Aperçu de l'eBookstore de Google

Nicolas Furno |

Google a annoncé le Google eBookstore, une librairie numérique qui permet de télécharger 3 millions de titres. La boutique contient autant des classiques gratuits que des livres récents payants. Trois millions, c'est peu par rapport aux 15 millions de titres à la disposition de Google, mais c'est tout de même beaucoup plus que ses deux concurrents actuels, le Kindle Store d'Amazon ou l'iBookstore d'Apple.

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Comme à son habitude, Google se veut le plus ouvert possible : de nombreux terminaux sont compatibles (sous Android bien sûr, mais aussi les terminaux iOS et les liseuses de Nook et Sony) et on pourra lire les livres directement dans son navigateur web. Pour iOS, Google a prévu une application dans l'App Store, mais celle-ci est accessible uniquement aux États-Unis. L'interface de lecture est assez proche de celle d'Apple : une barre en haut permet d'accéder à la liste des livres, à la table des matières, de modifier l'apparence, faire une recherche ou accéder à quelques informations sur le livre. Un tapotement maintenu sur le texte fait apparaître une loupe à l'intérêt discutable…

L'animation de la feuille qui se plie à la iBooks est bien là, mais moins réaliste que chez Apple. L'ensemble est par ailleurs moins réactif, même si le chargement des livres est, par contre, très rapide. Les livres à votre disposition sont présentés sur une grille. L'eBookstore est accessible via le bouton "Telech. livres" en haut à gauche. Le magasin n'est pas intégré à l'application, mais dans Safari, comme Amazon le fait avec le Kindle. Google a néanmoins bien fait les choses : les livres s'ouvrent directement dans l'application.

Google propose de lire en mode normal ou numérisé. Ce dernier affiche alors les pages du livre scannées par l'entreprise. Ce mode fonctionne uniquement avec Internet et peut s'avérer plaisant sur les ouvrages anciens. Ce sera surtout pratique sur certains livres anciens où la reconnaissance automatique de caractères pourrait, disons, être améliorée… (cf les captures ci-dessous). Reste qu'à choisir, on aurait préféré d'autres fonctions absentes ici, comme les notes ou les marque-pages.

L'Avare de Molière, à gauche en version numérisée, à droite en version texte.

L'eBookstore est accessible avec un compte français, mais seul le catalogue libre de droit et gratuit est disponible. On a ainsi accès aux grandes œuvres de la littérature, de Molière à Shakespeare, de Ronsard à Blake. Pour le contenu récent et payant en dehors des États-Unis, il faudra attendre…

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avatar Oh la belle Pomme | 
"Google a prévu une application dans l'App Store, mais celle-ci est inaccessible à l'heure actuelle. Elle devrait directement intégrer l'eBookstore" : Passera pas !
avatar alex9517 | 
Au moins, ça a le mérite de pas avoir la même interface que celle de la Fnac O:)
avatar ArchiArchibald | 
Pour avoir accès à tous les magasins, le mieux est donc d'avoir un iPad.
avatar Miniwilly | 
En tout cas on voit clairement la stratégie universelle de Google une fois de plus à l'œuvre : on se moque avec quoi mais utilisez nos service. Pour une bibliothèque c'est un argument de poids à mon avis : nous on est agnostique vis à vis de la plateforme. Vous changez de mobile, de tablette ou que vous faites l'acquisition d'un nouveau type de terminal tout ce que vous avez acheté reste dispo. Au pire s'il n'y a pas d'application, il vous reste le web. C'est clairement l'opposé de la stratégie de Apple sur ce secteur (ce qui se comprend puisque Apple est un fabriquant de matériel avant tout et que c'est de là que proviennent l'essentiel de ces revenus). Je me demande néanmoins combien de temps Apple pourra tenir une position aussi centré sur son seul écosystème (ou fermé selon le point de vue) tant la diversité se fait importante au niveau des terminaux d'accès. En tout cas, ce n'est pas une petite bibliothèque de quartier mais probablement l'une des plus grande au monde et Google ne sera pas un nain du secteur. Reste à voir ce qu'il vont faire sur les autres médias (musique, vidéos même si on a une petite idée avec YouTube pour ça, presse, ...). Reste aussi à voir comment les éditeurs vont solder leur compte (judiciaire pour le coup avec Google). Même si sur ce dernier point des fissures commencent à apparaitre dans la belle unité qui prévalait jusqu'alors (voir Hachette récemment) devant l'appât du gain que promets Google à ceux qui signeront vite. A suivre en tout cas ...
avatar Miniwilly | 
Double post. Désolé.
avatar agerber | 
Franchement la lecture de semi pdf est tres frustante et fatigante.. et en rien comparable au confort visuel d' un livre.. Le livre un vieux truc qui tient des années pas comme ces gadgets totalement fades et sans saveur.. qui nous font surtout penser a du zapping télévisuel.. il faut le dire.. Cela serait dommage de voir disparaitre le livre au profit de ces trucs hideux.
avatar BM-Mac | 
ah que je regrette ma télé noir et blanc, la ou il fallait se lever pour changer de chaînes... Le livre a fait sont temps... beaucoup plus pratique un livre électronique : Moins encombrant, plus facile d'accès, recherche de mot ou notion très rapidement... il y a trop d'avantages il y a certes moins de saveur qu'un livre mais il faut l'avouer c'est plus pratique, j'aimerais bien que tout mes livres de cours soit numérisé ça m'éviterais de transporter 20 kilo chaque week end
avatar lgda | 
"Le livre a fait sont temps..." Il ne faut pas jeter le bébé avec le l'eau du bain. Bin oui, pour des cours c'est intéressant de pouvoir annoter ses livres, se trimbaler l'équivalent de dizaines de kilos de papier dans 600 gr de silicium. Par contre pour des romans aucun intérêt d'annoter son bouquin (sauf encore une fois pour un travail d'étude), ni de faire une recherche sur un mot. Par contre pour les gros lecteurs l'avantage du poids pour partir en voyage peut être intéressant, reste le problème de la fragilité si on veut lire dans le sable sur la plage ou encore lors d'un trek au Nepal ou dans la foret humide du San Salvador. Reste un détail qui n'en est pas un : la propriété de la copie (pas de l'oeuvre hein...). Quid de la perenité à long terme sur un support numérique ? Quid du prêt, de la revente ou du don ? Bref cessons de vouloir opposer systématiquement livres papier et numérique. Les 2 ont leurs avantages et leurs inconvénients selon la personne, l'usage ou la situation. Les 2 vont probablement avoir une existence parallèle simplement parce qu'aucun des 2 modèles ne dispose de tous les avantages sans inconvénients.
avatar BM-Mac | 
oui c'est vrai t'a raison mais j'espere que les livre de cours soit numérisé en priorité pour l'instant c'est pas trop le cas dommage ce serait un excellent argument de vente pour les tablettes. Pour les romans ça presse pas trop mais c'est quand même intéressant de se retrouver dans un train et de se dire tiens pourquoi je n'achèterai pas un livre, Le livre à fait son temps dans le sens ou dans certain domaine il a atteint ses limites, il y a énormément d'applications ou le livre numérique aurait sa place ( droit science etc etc )
avatar BM-Mac | 
dbl post désolé
avatar Oh la belle Pomme | 
Tiens ça me fait penser à la péloche et au vinyle ta contribution (rikki finefleur)... ... le choix du mot "saveur" était tout trouvé (chenzo57).
avatar BM-Mac | 
@bugman ah désolé mais "saveur" c'est riki qui l'a utilisé en premier mais c'est également un terme que j'utilise souvent pour parler d'un livre.
avatar agerber | 
Salut Chenzo Saveur = Terme évolué pour dire sensation d'avoir un objet entre les mains qui peut avoir une histoire et également une apparence, bref tout le contraire d'un infame fichier numérique.. C'est un peu la différence entre avoir une bibliothèque composé de livres chez soi, et la même bibliothèque qui tient sur un vulgaire CD Rom gravé.. PS : aucun rapport avec les télés noir et blanc.. Bien qu'a l'époque une télé noir et blanc c'était quelque chose.. Mais bon dans les temps actuels du zapping, du virtuel , et du bling bling on ne peut pas se comprendre.. Un jour tu offriras un livre numérique et le même livre en vrai livre à ton ami.. Lequel des deux seras le plus apprécié et conservé ? Un fichier numérique ne représente rien..Il est effectivement, fade, copiable à volonté , triste et sans aucune saveur (à déguster..).. L'inverse d'un livre..
avatar BM-Mac | 
je suis d'accord avec toi mais tu ne peux pas nier que ça représente un avantage pour les prof étudiant avocat medecin ?
avatar agerber | 
Les livres techniques, ou de cours sont diffférents.. Bien qu'apprendre sur un simili-pdf ? Hum ? Par contre ils peuvent étre des solutions de support et d'exercices dynamiques.. Là d'accord.. Mais le fond est la disparition pure et simple des livres.. Ce à quoi je doute, on va arriver , malheureusement.. Sans vraiment avoir le choix..
avatar Oh la belle Pomme | 
L'avantage des livres techniques (en papier) est quand même de pouvoir en avoir 2 ou 3 ouverts au même moment sans être obligé d'avoir 2 ou 3 iPad. En ce qui concerne le transport, je te rejoins.
avatar Oh la belle Pomme | 
Au temps pour moi.
avatar cedzic | 
Tout a fait d'accord sur le fond, mais sur la forme, c'est juste plus possible d'être aussi conservateur. Le livre c'est très bien, plein de gens (dont moi) continueront d'en acheter, mais faudrait aussi voir pour rendre la chose disponible en électronique, parce que je suis pas vraiment fan de me balader avec 3kg de livres dans mes bagages à chaque fois que je prends l'avion (par exemple). Je suis un gros lecteur (par périodes), j'adore le toucher, l'odeur et le physique d'un livre, mais j'aimerai quand même avoir la possibilité de lire mes livres sur mon e-book ...
avatar Abudah237 | 
Mouais, ça leur arrive un peu trop souvent je trouve de mettre en oper des services à moitié finis... Complètement inutilisable sur iPhone alors que c'est censé avoir des plus gros caractères et être adapté à des Smartphones (j'espère que ça marche mieux sur les téléphones Android mais j'en doute), et pas terrible dans la version web que je viens d'essayer sur PC. J'attends toujours de voir un truc utilisable, pour l'instant, désolé, mais c'est complètement raté. Au moins le BookStore d'Apple quand il est sorti était directement utilisable et agréable sur iPad et même sur iPhone. Quand au scan automatique même pas vérifié, c'est pitoyable, et en tout cas totalement illisible et donc inutile. bof, bof, bof. Tout ça pour ça... Vous avez vus les titres des chapîtres d'ailleurs ? enfin si on peut appeler ça des titres de chapitres. En gros, Google, c'est bien d'arriver dans ce domaine comme un chien dans un jeu de quilles, encore faudrait t'il sortir un produit qui a un minimum de qualité. NUL.
avatar Abudah237 | 
A titre d'exercice, j'ai utilisé l'exemple de l'Avare, et j'ai été incapable de trouver un seul texte correct. Autre problème, sur les dizaines de résultats, pas mal n'ont rien à voir avec la pièce (ils la citent certainement). Arghh. si je veux lire l'Avare, il faut que je trie dans la foule de résultats incorrects du moteur de recherche intégré (incorrects si je veux lire la pièce). Pas au point leur truc. J'ai voulu essayer d'autres examples: Lovecraft: cool 3 résultats! Ah non, ce sont des catalogues des entrées de la Library of Congress... Thoreau: Civil Disobedience. Une quantité incroyable de résultats, tous inutiles. Si c'est ça leurs millions de livres, ils se moquent du monde... Gullivers Travel, bon au moins les textes Anglais vont être scannés OK. Ben non, c'est aussi pourri que l'Avare... IL faudrait que les journalistes qui s'extasient (je ne parle pas de MacGe), essaient vraiment le bouzin (ce que MacGe a fait), ils s'extasieraient un peu moins... Enfin c'est super, maintenant grâce à Google je peux lire le catalogue de la Library of Congress, c'est génial !! Au fait, si le veux trouver et lire les mêmes livres sur le bookstore d'Apple ou les autres services concurrents (par exemple Stanza), je trouve le bouquin en 1 seconde, je le télécharge immédiatement, et le texte est correct. Mais bon c'est pas google, alors c'est pas bien ;)
avatar Satoral | 
Yep, plutôt d'accord sur la qualité du service. Limite on pourrait penser qu'ils ont voulu le sortir avant Noël à tout prix pour profiter de "l'effet fêtes" avec les gens qui vont s'acheter quelques bouquins. Malheureusement, la recherche est merdique (comment peut on s'enorgueillir de proposer le moteur de recherche web le plus pertinent et offrir un service de recherche autant à côté de la plaque pour les bouquins ?), l'app est loin d'être finalisée… Mais bon, c'est pas nouveau. Quand on voit leurs services qui restent en beta pendant des années (c'est pratique, le client les utilise à ses risques et périls et Google n'a aucune obligation légale en cas de problème… Google Books, ça fait combien de temps qu'il est en beta ? Haaaaaa ben, il l'est toujours…), on s'offusque plus quand ils sortent une énième solution à la va vite. Après, pour le côté ouverture / fermeture matérielle, je trouve le post de Cloudy intéressant. Malgré tout, j'y vois surtout que Google c'est une fermeture logicielle sous couvert d'ouverture fonctionnelle. Donc, dans ma vision des choses, ils sont tous les deux fermés mais seule la nature de l'emprisonnement les différencie. Arriver au même but par des stratégies différentes. Du coup, la comparaison de Neil Postman quant à 1984/Brave New World n'a jamais tonné avec tant de véracité. Huxley est pas loin d'avoir tort en imaginant que le "citoyen consommateur" se retrouve enfermé par le plaisir : facilité d'utilisation, plaisir des yeux, confort d'utilisation côté Apple; esprit faussement ouvert, "gratuité" financée par la pub, image cool So-Cal Galore côté Google. Au final, en choisissant une solution, l'utilisateur s'inscrit avec complaisance dans une pièce dont on va verrouiller la porte. Reste que s'il veut faire ce qu'il veut de son livre… il choisira le papier. Bien que vendu dans une librairie, il pourra le partager comme bon lui semble, le brûler pour se réchauffer (ou en guise de contestation anarchique), le lire sans avoir à penser à le récupérer une fois le temps de changement de matos venu, et le revendre… Les deux visions du bouquin sont complémentaires et chacune à ses avantages et inconvénients, mais ce qu'on gagne en confort, on le perd vachement en liberté. Et peu s'en rendent compte finalement, et acceptent de laisser de leur fenêtre d'action…
avatar agerber | 
Le risque étant que par facilité et $$ les éditeurs ne fassent plus que du simili pdf au lieu d'un vrai livre.. C'est bien cela le risque.. Que désormais tous les livres soient des trucs drmisés et numériques.. Genre il faut tout racheter.. Pour le plaisir, on repassera.. Bref l'avenir est sombre pour le livre, lui qui avait su résisté avec succès a l'informatisation drmisé à outrance, où les droits des acquéreurs sont placés au second plan, voire au fond de la classe..

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