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Apple restreint le développement des navigateurs tiers à l’Union européenne

Anthony Nelzin-Santos

Monday 20 May 2024 à 13:00 • 157

App Store

Mauvaise joueuse, Apple ? À ce stade, il va falloir inventer de nouvelles expressions pour décrire la situation. Forcée et contrainte par le régulateur européen d’autoriser les navigateurs tiers sur l’App Store, la firme de Cupertino ne compte pas faciliter le travail des développeurs. Seuls les appareils physiquement présents dans les frontières de l’Union européenne peuvent être utilisés pour tester ces futurs navigateurs, selon des informations obtenues par The Register, une barrière supplémentaire qui parachève l’œuvre de « conformité malveillante » d’Apple.

Image MacGeneration.

Depuis l’ouverture de l’App Store, tous les navigateurs doivent utiliser le même moteur de rendu WebKit développé par Apple. Google Chrome, Mozilla Firefox ou encore Microsoft Edge ne sont donc rien d’autre que des déclinaisons de Safari. Depuis l’entrée en vigueur du DMA, Apple ne peut plus faire valoir cette exigence. Google travaille de longue date à l’intégration de son propre moteur Blink dans la version iOS de Chrome, comme Mozilla avec Gecko et Firefox, mais la firme de Cupertino n’a pas l’intention de leur faciliter la tâche.

Apple avait déjà annoncé que les navigateurs utilisant un moteur tiers ne seraient pas disponibles en dehors de l’Union européenne, une décision qui avait provoqué l’ire de Mozilla, qui déplorait une conduite « rendant aussi difficile que possible pour les autres de créer des alternatives compétitives à Safari ». Les développeurs découvrent maintenant qu’il est impossible d’installer les préversions de leurs navigateurs sur des appareils qui ne sont pas présents physiquement dans les frontières de l’Union européenne.

Cette barrière géographique est un caillou de plus dans la chaussure des concurrents d’Apple. « Apple les empêche d’être compétitifs », déclare Alex Moore, directeur exécutif d’Open Web Advocacy, « voire de travailler sur iOS » :

C’est clairement absurde et cela n’a aucune justification raisonnable. Cela ne peut être décrit que comme une conformité malveillante. Imaginons qu’un éditeur de navigateur soit confronté à un problème de sécurité, mais que son meilleur expert pour ce type de vulnérabilité se trouve aux États-Unis. Devra-t-il prendre l’avion pour l’Union européenne afin de pouvoir tester et corriger sur un vrai appareil ?

Opera et Vivaldi ne sont pas affectées par cette politique, puisque leurs équipes sont basées en Europe. Apple semble plus directement viser ses deux principaux concurrents, Google et Mozilla.

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