

@Bigdidou

"Pour exprimer une idée, le symbole, c’est parfois mieux qu’un acte.
Supprimer cette app aurait une grande valeur symbolique."

Oui OK ça se tient.

avatar SyMich | 

En constatant que cette app est également présente sur le store français, j'ai décidé ce matin de porter plainte contre Apple qui met à disposition une application contraire à la loi française.

avatar Bigdidou | 

@SyMich

« En constatant que cette app est également présente sur le store français »

« Apple qui met à disposition une application contraire à la loi française. »

Heu, des tribunaux français sont-ils seulement compétents pour en juger ?
C’est une question, j’en sais rien, mais ça me parait sacrément compliqué.

avatar Phiphi | 

@SyMich

Une des conditions en France pour Ester en justice est l’intérêt à agir. Comme tu n’est absolument pas directement concerné il y aura tout simplement irrecevabilité.
Et quand bien même !
Tout est en arabe et la moindre pièce que tu voudra produire devra être traduite, à grand frais, le traducteur devant être assermenté.
De plus comme très probablement tu ne pourras même pas obtenir un identifiant de connexion sans la nationalité saoudienne tu ne pourra jamais prouver que cette application permet de faire quoi que ce soit de répréhensible.
Et comme enfin je doute fort qu’il soit illégal en France qu’un saoudien puisse faire respecter la loi saoudienne à son cheptel de saoudiennes tu es mal barré. Parce que tant qu’il leur interdit de venir en France il ne fait rien de répréhensible sur le sol français, et si elles y sont s’il se contente de demander un sms d’information quand elles rentrent au pays sans pour autant les kidnapper ici pour les récupérer de force il ne doit pas enfreindre grand chose de nos lois.
Enfin amuse toi bien, et tiens nous au courant dès suite de ta plainte, qu’on rigole un peu. Si tu veux vraiment être utile, il faut que tu obtienne une décision des nations unies imho.

avatar SyMich | 

Détrompez-vous! Il est interdit de mettre en vente dans un magasin français (ce qu'est l'appStre France) un article enfreignant la loi française, quand bien même cet article serait réservé à des clients dont la loi nationale autorise l'usage d'un tel article.

avatar Phiphi | 

@SyMich

Soit. Mais encore.
Quel article de loi est-il enfreint ?
Quelles sont les preuves (pièces en français ou traduites) que cet article est enfreint ?
Quel est l’intérêt à agir de la personne qui veut ester en justice ?
Car au passage, porter plainte, cela sous-entends déposer une plainte dans un commissariat... la dite plainte ne serait même pas transmise au parquet ! Il conviendrait donc soit de saisir le procureur de la république, auquel cas le classement sans suite me semble assez certain ; soit d’initier une procédure au tribunal, auquel cas comme déjà dit l’irrecevabilité est des plus probables.

Quelle est donc spécifiquement la démarche envisagée, au delà des généralités et des paroles en l’air ?

avatar Phiphi | 

@SyMich

Bon tu as répondu à l’infiniment subsidiaire mais quand au principal on attends toujours tes conclusions en réponse ?
En fait tu n’as rien fait, et tu ne feras rien, tu ne comprends peut-être même pas de quoi tu parles ?

avatar SyMich | 

Désolé, je n'avais pas reçu de notification de vos commentaires...

- Mise en demeure envoyée à Apple et Google pour demander le retrait de cet article de leurs stores français (1ère étape avant toute action en justice)
- Signalement fait au greffe du tribunal de commerce de Paris de la présence de cet article contraire à la loi sur l'AppStore et le PlayStore France
- 2 associations de défense du Droits des Femmes prêtes à se porter parties civiles si les mises en demeure ne portent pas leur fruit

avatar Phiphi | 

@SyMich

Signalement au greffe ? ! Une particularité du tribunal de commerce ?
Bon les associations mentionnées qui se portent partie civile, c’est mieux. Ce n’est pas vraiment la même chose que SyMych qui porterait plainte, et du coup pourquoi pas, elles peuvent défendre un intérêt légal à agir de part leur objet social.
Du coup je présente mes excuses concernant les « paroles en l’air » et j’attends les suites avec avidité.
Tenir MacG informé leur permettra de produire un article le moment venu, merci d’avance.

avatar SyMich | 

Outre l'infraction à l'article 226-16 du code pénal, cette application enfreint également de nombreux articles du code de commerce justifiant de son retrait des stores français de Google et Apple.

avatar Phiphi | 

@SyMich

Ça je ne sais pas mais tu as parlé d’un signalement au greffe. Je connais les signalements aux procureurs mais pas les signalement au greffe. C’est pour cela que je cherche à comprendre si c’est une particularité du code du commerce et je n’ai pas trouvé.

avatar Phiphi | 

@SyMich

J’aimerai vraiment lire ta réponse à fte aussi si tu voulais bien lui répondre.

avatar Phiphi | 

@SyMich
___
Code Pénal - Article 226-16

Le fait, y compris par négligence, de procéder ou de faire procéder à des traitements de données à caractère personnel sans qu'aient été respectées les formalités préalables à leur mise en oeuvre prévues par la loi est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende.
Est puni des mêmes peines le fait, y compris par négligence, de procéder ou de faire procéder à un traitement qui a fait l'objet de l'une des mesures prévues au 3° du III de l'article 45 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés.
—-
Alors là franchement, si tu ne t’es pas trompé de numéro d’article, je ne vois vraiment pas du tout quels faits permettraient de s’appuyer sur cet article de droit dans un syllogisme juridique pouvant être soutenu en l’espèce.

avatar fte | 

@SyMich

Mes camarades ont exprimé divers points, je vais pour ma part en soulever un autre.

À quelles fins portes-tu plainte ?

Penses-tu améliorer la condition de la femme saoudienne d’une quelconque façon ? Penses-tu que la diplomatie nationale en sera affectée ?

Pour qui portes-tu plainte ?

Pour les saoudiennes ? Pour la France ? Pour toi ?

J’aimerais comprendre la motivation de cette démarche.

avatar Phiphi | 

@fte

On aura jamais de réponse je crois. C’étaient des paroles en l’air et maintenant il ne sait plus comment noyer le poisson en répondant à côté de la plaque ?

avatar Zara2stra | 

Dans le dictionnaire de l’Académie Française, au substantif « femme » :

[u][b](5e édition, 1798) :[/b][/u]
■ La femelle de l’homme.

[u][b](7e édition, 1878) :[/b][/u]
■ La femelle, ou la compagne de l’homme.

[u][b](8e édition, 1932) :[/b][/u]
■ Être humain du sexe féminin, la compagne de l’homme.

[u][b](9e édition, 1992) :[/b][/u]
■ Être humain défini par ses caractères sexuels, qui lui permettent de concevoir et de mettre au monde des enfants.

Vous noterez qu’on a mis 2 siècles pour passer du statut de « femelle » à celui « d’être humain défini par ses caractères sexuels »... Une fille devenait une femme que lorsqu’elle avait eu la consécration du mariage, sinon elle restait une fille (cf. l’expression vieillotte de « vieille fille »)

avatar bugman | 

@Zara2stra

Dans le Larousse on peut lire aussi « être humain de sexe féminin » mais étrangement pas « Personne de condition non libre, sous la dépendance d'un maître. » (définition de l’esclave)

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