Aux États-Unis, Apple TV+ et Netflix dans un même bundle avec Peacock

Anthony Nelzin-Santos |
Le logo de NBC. Image NBCUniversal.

Trois vaches maigres peuvent-elles faire une vache grasse ? La chasse aux comptes partagés et les offres financées par la publicité ont fait leur effet, mais les temps sont durs pour les services de streaming, dont la croissance semble avoir atteint un plateau1. Pour mieux attirer (ou retenir) le public et mutualiser les investissements, les concurrents deviennent partenaires et les « bouquets » font leur grand retour. Le patron de l’opérateur américain Comcast, Brian Roberts, annonce ainsi la disponibilité prochaine du bundle StreamSaver, qui regroupera Peacock avec Apple TV+ et Netflix.

L’alliance d’Apple et de Netflix est à peu près aussi naturelle que celle de Disney et Warner Bros, mais Mickey Mouse et Bugs Bunny ont compris qu’il valait mieux enterrer la hache de guerre. Les deux géants du divertissement lanceront prochainement un bouquet regroupant Disney+, Hulu et Max pour « augmenter le nombre d’abonnés et améliorer considérablement la rétention », comme le dit JB Perrette, PDG de la division streaming de Warner Bros.

Le taux d’attrition, c’est-à-dire la proportion de clients perdus, est devenu l’alpha et l’oméga du secteur. Si Netflix continue de gagner des abonnés à un rythme soutenu, notamment grâce au développement de son offre à prix réduit financée par la publicité, ses principaux concurrents peinent à retenir leur clientèle, alors qu’ils doivent toujours plus investir. La consolidation permet de limiter les pots cassés : la faiblesse passagère d’un service est compensée par les sorties populaires d’un autre service et le bundle renforce tout le monde.

Voilà pourquoi Apple et Netflix sont dans le même bateau, qui est peut-être une galère, que Peacock. Le service de streaming de NBCUniversal, filiale de l’opérateur Comcast, peine à décoller, bien que son catalogue comporte des séries aussi populaires que The Office et Parks and Recreation. Apple s’est taillé une belle niche dans la science-fiction et les séries de prestige, mais reste un acteur mineur du marché, tandis que la croissance financière de Netflix se tasse.

Le bundle StreamSaver sera commercialisé dans les prochaines semaines « à un prix nettement inférieur à tout ce qui est disponible aujourd’hui », soit moins de 25 $ (env. 23,1 €), le prix minimal des trois offres séparées. En France, Canal+ s’est fait une nouvelle jeunesse en transformant myCanal en « super service » de streaming regroupant Netflix, Disney+, OCS, Apple TV+ et Paramount+.


  1. Il faut dire que les journées ne comptent que 24 heures et la planète que 5,5 milliards de personnes connectées à internet.  ↩︎

avatar Mac-Bain | 

Nuance mais qui a son importance, il semble que le bundle sera proposé aux clients Comcast (TV, mobile ou internet fixe, soit la maison de mère de Peacock. Ça ressemble plus à un produit d’appel à la free qui I t’être des services qu’un vrai bundle.

avatar firefox | 

@Mac-Bain

Ça a du sens, sinon ça serait trop facile car très attractif. Peacock premium seul est à $12, Netflix à $23 et apple tv+ à $10.

avatar Mac-Bain | 

@firefox

Exactement. Mais comme l’article ne le précise pas, je me suis permis de l’exprimer ici. La tendance US est clairement “après avoir explosé le câble avec le streaming, on revient à la même idée de tarif unique et pack de contenus. Le câble 2.0”

avatar firefox | 

@Mac-Bain

C’est un peu ça oui 😕

avatar Mac1978 | 

« la croissance semble avoir atteint un plateau ».

C’était quand même un peu prévisible. Le nombre de consommateurs est limité, tout comme celui du nombre d’abonnements auxquels on peut souscrire, ainsi que le temps disponible devant l’écran !

Business modèle à réinventer pour trouver un nouveau relais de croissance.

avatar cosmoboy34 | 

@Mac1978

Sans compter que les gens ne regardent pas que ça la tv linéaire a encore énormément d’adeptes. La multiplication des service fait aussi la multiplication des revenus. Ils ont été trop nombreux à vouloir leur part au final quasi personne n’a la sienne

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