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Les ambitions de France Télévisions pour son service de vidéo à la demande sur abonnement

Mickaël Bazoge

Tuesday 28 February 2017 à 09:42 • 23

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France Télévisions veut avancer très vite sur son projet de service de vidéo à la demande sur abonnement (lire : Le « Netflix français » de France Télévisions avance). Baptisé « Yatta » en interne, ce service devrait se lancer le 9 mai, alors qu’il était à l’origine prévu pour le mois de septembre. Il a pour vocation de remplacer l’application et le site web Pluzz, le service de télévision de rattrapage de France Télévisions. D’ailleurs, le catalogue de Yatta s’appuiera en premier lieu sur celui de Pluzz, car il faut bien démarrer quelque part.

Ce projet numérique — emblématique pour Delphine Ernotte, la présidente du groupe — est vécu comme une recomposition des relations entre France Télés et ses producteurs. Le groupe de télévision publique pousse en effet ces producteurs à concevoir des contenus supplémentaires autour de leurs œuvres (bonus, making-of, etc.), afin d’alimenter les bases et enrichir toujours plus le contenu proposé aux abonnés.

« On y verra du cinéma, des séries, des documentaires et de l'animation. Il sera fait pour toutes les fictions, à partir du moment où elles sont françaises », décrivait Delphine Ernotte au Figaro début janvier, qui ajoutait : « On pourra retrouver des fictions produites pour TF1 ou d'autres ». Or, France Télévisions n’a ni les moyens d’acquérir les droits des œuvres (même pour celles financées en partie par le groupe), et encore moins les moyens de les acheter. Pas question donc pour l’entreprise d’obtenir les droits de diffusion des contenus à l’avance pour une diffusion sur le service en ligne, du moins dans un premier temps.

Le modèle que veut mettre en place la direction de France Télévisions pour Yatta repose donc sur un partage des revenus tirés des abonnements. Plusieurs producteurs, qui travaillent déjà avec le groupe, sont dans la boucle mais pour le moment, il n’y a pas grand monde qui a apposé sa signature sur ce contrat. En revanche, les futures commandes passées par France Télés comprennent des droits pour la diffusion en VoD illimité pendant les trois premières années.

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La société toute entière se repose donc désormais sur les fondations de ce projet. Un pari ambitieux, aussi bien en termes de contenus que technique : d’après nos informations, Delphine Ernotte a voulu, au dernier moment, lancer le service le 9 mai, deux jours après le second tour de l’élection présidentielle. Peut-être pour mettre le nouvel exécutif devant le fait accompli ? Quoi qu’il en soit, cette fenêtre de lancement pousse les ingénieurs à mettre les bouchées doubles, avec une pression « énorme » qui pèse sur leurs épaules à l’heure actuelle. Le système de recommandation n’est d’ailleurs pas encore mature, selon les petits oiseaux.

Dans un premier temps, il ne faudra sans doute pas s’attendre à un service aussi abouti que Netflix. Yatta sera plus proche de la télévision de rattrapage telle qu’on la connait actuellement. Mais les bases seront jetées pour un service ambitieux, avec du contenu original et, on l’espère, de qualité.

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